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	<title>ForumPhyto &#187; Bonnes pratiques</title>
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	<description>ForumPhyto, la santé des plantes</description>
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		<title>Combien de victimes des pesticides ? Quand l’INSERM se déclare incompétent&#8230;</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/05/08/combien-de-victimes-des-pesticides-quand-linserm-se-declare-incompetent/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2018 05:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé : une Mission interministérielle a chiffré récemment le nombre de cas de lymphome non hodgkinien (LNH) causé par les pesticides chez les agriculteurs. Elle arrive au résultat de 2300 cas sur la période 2005-2013. Le mode de calcul de cette estimation est particulièrement  révélateur des impasses actuelles de l’utilisation des études épidémiologiques en expertise sanitaire : [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : une Mission interministérielle a chiffré récemment le nombre de cas de lymphome non hodgkinien (LNH) causé par les pesticides chez les agriculteurs. Elle arrive au résultat de 2300 cas sur la période 2005-2013. Le mode de calcul de cette estimation est particulièrement  révélateur des impasses actuelles de l’utilisation des études épidémiologiques en expertise sanitaire :</em></strong></p>
<ul>
<li><strong><em>L’INSERM lui-même se refuse à réaliser ce chiffrage dans la cohorte Agrican, qu’il suit pourtant depuis 13 ans</em></strong></li>
<li><strong><em>La Mission a donc dû faire ce calcul sous sa propre responsabilité :</em></strong>
<ul>
<li><strong><em>Avec des données fournies par l’INSERM sans analyse statistique, et avec un mode de calcul récusé par l’INSERM</em></strong></li>
<li><strong><em>En attribuant aux pesticides un excès de LNH effectivement observé dans Agrican, mais essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</em></strong></li>
<li><strong><em>Et probablement en comptabilisant deux fois les myélomes multiples, une forme de cancer que les publications INSERM regroupent habituellement avec les LNH</em></strong></li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><strong><em>Ce chiffrage est donc un compromis boiteux, qui va alarmer les agriculteurs sans justification scientifique sérieuse, mais, par contre, sous-estime gravement le nombre d’indemnisation potentielles à verser. En effet, le lymphome non-hodgkinien étant classé comme maladie professionnelle, avec des critères d’éligibilité très souples, il est probable qu’une large majorité des agriculteurs conventionnels qui contracteront cette maladie pourraient obtenir sa reconnaissance comme maladie professionnelle…contrairement aux agriculteurs bios.</em></strong></p>
<p>Une mission interministérielle française a récemment été chargée de définir les modalités de financement futur de l’indemnisation des victimes des pesticides. Elle a rendu son rapport en début d’année<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>. La première étape de ce travail était évidemment d’estimer le nombre potentiel de ces victimes, en particulier pour les deux maladies actuellement reconnues comme maladies professionnelles, la maladie de Parkinson, et le lymphome non hodgkinien (LNH, une forme de cancer des cellules sanguines). La Mission arrive au résultat inquiétant de 2300 cas de LNH, entre 2005 et 2013, au sein de la population agricole française, en se basant sur les résultats de la cohorte Agrican qui suit la santé d’une large population d’agriculteurs français. La méthode suivie est exposée dans l’annexe VI du rapport de la Mission… et sa lecture révèle bien des surprises ! Nous résumerons ici les principales étapes du raisonnement, pour une analyse plus détaillée, en particulier sur le plan statistique, voir notre <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805CombienDeVictimesComplet.pdf">article complet</a></strong>.</p>
<h1><strong>L’étrange aveu de l’INSERM</strong></h1>
<p>Rappelons d’abord que le LNH a été reconnu comme maladie professionnelle des agriculteurs utilisateurs de pesticides en 2015 en France. Il est intéressant de noter que ce classement allait au-delà des certitudes scientifiques de l’époque. En effet, <strong>dans son expertise collective de 2013, l’INSERM l’a classé parmi les pathologies pour lesquelles il y a une « présomption forte de liaison avec l’exposition aux pesticides », mais pas de démonstration de la causalité. </strong>De plus, à cette date, aucun excès de mortalité ou d’incidence (nombre de cas nouveaux) n’avait été observé pour cette maladie dans les deux plus grandes cohortes mondiales sur la santé des agriculteurs, AHS aux USA, et Agrican en France. <strong>Depuis cette époque, une publication française de 2017 a changé la donne, puisqu’après un suivi plus long, un excès significatif de LNH a été identifié dans la cohorte Agrican. Mais, comme nous le verrons dans la suite, ce résultat nouveau n’étaye pas davantage l’hypothèse d’un effet des pesticides sur le LNH, au contraire</strong>.</p>
<p>Quoiqu’il en soit sur le plan scientifique, la reconnaissance du LNH comme maladie professionnelle est désormais un fait juridique dont il faut tenir compte, et il est bien sûr nécessaire d’estimer le coût futur des indemnisations consécutives à ce classement. C’est à quoi s’est attaqué la mission interministérielle chargée de la réflexion sur le financement de la prise en charge des victimes des produits phytopharmaceutiques.</p>
<p>On pourrait penser naïvement que ce chiffrage des victimes potentielles a déjà été fait lors des études épidémiologiques. En effet, dans les études dites prospectives, les chercheurs calculent des taux d’incidence et de mortalité standardisés, qui permettent théoriquement de comparer le nombre de cas nouveaux et de décès survenus chez les agriculteurs, par rapport à la population générale. Si pour une maladie on trouve une incidence standardisée significativement supérieure à 1, par exemple de 1.09, on considère habituellement qu’il y a un excès de 9% de cette maladie chez les agriculteurs. Il parait donc simple  de  calculer le nombre de victimes potentielles, en extrapolant à l’ensemble de la population agricole le sur-risque estimé à partir de ces incidences standardisées.</p>
<p><strong> Première surprise : l’INSERM récuse ce raisonnement comme trop simpliste, au motif que les incidences standardisées pourraient être faussées par l’effet de facteurs protecteurs des cancers propres aux agriculteurs.</strong> Par exemple, on sait qu’ils fument moins que la population générale, et certaines études suggèrent aussi que le contact avec les animaux d’élevage est associé à un risque moindre de cancers. De façon plus générale, il semble clair qu’existe chez les agriculteurs un « effet travailleur sain », déjà observé chez d’autres catégories professionnelles dont le métier implique une activité physique régulière, favorable à la santé. Comme ces effets protecteurs font baisser les incidences standardisées des agriculteurs, on risque donc de sous-estimer l’effet négatif des pesticides.</p>
<p>Cette objection est bien sûr scientifiquement recevable, mais il est plutôt regrettable que l’INSERM, 13 ans après lancé la cohorte Agrican, n’ait pas encore réfléchi aux méthodes statistiques qui permettraient de corriger ce biais ! De plus, ce raisonnement suppose que les agriculteurs non utilisateurs de pesticides devraient avoir des incidences standardisées plus basses que ceux des utilisateurs de pesticides. (puisque les effets protecteurs associés à la vie agricole devraient s’exercer chez eux, sans être annulés par les effets négatifs des pesticides. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe dans Agrican ! (cf notre article détaillé).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17259" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805EffetsProtecteurs.png" alt="1805EffetsProtecteurs" width="948" height="362" /></p>
<p><strong>Figure 1 a et b : Dans les études épidémiologiques, les agriculteurs utilisateurs de pesticides ont des incidences standardisées de cancer inférieures ou égales à 1 (et donc à la population générale), pour presque toutes les formes de cancer. L’interprétation la plus immédiate de ces résultats serait que les pesticides n’ont pas d’effet sur le cancer. A juste titre, l’INSERM met en garde contre cette lecture trop simpliste : en effet, beaucoup d’indices montrent que le travail agricole est corrélé à plusieurs facteurs protecteurs contre le cancer. Il est donc plausible que ces effets positifs masquent un effet nocif des pesticides (Fig 1a). C’est pourquoi l’INSERM déconseille l’utilisation des incidences standardisées pour calculer le nombre de cancers induits par les pesticides  Toutefois, si c’était le cas, les agriculteurs non utilisateurs de pesticides devraient bénéficier des effets protecteurs, sans souffrir des effets nocifs des pesticides. Ils devraient donc avoir une incidence encore plus basse que les agriculteurs utilisateurs de pesticides. Or, ce n’est pas du tout ce que l’on trouve par exemple pour le LNH dans la cohorte Agrican, on observe même la tendance inverse (Fig 1b, cf aussi Tab. 1).</strong></p>
<p>Quoiqu’il en soit, l’INSERM n’a pas souhaité rentrer dans ce débat, et s’est refusé à chiffrer le nombre de cas de LNH induits par les pesticides. Sur la question de savoir combien d’agriculteurs pourraient faire valoir une cause professionnelle pour leur LNH, sa position est qu’<em>« Il est possible et justifié scientifiquement de statuer que tout agriculteur diagnostiqué d’un cancer de la prostate ou tout agriculteur ou agricultrice diagnostiquée d’un LNH incluant tous les types de LNH dont les myélomes multiples est donc susceptible de bénéficier du statut de victime s’il(elle) a utilisé lui-même (elle-même) des pesticides ou s’il(elle) a travaillé dans un secteur (viticulture, arboriculture fruitière, maraîchage en plein champs ou sous serres…) où 100% des personnes travaillant sont exposées soit directement soit secondairement (réalisation de tâches de réentrée ou de récolte).<a href="#_edn2" name="_ednref2"><strong>[2]</strong></a> » </em><strong>On peine un peu à comprendre ce qui « justifie scientifiquement » que tous les cas de LNH chez les agriculteurs exposés aux pesticides soient dus à ces produits : rappelons tout de même que cette maladie existait déjà avant l’invention des produits phytosanitaires, et existe aussi dans les populations non exposées (y compris, nous y reviendrons, chez les agriculteurs bios…).</strong> Mais en tout cas cette proposition de l’INSERM a le mérite de la générosité.</p>
<p>On comprend tout de même que cette largesse ne fasse pas l’affaire de la Mission chargée de définir le financement de l’indemnisation des victimes ! Face au bottage en touche de l’INSERM, c’est donc la Mission elle-même qui a dû prendre la responsabilité d’estimer le nombre de cas de LNH provoqué par les pesticides. Pour cela, elle n’a bien sûr pas eu d’autre choix que de se baser sur les incidences standardisées dans Agrican, donc la méthode critiquée par l’INSERM ! Curieusement, l’Institut n’a vu aucun problème éthique à fournir pour cela des données standardisées inédites, et sans analyse statistique, en sachant qu’elles seraient utilisées selon une méthode qu’il récusait. Encore plus surprenant, vu les motivations de ses scrupules scientifiques, ces données ne distinguent pas le cas des agriculteurs utilisateur et non utilisateurs de pesticides.</p>
<p>C’est à partir de ces données, non publiées précédemment, que la Mission a pu estimer que le sur-risque de LNH chez les agriculteurs était de 9%, et en déduire que le nombre total de cas générés par les pesticides était de 2300 dans la population agricole française, pour la période considérée (200( à 2013).</p>
<p>Quoiqu’en dise l’INSERM, le principe de ce calcul parait raisonnable, et c’est de toute façon le seul possible avec les données disponibles. Mais sa réalisation et son interprétation soulèvent deux gros problèmes :</p>
<ul>
<li>il semble probable que la mission ait comptabilisé 2 fois les cas de myélomes multiples, qu’elle a considéré comme une pathologie différente du LNH, alors que la présentation des données Inserm laisse plutôt l’impression qu’elles sont déjà incluses dans le total des LNH. Si c’est le cas, ce qui reste à éclaircir, cela aurait entrainé une surestimation de 20% du nombre total de LNH. Mais, paradoxalement, ce petit doute est secondaire par rapport à une autre approximation beaucoup plus inquiétante : l’attribution de 9% des cas aux pesticides</li>
<li>en effet, cette valeur de 9% correspond bien à l’excès de LNH, statistiquement significatif, observé dans la dernière publication INSERM sur l’incidence des cancers dans Agrican. Mais les données fournies par l’INSERM à la Mission occultent un « petit » problème d’interprétation : <strong>cet excès de LNH est observé essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</strong>!</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17256" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805LemarchandIncidenceLNH.png" alt="1805LemarchandIncidenceLNH" width="960" height="720" /></p>
<p><strong>Tableau 1 : incidence standardisée (SIR) du LNH dans le dernier bilan publié par l’INSERM sur la cohorte Agrican<a href="#_edn3" name="_ednref3"><strong>[3]</strong></a>. On retrouve bien l’excès de 9% (SIR = 1,09), retenu comme valeur du sur-risque par la Mission. Mais le détail en fonction des profils d’exposition aux pesticides (qui ne figurait pas dans les données fournies par l’INSERM pour la Mission, ou en tout cas pas dans l’Annexe VI du rapport), révèle des résultats inattendus :</strong></p>
<ul>
<li><strong>L’incidence standardisée des agriculteurs exposés aux pesticides dans les cultures (« Pesticides on crops »), donc de loin les plus exposés, est parfaitement normale : SIR = 1,01</strong></li>
<li><strong>L’excès de LNH observé vient en fait des agriculteurs qui n’ont pratiqué que des traitements des espaces non cultivés, ou utilisés des molécules à usage vétérinaire (« Other pesticides », +16%)… et surtout des agriculteurs non exposés aux pesticides (« No pesticides », +23%) !</strong></li>
</ul>
<p><strong>En conséquence, les 2300 cas de LNH calculés par la Mission représentent bien l’excès de LNH chez les agriculteurs français, mais il n’y a aucune raison de supposer que cet excès soit réellement dû à l’exposition aux pesticides.</strong> Non seulement l’incidence standardisée des agriculteurs utilisateurs est parfaitement normale, mais celle des non-utilisateurs de pesticides est par contre supérieure à la normale ! Bien sûr, cet excès chez les non-utilisateurs de pesticides n’est pas significatif, mais il montre au moins <strong>qu’il n’y a aucune raison de suspecter un effet protecteur de la vie agricole contre le LNH, qui pourrait masquer un effet nocif éventuel des pesticides</strong> (pour une discussion plus détaillée sur la valeur statistique des résultats non significatifs, voir notre article détaillé).</p>
<p><strong>2 300 cas : une cote mal taillée, du point de vue scientifique comme économique</strong></p>
<p>En résumé, nous obtenons donc une estimation de 2300 cas de LNH causés par les pesticides :</p>
<ul>
<li>calculée à partir de données de l’INSERM, mais par des méthodes que l’INSERM récuse</li>
<li>qui attribue aux pesticides un excès de LNH effectivement observé dans Agrican, mais essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</li>
</ul>
<p>A quoi sert ce chiffre ? Pour toutes les raisons que nous avons vues, les incidences publiées par Agrican ne donnent aucune raison de penser qu’il y ait un excès de LNH  causé par les pesticides : non seulement les agriculteurs utilisateurs de pesticides ne montrent aucun excès de LNH, mais les résultats des agriculteurs non utilisateurs de pesticides ne donnent aucune raison de penser qu’il y ait chez les agriculteurs un facteur protecteur du LNH qui masquerait un effet éventuel des pesticides sur cette maladie.</p>
<p>Par ailleurs, cette estimation n’a aucun rapport avec le nombre de cas que le fonds d’indemnisation pourrait être amené à traiter : compte tenu des critères retenus pour la reconnaissance du LNH comme maladie professionnelle chez les agriculteurs, le nombre de cas éligibles, bien que très flou,  pourrait être beaucoup plus élevé. Potentiellement, tout agriculteur utilisateur de pesticides pourrait être éligible s’il est atteint de LNH pendant sa vie professionnelle, ou moins de 10 ans après sa retraite.</p>
<p>On ne voit donc pas l’intérêt de ce chiffre, qui n’a aucune valeur scientifique, ni économique, sinon  pour « justifier » a posteriori le classement du LNH comme maladie professionnelle, et l’affirmation selon laquelle le nombre de cas reconnus serait très inférieur à la réalité. On note aussi en passant une conséquence paradoxale de ce chiffrage : en légitimant l’attribution de l’excès de LNH aux pesticides, il exclut de fait les agriculteurs bio, ou non utilisateurs de pesticides, de la reconnaissance comme maladie professionnelle, alors que dans les chiffres Agrican actuels ce sont eux les plus exposés à cette maladie. Bien sûr, l’explication la plus probable de cet excès de LNH chez les non-utilisateurs de pesticides est qu’il s’agit d’un simple aléa statistique. Mais si à l’avenir il s’avérait que la cause réelle de l’excès de LNH était un facteur autre que les pesticides, les agriculteurs bio se seraient trouvés pénalisés de ce fait.</p>
<h1><strong>Où l’on retrouve nos frères ennemis alpha et bêta</strong></h1>
<p>En attendant, ce rapport a au moins le mérite d’illustrer les lacunes béantes de l’interprétation des études de recherche épidémiologique sur les pesticides :</p>
<ul>
<li>Treize ans après le lancement d’Agrican, l’INSERM déclare ne pas pouvoir chiffrer le nombre de cancers en excès chez les agriculteurs, et ne propose aucune piste de travail pour y remédier.</li>
<li>Cet aveu est d’autant plus surprenant que c’est ce type de cohortes prospectives qui devait apporter des résultats incontestables pour mesurer l’effet des pesticides sur la santé. En fait, les indicateurs habituellement utilisés dans ce type d’études (les incidences et mortalités standardisées) sont rassurants et cohérents dans les deux plus grandes mondiales sur le sujet à de rares exceptions près : les mortalités standardisées des agriculteurs utilisateurs de pesticides sont inférieures ou égales à la normale pour TOUTES les formes de cancers. Il en est de même pour presque toutes les incidences, à l’exception des cancers de la prostate, des lèvres, et du myélome multiple.</li>
<li>Toutefois les épidémiologistes se refusent à interpréter les incidences standardisées normales, voire inférieures à la normale, comme la preuve d’une absence d’effet des pesticides. Ils objectent à cela l’« effet travailleur sain », qui pourrait compenser l’effet nocif des pesticides. Cette objection est tout-à-fait recevable, car il est reconnu que les chômeurs de longue durée et autres personnes inactives ont une santé et une longévité beaucoup moins bonne que la moyenne : on comprend que cela puisse fausser les comparaisons entre des catégories professionnelles comme les agriculteurs (dont les chômeurs sont par définition exclus), et la population générale. Mais on comprend moins pourquoi ce problème statistique reste insoluble, depuis 15 ans qu’il se pose pour les études sur les agriculteurs, alors qu’une standardisation basée sur la population active, et non la population générale permettrait d’y remédier. De plus, cet effet « travailleur sain », s’il était assez fort pour masquer l’effet négatif de pesticides, devrait s’observer chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe dans la cohorte Agrican pour l’instant, où l’on a même une tendance inverse !</li>
</ul>
<p>Au final, on est donc tenté d’aller encore plus loin que l’INSERM dans la remise en cause des incidences standardisées : non seulement elles ne permettent pas de calculer de façon fiable un nombre de cas de cancers provoqués par les pesticides, mais elles ne permettent même pas de démontrer qu’il y en a !</p>
<p>Enfin, cette étude de cas montre plusieurs fois l’importance d’examiner les résultats non significatifs de l’INSERM, que les chercheurs ont tendance à négliger. Par définition, le principe de précaution suppose de n’autoriser un produit que quand il a fait la preuve de son absence d’effet sanitaire indésirable. En termes statistiques, cela se traduit par une différence non significative entre populations exposée et non exposée aux pesticides, à condition évidemment que ces résultats soient obtenus avec une puissance statistique forte, donc un risque de 2<sup>ème</sup> espèce bêta faible. C’est sur ce type de résultats que s’appuient les agences d’évaluation sanitaires comme l’ANSES. Or l’exploitation des données Agrican par l’INSERM se polarise essentiellement sur les rares résultats significatifs. C’est tout-à-fait compréhensible vu les centres d’intérêt et le mode d’évaluation de la recherche, mais cela déséquilibre totalement l’interprétation des résultats de la cohorte<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. Résultat : l’impressionnante avalanche de résultats ne montrant aucun excès significatif de cancer chez les agriculteurs ne suscite aucune analyse sérieuse, alors que beaucoup d’entre eux ont une puissance statistique qui parait correcte. Le point de vue de l’ANSES serait donc crucial, et c’est ce qui nous amène à la dernière bizarrerie de cette Mission : le point de vue de l’agence sur cette question n’est exprimé nulle part ! Certes, 5 de ses membres ont été auditionnés dans le cadre de la Mission, mais l’avis d’expertise de l’ANSES en tant que telle n’apparait nulle part : une lacune gênante, dans la mesure où le chiffrage de la Mission remet gravement en cause les évaluations de l’ANSES (ou des structures qui l’ont précédée pour l’homologation des produits phytosanitaires). Pourquoi pas ? Mais une accusation aussi grave devrait être étayée par une analyse très rigoureuse, et non par un chiffrage produit par une Mission ad hoc, à partir de données INSERM délivrées sans analyse statistique ni expertise contradictoire. Faut-il y voir un signal politique, à un moment où, après les controverses sur le glyphosate (où la maladie en cause était déjà le LNH), des ministres et des députés de la majorité s’associent à la remise en cause des agences sanitaires menée par les ONG environnementalistes<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> ?</p>
<p>Philippe STOOP</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/89861?token=32f9951a0796a25966ff306e1d88e7ea">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/89861?token=32f9951a0796a25966ff306e1d88e7ea</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Annexe VI, page 9</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> Cancer incidence in the AGRICAN cohort study (2005-2011), Lemarchand et al., 2017 <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28709062">https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28709062</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/10/04/peche-aux-alphas-contre-chasse-aux-petits-betas-pourquoi-lanalyse-des-risques-environnementaux-ne-devrait-pas-etre-seulement-un-travail-de-chercheurs/">http://www.forumphyto.fr/2016/10/04/peche-aux-alphas-contre-chasse-aux-petits-betas-pourquoi-lanalyse-des-risques-environnementaux-ne-devrait-pas-etre-seulement-un-travail-de-chercheurs/</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="https://www.lopinion.fr/edition/economie/philippe-stoop-itk-glyphosate-denigrement-agences-sanitaires-derives-140478">https://www.lopinion.fr/edition/economie/philippe-stoop-itk-glyphosate-denigrement-agences-sanitaires-derives-140478</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Inutile, le désherbage ?? Quand l’agroécologie nie l’agronomie… et l’écologie</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/28/inutile-le-desherbage-quand-lagroecologie-nie-lagronomie-et-lecologie/</link>
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		<pubDate>Wed, 28 Feb 2018 09:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé : une publication scientifique conteste l’intérêt du désherbage sur blé, et affirme qu’il détruit des espèces rares. La méthode a de quoi faire sourire, car les auteurs se contentent de brasser statistiquement des indicateurs n’ayant aucun rapport avec la nuisibilité des adventices, ni l’efficacité technique ou économique du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent aucune [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : une publication scientifique conteste l’intérêt du désherbage sur blé, et affirme qu’il détruit des espèces rares. La méthode a de quoi faire sourire, car les auteurs se contentent de brasser statistiquement des indicateurs n’ayant aucun rapport avec la nuisibilité des adventices, ni l’efficacité technique ou économique du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent aucune corrélation entre ces variables, et en déduisent donc que le désherbage est inutile ! Par ailleurs, on aimerait savoir quelles sont les « espèces rares » dont ils parlent. Ce raisonnement est réfutable par tout agriculteur détenteur du Certiphyto, à condition bien sûr qu’on l’interroge sur le désherbage du blé, et non sur le glyphosate. Cela ne l’empêche pas d’être publié dans la prestigieuse revue Nature, et exposé doctement aux députés de la Mission d’Information parlementaire sur les pesticides. Le compte-rendu de l’audition sur La Chaine Parlementaire est révélateur de l’incroyable condescendance de ces chercheurs vis-à-vis des agriculteurs, et aussi des glissements entre une publication écrite déjà peu concluante, et la façon dont elle est présentée oralement aux parlementaires. </em></strong></p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-17233" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802LCP-520x346.jpg" alt="1802LCP" width="520" height="346" /></p>
<p>Après avoir décidé l’interdiction du glyphosate sous trois ans, à contre-courant de la décision européenne, la France réfléchit maintenant à son « plan de sortie des pesticides ». Peut-on vraiment s’en passer ?  Il y a 8 ans, l’INRA, dans son rapport Ecophyto R&amp;D<a href="#_edn1" name="_ednref1">[i]</a>, avait pourtant alerté sur la faisabilité et le coût économique du plan Ecophyto, qui prévoyait « seulement » de réduire leur usage de 50%.  Quels sont les éléments scientifiques nouveaux qui nous permettent maintenant d’envisager un « plan de sortie » ? Heureusement, le sujet a été depuis repris en main par une nouvelle génération de chercheurs, qui savent prendre de la hauteur par rapport aux réalités du terrain dans lesquelles les agronomes traditionnalistes ont tendance à s’enliser, et leurs conclusions sont décoiffantes : en fait, les pesticides ne servent à rien !</p>
<p><strong>Une publication de 2016<a href="#_edn2" name="_ednref2"><strong>[ii]</strong></a> l’a « démontré » clairement dans le cas des herbicides sur blé, avec un titre accusateur : « Les herbicides ne garantissent pas des hauts rendements, mais éliminent des espèces rares de plantes ».</strong> Ceci n’est pas un titre de Cash Investigation, mais d’un article de <em>Nature</em>, c’est vous dire si c’est scientifique ! Bon, pas tout-à-fait <em>Nature</em>, c’est paru dans <em>Nature Scientific Reports</em> pour être plus précis, mais ne soyons pas mesquins, c’est presque aussi prestigieux. Comment les auteurs en sont-ils arrivés à ces conclusions décapantes, qui annulent et remplacent 50 ans de recherche agronomique ?</p>
<h1><strong>Un truisme, suivi d’un syllogisme audacieux</strong></h1>
<p>Commençons par la 1<sup>ère</sup> affirmation du titre : les herbicides ne garantissent pas des hauts rendements.  <strong>Pour les agronomes, c’est un  truisme : jamais personne n’a prétendu qu’en agriculture raisonnée les herbicides étaient un facteur déterminant du rendement, dont l’effet se mesurerait facilement à l’échelle de l’année, comme c’est le cas dans cette étude</strong>. Leur efficacité se mesure à l’échelle de la rotation, afin d’empêcher la multiplication des semences d’adventices les plus envahissantes d’une année à l’autre.</p>
<p>Si cette affirmation est évidente, les conséquences qu’en tirent nos agro-écologistes sont plus originales : « Le but principal de cette étude était de déterminer si réduire les quantités d’herbicides utilisées réduirait significativement les rendements, à cause d’une augmentation de la richesse et/ou de l’abondance de la flore adventice, comme il l’a souvent été suggéré. <strong>Pourtant, sur ce jeu de données de 150 parcelles, il n’y avait aucune corrélation entre richesse ou abondance et rendement du blé d’hiver. De plus, nous n’avons trouvé aucune corrélation indiquant que la quantité d’herbicide employé aurait un effet sur les mauvaises herbes ou sur le rendement </strong>».</p>
<p>Cette phrase pourrait laisser croire que les auteurs ont réellement testé l’effet d’une réduction de la protection herbicide sur des parcelles de blé. En fait, il n’est rien. La Figure 1 résume parfaitement la méthode qui a permis d’arriver à cette brillante conclusion, qui justifierait bien un « changement de paradigme » pour l’agriculture française :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17234" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Figure1Bretagnolle.png" alt="1802Figure1Bretagnolle" width="1584" height="1074" /></p>
<p>Les auteurs ont simplement travaillé sur 150 parcelles de blé de 30 exploitations des Deux-Sèvres, sur lesquelles ils ont réalisé des relevés floristiques, et enregistré les pratiques de désherbage et les rendements obtenus. Le tout sur une seule année. Et quand ils partent à la recherche de corrélations entre ces variables, leur conclusion est sans appel :</p>
<ul>
<li>Il n’y a aucune corrélation entre le rendement des parcelles et la quantité d’herbicides qu’elles ont reçue, mesurée en kg/ha (Fig 1a). Il y a même une tendance décroissante, les parcelles ayant reçu le plus de désherbant ayant des rendements plus faibles que la moyenne. Dans la publication, les auteurs n’osent pas pousser l’interprétation de leurs résultats jusque-là. Mais nous verrons plus bas que, devant un public choisi, ils ne s’en privent pas…</li>
<li>Il n’y a pas plus de corrélation entre la quantité d’herbicides employée et la richesse de la flore (nombre d’espèces observées) ou son abondance (nombre d’individus observés) (Fig 1b et 1C)</li>
</ul>
<p>La figure 1E mérite un coup de zoom particulier, tant elle illustre la qualité du travail réalisé. On note d’abord l’étrange distribution des rendements : beaucoup de points sont alignés horizontalement, ce qui veut dire que beaucoup  de parcelles ont exactement le même rendement. Cela peut vouloir dire 2 choses :</p>
<ul>
<li>Soit les auteurs ont arrondi certains rendements à l’entier le plus proche, ce qui ne peut que dégrader les relations statistiques, dont ils s’étonnent ensuite qu’elles ne soient pas significatives.</li>
<li>Soit certains agriculteurs n’ont pas pu fournir de rendement par parcelle, mais seulement par lots de parcelles (celles qui ont été livrées en même temps à l’organisme de collecte qui a pesé la récolte), et on a donc attribué à chaque parcelle le rendement moyen du lot.  C’est l’explication la plus probable, mais elle n’est pas plus rassurante sur le plan méthodologique.</li>
</ul>
<p><strong>Par ailleurs, même si la corrélation globale entre rendement et abondance est très médiocre, on note tout de même qu’aucune parcelle ayant plus de 60 adventices/m² n’a un rendement supérieur à 65q/ha</strong>… ce qui représente la moyenne du département des Deux-Sèvres. Voilà qui ressemble fort à un effet de seuil de la nuisibilité des adventices, phénomène bien connu des agronomes, mais bien entendu, nos agro-écologistes new-look ne sauraient cautionner un raisonnement aussi vieillot.</p>
<p>A la lecture de ce genre de résultats, les non-agronomes  risquent de se demander comment ces benêts d’agriculteurs ont pu se faire berner si longtemps par les agrochimistes qui leur vendent des produits aussi inutiles. Les agronomes, eux, ont plutôt tendance à pouffer de rire, ou à s’étrangler d’indignation, selon l’humeur, tant la méthode suivie par les auteurs est absurde et contraire aux concepts les plus basiques des bonnes pratiques phytosanitaires. Un simple coup d’œil au site Web d’Arvalis<a href="#_edn3" name="_ednref3">[iii]</a> (lecture que nous conseillons vivement aux auteurs) permet de comprendre pourquoi :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17235" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Nuisibilité002.png" alt="1802Nuisibilité(002)" width="1126" height="706" /></p>
<p><strong><em>Fig. 2 : Nuisibilité des principales adventices du blé, compilée par Arvalis. Les densités de pied indiquées dans ce tableau peuvent être considérées comme leur seuil de nuisibilité, à partir duquel leur effet sur le rendement devient décelable dans une expérimentation bien menée.</em></strong></p>
<p>Comme le rappelle Arvalis, la nuisibilité des adventices est très variable suivant les espèces : 2 pieds de gaillet au m² ont le même effet sur le rendement que 133 pieds de pensée. Il est donc parfaitement logique de ne trouver aucune corrélation entre rendement et abondance ou richesse de la flore adventice. Imaginons une parcelle ayant pour seules adventices 5 pieds/m² de chacune des 2 premières espèces de ce tableau (gaillet et de folle-avoine) : elle risque une perte de rendement de l’ordre de 10%, malgré une richesse de 2 espèces seulement et  une abondance de 10 plantes/m². Une autre parcelle, qui aurait 2 pieds/m² de chacune des 11 espèces suivantes du tableau, n’aurait quasiment pas de perte de rendement perceptible, malgré une richesse de 11 espèces, et une abondance de 22 plantes/m².</p>
<p>Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les auteurs ne trouvent qu’une très faible relation entre abondance globale de la flore et rendement (Fig. 1E), et aucune entre richesse de la flore et rendement (Fig.  1C). La plupart du temps, les parcelles de blé hébergent une large gamme d’espèces adventices, mais sauf problème exceptionnel d’entretien de la parcelle, seules 2 ou 3 espèces parmi elles sont susceptibles de dépasser les seuils de nuisibilité provoquant des pertes significatives de rendement. <strong>Chercher à relier le rendement d’une parcelle à la richesse ou à l’abondance de sa flore, sans les pondérer en fonction de la nuisibilité des espèces présentes, est aussi pertinent que de relier la santé d’une personne à sa flore microbienne, en mettant dans le même sac les bactéries intestinales ordinaires et le virus du SIDA</strong>.</p>
<p>Deuxième étape du raisonnement normal du désherbage : choisir le ou les produits adaptés, en fonction des espèces d’adventices ayant atteint le seuil de nuisibilité, et de leur stade de développement. Le choix est complexe, car il existe une large gamme de produits de familles chimiques différentes, avec des spectres d’efficacité variés… et des doses d’emploi très différentes ! Replongeons-nous dans la documentation Arvalis :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17236" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Choixproduits.png" alt="1802Choixproduits" width="1189" height="584" /></p>
<p>Imaginons un agriculteur qui a une forte présence de stellaire sur une parcelle : il a le choix entre des produits dont la dose d’emploi (en matière active/ha, unité employée par les auteurs) varie entre 20g/ha (produits à base de metsulfuron) à plus d’1kg/ha (Brennus+) ! <strong>Par conséquent, il n’est pas étonnant que nos vaillants statisticiens ne trouvent aucune relation entre quantité de produit employée et abondance ou richesse de la flore (Fig. 1B et 1D)</strong>. Les adeptes de la « sortie des phytos » par tous les moyens objecteront que dans ce cas notre agriculteur ne devrait employer que du metsulfuron à 20g/ha. Sauf que ce produit  appartient à une famille chimique susceptible de provoquer des résistances si on l’emploie trop souvent… et que les bonnes pratiques, dont nos auteurs n’ont manifestement aucune notion, recommandent d’alterner les familles chimiques, quitte à utiliser occasionnellement des produits utilisés à des doses plus élevées.</p>
<h1><strong>Espèces rares ? Quelles espèces rares ?</strong></h1>
<p>Venons-en à la 2<sup>ème</sup> affirmation du titre de l’article, plus inattendue : les herbicides élimineraient des espèces rares. Les auteurs vont même plus loin dans le résumé : les herbicides seraient plus efficaces sur les espèces rares que sur les espèces communes ! <strong>Une confirmation supplémentaire du machiavélisme des agrochimistes, qui font exprès de choisir des molécules nuisibles aux espèces menacées, … ou du fait que le complotisme pseudoscientifique a désormais droit de cité jusque dans <em>Nature</em> ?</strong></p>
<p>Rassurons tout de suite nos lecteurs les plus sensibles : aucune espèce en danger n’a été menacée d’extinction dans cette étude. Ce que les auteurs appellent « espèce rare » désigne simplement les espèces les moins fréquentes dans leurs relevés. Il s’agit donc sans doute d’adventices tout-à-fait ordinaires, en tout cas ils ne font état d’aucune espèce qui serait réellement en danger. Quant aux « espèces communes », il s’agit d’un quatuor bien connu des agriculteurs : la véronique de Perse, le gaillet, le vulpin et la folle-avoine : c’est-à-dire 4 des espèces les plus résistantes aux herbicides sélectifs utilisables sur blé ! Ici, nos chevaliers de l’agro-écologie ont inversé l’effet et la cause : c’est parce que ces espèces sont les plus résistantes aux herbicides du blé qu’elles sont les plus communes dans les champs de blé APRES désherbage, et non parce que les herbicides seraient par essence plus efficaces sur les espèces plus rares !</p>
<h1><strong>Efficacité ? Quelle efficacité ? </strong></h1>
<p>La plus grande partie de l’article porte sur un modèle mathématique développé par les auteurs, pour évaluer l’« efficacité » (effectiveness) des traitements réalisés par les agriculteurs suivis dans cette enquête. Là encore, leurs conclusions insinuent avec insistance que les agriculteurs sont vraiment incompétents, car « les résultats suggèrent que beaucoup de traitements ont été inefficaces (Fig. 3C) », et « Même quand le traitement était efficace, il n’y avait pas de corrélation entre efficacité du traitement et rendement (Fig. 4b)». Ils auraient même pu être encore plus sévères, car leur Fig 4b montre une tendance négative entre efficacité et rendement, bien difficile à expliquer ! <strong>Mais, à propos, que signifie cette efficacité</strong> ?</p>
<p>Dans les expérimentations habituelles en protection des plantes, on mesure l’efficacité d’un traitement herbicide d’après le ratio entre la population des adventices dans la parcelle traitée, par rapport à une parcelle témoin non traitée adjacente. C’est ce type d’expérimentations qui a permis de déterminer les seuils de nuisibilité compilés par Arvalis dans la fig.2. Il s’agit de dispositifs trop complexes pour être mis en œuvre dans une étude à grande échelle chez des agriculteurs comme celle-ci, on peut comprendre que les auteurs aient opté pour une méthode plus simple. Mais ils sont passés un peu loin dans l’excès inverse : en effet, ils n’ont pratiqué qu’un seul comptage d’adventices dans les parcelles, en fin de cycle du blé, donc après les traitements herbicides. On ne connait absolument pas les populations d’adventices avant traitement, qui seraient pourtant nécessaires pour calculer une véritable efficacité. Le modèle des auteurs suppose que la richesse et l’abondance des adventices avant traitement suivent des distributions aléatoires (loi de Poisson), et les « efficacités » sont calculées en fonction de cette situation initiale totalement théorique. Théorique, et absurde d’un point de vue agronomique : tout agriculteur sait parfaitement que les adventices présentes dans une parcelle dépendent du type de sol, de la rotation dans laquelle la parcelle de blé est incluse, du travail du sol, de la réussite des traitements des années précédentes, … toutes sortes de facteurs qui ne sont pas pris en compte ici. De plus, les parcelles d’exploitations conduites normalement ont un niveau d’adventices globalement bas, même en cas d’échec total du désherbage de l’année N, grâce à l’arrière effet des désherbages des années précédentes. Il est donc totalement illusoire d’estimer la densité potentielle des adventices en absence de traitement, en fonction de leur densité dans les parcelles les moins bien désherbées. <strong>La pseudo-efficacité mesurée par les auteurs n’a rien à voir avec une véritable efficacité, puisque rien ne permet de connaitre la densité d’adventices qui aurait été observée dans les mêmes parcelles, en absence de traitement. Elle mesure simplement la différence d’abondance ou de richesse de la flore entre les parcelles les mieux désherbées, et celles qui le sont le moins bien</strong>. C’est une information qui pourrait à la rigueur avoir un certain intérêt (à condition bien sûr de ne la calculer qu’adventice par adventice, et non globalement sur la richesse et sur l’abondance). Mais, avec ce type de calcul, il est normal que les parcelles les plus enherbées aient une « pseudo-efficacité » proche de 0, puisque ce sont elles qui définissent le niveau de base du modèle.</p>
<h1><strong>Ne pas confondre agro-écologie et agro-écologisme</strong></h1>
<p>On ne s’étonne pas trop que l’agronomie soit la grande oubliée dans cette étrange version de l’agro-écologie. <strong>Ce qui est plus surprenant, c’est que ce travail foule aussi au pied les principes les plus élémentaires de l’écologie.</strong> Dans l’article, les auteurs observent ironiquement : « En dépit d’affirmations répétées selon lesquelles la densité d’adventices fait chuter les rendements, les preuves semblent moins concluantes qu’on ne l’affirme habituellement ». Ces « affirmations répétées » qu’ils mettent en doute résultent pourtant de centaines d’expérimentations rigoureuses sur les interactions entre les adventices et la culture… c’est-à-dire de véritables études écologiques, plus précisément de synécologie<strong>. Si on prend les auteurs au mot, cela signifie que la concurrence entre espèces végétales, un des principaux moteurs de l’écologie des populations, n’existe pas</strong>.</p>
<p>Au bout du compte, nos auteurs n’ont fait que brasser statistiquement des indicateurs qui, de toute évidence, ne permettent pas d’estimer l’efficacité et la rentabilité du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent donc aucun résultat significatif, et ils en concluent donc que le désherbage ne sert à rien… ou en tout cas qu’on l’on peut réduire fortement les quantités employées sans dommage. <strong>Leur méthode évoque celle d’un astronome post-moderne, qui regarderait en direction de la lune avec une loupe, n’y verrait rien, et en conclurait que rien ne prouve son existence, malgré les « affirmations répétées » des astronomes qui utilisent un télescope.</strong> Curieusement, le résumé précise même : « Ces résultats suggèrent que l’usage des herbicides pourrait être réduit jusqu’à 50%, tout en maintenant la production agricole… ». On se demande bien d’où sort ce seuil de 50%, qui n’est justifié nulle part dans les résultats de l’étude…mais correspond comme par hasard à l’objectif Ecophyto ! Ce lapsus révélateur montre bien les destinataires réels de ce travail : surement pas les scientifiques, et encore moins les agriculteurs, mais bel et bien les décideurs politiques. Mission accomplie, comme nous le verrons dans la suite. Il s’agit bien ici d’agroécologisme, et non d’agroécologie.</p>
<h1><strong>Vu à la télé…</strong></h1>
<p>Ce tour de bonneteau statistique serait anecdotique, s’il n’avait dupé que les reviewers de <em>Nature</em>, qui auraient manifestement du mal à passer leur Certiphyto, le certificat que tout agriculteur doit passer pour pouvoir appliquer des pesticides. Mais son influence ne s’arrête pas là. En effet, les deux auteurs principaux, S. Gaba et V. Bretagnolle, ont exposé leurs travaux lors d’une visite sur le terrain de la Mission d’Information Parlementaire sur les pesticides. Les points forts de cette audition sont résumés sur une vidéo de LCP (La Chaine Parlementaire), qui en fait un florilège réjouissant<a href="#_edn4" name="_ednref4">[iv]</a>. <strong>Attention, les propos qui suivent ont bien été tenus par les chercheurs eux-mêmes, ce n’est pas l’interprétation des journalistes ou des députés</strong> :</p>
<ul>
<li>« On a observé une relation négative entre l’usage d’herbicides et le rendement » (dans <em>Nature</em>, ils n’avaient pas osé, devant les députés, il n’y a plus de doute…)</li>
<li>« Les bios n’ont ni azote ni herbicides » (pour les herbicides, on est d’accord, pour l’azote c’est plus nouveau)</li>
<li>« Qu’ils soient bios ou conventionnels, plus ils [les agriculteurs] ont recours à ces deux types d’intrants, moins ils gagnent d’argent » (juste après avoir affirmé que les bios n’utilisaient aucun de ces deux intrants? En tout cas, nous voici armés intellectuellement pour lancer aussi le plan de sortie de la fertilisation azotée).</li>
<li>« Le meilleur herbicide, c’est le blé, puisque, quand il n’y a ni herbicide ni azote, la présence du blé à lui seul diminue la biomasse des adventices de 80%, parce que c’est une culture qui est très compétitrice. » Certes… mais les 20% restants peuvent faire très mal, si la parcelle n’était pas à peu près propre à la levée. Et de toute façon, sans azote, on n’aura pas beaucoup de biomasse, ni d’adventices, ni de blé… Une subtilité qui a échappé au journaliste, qui complète : « Il suffirait donc pour les agriculteurs de laisser le blé se défendre tout seul pour pousser. »</li>
</ul>
<p>Cela amène à une question finale et logique de Mme Toutut-Picard, Députée et Présidente de la Mission : <strong>« Comment se fait-il que les agriculteurs, qui sont loin d’être bêtes, surtout les français (sic), persistent dans ce genre de pratiques ? » Réponse de M. Bretagnolle : « Demandez-leur cet après-midi, parce que je n’ai pas la réponse à cette question justement »</strong>. Un aveu étonnant, pour un chercheur dont c’est le métier de comprendre les pratiques agricoles, et de les faire évoluer. Passons sur la condescendance de cet échange vis-à-vis des agriculteurs. La vidéo enchaine sur l’interview de l’un d’entre eux, que l’on interroge sur son utilisation … du glyphosate ! Quelqu’un a-t-il expliqué aux députés que l’utilisation du glyphosate est marginale sur blé ? Il est permis d’en douter…</p>
<p>Rappelons que M. Bretagnolle est un habitué de l’Assemblée Nationale, puisqu’il a également été auditionné sur les néonicotinoïdes : un sujet qu’il avait traité avec une grande créativité statistique, dans un autre article que ForumPhyto avait salué en son temps<a href="#_edn5" name="_ednref5">[v]</a>. Voici donc les bases scientifiques innovantes sur lesquelles la France prépare son plan de sortie des pesticides. Tous les espoirs sont permis ! Nous espérons que nos auteurs ne s’en tiendront pas à ce premier succès, et adapteront leur méthode à d’autres sujets tout aussi brûlants. Par exemple, <strong>en faisant la même étude sur le désherbage mécanique, et en remplaçant les quantités d’herbicides par le fuel employé lors des passages d’outils, ils pourront démontrer tout aussi brillamment  que les agriculteurs bios peuvent réduire sans dommage leur empreinte carbone, en supprimant le désherbage mécanique.</strong> Il sera ensuite temps de s’attaquer au trou de la Sécurité Sociale, en constatant avec le même brio que les personnes qui consomment le plus de médicaments sont les plus malades (malgré les « affirmations répétées » du « lobby pharmaceutique », qui prétend qu’ils permettent de soigner): il en résulte évidemment que l’on améliorerait grandement l’état de santé de la population, si l’on diminuait la consommation de médicaments de 50%.</p>
<h1><strong>Un travail nécessaire, mais totalement dévoyé</strong></h1>
<p>Cette publication est d’autant plus irritante qu’elle discrédite un thème de recherche sur lequel nous manquons actuellement d’informations : l’impact concret des adventices dans la production agricole française, dans les conditions réelles du terrain. Nous l’avons vu, les connaissances sur ce sujet proviennent essentiellement d’expérimentations avec témoins non traités adjacents. Ces expérimentations sont rigoureuses, mais conduites sur des situations pas forcément représentatives de la réalité du terrain. Beaucoup des références sur ce thème viennent d’essais conduits pour comparer l’efficacité d’herbicides. Afin d’augmenter les chances d’obtenir des résultats significatifs, ces essais sont le plus souvent réalisés sur des parcelles avec une flore adventice plus élevée que la moyenne. <strong>Il y aurait donc un intérêt réel à mesurer cet impact des adventices chez les agriculteurs, comme cette étude prétend le faire</strong>. Mais à condition bien sûr de s’attaquer au sujet sérieusement, c’est-à-dire entre autres précautions :</p>
<ul>
<li>En ne comparant que des parcelles ayant la même rotation culturale et des potentiels de rendement comparables</li>
<li>En quantifiant l’usage des herbicides par l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement), et non par la quantité de matière active/ha</li>
<li>En faisant des relevés d’adventices avant et après traitement, et en analysant les résultats à la lueur des nuisibilités connues pour chaque espèce.</li>
</ul>
<p>Vu la complexité du désherbage, ce travail nécessiterait d’être mené sur plusieurs années, et sur l’ensemble des cultures de la rotation. Pour obtenir des résultats significatifs, il faudrait bien sûr un nombre de parcelles beaucoup plus grand que les 150 traitées ici. Espérons que les élus de la Mission Parlementaire ne considéreront pas le sujet comme clos, d’après les conclusions hâtives et partisanes qui leur ont été présentées, et sauront solliciter un vrai travail de fond sur ce thème.</p>
<p>Philippe Stoop</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[i]</a> <a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D">http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[ii]</a> <a href="https://www.nature.com/articles/srep30112">https://www.nature.com/articles/srep30112</a></p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[iii]</a> <a href="https://www.arvalis-infos.fr/quelle-est-la-nuisibilite-des-mauvaises-herbes-en-cereales-a-paille--@/view-17542-arvarticle.html">https://www.arvalis-infos.fr/quelle-est-la-nuisibilite-des-mauvaises-herbes-en-cereales-a-paille&#8211;@/view-17542-arvarticle.html</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[iv]</a> <a href="http://www.lcp.fr/emissions/286503-hors-seance-mission-fin-du-glyphosate">http://www.lcp.fr/emissions/286503-hors-seance-mission-fin-du-glyphosate</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[v]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/09/26/les-nuisances-virtuelles-des-neonicotinoides-episode-2-le-retour-des-abeilles-a-puce/#_ftn3">http://www.forumphyto.fr/2016/09/26/les-nuisances-virtuelles-des-neonicotinoides-episode-2-le-retour-des-abeilles-a-puce/#_ftn3</a></p>
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		<title>« Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Feb 2018 17:20:43 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sous ce titre un brin provocateur, Projet Utopia, blog sceptique, s’est appuyé sur un ancien article de Gérard Pascal, toxicologue ; ce dernier s’appuyant sur un article de Bruce Ames, universitaire californien bien connu des lecteurs de ForumPhyto. Le message est clair : Si l’on devait se préoccuper des poisons dans nos assiettes, il faudrait logiquement d’abord [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://projetutopia.info/poisons-naturels">Sous ce titre</a></strong> un brin provocateur, <em>Projet Utopia</em>, blog sceptique, s’est appuyé sur un ancien article de Gérard Pascal, toxicologue ; ce dernier s’appuyant sur un article de Bruce Ames, universitaire californien bien connu des lecteurs de ForumPhyto.</p>
<p><strong> Le message est clair </strong>: Si l’on devait se préoccuper des poisons dans nos assiettes, il faudrait logiquement d’abord se préoccuper de ceux qui y sont présents naturellement. <strong>Nous ingérons 10 000 fois plus de substances naturelles poisons que de résidus de pesticides</strong>.<br />
Ce n&rsquo;est pas une exagération. C&rsquo;est une conséquence du fait que les plantes produisent ces substances naturelles poisons à des niveaux actifs pour se protéger des prédateurs. Alors que les résidus ne sont que&#8230; des résidus d&rsquo;une application ancienne.<br />
D’autres sources sont également indiquées dans l’article.</p>
<p><em>Projet Utopia</em> utilise toutes ces sources de façon particulièrement pédagogique et illustrée.</p>
<p><strong><a href="http://projetutopia.info/poisons-naturels">L’article</a></strong> vaut la peine d’être lu.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17191" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802PouvoirCancerigeneCorpet.jpg" alt="1802PouvoirCancerigeneCorpet" width="960" height="720" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17192" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Substances-toxiques-fruits-legumes.jpg" alt="1802Substances-toxiques-fruits-legumes" width="1017" height="450" /></p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong> sur ForumPhyto :<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/12/05/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-suite/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels (suite)</a></strong> »<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels que de résidus de pesticides de synthèse</a></strong> »</p>
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		<title>Le cuivre en bio : indésirable et indispensable. Peut-on en &#171;&#160;sortir&#160;&#187; ?</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jan 2018 14:32:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Les composés à base de cuivre sont des pesticides-clefs en Agriculture Biologique, en particulier contre le mildiou de la vigne, la tavelure du pommier et le mildiou de la pomme de terre. Le plus connu de ces composés est la bouillie bordelaise, qui est du sulfate de cuivre neutralisé par de la chaux éteinte. Or [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Les composés à base de cuivre sont des pesticides-clefs en Agriculture Biologique, en particulier contre le mildiou de la vigne, la tavelure du pommier et le mildiou de la pomme de terre. Le plus connu de ces composés est la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouillie_bordelaise">bouillie bordelaise</a>, qui est du sulfate de cuivre neutralisé par de la chaux éteinte. Or le cuivre a des effets délétères reconnus et importants sur la vie du sol. Il est également reconnu comme préoccupant pour la santé des oiseaux et des mammifères, y compris les humains.</p>
<p>Dans « <strong><a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Expertises/Toutes-les-actualites/Peut-on-se-passer-du-cuivre-en-agriculture-biologique">Peut-on se passer du cuivre en agriculture biologique ?</a></strong> », l’INRA rend compte d’une Expertise Scientifique Collective (ESCo) visant à trouver des alternatives à ces composés.</p>
<p>Voir <strong><a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Expertises/Toutes-les-actualites/Peut-on-se-passer-du-cuivre-en-agriculture-biologique">présentation</a></strong>, <strong><a href="https://inra-dam-front-resources-cdn.brainsonic.com/ressources/afile/422872-635ca-resource-expertise-cuivre-en-ab-resume-francais.pdf">résumé</a></strong> (pdf, 8 pages), <strong><a href="https://inra-dam-front-resources-cdn.brainsonic.com/ressources/afile/423215-51d65-resource-expertise-cuivre-en-ab-synthese-francais.pdf">synthèse</a></strong> (pdf, 70 pages) de l’ESCo sur le site de l’INRA.</p>
<p>Un point important est souligné : « <strong>Une diminution de moitié des quantités de cuivre appliquées</strong> en conservant une cadence d’application identique mais <strong>en réduisant fortement les doses à chaque passage et en améliorant la qualité de la pulvérisation</strong>, atteindrait, dans la plupart des cas, une <strong>efficacité identique ou très comparable</strong> à celle obtenue avec une utilisation à pleines doses. »</p>
<p>L’INRA liste de nombreux moyens alternatifs, même dans le cadre du cahier des charges de l’AB qui s’interdit toute substance de synthèse :<br />
&#8211; Utilisation de préparations ou extraits naturels à activité biocide<br />
&#8211; Organismes utilisables en lutte biologique directe<br />
&#8211; Variétés résistantes<br />
&#8211; Stimulateurs de défense des plantes<br />
&#8211; Mise en œuvre de pratiques agronomiques pour lutter contre les infections primaires.<br />
Même si elles peuvent sans doute être développées, <strong>beaucoup de ces méthodes sont peu ou prou déjà utilisées par les producteurs, en bio comme en conventionnel</strong>. Citons en particulier les méthodes agronomiques. Par exemple, le broyage des feuilles à l’automne en verger de pommiers.<br />
Notons que l’INRA cite même « l’homéopathie ou l’isothérapie » (sic !) en en faisant une présentation, disons indulgente : « [elles] sont peu documentées, mais semblent d’une efficacité très discutable et ne constituent sans doute pas une alternative crédible »</p>
<p>Mais <strong>l’INRA souligne les limites de chacune de ces méthodes</strong>.</p>
<p>Seuls <strong>des prototypes combinant ces différentes alternatives et impliquant une « reconception de système de culture » permettraient d’atteindre le zéro cuivre. Il s’agit d’un « exercice, purement intellectuel à ce stade »</strong>.</p>
<p>L’exercice est intéressant. Mais, qu’on se le dise, ce n’est pas demain que l’agriculture bio sortira du cuivre.</p>
<p>Dans « <strong><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/agriculture/mildiou-l-agriculture-bio-ne-veut-plus-du-cuivre-et-de-la-bouillie-bordelaise_120005">Mildiou : l&rsquo;agriculture bio ne veut plus utiliser du cuivre</a></strong> », <em>Sciences et Avenir</em>, après avoir souligné que le cuivre « est très toxique dans l’environnement », se veut optimiste sur les alternatives possibles : malgré les limites de chacune d’entre elles, « pourquoi ne pas essayer de panacher toutes ses solutions ? […] l&rsquo;Inra a décidé d&rsquo;investir cette voie de recherche toute nouvelle. Dès 2018, la ferme expérimentale d&rsquo;Epoisses (Côte d&rsquo;or) va ainsi explorer les synergies possibles entre toutes les solutions de substitution du cuivre. »</p>
<p>Notons qu’<strong>au niveau européen, l’EFSA (agence scientifique) souligne les risques des composés à base de cuivre</strong> pour les travailleurs, les oiseaux, les mammifères et la santé du sol. Voir <strong><a href="http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2018.5152/full">ici</a> (in English)</strong>.<br />
Malgré cela, dans la plus grande discrétion, la Commission Européenne vient de prolonger d’un an l’autorisation des composés à base de cuivre sous la pression des lobbies de l’Agriculture Biologique. Voir <strong><a href="http://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?uri=uriserv:OJ.L_.2018.016.01.0008.01.ENG&amp;toc=OJ:L:2018:016:TOC">ici</a></strong> (<strong>in English</strong>). Tout ceci a été résumé par <em>NewEurope</em> sous le titre « <strong><a href="https://www.neweurope.eu/article/the-curious-case-of-copper-sulphate/">Le curieux cas du sulfate de cuivre</a> » (in English)</strong>, qui souligne le deux-poids-deux-mesures pratiqué par la Commission Européenne. C’est particulièrement flagrant quand on compare avec la façon dont le dossier glyphosate a été traité… « Tout ceci ne sert pas la science, ne sert pas le citoyen européen, mais sert peut-être… d’autres intérêts »</p>
<p><a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Expertises/Toutes-les-actualites/Peut-on-se-passer-du-cuivre-en-agriculture-biologique#"><img class="aligncenter size-large wp-image-17177" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801SulfateDeCuivreVigne-520x293.jpg" alt="1801SulfateDeCuivreVigne" width="520" height="293" /></a></p>
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		<title>Le capteur de spores, innovation-clef en fruits et légumes et en vigne</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/17/le-capteur-de-spores-innovation-clef-en-fruits-et-legumes-et-en-vigne/</link>
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		<pubDate>Wed, 17 Jan 2018 09:05:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans « Les capteurs de spores : une innovation qui sert toujours la production maraîchère », Agri-Réseau Canada rend compte du résultat de 15 ans de recherche : le capteur de spores aujourd’hui communément utilisé aujourd’hui par des producteurs au Canada. « La méthode développée consiste à capturer les spores de champignons dans l’air ambiant d’un champ en culture. Ensuite, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans « <strong><a href="https://www.agrireseau.net/phytoprotection/documents/95651">Les capteurs de spores : une innovation qui sert toujours la production maraîchère</a></strong> », Agri-Réseau Canada rend compte du résultat de 15 ans de recherche : le capteur de spores aujourd’hui communément utilisé aujourd’hui par des producteurs au Canada.</p>
<p>« La méthode développée consiste à capturer les spores de champignons dans l’air ambiant d’un champ en culture. Ensuite, l’analyse des données captées permet de réaliser une évaluation précise du nombre de spores de champignons présentes par m³ d’air. En jumelant cette information avec des indicateurs de risque de maladie (ex. les conditions météorologiques), il est possible de déterminer à quel moment il est préférable de traiter un champ avec des fongicides. »</p>
<p>Cette méthode est aujourd’hui disponible pour les framboises, les fraises, la vigne, les oignons, les laitues, les crucifères et les pommes de terre. »</p>
<p>Elle permet en moyenne de réduire de 30% l’application de fongicides avec une efficacité accrue de 20%        dans la protection contre les maladies d’origine fongique.<br />
<strong>Une vraie innovation, incontestablement utile… à condition d’avoir des fongicides autorisés pour protéger les cultures.</strong></p>
<p><a href="https://www.agrireseau.net/phytoprotection/documents/95651"><img class="aligncenter size-large wp-image-17158" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801CapteursSporesAgriReseauCanada-520x428.png" alt="1801CapteursSporesAgriReseauCanada" width="520" height="428" /></a></p>
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		<title>Protéger les cultures contre les limaces : pas simple !</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/08/proteger-les-cultures-contre-les-limaces-pas-simple/</link>
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		<pubDate>Mon, 08 Jan 2018 17:53:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[En France, pays au climat tempéré, l’ennemi public n°1 des producteurs de salades et de choux en plein air, c’est la limace. Ou plus exactement les limaces. Dans « Les limaces en production légumière de plein champ : un problème complexe nécessitant une gestion intégrée » (juin 2017), le CTIFL[1] a fait un point complet de la question : [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En France, pays au climat tempéré, l’ennemi public n°1 des producteurs de salades et de choux en plein air, c’est la limace. Ou plus exactement <em>les</em> limaces.</p>
<p>Dans « <strong><a href="http://arboriculture.ecophytopic.fr/cl/surveillance/les-bioagresseurs/les-limaces-en-production-l%C3%A9gumi%C3%A8re-de-plein-champ-un-probl%C3%A8me">Les limaces en production légumière de plein champ : un problème complexe nécessitant une gestion intégrée</a></strong> » (juin 2017), le CTIFL<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> a fait un point complet de la question : les différentes limaces, les raisons de l’accroissement de la menace, les moyens classiques de protection (incluant agronomie et méthodes chimiques), les perspectives en matière de biocontrôle.</p>
<p>Extrait de la présentation : « L’augmentation du nombre de cultures multiplicatrices dans la rotation (notamment les intercultures), la succession d’hivers relativement doux et humides, la réduction des travaux de sols, le retrait de certaines solutions chimiques (spectre d’action plus spécifique) semblent expliquer cette pression montante. Actuellement, la gestion de ce ravageur est assurée par des interventions chimiques, par la rotation et le travail du sol. <strong>De nouvelles techniques de biocontrôle sont en cours d’étude et de déploiement. Elles sont complexes et nécessitent de fort investissement pour définir les méthodes de gestion de demain</strong>. (mise en gras par nos soins) »</p>
<p><strong>L’article est complet et pédagogique</strong>. Il montre les efforts importants pour trouver des solutions efficaces et respectueuses de l’environnement. « Entre 1992 et 2016, 228 publications scientifiques à ce sujet ont été réalisées dans le monde. » Il n’y a pas et il n’y aura pas de recette magique simple pour protéger les cultures des limaces. « L’hétérogénéité de l’infestation, le fait que les générations soient asynchrones (présence de plusieurs stades à un même moment au sein d’une même parcelle), les multiples facteurs pouvant influencer l’efficacité des interventions, la capacité de déplacement du ravageur, la diversité des techniques propres aux productions légumières, » tout ceci rend très complexe l’expérimentation elle-même.<br />
<strong>Il faut en conseiller la lecture à tous ceux qui ont du mal à comprendre la complexité de la prise de décision en agriculture, à tous les partisans du « yaka-Fautkon »</strong>&#8230;</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801CtiflLimaces.pdf"><strong>Télécharger l’article complet</strong></a> sur le site ForumPhyto</p>
<p><a href="http://www.ctifl.fr/ecophytopic/infos_ctifl/infos332/332p31-35.pdf"><img class="aligncenter size-large wp-image-17129" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801LimaceGriseCTIFL-520x618.png" alt="1801LimaceGriseCTIFL" width="520" height="618" /></a></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Réduire drastiquement l’utilisation des pesticides sans nuire à la production, c’est possible.</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/12/18/reduire-drastiquement-lutilisation-des-pesticides-sans-nuire-a-la-production-cest-possible/</link>
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		<pubDate>Mon, 18 Dec 2017 13:59:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Notre gouvernement, épousant la rumeur chimiophobe savamment entretenue par des ONG pas si innocentes, affiche vouloir interdire le glyphosate d’ici trois ans (bon courage !). Pourtant, dans un pays développé, diviser par 10 ou plus l’utilisation des pesticides sans nuire à la production est très concrètement possible. Cela peut se faire, non pas en interdisant les [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Notre gouvernement, épousant la rumeur chimiophobe savamment entretenue par des ONG pas si innocentes, affiche vouloir interdire le glyphosate d’ici trois ans (bon courage !). Pourtant, dans un pays développé, diviser par 10 ou plus l’utilisation des pesticides sans nuire à la production est très concrètement possible.</p>
<p><strong>Cela peut se faire, non pas en interdisant les pesticides, mais en développant la formation, les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) et les robots.</strong></p>
<p>Par exemple, dans une publicité diffusée sur Internet, la société EcoRobotix présente en détail son <strong><a href="http://www.ecorobotix.com/fr/robot-desherbant-autonome/">robot désherbeur autonome</a></strong>. Ce robot est destiné au désherbage des cultures en ligne et devrait être commercialisé fin 2018. Il permettra d’utiliser jusqu’à 20 fois moins d’herbicide pour une efficacité strictement équivalente.<br />
D’autres sociétés développent d’autres outils autonomes s’appuyant sur un positionnement ultraprécis par caméra et GPS :<br />
&#8211; <strong><a href="https://www.naio-technologies.com/machines-agricoles/robot-de-desherbage-oz/">Robot bineur</a></strong> de Naïo Technologies.<br />
&#8211; <strong><a href="http://www.weeklytimesnow.com.au/machine/crop-gear/swarmfarm-exciting-times-in-agriculture-for-robotic-company/news-story/8f5872d26de9852b202f2f1784679aea">Robots désherbeur</a></strong> en essaim de SwarmFarm Robotics (Australie)<br />
&#8211; <strong><a href="https://newatlas.com/ibex-robot-farm-extreme-terrain/41971/">Robot d’Ibex Automation</a></strong> (UK), plutôt destiné au désherbage des prairies, particulièrement en montagne</p>
<p>Et ce ne sont que des exemples. Les initiatives en la matière se multiplient. Certes, beaucoup ne sont encore que des prototypes. Mais les pistes sont sérieuses et concrètes.<br />
<strong>D’autres pistes liées aux NTIC sont déjà pleinement opérationnelles</strong> et se développent rapidement : <strong>Guidage GPS des tracteurs, coupures de tronçons de pulvérisateurs, Outils d’aide à la décision, drones pour le diagnostic, pièges connectés</strong>, etc.<br />
Si le gouvernement et son ministre hélicologiste de l’environnement veulent effectivement, comme ils l’annoncent, réduire drastiquement l’utilisation des pesticides sans nuire à la productivité de l’agriculture et sans « idéologie », c’est bien vers les NTIC qu’ils inciter les agriculteurs à se tourner.</p>
<p><a href="http://www.ecorobotix.com/fr/robot-desherbant-autonome/"><img class="aligncenter size-large wp-image-17071" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712Ecorobotix-520x292.png" alt="1712Ecorobotix" width="520" height="292" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Le bio pourrait nourrir le monde à 100%&#8230; MAIS !</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/12/08/le-bio-pourrait-nourrir-le-monde-a-100-mais/</link>
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		<pubDate>Fri, 08 Dec 2017 11:20:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[En septembre 2017, le journal Nature Communications (de l&#8217;éditeur publiant le très renommé Nature) laissait paraître un article de la FiBL (un organisme de recherche visant à défendre le bio) et présentant les résultats d’une étude sur la faisabilité d&#8217;une agriculture bio à l’horizon 2050 : « Stratégies pour nourrir le monde de façon plus durable avec [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>En septembre 2017, le journal <em>Nature Communications</em> (de l&rsquo;éditeur publiant le très renommé <em>Nature</em>) laissait paraître un article de la FiBL (un organisme de recherche visant à défendre le bio) et présentant les résultats d’une étude sur la faisabilité d&rsquo;une agriculture bio à l’horizon 2050 : <strong>« </strong><a href="https://www.nature.com/articles/s41467-017-01410-w"><strong>Stratégies pour nourrir le monde de façon plus durable avec le bio</strong></a><strong> » (in English)</strong>.</p>
<p>Sur la base de cette étude, des militants pro-bio ont fanfaronné (avec souvent une certaine mesure), comme <em>Reporterre</em> sous le titre : « <a href="https://reporterre.net/Une-etude-scientifique-montre-que-l-agriculture-bio-pourrait-nourrir-le-monde-a"><strong>Une étude scientifique montre que l’agriculture bio pourrait nourrir le monde à 100 %</strong></a> ». Est-ce si positif que ce que ce titre le laisse entendre à tous les internautes qui s’y arrêteront ?</p>
<p>La FiBL, elle, s’est permise de titrer son communiquer de presse : « <a href="http://www.fibl.org/fr/medias/archives-medias/archives-medias17/communique-medias16/article/neue-studie-belegt-bio-kann-einen-wichtigen-beitrag-zur-welternaehrung-leisten.html"><strong>Une nouvelle étude prouve que le bio peut fortement contribuer à nourrir le monde</strong></a> ». Peut-on réellement parler de « forte contribution » ? Ou s’agit-il d’un impressionnant arrangement avec les faits pour servir une cause choisie a priori ?</p>
<p>Que dit <strong>vraiment</strong> l’article de <em>Nature Communications</em> ?</p>
<h1>Sacrifier un mieux pour une idéologie</h1>
<p><strong>Le postulat de départ, justifiant la publication, est sans appel : les rendements en bio sont nettement inférieurs aux rendements conventionnels</strong>, et donc à production constante, plus la proportion de bio est élevée, plus la surface agricole nécessaire est grande. Par conséquent en ne changeant rien, à l’horizon 2050, il sera nettement plus compliqué de nourrir la planète avec la surface disponible si l’on veut en plus le faire avec du bio.</p>
<p>Le tour de force de cette publication, c&rsquo;est donc de réussir à mettre l&rsquo;accent sur le fait que l&rsquo;<strong>on peut faire du bio, au moins en partie, en compensant ce défaut par une réduction du gâchis et d&rsquo;élevage</strong>. Le côté « moui c’est pas top mais on peut en compensant ailleurs » est d&rsquo;ailleurs très explicite dans l&rsquo;article :</p>
<p>« Nous déterminons ensuite si et dans quelle mesure combiner l&rsquo;agriculture biologique avec les deux stratégies mentionnées ci-dessous [réduction du gâchis et de la production de viande] permet de mitiger les potentiels effets négatifs d&rsquo;une conversion à l&rsquo;agriculture bio. »</p>
<p>« Une conversion partielle à la production bio [&#8230;], et dans certains cas une conversion totale [&#8230;], devient viable. » (« Viable » ! Pas « meilleur » ni « bon » : « viable » !)</p>
<p>Mais quel raisonnement de fous ! <strong>Quel gâchis d&rsquo;intérêts que de vouloir utiliser des réductions par ailleurs pour « compenser » l&rsquo;utilisation de pratiques sous-optimales !</strong> En effet, ces réductions de gâchis et d&rsquo;élevage peuvent bien sûr autant être faites en continuant le conventionnel. Alors, plutôt que de tenter de faire rentrer la surface agricole nécessaire dans la surface disponible, on peut simplement aller plus loin et réduire la surface agricole par rapport à ce que l’on a aujourd’hui.</p>
<p>D’un point de vue environnement et biodiversité, cesser de cultiver des terres, c’est pas mal non plus !</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-17047" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712BunkerDBioNourrirLeMondeFig2-520x183.png" alt="1712BunkerDBioNourrirLeMondeFig2" width="520" height="183" /></p>
<h1>Vient ensuite la caricature : les surplus d&rsquo;azote !</h1>
<p>Dans l&rsquo;étude, on reproche au conventionnel des surplus d&rsquo;azote. Mais là, ça découle d&rsquo;un classique chez la FiBL : prendre comme « agriculture conventionnelle » une agriculture conventionnelle moyenne effectivement critiquable et devant être améliorée, et ne pas envisager une agriculture conventionnelle raisonnée et plus agro-écologique telle que déjà pratiquée par certains.</p>
<p>En pratique aujourd&rsquo;hui, on peut mesurer les taux d&rsquo;azote dans les sols afin de calculer la bonne quantité d&rsquo;azote à ajouter. C’est notamment <a href="https://www.youtube.com/watch?v=BXYgySXsiBE&#038;list=UUo4pMCeqy3BIuVo82bJxWbg&#038;index=44"><strong>expliqué sur Youtube par l&rsquo;agriculteur du Loiret <em>Gilles vk</em></strong></a>.</p>
<p><strong>Ainsi, quand le bio, selon l&rsquo;article, peut peiner à avoir suffisamment d&rsquo;azote, une agriculture conventionnelle précautionneuse peut, elle, atteindre un équilibre sans trop de soucis</strong>.</p>
<h1>Puis, c&rsquo;est le tour du mensonge : zéro pesticides en bio.</h1>
<p>La Figure 5 de la publication nous permet de comparer les paramètres associés à divers scénarios bios et conventionnels. Et là, surprise : 0 pour les pesticides en bio ?!</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-17048" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712BunkerDBioNourrirLeMondeFig5-520x236.png" alt="1712BunkerDBioNourrirLeMondeFig5" width="520" height="236" /></p>
<p><strong>Ah c’est sûr, c’est facile de mettre en avant le bio si on oublie les intrants qu’il utilise !</strong></p>
<p>Pour ceux qui auraient loupé l’information, <strong>le bio utilise</strong> <strong>des pesticides</strong>. Il n’utilise pas d’herbicides et pas de pesticides de synthèse, mais il utilise néanmoins des pesticides (« naturels »). Certains pourront éventuellement arguer que oui mais on pourrait envisager un bio sans pesticides… ce à quoi je répondrais que pour un tel scénario les chiffres de rendements utilisés dans la publication ne seraient plus utilisables.</p>
<p>Remarquez que pour les autres sur la Figure 5 (excepté l’azote dont on a déjà parlé), le bio ne s&rsquo;en sort pas spécialement mieux, au contraire.</p>
<h1>Et tout du long : l’erreur ?</h1>
<p><strong>La publication repose intégralement sur un postulat crucial et pourtant fort douteux : tout est calculé avec un défaut de rendement constant pour le bio par rapport au conventionnel. Or il est fort probable que le bio profite de la baisse de la pression des ravageurs liée aux champs voisins</strong> qui eux traitent, et donc réduisent les quantités globales de ravageurs. (Néanmoins, du fait de l’impact des traitements sur, aussi, les auxiliaires de culture, la question paraît relativement complexe. Mais elle est en tout cas apparemment pas abordée par les auteurs.)</p>
<h1>Conclusion</h1>
<p>Nous avons donc <strong>une publication qui exploite un homme de paille</strong><a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> ou une fausse dichotomie<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> selon le point de vue (oubliant totalement l&rsquo;agriculture conventionnelle raisonnée), <strong>repose sur un calcul fort douteux</strong> (constance du défaut de rendement), <strong>et pourtant parvient à montrer que le tout bio semble une idée plutôt mauvaise </strong>; <strong>mais sauve les meubles</strong> avec des améliorations pour compenser qui pourraient très bien juste améliorer encore plus un mode de production efficace mais réfléchi.</p>
<p>Bunker D<a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Un « homme de paille » consiste à caricaturer un propos ou une situation afin de plus aisément argumenter contre. (cf article <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Homme_de_paille"><strong>Wikipédia</strong></a>).</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> « Le faux dilemme, appelé aussi exclusion du tiers, fausse dichotomie ou énumération incomplète, est un raisonnement fallacieux qui consiste à présenter deux solutions à un problème donné comme si elles étaient les deux seules possibles, alors qu&rsquo;en réalité il en existe d&rsquo;autres. » (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_dilemme"><strong>Wikipédia</strong></a>)</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> Bunker D est bloggeur sceptique (<strong>blog</strong>, <a href="https://www.facebook.com/LeBunkerD/"><strong>Facebook</strong></a>, <a href="https://twitter.com/Bunker_D_"><strong>Twitter</strong></a>).</p>
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		<title>Le sulfoxaflor, un danger pour les abeilles ?</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/11/20/le-sulfoxaflor-un-danger-pour-les-abeilles/</link>
		<comments>http://www.forumphyto.fr/2017/11/20/le-sulfoxaflor-un-danger-pour-les-abeilles/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Nov 2017 16:03:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le sulfoxaflor est un insecticide, nouvellement autorisé, actif contre de nombreux insectes piqueurs-suceurs. Bien que se différenciant nettement des néonicotinoïdes, il est présenté par certains apiculteurs et environnementalistes comme un nouvel insecticide « tueur d’abeilles ». Appellation infamante destinée à obtenir son interdiction… Qu’en est-il ? La présentation par la firme Pour la firme les choses sont claires : [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le sulfoxaflor est un insecticide, nouvellement autorisé, actif contre de nombreux insectes piqueurs-suceurs. Bien que se différenciant nettement des néonicotinoïdes, il est présenté par certains apiculteurs et environnementalistes comme un nouvel insecticide « tueur d’abeilles ». Appellation infamante destinée à obtenir son interdiction… Qu’en est-il ?</p>
<h1><strong>La présentation par la firme</strong></h1>
<p>Pour la firme les choses sont claires :<br />
-Le sulfoxaflor est de la famille des sulfoximines, différente de celle des néonicotinoïdes : structure chimique différente, métabolisation sensiblement différente par les insectes, faible persistance dans le sol.<br />
&#8211; Le sulfoxaflor est « parfaitement compatible avec la gestion du risque sur les abeilles ».<br />
&#8211; Le sulfoxaflor a des effets limités sur la faune auxiliaire<br />
&#8211; Le sulfoxaflor est efficace et ne présente pas de résistance croisée avec les autres insecticides.</p>
<p>Voir le <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/11/1711CPDowIsoclastSulfoxaflor.pdf">communiqué de presse</a></strong><strong> de la firme et son</strong> <strong><a href="http://isoclast.eu/fr/">site Internet</a></strong> consacrés au Sulfoxaflor</p>
<h1><strong>La polémique</strong></h1>
<p>Cependant un syndicat d’apiculteurs et les environnementalistes présents sur les réseaux sociaux s’opposent à l’autorisation de cette substance pourtant approuvée au niveau européen. L’ONG Générations Futures (GF), anti-pesticides par principe, a même déposé deux recours contre les autorisations de mise sur le marché (AMM) délivrées par l’ANSES en France.<br />
Ce recours a été repris par de nombreux médias, immédiatement et sans recul par rapport à la communication de GF.</p>
<p>Les <strong><a href="https://www.generations-futures.fr/actualites/sufloxaflor-recours-amm/">arguments de GF</a></strong> sont :<br />
&#8211; La procédure trop lente à leur avis du réexamen de l’ANSES suite à la demande du gouvernement<br />
&#8211; Sur le fond, l’évaluation scientifique de l’EFSA qui évoquait un « risque élevé » pour les abeilles dans certaines conditions.</p>
<p>La <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sulfoxaflor">page Wikipedia</a></strong> dédiée au sulfoxaflor est le reflet de cette polémique en fait déjà ancienne : elle avait commencé en 2015 lors du processus d’approbation au niveau européen…<br />
Voir par exemple <strong><a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/bernard-vaissiere/131115/les-lobbies-agrochimistes-font-autoriser-le-sulfoxaflor-un-pesticide-tueur-d-abeilles-nouvell">ici</a></strong> sur <em>Médiapart</em> en 2015. Sur son blog, sous le titre « <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2015/11/sulfoxaflor-le-pesticide-tueur-d-abeilles.html">Sulfoxaflor, le « pesticide tueur d&rsquo;abeilles »</a></strong> » <strong>Seppi avait montré les enjeux de cette « chienlit » naissante</strong>.</p>
<h1><strong>L’ANSES sereine</strong></h1>
<p>« <strong>L&rsquo;Anses renvoie la balle au gouvernement</strong> » : sous ces titres pratiquement identiques, <strong><em><a href="https://www.actu-environnement.com/ae/news/audition-deputes-roger-genet-DG-anses-pesticides-sulfoxaflor-unaf-30078.php4#xtor=AL-62">Actu-Environnement</a></em></strong> et <strong><em><a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/phytos-abeilles-lanses-renvoie-la-balle-au-gouvernement-1,2,964702653.html">La France Agricole</a></em></strong> résument bien la situation. Avant même que l’ANSES ait terminé son réexamen des autorisations du sulfoxaflor, on sent ses dirigeants sereins quant à la qualité de leur expertise.<br />
« Je ne connais pas d’insecticide qui ne tue pas les abeilles. La question, c’est quelles sont les conditions d’emploi qui permettent éventuellement de rendre le risque non inacceptable », souligne le directeur général de l’Anses face à la Mission d’information parlementaire sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques. Or « c’est parce que l’évaluation tant pour la santé humaine que dans les conditions d’emploi pour la santé des abeilles, permettait d’utiliser ce produit comme une alternative chimique insecticide qui présentait plus d’avantages que les produits aujourd’hui utilisés », que le sulfoxaflor a été autorisé.</p>
<p>« <strong><a href="http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/glyphosate-sulfoxaflor-les-experts-de-lanses-face-au-risque-chimique">Glyphosate, sulfoxaflor : les experts de l&rsquo;ANSES face au risque chimique</a></strong> » sur <em>LCP</em> est un article et une série de vidéos extraites de l’audition des dirigeants de l’ANSES. <strong>Le métier de l’agence y est bien expliqué</strong>.</p>
<h1><strong>Encore un bouc émissaire ?</strong></h1>
<p>Logiquement, si on interdit le glyphosate, substance particulièrement sûre, il est logique d’interdire tous les pesticides, tous les insecticides, y compris les insecticides bios, plutôt moins sélectifs que les insecticides de nouvelle génération. C’est la logique dans laquelle certains environnementalistes veulent entraîner la France et l’Europe. On ne peut donc que constater la cohérence de GF demandant l’interdiction du sulfoxaflor. Mais c’est une cohérence de raisonnement ne voyant que les risques, déconnectée du réel, en quelque sorte paranoïaque : Pas de prise en compte des bénéfices de l’usage des pesticides (à commencer par la protection contre les moustiques, les puces et les poux…), pas de prise en compte des mesures de réduction des risques incluses dans l’autorisation de l’ANSES. Les pesticides n’ont pas à être les boucs émissaires d’une société paranoïaque.<br />
Il est légitime d’exiger une réduction des risques et une balance bénéfices/risques favorable. <strong>Cela a été le travail de l’ANSES, qui a montré que l’emploi de sulfoxaflor n’est pas « sans risques ». Mais qui a pu évaluer que, moyennant quelques précautions, le sulfoxaflor est une alternative chimique insecticide qui présente « plus d’avantages que les produits aujourd’hui utilisés. »</strong><br />
<a href="http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/glyphosate-sulfoxaflor-les-experts-de-lanses-face-au-risque-chimique"><img class="aligncenter size-large wp-image-17017" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/11/1711genetAnsesSulfoxaflor-520x331.png" alt="1711genetAnsesSulfoxaflor" width="520" height="331" /></a></p>
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		<title>Santé publique : D’abord, des toilettes correctes pour tous !</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Nov 2017 10:58:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[4.5 milliards de personnes dans le monde manquent de toilettes sûres et fonctionnelles. Près de 900 millions de personnes sont contraintes de déféquer à l’extérieur ou dans des seaux. Les installations sanitaires manquantes ou défectueuses sont directement liés à de nombreuses maladies, souvent mortelles : choléra, diarrhée, dysenterie, hépatite A, fièvre typhoïde, poliomyélite. On estime que [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>4.5 milliards de personnes dans le monde manquent de toilettes sûres et fonctionnelles</strong>. Près de 900 millions de personnes sont contraintes de déféquer à l’extérieur ou dans des seaux.</p>
<p><strong>Les installations sanitaires manquantes ou défectueuses sont directement liés à de nombreuses maladies, souvent mortelles</strong> : choléra, diarrhée, dysenterie, hépatite A, fièvre typhoïde, poliomyélite. On estime que 3.4 millions de personnes, principalement des enfants meurent chaque année de maladies liées à l’état sanitaire de l’eau. C’est le problème de santé n°1 dans le monde.</p>
<p><em>Barfblog</em> est un blog spécialisé (in English) en hygiène, principalement en hygiène alimentaire. Dans « <strong><a href="http://www.barfblog.com/2017/11/look-where-some-people-poo-global-citizens-taylor-swift-parody/">« Voyez où les gens chient » parodie de Taylor Swift par Citoyen du Monde</a></strong> » <strong>(in English)</strong> met en lien et résume un <strong>clip-vidéo parodique, proche de l’humour noir, de sensibilisation à cette question</strong>.</p>
<p><strong>Si vous pensez que</strong> le manque d’installations sanitaires correctes est une question qui <strong>ne concerne que les pays sous-développés, vous avez tort !</strong> <em>Barfblog</em> cite par exemple <strong><a href="http://www.barfblog.com/2017/11/nz-schools-removal-of-soap-from-childrens-toilets-labeled-appalling/">ici</a></strong> le cas de ces écoles néozélandaises où savon et serviettes sont absents. C’est « affligeant ». C’est certes moins dramatique que l’absence de toilettes. Mais il est reconnu qu’un lavage correct des mains réduit l’incidence des maladies digestives de 30% et celles des maladies respiratoires de 20%.</p>
<p><strong>Et, pendant ce temps, les marchands de peurs des pays développés nous bassinent avec des frayeurs imaginaires&#8230; Il FAUT rétablir les priorités.</strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong><br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2013/11/19/les-affiches-lavez-vous-les-mains-ne-servent-a-rien/">Les affiches « lavez-vous les mains » ne servent à rien…(Barfblog)</a> »</strong></p>
<p><a href="http://www.barfblog.com/2017/11/look-where-some-people-poo-global-citizens-taylor-swift-parody/"><img class="aligncenter size-large wp-image-17003" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/11/1711BadToiletsBarfblog-520x291.png" alt="1711BadToiletsBarfblog" width="520" height="291" /></a></p>
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