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	<title>ForumPhyto &#187; Protection de l&rsquo;applicateur</title>
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	<description>ForumPhyto, la santé des plantes</description>
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		<title>Combien de victimes des pesticides ? Quand l’INSERM se déclare incompétent&#8230;</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/05/08/combien-de-victimes-des-pesticides-quand-linserm-se-declare-incompetent/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2018 05:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé : une Mission interministérielle a chiffré récemment le nombre de cas de lymphome non hodgkinien (LNH) causé par les pesticides chez les agriculteurs. Elle arrive au résultat de 2300 cas sur la période 2005-2013. Le mode de calcul de cette estimation est particulièrement  révélateur des impasses actuelles de l’utilisation des études épidémiologiques en expertise sanitaire : [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : une Mission interministérielle a chiffré récemment le nombre de cas de lymphome non hodgkinien (LNH) causé par les pesticides chez les agriculteurs. Elle arrive au résultat de 2300 cas sur la période 2005-2013. Le mode de calcul de cette estimation est particulièrement  révélateur des impasses actuelles de l’utilisation des études épidémiologiques en expertise sanitaire :</em></strong></p>
<ul>
<li><strong><em>L’INSERM lui-même se refuse à réaliser ce chiffrage dans la cohorte Agrican, qu’il suit pourtant depuis 13 ans</em></strong></li>
<li><strong><em>La Mission a donc dû faire ce calcul sous sa propre responsabilité :</em></strong>
<ul>
<li><strong><em>Avec des données fournies par l’INSERM sans analyse statistique, et avec un mode de calcul récusé par l’INSERM</em></strong></li>
<li><strong><em>En attribuant aux pesticides un excès de LNH effectivement observé dans Agrican, mais essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</em></strong></li>
<li><strong><em>Et probablement en comptabilisant deux fois les myélomes multiples, une forme de cancer que les publications INSERM regroupent habituellement avec les LNH</em></strong></li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><strong><em>Ce chiffrage est donc un compromis boiteux, qui va alarmer les agriculteurs sans justification scientifique sérieuse, mais, par contre, sous-estime gravement le nombre d’indemnisation potentielles à verser. En effet, le lymphome non-hodgkinien étant classé comme maladie professionnelle, avec des critères d’éligibilité très souples, il est probable qu’une large majorité des agriculteurs conventionnels qui contracteront cette maladie pourraient obtenir sa reconnaissance comme maladie professionnelle…contrairement aux agriculteurs bios.</em></strong></p>
<p>Une mission interministérielle française a récemment été chargée de définir les modalités de financement futur de l’indemnisation des victimes des pesticides. Elle a rendu son rapport en début d’année<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>. La première étape de ce travail était évidemment d’estimer le nombre potentiel de ces victimes, en particulier pour les deux maladies actuellement reconnues comme maladies professionnelles, la maladie de Parkinson, et le lymphome non hodgkinien (LNH, une forme de cancer des cellules sanguines). La Mission arrive au résultat inquiétant de 2300 cas de LNH, entre 2005 et 2013, au sein de la population agricole française, en se basant sur les résultats de la cohorte Agrican qui suit la santé d’une large population d’agriculteurs français. La méthode suivie est exposée dans l’annexe VI du rapport de la Mission… et sa lecture révèle bien des surprises ! Nous résumerons ici les principales étapes du raisonnement, pour une analyse plus détaillée, en particulier sur le plan statistique, voir notre <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805CombienDeVictimesComplet.pdf">article complet</a></strong>.</p>
<h1><strong>L’étrange aveu de l’INSERM</strong></h1>
<p>Rappelons d’abord que le LNH a été reconnu comme maladie professionnelle des agriculteurs utilisateurs de pesticides en 2015 en France. Il est intéressant de noter que ce classement allait au-delà des certitudes scientifiques de l’époque. En effet, <strong>dans son expertise collective de 2013, l’INSERM l’a classé parmi les pathologies pour lesquelles il y a une « présomption forte de liaison avec l’exposition aux pesticides », mais pas de démonstration de la causalité. </strong>De plus, à cette date, aucun excès de mortalité ou d’incidence (nombre de cas nouveaux) n’avait été observé pour cette maladie dans les deux plus grandes cohortes mondiales sur la santé des agriculteurs, AHS aux USA, et Agrican en France. <strong>Depuis cette époque, une publication française de 2017 a changé la donne, puisqu’après un suivi plus long, un excès significatif de LNH a été identifié dans la cohorte Agrican. Mais, comme nous le verrons dans la suite, ce résultat nouveau n’étaye pas davantage l’hypothèse d’un effet des pesticides sur le LNH, au contraire</strong>.</p>
<p>Quoiqu’il en soit sur le plan scientifique, la reconnaissance du LNH comme maladie professionnelle est désormais un fait juridique dont il faut tenir compte, et il est bien sûr nécessaire d’estimer le coût futur des indemnisations consécutives à ce classement. C’est à quoi s’est attaqué la mission interministérielle chargée de la réflexion sur le financement de la prise en charge des victimes des produits phytopharmaceutiques.</p>
<p>On pourrait penser naïvement que ce chiffrage des victimes potentielles a déjà été fait lors des études épidémiologiques. En effet, dans les études dites prospectives, les chercheurs calculent des taux d’incidence et de mortalité standardisés, qui permettent théoriquement de comparer le nombre de cas nouveaux et de décès survenus chez les agriculteurs, par rapport à la population générale. Si pour une maladie on trouve une incidence standardisée significativement supérieure à 1, par exemple de 1.09, on considère habituellement qu’il y a un excès de 9% de cette maladie chez les agriculteurs. Il parait donc simple  de  calculer le nombre de victimes potentielles, en extrapolant à l’ensemble de la population agricole le sur-risque estimé à partir de ces incidences standardisées.</p>
<p><strong> Première surprise : l’INSERM récuse ce raisonnement comme trop simpliste, au motif que les incidences standardisées pourraient être faussées par l’effet de facteurs protecteurs des cancers propres aux agriculteurs.</strong> Par exemple, on sait qu’ils fument moins que la population générale, et certaines études suggèrent aussi que le contact avec les animaux d’élevage est associé à un risque moindre de cancers. De façon plus générale, il semble clair qu’existe chez les agriculteurs un « effet travailleur sain », déjà observé chez d’autres catégories professionnelles dont le métier implique une activité physique régulière, favorable à la santé. Comme ces effets protecteurs font baisser les incidences standardisées des agriculteurs, on risque donc de sous-estimer l’effet négatif des pesticides.</p>
<p>Cette objection est bien sûr scientifiquement recevable, mais il est plutôt regrettable que l’INSERM, 13 ans après lancé la cohorte Agrican, n’ait pas encore réfléchi aux méthodes statistiques qui permettraient de corriger ce biais ! De plus, ce raisonnement suppose que les agriculteurs non utilisateurs de pesticides devraient avoir des incidences standardisées plus basses que ceux des utilisateurs de pesticides. (puisque les effets protecteurs associés à la vie agricole devraient s’exercer chez eux, sans être annulés par les effets négatifs des pesticides. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe dans Agrican ! (cf notre article détaillé).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17259" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805EffetsProtecteurs.png" alt="1805EffetsProtecteurs" width="948" height="362" /></p>
<p><strong>Figure 1 a et b : Dans les études épidémiologiques, les agriculteurs utilisateurs de pesticides ont des incidences standardisées de cancer inférieures ou égales à 1 (et donc à la population générale), pour presque toutes les formes de cancer. L’interprétation la plus immédiate de ces résultats serait que les pesticides n’ont pas d’effet sur le cancer. A juste titre, l’INSERM met en garde contre cette lecture trop simpliste : en effet, beaucoup d’indices montrent que le travail agricole est corrélé à plusieurs facteurs protecteurs contre le cancer. Il est donc plausible que ces effets positifs masquent un effet nocif des pesticides (Fig 1a). C’est pourquoi l’INSERM déconseille l’utilisation des incidences standardisées pour calculer le nombre de cancers induits par les pesticides  Toutefois, si c’était le cas, les agriculteurs non utilisateurs de pesticides devraient bénéficier des effets protecteurs, sans souffrir des effets nocifs des pesticides. Ils devraient donc avoir une incidence encore plus basse que les agriculteurs utilisateurs de pesticides. Or, ce n’est pas du tout ce que l’on trouve par exemple pour le LNH dans la cohorte Agrican, on observe même la tendance inverse (Fig 1b, cf aussi Tab. 1).</strong></p>
<p>Quoiqu’il en soit, l’INSERM n’a pas souhaité rentrer dans ce débat, et s’est refusé à chiffrer le nombre de cas de LNH induits par les pesticides. Sur la question de savoir combien d’agriculteurs pourraient faire valoir une cause professionnelle pour leur LNH, sa position est qu’<em>« Il est possible et justifié scientifiquement de statuer que tout agriculteur diagnostiqué d’un cancer de la prostate ou tout agriculteur ou agricultrice diagnostiquée d’un LNH incluant tous les types de LNH dont les myélomes multiples est donc susceptible de bénéficier du statut de victime s’il(elle) a utilisé lui-même (elle-même) des pesticides ou s’il(elle) a travaillé dans un secteur (viticulture, arboriculture fruitière, maraîchage en plein champs ou sous serres…) où 100% des personnes travaillant sont exposées soit directement soit secondairement (réalisation de tâches de réentrée ou de récolte).<a href="#_edn2" name="_ednref2"><strong>[2]</strong></a> » </em><strong>On peine un peu à comprendre ce qui « justifie scientifiquement » que tous les cas de LNH chez les agriculteurs exposés aux pesticides soient dus à ces produits : rappelons tout de même que cette maladie existait déjà avant l’invention des produits phytosanitaires, et existe aussi dans les populations non exposées (y compris, nous y reviendrons, chez les agriculteurs bios…).</strong> Mais en tout cas cette proposition de l’INSERM a le mérite de la générosité.</p>
<p>On comprend tout de même que cette largesse ne fasse pas l’affaire de la Mission chargée de définir le financement de l’indemnisation des victimes ! Face au bottage en touche de l’INSERM, c’est donc la Mission elle-même qui a dû prendre la responsabilité d’estimer le nombre de cas de LNH provoqué par les pesticides. Pour cela, elle n’a bien sûr pas eu d’autre choix que de se baser sur les incidences standardisées dans Agrican, donc la méthode critiquée par l’INSERM ! Curieusement, l’Institut n’a vu aucun problème éthique à fournir pour cela des données standardisées inédites, et sans analyse statistique, en sachant qu’elles seraient utilisées selon une méthode qu’il récusait. Encore plus surprenant, vu les motivations de ses scrupules scientifiques, ces données ne distinguent pas le cas des agriculteurs utilisateur et non utilisateurs de pesticides.</p>
<p>C’est à partir de ces données, non publiées précédemment, que la Mission a pu estimer que le sur-risque de LNH chez les agriculteurs était de 9%, et en déduire que le nombre total de cas générés par les pesticides était de 2300 dans la population agricole française, pour la période considérée (200( à 2013).</p>
<p>Quoiqu’en dise l’INSERM, le principe de ce calcul parait raisonnable, et c’est de toute façon le seul possible avec les données disponibles. Mais sa réalisation et son interprétation soulèvent deux gros problèmes :</p>
<ul>
<li>il semble probable que la mission ait comptabilisé 2 fois les cas de myélomes multiples, qu’elle a considéré comme une pathologie différente du LNH, alors que la présentation des données Inserm laisse plutôt l’impression qu’elles sont déjà incluses dans le total des LNH. Si c’est le cas, ce qui reste à éclaircir, cela aurait entrainé une surestimation de 20% du nombre total de LNH. Mais, paradoxalement, ce petit doute est secondaire par rapport à une autre approximation beaucoup plus inquiétante : l’attribution de 9% des cas aux pesticides</li>
<li>en effet, cette valeur de 9% correspond bien à l’excès de LNH, statistiquement significatif, observé dans la dernière publication INSERM sur l’incidence des cancers dans Agrican. Mais les données fournies par l’INSERM à la Mission occultent un « petit » problème d’interprétation : <strong>cet excès de LNH est observé essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</strong>!</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17256" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805LemarchandIncidenceLNH.png" alt="1805LemarchandIncidenceLNH" width="960" height="720" /></p>
<p><strong>Tableau 1 : incidence standardisée (SIR) du LNH dans le dernier bilan publié par l’INSERM sur la cohorte Agrican<a href="#_edn3" name="_ednref3"><strong>[3]</strong></a>. On retrouve bien l’excès de 9% (SIR = 1,09), retenu comme valeur du sur-risque par la Mission. Mais le détail en fonction des profils d’exposition aux pesticides (qui ne figurait pas dans les données fournies par l’INSERM pour la Mission, ou en tout cas pas dans l’Annexe VI du rapport), révèle des résultats inattendus :</strong></p>
<ul>
<li><strong>L’incidence standardisée des agriculteurs exposés aux pesticides dans les cultures (« Pesticides on crops »), donc de loin les plus exposés, est parfaitement normale : SIR = 1,01</strong></li>
<li><strong>L’excès de LNH observé vient en fait des agriculteurs qui n’ont pratiqué que des traitements des espaces non cultivés, ou utilisés des molécules à usage vétérinaire (« Other pesticides », +16%)… et surtout des agriculteurs non exposés aux pesticides (« No pesticides », +23%) !</strong></li>
</ul>
<p><strong>En conséquence, les 2300 cas de LNH calculés par la Mission représentent bien l’excès de LNH chez les agriculteurs français, mais il n’y a aucune raison de supposer que cet excès soit réellement dû à l’exposition aux pesticides.</strong> Non seulement l’incidence standardisée des agriculteurs utilisateurs est parfaitement normale, mais celle des non-utilisateurs de pesticides est par contre supérieure à la normale ! Bien sûr, cet excès chez les non-utilisateurs de pesticides n’est pas significatif, mais il montre au moins <strong>qu’il n’y a aucune raison de suspecter un effet protecteur de la vie agricole contre le LNH, qui pourrait masquer un effet nocif éventuel des pesticides</strong> (pour une discussion plus détaillée sur la valeur statistique des résultats non significatifs, voir notre article détaillé).</p>
<p><strong>2 300 cas : une cote mal taillée, du point de vue scientifique comme économique</strong></p>
<p>En résumé, nous obtenons donc une estimation de 2300 cas de LNH causés par les pesticides :</p>
<ul>
<li>calculée à partir de données de l’INSERM, mais par des méthodes que l’INSERM récuse</li>
<li>qui attribue aux pesticides un excès de LNH effectivement observé dans Agrican, mais essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</li>
</ul>
<p>A quoi sert ce chiffre ? Pour toutes les raisons que nous avons vues, les incidences publiées par Agrican ne donnent aucune raison de penser qu’il y ait un excès de LNH  causé par les pesticides : non seulement les agriculteurs utilisateurs de pesticides ne montrent aucun excès de LNH, mais les résultats des agriculteurs non utilisateurs de pesticides ne donnent aucune raison de penser qu’il y ait chez les agriculteurs un facteur protecteur du LNH qui masquerait un effet éventuel des pesticides sur cette maladie.</p>
<p>Par ailleurs, cette estimation n’a aucun rapport avec le nombre de cas que le fonds d’indemnisation pourrait être amené à traiter : compte tenu des critères retenus pour la reconnaissance du LNH comme maladie professionnelle chez les agriculteurs, le nombre de cas éligibles, bien que très flou,  pourrait être beaucoup plus élevé. Potentiellement, tout agriculteur utilisateur de pesticides pourrait être éligible s’il est atteint de LNH pendant sa vie professionnelle, ou moins de 10 ans après sa retraite.</p>
<p>On ne voit donc pas l’intérêt de ce chiffre, qui n’a aucune valeur scientifique, ni économique, sinon  pour « justifier » a posteriori le classement du LNH comme maladie professionnelle, et l’affirmation selon laquelle le nombre de cas reconnus serait très inférieur à la réalité. On note aussi en passant une conséquence paradoxale de ce chiffrage : en légitimant l’attribution de l’excès de LNH aux pesticides, il exclut de fait les agriculteurs bio, ou non utilisateurs de pesticides, de la reconnaissance comme maladie professionnelle, alors que dans les chiffres Agrican actuels ce sont eux les plus exposés à cette maladie. Bien sûr, l’explication la plus probable de cet excès de LNH chez les non-utilisateurs de pesticides est qu’il s’agit d’un simple aléa statistique. Mais si à l’avenir il s’avérait que la cause réelle de l’excès de LNH était un facteur autre que les pesticides, les agriculteurs bio se seraient trouvés pénalisés de ce fait.</p>
<h1><strong>Où l’on retrouve nos frères ennemis alpha et bêta</strong></h1>
<p>En attendant, ce rapport a au moins le mérite d’illustrer les lacunes béantes de l’interprétation des études de recherche épidémiologique sur les pesticides :</p>
<ul>
<li>Treize ans après le lancement d’Agrican, l’INSERM déclare ne pas pouvoir chiffrer le nombre de cancers en excès chez les agriculteurs, et ne propose aucune piste de travail pour y remédier.</li>
<li>Cet aveu est d’autant plus surprenant que c’est ce type de cohortes prospectives qui devait apporter des résultats incontestables pour mesurer l’effet des pesticides sur la santé. En fait, les indicateurs habituellement utilisés dans ce type d’études (les incidences et mortalités standardisées) sont rassurants et cohérents dans les deux plus grandes mondiales sur le sujet à de rares exceptions près : les mortalités standardisées des agriculteurs utilisateurs de pesticides sont inférieures ou égales à la normale pour TOUTES les formes de cancers. Il en est de même pour presque toutes les incidences, à l’exception des cancers de la prostate, des lèvres, et du myélome multiple.</li>
<li>Toutefois les épidémiologistes se refusent à interpréter les incidences standardisées normales, voire inférieures à la normale, comme la preuve d’une absence d’effet des pesticides. Ils objectent à cela l’« effet travailleur sain », qui pourrait compenser l’effet nocif des pesticides. Cette objection est tout-à-fait recevable, car il est reconnu que les chômeurs de longue durée et autres personnes inactives ont une santé et une longévité beaucoup moins bonne que la moyenne : on comprend que cela puisse fausser les comparaisons entre des catégories professionnelles comme les agriculteurs (dont les chômeurs sont par définition exclus), et la population générale. Mais on comprend moins pourquoi ce problème statistique reste insoluble, depuis 15 ans qu’il se pose pour les études sur les agriculteurs, alors qu’une standardisation basée sur la population active, et non la population générale permettrait d’y remédier. De plus, cet effet « travailleur sain », s’il était assez fort pour masquer l’effet négatif de pesticides, devrait s’observer chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe dans la cohorte Agrican pour l’instant, où l’on a même une tendance inverse !</li>
</ul>
<p>Au final, on est donc tenté d’aller encore plus loin que l’INSERM dans la remise en cause des incidences standardisées : non seulement elles ne permettent pas de calculer de façon fiable un nombre de cas de cancers provoqués par les pesticides, mais elles ne permettent même pas de démontrer qu’il y en a !</p>
<p>Enfin, cette étude de cas montre plusieurs fois l’importance d’examiner les résultats non significatifs de l’INSERM, que les chercheurs ont tendance à négliger. Par définition, le principe de précaution suppose de n’autoriser un produit que quand il a fait la preuve de son absence d’effet sanitaire indésirable. En termes statistiques, cela se traduit par une différence non significative entre populations exposée et non exposée aux pesticides, à condition évidemment que ces résultats soient obtenus avec une puissance statistique forte, donc un risque de 2<sup>ème</sup> espèce bêta faible. C’est sur ce type de résultats que s’appuient les agences d’évaluation sanitaires comme l’ANSES. Or l’exploitation des données Agrican par l’INSERM se polarise essentiellement sur les rares résultats significatifs. C’est tout-à-fait compréhensible vu les centres d’intérêt et le mode d’évaluation de la recherche, mais cela déséquilibre totalement l’interprétation des résultats de la cohorte<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. Résultat : l’impressionnante avalanche de résultats ne montrant aucun excès significatif de cancer chez les agriculteurs ne suscite aucune analyse sérieuse, alors que beaucoup d’entre eux ont une puissance statistique qui parait correcte. Le point de vue de l’ANSES serait donc crucial, et c’est ce qui nous amène à la dernière bizarrerie de cette Mission : le point de vue de l’agence sur cette question n’est exprimé nulle part ! Certes, 5 de ses membres ont été auditionnés dans le cadre de la Mission, mais l’avis d’expertise de l’ANSES en tant que telle n’apparait nulle part : une lacune gênante, dans la mesure où le chiffrage de la Mission remet gravement en cause les évaluations de l’ANSES (ou des structures qui l’ont précédée pour l’homologation des produits phytosanitaires). Pourquoi pas ? Mais une accusation aussi grave devrait être étayée par une analyse très rigoureuse, et non par un chiffrage produit par une Mission ad hoc, à partir de données INSERM délivrées sans analyse statistique ni expertise contradictoire. Faut-il y voir un signal politique, à un moment où, après les controverses sur le glyphosate (où la maladie en cause était déjà le LNH), des ministres et des députés de la majorité s’associent à la remise en cause des agences sanitaires menée par les ONG environnementalistes<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> ?</p>
<p>Philippe STOOP</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/89861?token=32f9951a0796a25966ff306e1d88e7ea">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/89861?token=32f9951a0796a25966ff306e1d88e7ea</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Annexe VI, page 9</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> Cancer incidence in the AGRICAN cohort study (2005-2011), Lemarchand et al., 2017 <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28709062">https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28709062</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/10/04/peche-aux-alphas-contre-chasse-aux-petits-betas-pourquoi-lanalyse-des-risques-environnementaux-ne-devrait-pas-etre-seulement-un-travail-de-chercheurs/">http://www.forumphyto.fr/2016/10/04/peche-aux-alphas-contre-chasse-aux-petits-betas-pourquoi-lanalyse-des-risques-environnementaux-ne-devrait-pas-etre-seulement-un-travail-de-chercheurs/</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="https://www.lopinion.fr/edition/economie/philippe-stoop-itk-glyphosate-denigrement-agences-sanitaires-derives-140478">https://www.lopinion.fr/edition/economie/philippe-stoop-itk-glyphosate-denigrement-agences-sanitaires-derives-140478</a></p>
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		</item>
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		<title>La santé des agriculteurs : les machines avant tout !</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/08/11/la-sante-des-agriculteurs-les-machines-avant-tout/</link>
		<comments>http://www.forumphyto.fr/2017/08/11/la-sante-des-agriculteurs-les-machines-avant-tout/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2017 08:31:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[L’état de santé des agriculteurs dépend de multiples causes, variables selon les cultures ou le type d’élevage, selon la taille et l’équipement de l’exploitation, selon la formation et le comportement de l’agriculteur et selon la région. Mais les grands maux sont connus : Troubles musculosquelettiques, poussières, soleil, virus animaux, mais surtout accidents avec les animaux d’élevage [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’état de santé des agriculteurs dépend de multiples causes, variables selon les cultures ou le type d’élevage, selon la taille et l’équipement de l’exploitation, selon la formation et le comportement de l’agriculteur et selon la région. Mais les grands maux sont connus : Troubles musculosquelettiques, poussières, soleil, virus animaux, mais surtout accidents avec les animaux d’élevage et avec les machines.</p>
<p>Sous le titre « <strong><a href="http://www.fwi.co.uk/news/farm-safety-week-machinery-still-biggest-cause-farm-deaths.htm">Semaine de sécurité à la ferme : les machines toujours la plus grande cause de mortalité à la ferme</a></strong> » <strong>(in English)</strong>, la NFU<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> publie un article pour sensibiliser ses adhérents.<br />
Selon Guy Smith, vice-président de la NFU, en agriculture, dans les 10 dernières années, quatre décès sur dix sont liés aux machines fixes, de travail, ou de transport. Les chiffres sont globalement en diminution, mais « un mort est un mort de trop ». Il est certain que les chiffres ne sont pas très différents en France&#8230;<br />
L’article relate <strong>l’expérience d’une éleveuse laitière ayant perdu deux doigts dans une machine</strong> à embouteiller le lait. « Le souci avec l’agriculture », dit-elle, « c’est que vous êtes en permanence « bon à tout faire ». Vous jonglez sans arrêt entre les différentes tâches. Nous voulions tellement que cette partie de transformation de lait à la ferme marche, que nous n’avons sans doute pas prêté suffisamment attention aux aspects sécurité. Du moins pas comme nous aurions dû. »<br />
L’article décrit <strong>aussi une ferme qui essaie d’être très attentive à la sécurité</strong>. Un des points importants est le fait de travailler souvent « dans l’urgence, dans des conditions quelquefois difficiles, de nuit ou dans des hangars mal éclairés ». « Toute petite mesure qui permet d’améliorer la sécurité dans les grandes fermes comme dans les petites est important pour réduire le nombre d’accidents et éviter des morts dans notre secteur qui bat de tristes records »</p>
<p>Dans « <strong><a href="http://www.barfblog.com/2017/07/farm-machinery-eating-peoples-arms-and-legs-machinery-still-biggest-cause-of-uk-farm-deaths/">Les machines agricoles mangent des bras et des jambes</a> » (in English)</strong>, Doug Powell, sur le <em>Barfblog</em>, blog principalement dédié à la sécurité sanitaire des aliments, rend compte à sa façon de l’article de la NFU. Il raconte comment, sur une ferme, le contact avec les machines est constant et dangereux. Toute personne ayant vécu dans le milieu agricole a un proche qui s’est fait « manger » des doigts, une main, un bras ou une jambe… quand ce n’est pas la vie. <strong>Il accompagne son article d’un <a href="https://www.youtube.com/watch?list=RDJ1EF9Q2m7pA&amp;v=Hc9sQoxPxAg">clip vidéo</a> (in English)</strong> d’une chanson de John Prine, « Aint Hurtin Nobody » (« je ne blesse personne »), dans laquelle les blessures dues aux machines agricoles sont évoquées. Nous conseillons l’article et la vidéo à tout lecteur de ForumPhyto familier de la langue de Shakespeare.</p>
<h1><strong>Notre point de vue</strong></h1>
<p>« Quel est le plus grand risque pour la santé des agriculteurs ? » Les ONG environnementalistes, obsédées, répondront immanquablement : « les pesticides ». Rien n’est plus faux !<br />
ForumPhyto défend un usage prudent, raisonné, en dernier recours, mais souvent nécessaire des pesticides. La prudence veut dire prendre toutes les dispositions possibles pour limiter l’exposition des opérateurs, de leur famille et du voisinage.<br />
Mais les risques sur une exploitation doivent être mis en perspective. C’est l’occasion de rappeler « <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2015/05/07/cancer-pesticides-maladies-professionnelles-parlons-en-vraiment-cslflf/">Santé des agriculteurs : halte aux caricatures ! (CSLFLF)</a></strong> », article de 2015, évoquant une étude du Collectif Sauvons les fruits et légumes de France (CSLFLF), actualisée en janvier 2017 (<strong><a href="http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/wp-content/uploads/2015/01/BarometresanteCSFL2016.pdf">voir ici</a></strong>).<br />
<strong>« Les animaux et le matériel agricole sont les premières causes d’accidents du travail et de maladies professionnelles chez les agriculteurs. Et ils sont en diminution.<br />
Les troubles musculo-squelettiques(TMS) représentent 9 cas de maladies professionnelles sur 10 chez les agriculteurs.</strong> » Les agriculteurs sont aussi exposés aux poussières, aux virus animaux, au soleil, etc. et bien sûr, les ONG environnementalistes n’arrêtent pas de nous le répéter, aux « pesticides » honnis. Tout ceci n’empêche pas les agriculteurs d’avoir une espérance de vie plus longue que la moyenne des français et de décéder significativement moins de cancers.</p>
<p><strong>Que ce soit pour réduire le nombre d’accidents survenant avec les machines ou les animaux, ou l’incidence des TMS ou que ce soit pour réduire l’exposition aux pesticides, aux poussières, etc., améliorer la santé des agriculteurs passe par :<br />
&#8211; des améliorations techniques des machines : ergonomie, précision, sécurités<br />
&#8211; la formation des opérateurs, la prise de conscience des risques et l’amélioration des comportements.</strong></p>
<p><a href="http://www.fwi.co.uk/news/farm-safety-week-machinery-still-biggest-cause-farm-deaths.htm"><img class="aligncenter wp-image-16739 size-full" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/08/1708BlessuresMachinesNFU.jpg" alt="1708BlessuresMachinesNFU" width="900" height="507" /></a></p>
<p><a href="https://youtu.be/J1EF9Q2m7pA"><img class="aligncenter size-full wp-image-16742" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/08/1708JohnPrineAintHurtinNobody.png" alt="1708JohnPrineAintHurtinNobody" width="700" height="392" /></a></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> National Farmers Union, syndicat britannique des agriculteurs</p>
]]></content:encoded>
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		<title>« Le biocontrôle est-il sans risque pour la santé humaine ? » Le cas des bactéries.</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2016/10/28/le-biocontrole-est-il-sans-risque-pour-la-sante-humaine-le-cas-des-bacteries/</link>
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		<pubDate>Fri, 28 Oct 2016 14:28:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Paul Vincelli, phytopathologiste à l’Université du Kentucky (USA), répond à cette question sur son blog. Partant d’un cas suspect d’infection à partir de l’utilisation de Pantoea agglomerans, une bactérie dont certaines souches sont homologuées aux USA, au Canada et en Nouvelle Zélande, il a mené l’enquête. Les promoteurs de ces solutions soutiennent qu’il s’agit les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Paul Vincelli, phytopathologiste à l’Université du Kentucky (USA), <strong><a href="https://vincelliblog.wordpress.com/2016/07/26/are-biocontrols-for-plant-diseases-safe-to-humans/">répond à cette question</a></strong> sur son blog.</p>
<p>Partant d’un cas suspect d’infection à partir de l’utilisation de Pantoea agglomerans, une bactérie dont certaines souches sont homologuées aux USA, au Canada et en Nouvelle Zélande, il a mené l’enquête.<br />
Les promoteurs de ces solutions soutiennent qu’il s’agit les souches utilisées en biocontrôle et les souches potentiellement pathogènes sont différentes.<br />
Par exemple, un <strong><a href="http://www.cost873.ch/_uploads/_files/Duffy_PantoeaBiosafety_Italy.pdf">diaporama d’Agroscope</a> (en Suisse)</strong>, s’appuyant sur des études scientifiques sur le génome, <strong>semble montrer que les souches utilisées en biocontrôle sont sûres</strong>.</p>
<p>Ce n’est pas suffisant pour rassurer complètement Paul Vincelli pour deux raisons :<br />
&#8211; Des études relativement récentes montrent qu’il arrive que les souches biocontrôle et les souches potentiellement pathogènes ont des similarités inquiétantes.<br />
&#8211; Même si ce sont des populations différentes, leurs classification dans la même espèce indique qu’elles ont des propriétés phénotypiques en commun.</p>
<p>Le même problème se pose pour d’autres bactéries : Stenotrophomonas maltophilia, Bacillus cereus, Bacillus subtilis et Lysobacter enzymogenes.</p>
<p>Paul Vincelli conclut : « pour être honnête, ces découvertes m’inquiètent beaucoup plus que les traces de pesticides synthétiques dans ma nourriture. Et me font penser à ces travailleurs qui manipulent et appliquent ces agents de biocontrôle sans équipement de sécurité […] Quelques questions méritent d’être posées :<br />
&#8211; A quels tests de sécurité les agents de biocontrôle sont-ils soumis ?<br />
&#8211; Que savons-nous des voies d’exposition et des doses ?<br />
&#8211; Sont-ils testés sur des mammifères immunodéprimés ?<br />
&#8211; Sont-ils testés pour leurs effets chroniques ? »</p>
<p><strong>Notre conclusion :</strong></p>
<p>Bien que quelquefois d’efficacité plus difficile à maîtriser ou insuffisante, en particulier lorsqu’il s’agit d’organismes vivants ayant une très grande spécificité, les produits de biocontrôle ont l’avantage d’être souvent moins risqués que les produits phytosanitaires classiques. Les produits de biocontrôle ont donc toute leur place dans la panoplie de la protection phytosanitaire et méritent d’être développés. Cependant il n’est pas exclu qu’ils soient risqués dans certaines conditions.</p>
<p>Comme tous les produits phytosanitaires, les produits de biocontrôle doivent être réglementés en prenant en compte leurs bénéfices et leurs risques.</p>
<div id="attachment_15519" style="width: 530px" class="wp-caption aligncenter"><a href="http://www.cost873.ch/_uploads/_files/Duffy_PantoeaBiosafety_Italy.pdf"><img class="wp-image-15519 size-large" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2016/10/1610PantoeaAgglomeransAgroscope-520x375.png" alt="1610PantoeaAgglomeransAgroscope" width="520" height="375" /></a><p class="wp-caption-text">Une bactérie présente sur une plante peut infecter un opérateur. Mais s&rsquo;agit-il de la même bactérie que celle utilisée en biocontrôle (Source Agroscope)</p></div>
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		<title>Exposition des travailleurs aux pesticides : un rapport instructif, mais pas « explosif »</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2016/09/01/exposition-des-travailleurs-aux-pesticides-un-rapport-instructif-mais-pas-explosif/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Sep 2016 07:06:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’ANSES a rendu un « rapport sur les expositions professionnelles aux pesticides ». Les environnementalistes tentent de l’instrumentaliser. Le rapport de l’ANSES Essentiellement, les conclusions du rapport de l’ANSES « confirment le manque de données relatives aux expositions aux pesticides des personnes travaillant dans l’agriculture. De plus, la centralisation, l’accessibilité et l’exploitation faite de l’ensemble des données apparaissent [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’ANSES a rendu un « <a href="https://www.anses.fr/fr/content/publication-du-rapport-sur-les-expositions-professionnelles-aux-pesticides-mieux-conna%C3%AEtre">rapport sur les expositions professionnelles aux pesticides</a> ».</strong> Les environnementalistes tentent de l’instrumentaliser.</p>
<h1><strong>Le rapport de l’ANSES</strong></h1>
<p><strong>Essentiellement,</strong> <strong><a href="https://www.anses.fr/fr/content/publication-du-rapport-sur-les-expositions-professionnelles-aux-pesticides-mieux-conna%C3%AEtre">les conclusions du rapport de l’ANSES</a></strong> <strong>« confirment le manque de données</strong> relatives aux expositions aux pesticides des personnes travaillant dans l’agriculture. De plus, la centralisation, l’accessibilité et l’exploitation faite de l’ensemble des données apparaissent à ce jour insuffisantes ».<br />
<strong>Les recommandations de l’Agence</strong> sont donc :<br />
&#8211; « Poursuivre les travaux au niveau européen » pour l’amélioration des méthodes d’évaluation des risques lors de l’homologation<br />
&#8211; « Poursuivre des travaux relatif à la connaissance de l’efficacité des équipements de protection »<br />
&#8211; « Renforcer, dans un cadre indépendant, les actions de conseil et de formation des utilisateurs de pesticides, »<br />
&#8211; « améliorer les connaissances sur les expositions aux pesticides des personnes travaillant dans l’agriculture. »</p>
<p>L’ANSES ne s’est pas penchée, dans ce rapport, sur la santé des travailleurs, mais bien sur la mesure de l’exposition des travailleurs.<br />
La lecture de l’intégralité du rapport intéressera tous les acteurs concernés par la sécurité au travail.</p>
<h1><strong>Tentatives d’instrumentalisation</strong></h1>
<p><strong>Pour</strong> <strong><em>Générations Futures</em></strong>, ONG anti-pesticides par principe, le rapport de l’ANSES révèle que « <strong><a href="http://www.generations-futures.fr/sante/rapport-anses-parution/">le danger d’exposition des travailleurs aux pesticides [est] sous-estimé</a></strong> »</p>
<p>Sous le titre « <strong><a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/07/27/embarras-autour-d-un-rapport-explosif-sur-la-nocivite-des-pesticides_4975131_3244.html">Embarras autour d’un rapport explosif sur la nocivité des pesticides</a></strong> », <strong>Stéphane Foucart, dans <em>Le Monde</em>, rend compte d’un « rapport singulièrement explosif »</strong> (selon lui), dénonce des conflits d’intérêts cachés et, avec certaines ONG, « une volonté d’enterrer coûte que coûte » les conclusions du rapport.</p>
<p>Pour accréditer leurs thèses, GF et Stéphane Foucart interprètent la position de deux des experts auteur du rapport qui ont tenu à exprimer des nuances sur des points particuliers.<br />
Stéphane Foucart va jusqu’à accuser Sonia Grimbuhler, spécialiste de la protection des travailleurs à l’IRSTEA<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>, de n’avoir « pas consigné dans sa déclaration d’intérêts tous ses liens avec l’industrie des pesticides. » Ce qui est en cause : sa participation au « « projet pédagogique Educ’risk », un logiciel développé en collaboration avec la société agrochimique BASF Agro, réalisé « dans le cadre de [s]es fonctions à l’Irstea » »</p>
<h1><strong>La position de BASF</strong></h1>
<p><strong><a href="http://www.agro.basf.fr/agroportal/fr/fr/news_2/ps_news_basf_agro/lettre_ouverte_basf_article_le_monde-129472.html">BASF a  répondu par une lettre ouverte</a></strong> dans laquelle ils font à leur tour part de leur « embarras » :</p>
<p>« Il est regrettable que Stéphane Foucart n’ait pas pris soin de vérifier ces informations directement auprès de notre société, ce qui aurait évité à ce scoop de faire pschitt<br />
&#8211; <strong>Rien de caché dans cette collaboration</strong> […]<br />
&#8211; La collaboration que dénonce le journaliste porte sur la mise au point d’un logiciel «Educ’risk», pour lequel <strong>l’IRSTEA a apporté sa connaissance de terrain sur tous les risques auxquels un agriculteur est confronté</strong> dans son activité de tous les jours sur une exploitation agricole. […] Ce logiciel a été mis gratuitement à disposition du monde agricole et BASF a formé directement 4210 professionnels depuis 2012.<br />
Permettez-nous, à notre tour, de vous décrire <strong>notre embarras à la lecture de cet article qui</strong>, en associant le nom de notre entreprise à une scientifique, en affirmant révéler de pseudo-scoops et en voyant <strong>des conflits d’intérêts là où ils n’existent pas</strong>,<strong> continue d’alimenter le doute sur l’intégrité des scientifiques et des entreprises comme la nôtre</strong>. Cette méthode rappelle étrangement celles dénoncées par vous-même dans le livre intitulé &laquo;&nbsp;La Fabrique du Mensonge&nbsp;&raquo; où vous dénonciez la pratique du doute. <strong>Attention à ne pas alimenter involontairement un populisme ambiant où le fait d’avoir croisé le chemin d’un industriel suffirait à discréditer le scientifique et son avis</strong>. C’est une méthode bien commode utilisée par les censeurs pour museler les avis scientifiques contradictoires pourtant potentiellement utiles aux avancées de la connaissance. […]<br />
Enfin, permettez-nous également, de vous décrire notre embarras à la lecture d’un article qui semble reprocher à une entreprise et à un organisme public d’avoir travaillé ensemble sur un outil pédagogique permettant de mieux protéger les agriculteurs utilisateurs de pesticides (qu’ils soient conventionnels ou bios) ce que l’Anses appelle justement à améliorer dans son rapport&#8230; » (mises en gras par nos soins)</p>
<h1><strong>Notre conclusion</strong></h1>
<p><strong>Le rapport de l&rsquo;ANSES est d&rsquo;un intérêt certain pour tous ceux intéressés par la santé au travail, agriculteurs et travailleurs agricoles inclus.</strong> Les pistes d&rsquo;amélioration proposées par l&rsquo;ANSES sont pertinentes.</p>
<p><strong>La chasse aux conflits d’intérêts inexistants semble devenir la parade rituelle des environnementalistes ne trouvant rien à redire sur le fond.</strong><br />
Quoiqu’on pense des bénéfices et des risques liés à l’utilisation des pesticides, <strong>une telle attitude doit être fermement dénoncée</strong>.<br />
<strong>D’autant qu’un conflit d’intérêt n’invalide pas a priori le propos d’un scientifique : il faut toujours juger sur le fond.</strong></p>
<p>Nous laisserons <strong>le mot de la fin à Guy Waksman dans la <em><a href="http://www.informatique-agricole.org/gazette/afia/gaz_160818_32.htm">Gazette de l’AFIA n°32-2016</a></em></strong> : L’article de Stéphane Foucart était, pour lui, « aussi marrant que scandaleux » puisqu’il  « découvrait dans le rapport de l&rsquo;ANSES ce que tout le monde (sauf <em>Le Monde</em>) sait depuis des lustres : ce sont les agriculteurs utilisateurs de produits chimiques qui risquent le plus leur santé&#8230; mais qui semblent dans l&rsquo;ensemble maitriser la situation ! »</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Institut national de recherche en sciences et technologies pour l&rsquo;environnement et l&rsquo;agriculture (ex-Cemagref)</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2013/05/31/les-dessins-de-malo-louarn/"><img class="aligncenter size-full wp-image-3049" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2011/05/1004malolouarn211.jpg" alt="1004malolouarn21" width="1240" height="817" /></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Pesticides et santé des agriculteurs : attention  aux faux témoins !</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2016/01/04/pesticides-et-sante-des-agriculteurs-attention-aux-faux-temoins/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2016 08:57:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Les pesticides sont soupçonnés de causer des maladies chez les agriculteurs qui les utilisent : une expertise collective de l’INSERM parue en 2013[1] a recensé 11 pathologies, pour lesquels un lien a été évoqué avec l’exposition aux pesticides. Ces résultats proviennent majoritairement d’enquêtes épidémiologiques, où une population exposée aux pesticides est comparée à une population dite [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les pesticides sont soupçonnés de causer des maladies chez les agriculteurs qui les utilisent : une expertise collective de l’INSERM parue en 2013<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> a recensé 11 pathologies, pour lesquels un lien a été évoqué avec l’exposition aux pesticides. Ces résultats proviennent majoritairement d’enquêtes épidémiologiques, où une population exposée aux pesticides est comparée à une population dite « témoin », qui n’y est pas exposée. Si la maladie est plus fréquente dans la population exposée que dans la population témoin, c’est un indice fort pour supposer que les pesticides augmentent le risque de la contracter. Ces soupçons sont encore plus forts, si on trouve en plus un effet-dose : c’est-à-dire si les individus les plus exposés ont un risque de maladie encore plus fort que ceux qui ne sont que faiblement exposés.</p>
<h1><strong>Pourquoi il y a des bons et des mauvais témoins…en épidémiologie</strong></h1>
<p>Si on observe qu’une maladie est plus fréquente chez les agriculteurs que dans la population générale, est-ce que cela suffit pour démontrer que c’est dû aux pesticides ? A l’évidence, non : <strong>la maladie pourrait très bien être due à un autre facteur environnemental, lié aux métiers agricoles, mais différent des pesticides</strong>. Imaginons par exemple qu’une maladie soit favorisée par l’exposition aux fumées de moteur diesel : les agriculteurs, qui travaillent beaucoup sur des tracteurs diesel, avec le pot d’échappement juste devant leur tête, seront plus atteints par cette maladie que la population générale.</p>
<p><strong>Si on observe maintenant que cette maladie est plus fréquente chez les utilisateurs de pesticides que chez les personnes qui n’en utilisent pas, pourra-t-on cette fois incriminer les pesticides sans risque d’erreur ? On serait tenté de le penser… mais c’est là qu’il faut se poser la question de la population témoin employée :</strong></p>
<ul>
<li>Si on compare les utilisateurs de pesticides à la population générale, on va en fait retomber sur le problème précédent : en effet, les utilisateurs fréquents de pesticides sont, dans leur grande majorité, des agriculteurs. On va donc comparer, d’une part une population exposée, constituée en très forte majorité d’agriculteurs ; et, d’autre part, une population témoin, où les agriculteurs sont absents ou très minoritaires. On risque donc de faire la même confusion que dans la comparaison « agriculteurs vs population générale »</li>
<li>La comparaison la plus pertinente dans ce cas sera de prendre comme population exposée les agriculteurs utilisateurs de pesticides, et comme population témoin les agriculteurs non utilisateurs : si la maladie est bien causée par les pesticides, les deux populations auront des niveaux de risque très différents ; par contre, si elle est causée par un autre facteur lié à l’agriculture, ces deux populations auront des niveaux de risque voisins… et tous deux supérieurs à celui de la population non agricole. <strong>A partir du moment où une maladie a été identifiée comme surreprésentée chez les agriculteurs, c’est donc sur ce type de comparaison qu’il faudrait se concentrer, pour démontrer un effet des pesticides.</strong></li>
</ul>
<p>Ce raisonnement de logique élémentaire parait évident…et pourtant !</p>
<h1><strong>On ne trouve que ce que l’on cherche</strong></h1>
<p><strong>Prenons l’exemple d’une des meilleures études réalisées sur la maladie de Parkinson chez les agriculteurs : celle d’A. Elbaz et ses collaborateurs, parue en 2009</strong><a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a>. Cette enquête se distinguait par un protocole d’évaluation de l’exposition aux pesticides particulièrement détaillé, et comprenait justement des agriculteurs utilisateurs et non utilisateurs de pesticides, et des non agriculteurs. Malheureusement, les auteurs n’ont analysé en détail que la comparaison entre utilisateurs et non utilisateurs de pesticides. Avec cette grille de lecture, les résultats semblent clairs : l’exposition aux pesticides est associée à un risque de Parkinson 1,8 fois plus élevé que chez les non-utilisateurs, avec qui plus est un effet-dose. De plus, les auteurs observent un effet encore plus fort de l’exposition aux insecticides organochlorés. La messe semble donc dite. Cette publication a d’ailleurs beaucoup contribué au classement de la maladie de Parkinson « causée par les pesticides » comme maladie professionnelle des agriculteurs en 2012.</p>
<p>Pourtant, si on essaie, à partir des chiffres publiés par les auteurs, d’estimer le risque pour les agriculteurs non utilisateurs de pesticides, on arrive à une conclusion bien différente : ceux-ci semblent bien avoir une prévalence de Parkinson identique à celles des utilisateurs de pesticides ; de plus, l’ «effet-dose» du travail sur une exploitation agricole est en fait plus élevé que celui de l’exposition aux pesticides ; enfin, l’effet particulier attribué aux organo-chlorés (interdits depuis longtemps) pourrait très bien s’expliquer par un biais lié à l’âge (voir <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/12/1512NotesDeLectureElbazFP.pdf">Notes de lecture sur l&rsquo;étude Elbaz FP</a></strong>).<br />
<strong>En conclusion, pour autant qu’on puisse en juger d’après les résultats publiés par les auteurs, les résultats de cette étude semble compatible avec un Parkinson dû à une cause environnementale lié aux métiers agricoles, mais autre que les pesticides. Pourtant, cette hypothèse n’est évoquée nulle part par les auteurs.</strong></p>
<h1><strong>Un cas isolé ? Pas si sûr…</strong></h1>
<p>Bien entendu, nous ne parlons ici que d’une publication unique, parmi beaucoup d’autres incriminant également les pesticides. Mais son cas est loin d’être anodin : d’une part, nous l’avons vu, elle a été importante pour la classification de la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle des agriculteurs. D’autre part, il s’agit de l’une de celles où l’exposition des agriculteurs aux pesticides a été estimée avec le plus de précision : il est donc dommage qu’elle n’ait pas été exploitée pour explorer toute les pistes possibles. Mais surtout, elle démontre par l’exemple l’importance du choix de la population témoin retenue. Ce qui nous amène à la question suivante : ce choix de la population témoin a-t-il fait partie des critères retenus par l’expertise collective INSERM, pour juger de la validité d’une publication ? La réponse est non ! Dans leur discussion des publications citées, les experts indiquent bien si la population exposée se composait simplement d’agriculteurs, ou bien d’agriculteurs utilisateurs de pesticides. Ils accordent fort logiquement plus de poids aux publications faisant état d’un effet-dose… mais ne précisent nulle part la nature de la population témoin ! De même, dans leurs recommandations pour les travaux futurs, toutes portent sur l’amélioration de la mesure de l’exposition (ce qui est bien sûr légitime), aucune sur l’élimination des facteurs de confusion potentiels avec les pesticides. Ce second point devrait pourtant être essentiel : en effet, l’exposition cumulée d’un agriculteur aux pesticides est forcément très corrélée à la durée cumulée de son travail… et donc à l’exposition à tout autre facteur professionnel. Il ne sert donc pas à grand-chose d’affiner la mesure de l’effet-dose de l’exposition, si on ne la compare pas à l’effet dose du temps global de travail sur l’exploitation agricole. Là encore, l’article Elbaz et al en donne un exemple flagrant, avec son effet-dose du temps de travail, supérieur à celui de l’exposition aux pesticides.</p>
<h1><strong>Agriculteurs et abeilles, même combat ?</strong></h1>
<p>Poser cette question des populations témoin peut passer pour une manœuvre oiseuse destinée à défendre les pesticides contre toute évidence… ou, dans le meilleur des cas, donner l’impression d’un « pinaillage » scientifique qui fait bon marché des risques encourus par les agriculteurs. Attention à ne pas se tromper d’ennemi ! <strong>Il est évident que la maladie de Parkinson est surreprésentée chez eux, et que son classement comme maladie professionnelle est parfaitement justifié. Mais se prononcer trop tôt sur la cause risquerait de se retourner contre les agriculteurs, à plusieurs titres </strong>:</p>
<ul>
<li>Dans la situation actuelle, <strong>les agriculteurs ou travailleurs agricoles non applicateurs de pesticides n’ont aucun recours</strong> pour faire reconnaître leur maladie comme ayant une cause professionnelle. Il faudrait donc être sûr que leur risque de Parkinson est bien égal à celui de la population générale.</li>
<li><strong>Une attribution erronée aux pesticides retarderait l’élimination de ce problème sanitaire</strong></li>
<li>Les agriculteurs sont impactés en tant que victimes potentielles de la maladie de Parkinson, mais aussi en tant qu’employeurs : dans les cas concernant des salariés agricoles, <strong>la MSA peut se retourner contre leur employeur</strong><a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>.</li>
</ul>
<p><strong>Cette situation fait beaucoup penser à celle des recherches sur les causes de mortalité des abeilles. Ce problème est sur la place publique depuis une quinzaine d’années, sans réponse scientifique satisfaisante. Depuis le début, le sujet est pollué par l’insistance de certains apiculteurs à privilégier l’explication par les pesticides</strong>. En quinze ans, la recherche scientifique a certes produit quelques résultats compatibles avec cette hypothèse. Pourtant, l’interdiction quasi-totale de ces produits en France n’a donné aucun résultat. Dans le même temps, beaucoup moins de moyens ont été consacrés à une amélioration du suivi sanitaire de routine des ruchers, et à l’étude des hypothèses alternatives (pathologies, causes alimentaires). Quinze ans après, nous n’en savons pas beaucoup plus sur les causes réelles du déclin des ruches, le consensus scientifique reconnait que ces mortalités ont des causes multi-factorielles, et la situation des abeilles ne s’est pas améliorée.</p>
<p>Le parallèle avec le cas de la maladie de Parkinson chez les agriculteurs est évident, sauf qu’ici l’enjeu est la santé d’êtres humains et non d’insectes : <strong>même si les investigations sur le rôle éventuel des pesticides doivent bien sûr être poursuivies, ne négligeons pas trop tôt toute autre hypothèse alternative.</strong></p>
<p>Philippe Stoop, docteur- ingénieur en agronomie, directeur Recherche et Innovation de la société iTK</p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong> :<br />
<strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/12/1512NotesDeLectureElbazFP.pdf">Notes de lecture Elbaz FP</a></strong>, article technique plus complet</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> <a href="http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-l-inserm">http://www.inserm.fr/actualites/rubriques/actualites-societe/pesticides-effets-sur-la-sante-une-expertise-collective-de-l-inserm</a></p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Elbaz A, Clavel J, Rathouz PJ, Moisan F, Galanaud JP, Delemotte B, Alpérovitch A, Tzourio C., 2009 :</p>
<p>Professional exposure to pesticides and Parkinson disease. Ann Neurol. 66(4): 494-504.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> <a href="http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/bourges-et-environ/2015/09/14/sa-maladie-de-parkinson-est-bien-due-a-une-faute-de-son-employeur_11599173.html">http://www.leberry.fr/cher/actualite/pays/bourges-et-environ/2015/09/14/sa-maladie-de-parkinson-est-bien-due-a-une-faute-de-son-employeur_11599173.html</a></p>
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		<item>
		<title>« Protection phytosanitaire : Maîtriser le traitement, c’est aussi se protéger » (Cerafel Bretagne)</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2015/11/04/protection-phytosanitaire-maitriser-le-traitement-cest-aussi-se-proteger-cerafel-bretagne/</link>
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		<pubDate>Wed, 04 Nov 2015 10:05:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Sous ce titre, le Cerafel Bretagne édite un 4 pages pour inciter les producteurs de fruits et légumes bretons à se protéger lors des traitements et de leur préparation. Son contenu : &#8211; La réglementation et les sources d’information, &#8211; Une interview de Marie Rannou, MSA, qui souligne une « prise de conscience encore insuffisante » &#8211; Le [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://cerafel.com/files/PagesEQ/Cerafel-EQ-N-76.pdf">Sous ce titre</a></strong>, le Cerafel Bretagne édite un 4 pages pour inciter les producteurs de fruits et légumes bretons à se protéger lors des traitements et de leur préparation.</p>
<p><strong>Son contenu : </strong><br />
&#8211; La réglementation et les sources d’information,<br />
&#8211; Une interview de Marie Rannou, MSA, qui souligne une « prise de conscience encore insuffisante »<br />
&#8211; Le témoignage de Pascal Gouronnec, producteur de légumes et entrepreneur de travaux agricoles</p>
<p><strong>L’ensemble est intéressant et pédagogique. Une petite nuance cependant</strong> : partout l’accent est mis sur le port des EPI (Equipements de Protection Individuels). C’est effectivement un point important. Mais <strong>les premiers points pour bien se protéger sont bien l’<em>équipement</em> du poste de remplissage et du pulvérisateur et le <em>comportement</em> de l’applicateur.</strong> Ces points transparaissent dans le témoignage de Pascal Gouronnec. A défaut d’être complètement détaillés, ils auraient mérité d’être mentionnés dans un bref rappel.</p>
<p><a href="http://cerafel.com/files/PagesEQ/Cerafel-EQ-N-76.pdf"><img class="aligncenter size-large wp-image-13847" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/11/1511ProtectionApplicateur-520x342.jpg" alt="1511ProtectionApplicateur" width="520" height="342" /></a></p>
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		<item>
		<title>Phytosanitaires et santé des utilisateurs (présentations du colloque Ecophyto Auvergne de mars 2015)</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2015/08/11/phytosanitaires-et-sante-des-utilisateurs-presentations-du-colloque-ecophyto-auvergne-de-mars-2015/</link>
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		<pubDate>Tue, 11 Aug 2015 13:01:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le colloque Ecophyto de la région Auvergne était principalement orienté sur l’axe santé des utilisateurs, axe 9 du plan Ecophyto. De nombreux aspects de ce colloque sont Ecophyto-corrects, avec une volonté délibérée de souligner la dangerosité des produits. Il ne faut certes pas sous-estimer cette dangerosité, réelle en ce qui concerne l’utilisateur mal protégé. Mais [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-11831" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2014/11/1411Ecophyto-182x90.jpg" alt="1411Ecophyto" width="182" height="90" /> Le colloque Ecophyto de la région Auvergne était principalement orienté sur l’axe santé des utilisateurs, axe 9 du plan Ecophyto.</p>
<p>De nombreux aspects de ce colloque sont Ecophyto-corrects, avec une <strong>volonté délibérée de souligner la dangerosité des produits</strong>. Il ne faut certes pas sous-estimer cette dangerosité, réelle en ce qui concerne l’utilisateur mal protégé. Mais à trop forcer le trait, on peut décrédibiliser le nécessaire discours de prévention.</p>
<p>Cependant, globalement, <strong>de nombreuses présentations de ce colloque sont particulièrement intéressantes soit par la qualité des recherches</strong> dont elles rendent compte, <strong>soit dans les aspects conseils pratiques aux utilisateurs</strong> qu’elles impliquent.</p>
<p>Voir <strong><a href="https://www.youtube.com/channel/UCWZVRj7zxoFgXmYs9Sh4_Sg/videos">toutes les présentations</a></strong>.<br />
Voir :<br />
« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=c74TPrhatUU">Protection collective : efficacité des cabines de tracteur et d&rsquo;automoteurs, états des connaissances</a></strong> » (Sonia Grimbuhler, IRSTEA)</p>
<p>« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=a9soNtYA25c">Quelle place pour les équipements de protection individuelle dans la prévention des risques</a></strong> » (Olivier Briand, Bureau santé et sécurité au Ministère de l’agriculture)<br />
« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=6MyPITDBroU">Etude AGRICAN</a></strong> » (Jean-Pierre Ruols, MSA Auvergne)<br />
« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=VxQIQwxX5QQ">Dispositif de surveillance PHYT&rsquo;ATTITUDE</a></strong> » (Gérard Dautel, MSA Auvergne<br />
« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=JjEL73MtxZM">Le projet « Espaces Santé Sécurité » des utilisateurs</a></strong> » (Annette Bouquet, DRAAF Auvergne)<br />
« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=XoStDuNw-bw">Exemples d&rsquo;actions à destinations des agents de collectivités (déclinaison du plan écophyto)</a></strong> » (Christophe Bras, Fredon Auvergne)<br />
« <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=DB4_twesPiw">Analyse de la perception des dangers: retour d&rsquo;expérience</a></strong> » (Pascale Mercieca, ANACT)</p>
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		<title>Manipuler les semences traitées en toute sécurité (Guide pratique)</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2015/07/09/manipuler-les-semences-traitees-en-toute-securite-guide-pratique/</link>
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		<pubDate>Thu, 09 Jul 2015 16:55:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Les agriculteurs sont aujourd’hui sensibilisés à prendre des précautions lors de la manipulation des produits phytosanitaires et lors des traitements. Les semences traitées n’ont certes pas le statut de produit phytosanitaire. Il importe cependant de prendre des précautions analogues lors de leur manipulation. Le ministère de l’agriculture a édité un guide pratique, simple, complet, pédagogique [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les agriculteurs sont aujourd’hui sensibilisés à prendre des précautions lors de la manipulation des produits phytosanitaires et lors des traitements. <strong>Les semences traitées n’ont certes pas le statut de produit phytosanitaire. Il importe cependant de prendre des précautions analogues lors de leur manipulation.</strong></p>
<p>Le ministère de l’agriculture a édité un <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/07/1507BP-SemencesTraitees.pdf">guide pratique</a></strong>, simple, complet, pédagogique et illustré à ce sujet, <strong>qui mérite toute l’attention des conseillers, des producteurs et de leurs salariés</strong> : des gestes simples pour se protéger et protéger l’environnement.</p>
<p><strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/07/1507BP-SemencesTraitees.pdf">Lire le guide</a></strong> .</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/07/1507BP-SemencesTraitees.pdf"><img class="aligncenter size-large wp-image-13250" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/07/1507BP-SemencesTraitees-520x554.jpg" alt="1507BP-SemencesTraitees" width="520" height="554" /></a></p>
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		<title>AGRICAN: Les travailleurs agricoles se portent mieux que le reste de la population. Et ça ne plait pas à tout le monde…</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2014/11/13/agrican-les-travailleurs-agricoles-se-portent-mieux-que-le-reste-de-la-population-et-ca-ne-plait-pas-a-tout-le-monde/</link>
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		<pubDate>Thu, 13 Nov 2014 17:40:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Agrican (Agriculture et Cancer) est un vaste programme d’épidémiologie portant sur 180 000 personnes travaillant ou ayant travaillé dans l’agriculture. En juin 2011, les premières conclusions étaient que la mortalité par cancer des travailleurs de l’agriculture était plus faible que pour le reste de la population. En octobre 2014, Pierre Lebailly, coordinateur du programme Agrican,  en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Agrican (Agriculture et Cancer) est un vaste programme d’épidémiologie portant sur 180 000 personnes travaillant ou ayant travaillé dans l’agriculture. En juin 2011, les premières conclusions étaient que la mortalité par cancer des travailleurs de l’agriculture était plus faible que pour le reste de la population.</p>
<p>En octobre 2014, Pierre Lebailly, coordinateur du programme Agrican,  en a présenté un nouveau point d’étape lors d’un colloque organisé par l’ANSES et l’EFSA (Agences, respectivement française et européenne, de sécurité sanitaire). Les résultats portaient cette fois sur l’incidence des cancers et ils sont clairs : <b>la population agricole est moins victime de cancer que le reste de la population. Et cette différence est « significative »</b>.Ceci est une bonne nouvelle qui, de plus, conforte les résultats publiés en 2011.</p>
<p><b>Beaucoup d’observateurs sont obnubilés par les maladies, en particulier les cancers, qui pourraient être causées par les pesticides</b>. Certes les pesticides sont intrinsèquement dangereux. Ils peuvent causer des intoxications en cas de mésusage. Il a été démontré que, si le travailleur est insuffisamment protégé, certains pesticides pouvaient provoquer des maladies sur le long terme : par exemple maladie de Parkinson ou certains cancers particuliers.</p>
<p>Mais, <b>sans vouloir sous-estimer ces questions,</b> <b>l’étude Agrican montre clairement que les pesticides ne sont pas la catastrophe sanitaire annoncée par les marchands de peur</b>.<br />
Certes des comportements doivent encore changer. Il faut veiller à ce que les personnes qui manipulent les produits phytosanitaires et effectuent les traitements aient conscience du risque pris et puissent se protéger suffisamment : par exemple gants, lunettes, comportement et lavage des mains après traitement.<br />
Certes il y a des différences entre secteurs de l’agriculture dont il n’est pas facile d’identifier les causes. Bien d’autres facteurs peuvent être à l’origine de cancers ou d’autres maladies chroniques : poussières, gasoil, virus animaux, moisissures, etc.  La deuxième phase du programme Agrican permettra de commencer à mieux cerner les facteurs responsables.</p>
<h2>Manipulation catastrophiste par certains médias</h2>
<p>Suite à la communication publique de ces résultats, <b>certains médias</b> se sont d’abord demandé pourquoi les types de cancer varient en fonction des cultures, « ce qui pourrait être lié à l’utilisation de pesticides. » Mais <b>n’ont rien, absolument rien, dit de l’incidence significativement plus faible des cancers chez les agriculteurs…</b> Voir par exemple : <b><i><a href="http://www.pourquoidocteur.fr/Pesticides---quels-sont-les-cancers-les-plus-frequents-chez-les-agriculteurs--8465.html">Pourquoi Docteur</a></i></b>.</p>
<p>Sous le titre « <b><a href="http://alerte-environnement.fr/2014/10/30/pesticides-flagrant-delit-de-prise-dotage-de-lopinion/">Pesticides : flagrant délit de prise d’otage de l’opinion</a></b> », <i>Alerte-Environnement</i> a d’ailleurs mis en évidence ce mécanisme : « Évidemment, <b>dans un contexte politique, militant (ONG) et médiatique qui ne cesse de mettre l’agriculture et les pesticides sur le banc des accusés, ces résultats sont inacceptables. Il faut donc les triturer dans tous les sens pour obtenir un titre choc</b> ».<br />
Sous le titre « <strong><a href="http://www.sauvonslesfruitsetlegumes.fr/wp-content/uploads/2014/11/CPCSFLAGRICAN2.pdf">Etude AGRICAN : « Les travailleurs agricoles se portent mieux que le reste de la population</a></strong> », le CSLFLF (Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France) s’insurge. : « <b>Il est irresponsable que certains observateurs  s’emploient,  volontairement  ou  non,  à  interpréter  de  manière mensongère les premiers résultats de l’étude en alimentant des peurs</b>. »<br />
Le CSLFLF conclut : « <b>La santé des agriculteurs vaut plus que des slogans</b> et formules conçues pour trouver un écho médiatique à des marchands de peur qui cherchent à imposer comme une vérité scientifique ce que la science elle-même ne peut démontrer, c’est-à-dire le lien entre l’exposition aux pesticides et le risque de cancer. <b>Laissons les chercheurs travailler. Respectons-les</b>. »<br />
<strong>Nous ne pouvons qu’approuver</strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin:</strong><br />
&laquo;&nbsp;<strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2014/03/24/pesticides-et-cancer-rien-de-probant/">Pesticides et cancer : rien de probant ! (Etude Agrican)</a></strong>&nbsp;&raquo; (2014)<br />
&laquo;&nbsp;<strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2011/09/20/etude-agrican-agriculture-et-cancer/">Etude Agrican : agriculture et cancer</a></strong>&nbsp;&raquo; (septembre 2011)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.inma.fr/files/file/phytos/01_AGRICAN_Resultats_Juin2011.pdf"><img class="aligncenter size-large wp-image-4458" alt="1106MSANational" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2011/09/1106MSANational-520x726.jpg" width="520" height="726" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Equipements de Protection Individuels : leur utilisation progresse</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2014/01/01/equipements-de-protection-individuels-leur-utilisation-progresse/</link>
		<comments>http://www.forumphyto.fr/2014/01/01/equipements-de-protection-individuels-leur-utilisation-progresse/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2014 11:27:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans cet article, La France Agricole rend compte d’une enquête réalisée pour la revue Agrodistribution : le port des EPI (Equipement de Protection Individuel) 91 % utilisent des gants, au moins de temps en temps, en hausse de 6 points par rapport à décembre 2011. Le port d’EPI lors de la préparation et des traitements n’est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><b style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/phytos-equipements-de-protection-individuels-leur-utilisation-progresse-encore-sondage-82318.html">Dans cet article</a></b>,<i> La France Agricole</i> rend compte d’une enquête réalisée pour la revue <i>Agrodistribution </i>: le port des EPI (Equipement de Protection Individuel)</p>
<p>91 % utilisent des gants, au moins de temps en temps, en hausse de 6 points par rapport à décembre 2011.</p>
<p><strong>Le port d’EPI lors de la préparation et des traitements n’est qu’un des aspects de la protection individuelle des opérateurs</strong>. Les autres aspects sont : organisation du chantier, procédures claires, rangement au fur et à mesure, lavage des mains, changement de vêtements, etc.</p>
<p>Cependant, le port d’EPI reste un indicateur important de l’attention accordée à la protection de l’utilisateur.<br />
De plus, l’expression « au moins de temps en temps » et l’utilisation beaucoup plus faible des autres EPI (masque, etc.) montrent que des progrès sont encore nécessaires.</p>
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