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	<title>ForumPhyto &#187; Divers</title>
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	<description>ForumPhyto, la santé des plantes</description>
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		<title>Le point d’Axel Kahn sur le glyphosate : La capitulation de la science</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Sep 2018 12:35:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[ Le très respecté généticien Axel Kahn a mis en ligne récemment un avis sur le glyphosate[1]. Il s’agit d’une initiative personnelle, publiée seulement sur son blog personnel. Ce document mérite toutefois une lecture attentive, car A. Kahn est une des figures les plus prestigieuses de l’expertise et de l’éthique des sciences biologiques. Son avis est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-12628" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/03/1503MoleculeGlyphosate-138x90.jpg" alt="1503MoleculeGlyphosate" width="138" height="90" /> Le très respecté généticien Axel Kahn a mis en ligne récemment un avis sur le glyphosate<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>. Il s’agit d’une initiative personnelle, publiée seulement sur son blog personnel. Ce document mérite toutefois une lecture attentive, car A. Kahn est une des figures les plus prestigieuses de l’expertise et de l’éthique des sciences biologiques. Son avis est donc potentiellement très influent, et en tout cas très représentatif de la vision des sciences que peuvent recevoir les décideurs politiques en recherche d’expertise au plus haut niveau. Par ailleurs, il est pleinement partie prenante sur ce sujet, en tant que Président du Comité d’éthique INRA-CIRAD-IFREMER. Son opinion est d’autant plus attendue qu’Il a su dans le passé porter un discours équilibré sur les avantages et les risques des Organismes Génétiquement Modifiés, face à l’hostilité médiatique dominante. De plus, il rappelle dans son texte deux grands principes auxquels les scientifiques ne peuvent que souscrire, et qui ont cruellement manqué jusqu’à présent au débat public sur le glyphosate : la séparation entre les faits et les opinions, et la prédominance qui doit être accordée aux démarches scientifiques basées sur des preuves. C’est donc avec une confiance (mesurée tout de même…) que nous avons lu son texte… et nous sommes tombés de haut !</p>
<h1><strong>Séparer données et opinions, oui. Encore faut-il présenter toutes les données…</strong></h1>
<p>Les approximations et omissions du texte d’A. Kahn sont trop nombreuses pour être toutes citées ici, et nous n’en ferons ici qu’un résumé (pour une analyse détaillée, voir <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/09/1809PointGlyphosate.pdf">ici</a></strong>). Passons rapidement sur le fait que la séparation entre faits et opinion est loin d’être aussi étanche que le proclame A. Kahn. Nous mettrons cela sur le fait qu’il s’agit d’un document informel et spontané, ne répondant à aucune demande officielle<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a>, et que son auteur aurait sans doute amendé s’il avait pris un peu plus de temps pour le relire. Mais il y a un vice majeur dans ce « point » sur le glyphosate, qui ne peut pas être dû simplement à la précipitation : il ne cite AUCUN argument en faveur du glyphosate, même pas celui qui devrait être le plus incontournable pour un scientifique et un conseiller politique responsable : l’avis des agences sanitaires, dont aucune n’a suivi l’avis du CIRC qui l’a classé comme cancérigène probable (en tant que danger et non risque, ce qui veut dire que même le classement controversé du CIRC n’implique pas forcément un risque réel pour les utilisateurs de glyphosate, et encore moins pour les consommateurs : une nuance qu’Axel Kahn ne juge pas utile d’expliquer à ses lecteurs). Sur ce sujet, son avis est encore plus partial que les articles d’un journal comme le Monde, qui, malgré son évident tropisme écologiste, avait quand même tenu à sauvegarder sa crédibilité en rappelant quelques avantages mineurs du glyphosate<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a>. De fait, un lecteur d’Axel Kahn qui ignorerait tout du sujet n’apprendra jamais qu’il existe une procédure d’homologation très approfondie à laquelle les industriels doivent se soumettre, ni que TOUTES les interrogations scientifiques qu’A. Kahn évoque ont été examinées par les agences sanitaires, qui ont toutes conclu favorablement pour le glyphosate.</p>
<p>Contredire les agences sanitaires, sans jamais les attaquer frontalement, fait partie depuis longtemps du travail de sape des ONG anti-pesticides. Une hypocrisie qui au fond arrange tout le monde : non citées explicitement, les agences se gardent bien de s’exposer à réagir publiquement… ce qui dispense à son tour les environnementalistes d’étayer sérieusement leurs accusations. Il était déjà choquant que le précédent ministre de la transition écologique, occasionnellement soutenu par sa collègue de la santé, joue ce jeu démagogique et irresponsable pour soutenir sa croisade contre le glyphosate.  Mais c’est à notre connaissance la première fois qu’un scientifique du niveau d’A. Kahn s’adonne à de telles pratiques.</p>
<p>Autre point qui montre que nous avons décidément changé d’époque : A. Kahn évoque le rôle de la pression citoyenne, sans se demander une seule fois si celle-ci est basée sur une communication claire et objective des données scientifiques. C’est pourtant un sujet qui, en tant que spécialiste d’éthique scientifique, devrait pourtant le concerner à deux titres :</p>
<ul>
<li>Pour s’assurer que les medias ont retranscrit fidèlement l’état des connaissances scientifiques sur le glyphosate, et rétablir la vérité si nécessaire pour que le débat démocratique ne soit pas biaisé. Nous avons déjà vu que ce n’est manifestement le cas : son « point » sur le glyphosate est en fait un point sur les arguments contre le glyphosate, où aucun argument favorable n’est cité. Sa seule concession est de reconnaitre que son remplacement ne sera pas si facile… mais pas un instant la nécessité de son interdiction n’est questionnée.</li>
<li>Pour vérifier si la production scientifique elle-même traite de façon équilibrée le cas du glyphosate et des pesticides en général. Sur ce sujet, son attitude est plus ambigüe. A. Kahn a au moins le mérite d’énoncer clairement une vérité que les épidémiologistes ont une nette tendance à balayer sous le tapis : le fait que, pour les cancers réputés plus fréquents chez les agriculteurs, et attribués aux pesticides, la mortalité standardisée (comparée à la population générale) est régulièrement inférieure à l’incidence standardisée (le nombre de nouveaux cas déclarés chaque année, toujours comparé à la population générale). Mais il n’est pas allé jusqu’à rappeler l’autre information oubliée sur ce sujet : à savoir que la mortalité des agriculteurs est inférieure ou égale à celle de la population générale pour TOUTES les formes de cancer<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. Et surtout il se garde bien d’expliquer aux non spécialistes l’enjeu scientifique de ce qui peut sembler une simple curiosité statistique : l’explication la plus probable de ce phénomène est que l’excès d’incidence, observé pour trois formes seulement de cancers chez les agriculteurs, pourrait simplement être dû à un dépistage plus précoce<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a>. Un sujet dont l’INSERM tarde curieusement à s’emparer, bien qu’il soit évident scientifiquement depuis une dizaine d’années. En tant qu’autorité éthique incontestée, on aimerait connaître l’avis d’A. Kahn sur le retard que l’INSERM prend pour traiter ce sujet. Et, s’il est réticent à s’exprimer sur l’INSERM où il n’a plus de rôle officiel, on aimerait avoir son avis de président actuel du comité d’éthique de l’INRA, sur l’étrange façon dont cet institut a publié une étude majeure sur les impacts des systèmes de cultures sur la biodiversité des sols : la synthèse de cette étude, dont les résultats étaient très favorables à l’agriculture de conservation, même par rapport à l’agriculture biologique, omettait le fait que du glyphosate avait utilisé dans ce mode de culture<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a>! Un oubli que l’Institut s’est bien gardé de corriger, quand la FNSEA s’est retrouvée seule au front pour rappeler l’intérêt du glyphosate dans les stratégies d’agro-écologie…</li>
</ul>
<h1><strong>Les solutions alternatives : y a-t-il un agronome dans l’avion ?</strong></h1>
<p>Tout partisan de l’interdiction du glyphosate se doit de montrer que des alternatives existent. Sur cette partie, on sent que la pause estivale a empêché A. Kahn de consulter un agronome, ce qui lui aurait pourtant été utile pour éviter les affirmations trop hasardeuses<a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a>. Comme d’habitude, cette partie commence par un éloge de l’agriculture bio et du désherbage mécanique, sans trop s’interroger sur les coûts financiers et énergétiques (et donc le bilan carbone) de ces solutions de substitution. Sur ce sujet encore, A. Kahn se contente d’effleurer la vraie question scientifique (l’intérêt pour la biodiversité des sols de réduire le recours au labour), sans aller jusqu’à la question qui fâche (le fait que la suppression du labour soit plus difficile en bio qu’en conventionnel, du fait de son refus d’utiliser tout herbicide, même rarement et à des doses très réduites).</p>
<p>Là où A. Kahn tient à sauvegarder sa réputation de défenseur de l’innovation, c‘est sur son hommage appuyé sur les travaux sur la robotisation du désherbage, avec localisation par GPS de précision et identification automatique des mauvaises par Intelligence Artificielle. Mais il ne semble pas avoir réalisé que ces techniques ne sont applicables seules que sur une gamme étroite de cultures (essentiellement celles cultivées à grand écartement comme la vigne et l’arboriculture, le maïs, ou la betterave), mais ne peuvent être que marginales sur les céréales à paille et la plupart des oléoprotagineux, qui couvrent des superficies bien plus grandes. Et notre perplexité est grande quand il concède que, faute de moyen mécanique ou thermique ( !), ces techniques permettraient une élimination des mauvaises herbes par « application très locale d’un herbicide total » : apparemment, personne n’a pensé à lui signaler que le glyphosate est maintenant le seul herbicide total autorisé par la France, qui a eu la bonne idée d’interdire la seule autre molécule de substitution sérieuse, le glufosinate, quelques semaines avant de décider d’interdire le glyphosate.</p>
<h1><strong>Les nouveaux habits scientifiques de la pensée unique</strong></h1>
<p>Bien sûr, il faut rappeler que ce texte n’est qu’une initiative privée, qu’Axel Kahn aurait sans doute pris le temps de mieux argumenter s’il s’était agi d’un travail officiel. Il faut donc passer sur les défauts sur les défauts de forme, et les approximations agronomiques qui auraient sans doute été corrigées par la suite. Par contre, ce caractère privé nous garantit que ce texte est bien conforme à sa vision de l’agriculture, et du rôle que l’expertise scientifique doit y jouer… et ce n’est n’est pas très rassurant ! A la lecture, il s’avère en effet que ce « point » sur le glyphosate n’est guère vigilant sur le respect des deux beaux principes qu’il préconise : séparation des faits et des idées, et prépondérance des données scientifiques validées par les preuves. Sous des dehors plus rigoureux, il reprend en fait tous les procédés de l’argumentaire anti-pesticides militant :</p>
<ul>
<li>Occultation complète de l’existence des procédures d’homologation et des avis des agences sanitaires</li>
<li>Polarisation exacerbée sur les arguments sanitaires non avérés, pour rendre inaudible tout argument économique et toute analyse coût-bénéfice</li>
<li>Survalorisation des solutions de remplacement, quel que soit leur niveau de maturité technique ou économique.</li>
</ul>
<p>Plus surprenant encore dans une optique d’éthique scientifique : la « pression citoyenne » y est présentée comme une donnée à laquelle les scientifiques doivent obéir sans réserve. Il fut un temps (dont Axel Kahn a été acteur), où l’avis des scientifiques pouvait éclairer les débats publics en aidant justement à faire la part des faits et des opinions. L’époque a bien changé… mais, tout comme certaines mauvaises herbes ont su devenir résistantes au glyphosate, certains experts ont su s’adapter à l’anti-scientisme ambiant !</p>
<p>Philippe Stoop</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="https://axelkahn.fr/le-point-sur-le-glyphosate/">https://axelkahn.fr/le-point-sur-le-glyphosate/</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Les plus perfides auront toutefois noté que cet avis très Macron-compatible est paru le 31 août 2018, après la démission de Nicolas Hulot et avant la nomination de son remplaçant. Mais n’en tirons pas de déduction trop aventureuse…</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> <a href="http://chevrepensante.fr/2017/12/09/glyphosate-un-echec-mediatique-analyse/">http://chevrepensante.fr/2017/12/09/glyphosate-un-echec-mediatique-analyse/</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-premiere-partie/">https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-premiere-partie/</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-2eme-partie/">https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-2eme-partie/</a></p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2017/10/09/lagriculture-de-conservation-avec-glyphosate-championne-de-la-biodiversite-des-sols/">http://www.forumphyto.fr/2017/10/09/lagriculture-de-conservation-avec-glyphosate-championne-de-la-biodiversite-des-sols/</a></p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> Il aurait néanmoins pu consulter l’avis de l’Académie d’Agriculture de France : <a href="https://www.academie-agriculture.fr/system/files_force/publications/notes/2017/les-services-rendus-par-le-glyphosate-en-agriculture/20171009glyphosatevdef.pdf?download=1">https://www.academie-agriculture.fr/system/files_force/publications/notes/2017/les-services-rendus-par-le-glyphosate-en-agriculture/20171009glyphosatevdef.pdf?download=1</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Bilan Ecophyto 2017 : l’impuissance organisée</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/08/22/bilan-ecophyto-2017-limpuissance-organisee/</link>
		<comments>http://www.forumphyto.fr/2018/08/22/bilan-ecophyto-2017-limpuissance-organisee/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 Aug 2018 15:51:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Résumé : comme chaque année, la note de suivi du plan Ecophyto, sortie en juillet dernier, se contente d’étaler l’échec récurrent de ce plan, sans aucune explication ni proposition pour redresser la situation…ou remettre en cause l’objectif initial d’une réduction de 50% du nombre de traitements. Pourtant, les résultats plus que médiocre des fermes de démonstration [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : comme chaque année, la note de suivi du plan Ecophyto, sortie en juillet dernier, se contente d’étaler l’échec récurrent de ce plan, sans aucune explication ni proposition pour redresser la situation…ou remettre en cause l’objectif initial d’une réduction de 50% du nombre de traitements. Pourtant, les résultats plus que médiocre des fermes de démonstration DEPHY, qui bénéficient de tout le soutien technique possible pour progresser, montrent bien que cet objectif est totalement irréaliste…comme l’avait d’ailleurs prévu dès 2010 le rapport Ecophyto R&amp;D de l’INRA. Si cette parodie de suivi sert à long terme les intérêts du Ministre de la Transition Ecologique, qui peut en tirer prétexte pour réclamer des mesures plus radicales, on voit mal pourquoi le Ministre de l’Agriculture se prête à cette mascarade, qui discrédite avec lui toute son administration, et les agriculteurs dans leur ensemble.</em></strong></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17262" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/08/1808Hulotdetravers.jpg" alt="1808Hulotdetravers" width="1672" height="592" /></p>
<p><strong><em>Deux ministres pour présenter la note de suivi 2017 du plan Ecophyto. L’un sourit, l’autre moins : à la lecture du rapport, on comprend vite pourquoi…</em></strong></p>
<p>Les Ministères de l’Agriculture et de la transition écologique ont publié conjointement en juillet dernier leur note annuelle de suivi du plan Ecophyto<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>… et, comme d’habitude, d’une façon qui revient à tendre le bâton pour se faire battre. Les deux premier tiers du <em>document</em> rappellent  les mesures prises, les actions réalisées (et leur coût élevé), et un bilan très rapide de l’évolution du réseau des fermes Dephy, le réseau de fermes de démonstration du dispositif. Puis vient le bilan des résultats… aussi affligeant que d’habitude : le principal indicateur d’utilisation des pesticides, le NODU<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a>, a de nouveau augmenté par rapport à l’année précédente (+0,3%). <strong>Sans atteindre le sommet de 2014, ce nouveau résultat porte néanmoins l’évolution du NODU triennal à +12,4% depuis le début du plan. Ce constat accablant n’est suivi d’aucune analyse permettant de comprendre à quoi est due cette débâcle… et bien sûr d’aucune proposition pour « inverser la courbe » du NODU</strong>.</p>
<p>Tel qu’il est présenté, ce bilan de suivi est donc un don du ciel pour les tenants de l’agri-bashing, qui passent leur temps à persuader les Français que les agriculteurs ne sont que des pollueurs indécrottables, malgré tous les efforts engagés pour améliorer leurs pratiques.</p>
<h1><strong>Un échec annoncé</strong></h1>
<p>Certes, l’échec du plan Ecophyto était inscrit dès le départ dans son objectif indifférencié de réduction de 50% du nombre de traitements phytosanitaires, toutes cultures confondues, et tous types de produits confondus. Dans son rapport Ecophyto R&amp;D<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> de 2010 (donc commandé après fixation des objectifs, alors que le bon sens aurait voulu que les objectifs soient au contraire fixés en fonction de cette analyse), l’INRA avait parfaitement pointé les impasses de ce plan. Il avait en particulier défini de façon très pragmatique les différentes transitions de pratiques nécessaires pour viser une réduction de 50% :</p>
<ul>
<li><strong>1<sup>ère</sup> étape : passage de l’agriculture intensive à l’agriculture raisonnée</strong>, c’est-à-dire une agriculture où les intrants sont raisonnés au mieux, sans changer les rotations de cultures ni les objectifs de rendement : cette étape est la plus facile, car elle demande seulement des efforts de formation, mais pas d’effort économique, puisqu’elle permet d’optimiser la marge des exploitations. <strong>Toutefois, on ne peut plus en attendre de gros progrès, car cette transition est déjà très avancée en France</strong> (par exemple, 80% des parcelles de vigne étudiées dans le panel Ecophyto R&amp;D étaient déjà à ce stade, ou à des niveaux plus avancés).</li>
<li><strong>2<sup>ème</sup> étape : Une transition vers une agriculture à bas niveau d’intrants, où la protection de chaque parcelle est optimisée en adoptant toutes les méthodes prophylactiques possibles, quitte à réduire le potentiel de rendement</strong> (par exemple reculer la date de semis de semis du blé, pour limiter le risque de maladies, ou adopter des variétés moins productives mais moins sensibles aux parasites). <strong>Cette étape permet des économies plus radicales de pesticides, mais comporte cette fois des risques économiques importants :</strong> il peut arriver que l’économie d’intrants ne compense pas la perte de rendement, et donc que la marge de l’exploitation soit affectée. De plus, elle se traduit par une baisse globale de production des exploitations françaises, et donc une dépendance nationale accrue aux importations agricoles.</li>
<li><strong>Enfin, une 3<sup>ème</sup> transition vers l’agriculture dite intégrée, où l’ensemble de la rotation des cultures est géré pour réduire encore plus les risques de maladies et ravageurs</strong>. Cette étape implique entre autres une diversification des espèces cultivées, avec des conséquences dans l’organisation des exploitations agricoles, mais aussi des filières d’aval, pour la commercialisation de ces nouvelles productions. <strong>Contrairement aux 2 premières étapes, qui peuvent être décidées par l’agriculteur seul, cette dernière transition suppose un effort collectif important pour réorganiser les filières de production, et donc un fort soutien public, avec en particulier une politique volontariste de réorientation des aides publiques actuelles.</strong></li>
</ul>
<p>Pour les lecteurs qui s’étonneraient de ne pas voir l’agriculture biologique mise plus en avant dans ce rapport, rappelons que la « bio », d’un point de vue agronomique, n’est qu’une des formes de l’agriculture intégrée, avec deux spécificités :</p>
<ul>
<li>un handicap technique, son choix de n’utiliser que des fertilisants organiques et des pesticides d’origine biologique, ou issus de la chimie minérale ;</li>
<li>et un gros atout, sa reconnaissance par les consommateurs, qui lui permet de mieux valoriser ses produits, et compenser ainsi bon an mal an sa faible  compétitivité économique</li>
</ul>
<p>Ce cadre de transition réaliste étant fixé, l’INRA émettait alors des réserves fortes par rapport à l’objectif Ecophyto fixé sans son avis<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a> :</p>
<ul>
<li>Les deux premières étapes (transition vers l’agriculture raisonnée, puis à bas niveau d’intrants), qui sont les deux seules pouvant être décidées à l’initiative individuelle des agriculteurs, permettraient tout au plus de réduire l’utilisation de pesticides de 25% environ.</li>
<li>L’objectif de réduction de 50% n’est pas accessible à un horizon de 10 ans pour toutes les cultures : il parait hors d’atteinte pour une bonne part des cultures fruitières et pour la vigne. Pour les autres cultures, il implique des pertes de rendement importantes, qui sont loin d’être compensées par la réduction des charges de protection.</li>
<li><strong>Pour être atteint à l’échelle de toutes les cultures françaises, il suppose que l’ensemble de l’agriculture passe en mode intégré, avec des conséquences lourdes sur la production agricole globale française (-12% environ), et sur les revenus des agriculteurs (perte de l’ordre de 6 milliards d’euros par an), sans compter le coût du soutien à l’évolution des filières.</strong></li>
<li>L’agriculture bio est la seule forme d’agriculture intégrée qui puisse être compétitive sans soutien complémentaire, mais à la condition que le différentiel de prix avec le conventionnel ne s’érode pas trop.</li>
</ul>
<p>Malgré cela, le gouvernement de l’époque est resté sur son idée initiale, à savoir un objectif maintenu à -50%, prétendument issu du consensus de toutes les « parties prenantes » dans le Grenelle de l’Environnement (mais qui, par un hasard miraculeux, correspondait pile à l’intention exprimée par le Ministre de l’Environnement de l’époque, J-L Borloo, avant toute concertation). Et pour atteindre cet objectif, il s’est contenté de mesures de formation des agriculteurs et de soutien aux mesures agro-écologiques individuelles (donc des actions efficaces seulement pour les étapes 1 et 2 définies par l’INRA), et de soutien à l’agriculture bio (c’est-à-dire la seule forme d’agriculture intégrée, nécessairement minoritaire, qui aurait pu se passer de soutien public direct). <strong>Les mesures retenues à l’époque (et que le plan Ecophyto 2 n’a révisées qu’à la marge) sont révélatrices de la philosophie du législateur sur le sujet : rejet de toute réflexion basée sur l’agronomie, et soumission à la vision complotiste imposée par les ONG environnementales, selon lesquelles les pesticides ne sont que des gadgets nuisibles dont on pourrait se passer sans inconvénient, et qui n’ont réussi à s’imposer qu’à cause de la crédulité des agriculteurs dupés par le « lobby agrochimiste ».</strong></p>
<p>Les alertes de l’INRA étant restées lettre morte, il ne fallait pas attendre de miracles du plan Ecophyto…et il n’y en a pas eu ! Cela dit, même les plus sceptiques s’attendaient simplement à une légère régression de l’usage des pesticides, mais pas à l’augmentation que nous observons actuellement. A quoi ce résultat paradoxal est-il dû ? C’est là que l’on touche à la perversité de la machine folle qu’est devenu Ecophyto : les notes de suivi ne donnent aucun indice pour comprendre la cause de cette tendance contraire aux objectifs. Pour le comprendre, il faut commencer par rappeler les trois principaux facteurs influant sur l’utilisation de pesticides :</p>
<ul>
<li>D’abord l’espèce cultivée : en moyenne, le maïs a besoin de moins de 2 traitements pesticides par an, le blé et la majeure partie des grandes cultures entre 3 et 6, la vigne entre 12 et 20 suivant les régions</li>
<li>Le climat de l’année, plus ou moins favorable aux maladies et aux ravageurs. Ce facteur agit en interaction avec le précédent : dans une région et pour une année données, le climat peut être favorable aux maladies du blé, mais défavorable à celles de la vigne.</li>
<li>Les choix techniques de l’agriculteur, suivant son niveau de technicité et sa motivation pour réduire l’usage des pesticides.</li>
</ul>
<p>Or nous allons voir que les indicateurs de suivi du plan Ecophyto ne permettent en aucune façon de distinguer les effets respectifs de ces trois facteurs.</p>
<h1><strong>Un indicateur de suivi garant de l’échec</strong></h1>
<p>Normalement, les indicateurs de suivi d’une politique publique doivent avoir deux buts :</p>
<ul>
<li><em>Vérifier si les objectifs sont atteints</em></li>
<li><em>S’ils ne le sont pas, en identifier la cause pour trouver des solutions</em></li>
</ul>
<p><em><strong>Pour garantir l’échec durable d’une politique publique, il ne suffit donc pas de lui assigner un objectif absurde : encore faut-il que les indicateurs de suivi ne donnent aucun indice pour corriger le tir.</strong></em><em> Sinon, les boucs émissaires de l’échec (en l’occurrence les agriculteurs et les distributeurs agricoles) vont s’appuyer dessus pour réclamer des inflexions du Plan Décennal.</em></p>
<p><em>De ce point de vue, le NODU est un indicateur parfait : il permet de confirmer, année après année, l’échec programmé du Plan Ecophyto, sans fournir le moindre élément d’analyse qui aiderait à identifier les points de progrès possibles. En effet, le NODU permet (au prix de beaucoup d’approximations), d’estimer les quantités de pesticides utilisées à l’échelle d’une région, mais sans aucune liaison avec les cultures sur lesquelles ils sont appliqués. Il est donc parfaitement impossible de le relier aux pratiques agricoles, et d’en faire un indicateur de la qualité du raisonnement de la protection des cultures par les agriculteurs.</em></p>
<p><em>Le seul indicateur qui permette des comparaisons objectives entre pratiques agricoles est l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement), car il est bien défini culture par culture</em><a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a><em> (rappelons toutefois que même l’IFT n’est pas un bon indicateur de la pression sur l’environnement : il vaut mieux deux applications de pesticides ayant une influence epsilon sur l’environnement, qu’une seule application ayant un effet négatif quantifiable…mais c’est encore une autre histoire). C’est de plus un indicateur beaucoup plus compréhensible pour les agriculteurs, qui peuvent le calculer par eux-mêmes pour leur exploitation, s’ils utilisent un logiciel de gestion parcellaire. Son seul inconvénient est d’être plus compliqué à estimer, puisqu’il suppose de collecter des informations à l’échelle parcellaire. Il ne peut donc pas être comptabilisé de façon exhaustive à l’échelle nationale, mais doit être estimé par sondage, sur un échantillon représentatif de parcelles. C’est une opération que le Ministère de l’Agriculture réalisait déjà avant le plan Ecophyto, dans ses enquêtes sur les pratiques agricoles. Toutefois, en raison même de leur coût, ces enquêtes n’étaient réalisées que tous les 3 ans environ, ce qui en limitait beaucoup la portée : en effet, il était impossible d’en dégager des tendances claires, vu les fortes variations interannuelles de pression de maladies et ravageurs. A partir du moment où la France se mobilisait sur une politique ambitieuse sur la protection phytosanitaire, la logique aurait bien sûr été de rendre ces enquêtes annuelles, pour relier chaque année les IFT constatés aux variations de pression sanitaires propres à chaque année et à chaque région. Au lieu de cette annualisation des enquêtes Pratiques Agricoles, il a été décidé de créer une nouvelle usine à gaz pour le calcul du NODU, au prétexte qu’il était plus facile de collecter des données commerciales auprès des distributeurs. Un argument dont on peut douter, puisqu’il faut 18 mois pour publier les résultats de NODU (ceux qui figurent dans cette note de bilan 2017 sont en fait les NODU de 2016), et que ce travail s’ajoute aux Enquêtes Pratiques Agricoles, au lieu de les remplacer ou de le compléter.</em></p>
<h1><strong>Fermes DEPHY : même le village Potemkine se fissure</strong></h1>
<p>Toute politique vouée à l’échec a besoin d’un écran pour sauver la face des dirigeants politiques, à l’image des « villages Potemkine », où le favori de Catherine II de Russie organisait des visites mises en scène, pour faire croire à son impériale maîtresse que les paysans était parfaitement heureux dans son glorieux empire. Une des actions majeures du plan Ecophyto a été la mise en place du réseau des 3000 fermes DEPHY, suivies et conseillées pour les guider sur le chemin de la réduction de l’usage des phytosanitaires. Pendant longtemps, ce réseau DEPHY a servi vaillamment de village Potemkine, pour laisser croire à la crédibilité des objectifs Ecophyto : dans le rapport Potier de 2014<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a>, les auteurs reconnaissaient que la diminution des IFT était encore modeste dans le réseau (-12% dans les exploitations de grandes cultures et polyculture-élevage, -2,3 % seulement en viticulture), mais pouvaient encore conclure avec un optimisme prudent : « Au total, et bien entendu sous réserve de confirmation, il apparaît qu’une diminution d’usage conforme au rythme initialement annoncé par le plan, a effectivement été amorcée sur les réseaux Dephy-Ferme ». Quatre ans après, le moins que l’on puisse dire, c’est que la confirmation n’est pas au rendez-vous : <strong>alors que nous sommes maintenant proches du terme fixé initialement au 1<sup>er</sup> plan Ecophyto, même les fermes DEPHY sont encore très loin des -50% : -7% en grandes cultures, -17% en polyculture-élevage, -12% en viticulture, -19% en arboriculture.</strong> Seules les productions légumières affichent un résultat pas trop éloigné de l’objectif initial, avec -33%.</p>
<p>Sur ces sujets, il est souvent plus instructif de voir la dispersion des résultats que leur moyenne. Pour la 1<sup>ère</sup> fois, la note de suivi montre cette dispersion, mais pour la viticulture seulement :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17263" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/08/1808BilanIFTViti2.png" alt="1808BilanIFTViti2" width="1660" height="1346" /></p>
<p><strong><em>Figure 1 : Evolution des IFT (Indices de Fréquence de Traitement) dans les fermes Dephy viticoles. Même dans ces fermes-modèles, la baisse moyenne de l’IFT n’a été que de 12% en 8 ans, alors que l’objectif initial Ecophyto était de 50% en 10 ans. Huit ans après le lancement du réseau, il y a 4 fois plus de fermes où les IFT ont augmenté depuis le début du plan Ecophyto, que de fermes qui ont atteint l’objectif de réduction de 50% ! Des résultats qui devraient à tout le moins relancer le débat sur la faisabilité du plan Ecophyto, d’autant plus qu’ils sont conformes aux prévisions du rapport Ecophyto R&amp;D de l’INRA en 2010. (source : note de suivi Ecophyto 2017).</em></strong></p>
<p>Comme l’avait prédit dès 2010 le rapport Ecophyto R&amp;D de l’INRA, la plupart des exploitations n’ont réduit leur IFT que de 5 à 25%. <strong>Seules 10 d’entre elles ont atteint l’objectif de réduction de 50% qui était l’objectif national… contre 40 chez qui l’IFT a au contraire augmenté</strong> !</p>
<p>Entendons-nous bien, l’objectif ici n’est pas de critiquer le réseau DEPHY, au contraire : sa mise en place est une des actions les plus pertinentes mises en œuvre dans le plan Ecophyto. Le problème est que l’on refuse d’en tirer les leçons qui s’imposent. De telles dérives des IFT, dans un réseau de fermes pilotes triées sur le volet, et qui bénéficient d’un encadrement technique sans commune mesure avec celui dont bénéficie l’agriculteur moyen, auraient dû depuis longtemps susciter une réflexion sur la faisabilité du plan Ecophyto, d’autant plus que ces résultats de terrain confirment le diagnostic initial de l’INRA dans le rapport Ecophyto R&amp;D : mais on ne voit toujours aucune amorce d’autocritique à ce sujet dans la note de suivi 2017.</p>
<h1> <strong>Effet de l’évolution des assolements : négligeable, vraiment ?</strong></h1>
<p><em>Nous avons vu que, sur le long terme, des changements significatifs des assolements pourraient influer sur la consommation des pesticides, puisque les besoins en protection phytosanitaire varient énormément en fonction des espèces cultivées. Or le NODU ne permet pas de mesurer ce phénomène, puisque les consommations de pesticides n’y sont pas reliées à la culture sur laquelle les produits sont utilisés. Une étude du Ministère de l’Agriculture avait conclu en 2015, au moyen d’un modèle complexe, que cet effet était effectivement observable dans le passé, mais n’avait joué qu’un rôle mineur depuis le début du plan Ecophyto</em><a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a><em>. Pourtant, un calcul élémentaire basé sur les IFT calculés dans les enquêtes Pratiques Culturales suggère très fortement le contraire.</em></p>
<p><em>Prenons l’exemple du blé tendre : il reçoit en moyenne 4 IFT (l’équivalent de 4 traitements pleine dose/an). En 2009, sa superficie était de 4,7 millions d’ha, ce qui conduit à un NODU de l’ordre de 18,8 millions. En 2016, sa superficie a augmenté de 0,4 millions d’ha, ce qui conduit mécaniquement à une hausse de 1,6 millions du NODU, à pratiques culturales égale. A l‘inverse, le maïs, qui consomme moins de pesticides, a fortement régressé. Si on fait le bilan sur les principales espèces de cultures annuelles, on constate que les changements d’assolements sont loin d’être neutres pour le NODU :</em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17264" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/08/1808TableauViti.png" alt="1808TableauViti" width="1526" height="515" /></p>
<p><em><strong>Tableau 1 : Evolution du NODU induite par les changements d’assolements depuis le début du plan Ecophyto, pour les principales espèces cultivées en grandes cultures et polyculture/élevage. A pratiques de protection égale, l’évolution de la sole de grandes cultures françaises provoque mécaniquement une hausse de près de 5% du NODU : un phénomène indétectable si on base le bilan national uniquement sur le NODU, comme le fait la note de suivi 2017. Sources : Base de données Agreste pour les superficies, enquête Pratiques Culturales 2014 pour les IFT (Indices de Fréquence de Traitement,).</strong></em></p>
<p><em>Parmi ces cultures (qui représentent à elles seules près de la moitié de la surface agricole utile), il y a eu des évolutions très contrastées des surfaces cultivées… et presque toujours au profit des cultures qui ont les IFT les plus élevés. Résultat : bien que leur superficie globale ait diminué d’1%, ces cultures tendent à générer une augmentation des NODU de près de 5%, à pratiques agricoles égales. Dans ces conditions, on comprend mieux le piteux bilan des fermes Dephy de grandes cultures, qui n’ont réduit leur consommation de pesticides que de 7%. </em></p>
<p><em>On note que dans le même temps, les prairies permanentes ou non annuelles, où la consommation de pesticides est proche de zéro, ont régressé de plus de 400 000 ha, dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. C’est pourtant un gâchis monstrueux, car tout milite au contraire pour un renforcement des prairies, et de façon générale pour une revitalisation du modèle de la polyculture-élevage en France : réduction de la dépendance des éleveurs vis-à-vis des cours mondiaux des matières premières agricoles, raccourcissement des circuits de production et de commercialisation, défense de la biodiversité (les prairies ont une biodiversité incomparablement plus grande que n’importe quelle culture annuelle, même si celle-ci est bio). <strong>Faute d’action volontariste dans ce domaine, (qui aurait dû faire partie de la 3<sup>ème</sup> étape de transition, au sens du rapport Ecophyto R&amp;D), la France se prive donc d’un levier majeur pour relocaliser les productions françaises, sécuriser les revenus des éleveurs, améliorer la biodiversité de son territoire agricole, et réduire sa consommation de pesticides.</strong></em></p>
<h1><strong>L’effet du climat : aucun travail de recherche</strong></h1>
<p><em>Le climat de l’année (en particulier au printemps et en début d’été) est un facteur majeur de variation de la pression parasitaire sur les cultures, et donc de l’utilisation de pesticides. De plus, avec l’avancement de l’agriculture raisonnée, on doit s’attendre à ce que la liaison entre consommation de pesticides et climat soit de plus en plus en forte. </em></p>
<p><em>Globalement, les 3 dernières années de suivi (2014, 2015 et 2016) ont connu des printemps doux et/ou humides dans beaucoup de régions, ce qui pourrait expliquer en partie la médiocrité du bilan d’Ecophyto. <strong>On peut se poser cette question en particulier à la lecture de résultats comme ceux des fermes DEPHY viticoles, où pour nombre d’entre elles la consommation de pesticides a augmenté au lieu de baisser par rapport à la période initiale : à moins que les fermiers DEPHY se soient amusés à saboter délibérément le réseau, la seule explication rationnelle serait que la pression de maladie a effectivement augmenté ces dernières années chez eux. </strong></em></p>
<p><em>Ce sujet est à peine effleuré dans la note de suivi, qui mentionne simplement que la pression phytosanitaire a été élevée en 2016, en des termes très généraux et qualitatifs. Une quantification précise et objective de la pression de maladie sur les cultures serait pourtant une nécessité pour interpréter correctement les consommations de pesticides : aussi bien pour des comparaisons régionales et internationales, que pour corriger les variations interannuelles en fonction de la pression parasitaire propre à chaque année.  Toutes les données nécessaires existent pour cela : le Bulletin de Santé du Végétal, qui recueille des milliers d’observations de parasites et ravageurs des cultures, pour avertir les agriculteurs en cas de risque sanitaire, serait une mine d’or potentielle pour une meilleure compréhension des variations de consommation de pesticides, mais reste inexploité dans le suivi Ecophyto. De même, pour la plupart des maladies et ravageurs majeurs, il existe des modèles épidémiologiques qui permettraient de quantifier de façon objective des grandeurs plus difficilement mesurables à l’œil nu, comme les quantités de contamination annuelles de ces maladies. <strong>Tout cela reste inemployé dans les notes de suivi Ecophyto, comme si l’évaluation de la pression sanitaire sur les cultures n’avait aucun intérêt pour expliquer l’utilisation de pesticides. Une cécité volontaire qui, en plus de rendre les notes de suivi incohérentes, empêche d’anticiper un problème potentiellement important à l’avenir : les effets du changement climatique sur la pression de maladies et de ravageurs des cultures.</strong></em></p>
<h1><strong>« Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser »</strong></h1>
<p><em>Un ex-ministre avait fait scandale dans un autre domaine, en déclarant qu’« Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser ». C’est pourtant la ligne de conduite de l’ensemble de la classe politique à propos de l’usage des pesticides, et à laquelle les notes de suivi Ecophyto se tiennent à la lettre chaque année : surtout, ne pas chercher à comprendre les causes, pourtant évidentes et annoncées à l’avance, de l’échec du plan Ecophyto. Cela obligerait à expliquer aux Français que les agriculteurs ne sont pas forcément coupables, et que les choses sont un peu plus complexes que le joli rêve propagé par les conseillers de Nicolas Hulot. <strong>Cela fait des années que les militants écologistes vendent aux Français une fable selon laquelle les pesticides ne servent à rien, et où il suffit donc d’évangéliser les agriculteurs et de sanctionner les distributeurs, pour réduire la consommation de pesticides sans perte de production ni de revenu. L’échec flagrant des fermes Dephy prouve de toute évidence le contraire, si on fait l’effort d’approfondir leurs résultats.</strong> D’où ces notes de suivi annuelles, qui ne font qu’exhiber l’impuissance des deux Ministères impliqués, sans proposer la moindre solution. On comprend que le Ministre de la Transition Ecologique se satisfasse temporairement de ce rôle peu glorieux : l’échec actuel sert ses intérêts à long terme, car il lui permettra à l’avenir d’exiger des actions plus radicales, basées sur des prétextes sanitaires. L’enthousiasme avec lequel il a accueilli la décision de justice américaine contre le glyphosate montre bien sur quels leviers il entend jouer. Puisque les faits et les instances scientifiques refusent obstinément de valider ses théories, il compte maintenant sur les tribunaux populaires à la mode américaine pour imposer ses vues.</em></p>
<p><em>Par contre, on comprend moins pourquoi le Ministre de l’Agriculture se satisfait de cette communication, qui discrédite chaque année un peu plus son Ministère. Certes, on peut espérer qu’il sera plus tard récompensé, au nom de la solidarité gouvernementale, du stoïcisme avec lequel il laisse ridiculiser son administration. Nous ne doutons pas qu’il saura sauter à temps sur une branche plus confortable que celle qu’il a laissé scier, mais c’est un pari un peu dangereux que de faire carrière en contribuant à la liquidation d’une activité autrefois stratégique, mais que la mode politique actuelle condamne. <strong>Espérons qu’il est encore temps de sortir de cette crise par le haut, en rappelant qu’une politique agricole incompatible avec l’agronomie de base n’a aucun avenir… et qu’un Ministère de l’Agriculture fort est indispensable pour prendre des mesures efficaces. </strong>Pour cela, une annualisation des enquêtes Pratiques Culturales, et le développement d’indicateurs objectifs de la pression sanitaire sur les cultures, sont des préalables indispensables pour une compréhension de la stagnation actuelle des pratiques phytosanitaires en France. Il ne s’agit pas seulement de préserver les intérêts économiques du monde agricole, comme essaient le faire croire les écologistes. Mais aussi de prendre des mesures qui aient vraiment un sens agro-écologique, comme la relance de la polyculture-élevage.</em></p>
<p><em>Philippe STOOP</em></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/90907?token=0cba39c83b341e34a389582c2805b4c1">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/90907?token=0cba39c83b341e34a389582c2805b4c1</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Pour la signification et le mode de calcul du NODU, voir : <a href="http://agriculture.gouv.fr/note-methodologique-le-nodu">http://agriculture.gouv.fr/note-methodologique-le-nodu</a></p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> <a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D">http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2633">http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2633</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/indicateur-de-frequence-de-traitements-phytosanitaires-ift">http://agriculture.gouv.fr/indicateur-de-frequence-de-traitements-phytosanitaires-ift</a></p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/56000?token=7bf92926cba72dbc99beeeef8758248e">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/56000?token=7bf92926cba72dbc99beeeef8758248e</a> , page 65</p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/usage-des-pesticides-en-agriculture-effets-des-changements-dusage-des-sols-sur-les-variations-de">http://agriculture.gouv.fr/usage-des-pesticides-en-agriculture-effets-des-changements-dusage-des-sols-sur-les-variations-de</a></p>
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		<title>Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Feb 2018 17:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[« Nouveaux Champs » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, a priori louable, ne pose-t-elle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>« <a href="http://www.nouveaux-champs.fr/"><strong><em>Nouveaux Champs</em></strong></a> » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, <em>a priori</em> louable, ne pose-t-elle pas plus de questions qu’elle n’en résout ?</p>
<h1><strong>La démarche Zéro Résidu de Pesticides </strong></h1>
<p>La démarche a été présentée lors d’une conférence de presse au Fruit Logistica de Berlin.</p>
<p>Voir le <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802dp-ZeroResiduPesticides.pdf">dossier de presse</a></strong> <strong>de présentation en détail de la démarche</strong>.</p>
<p><strong>Les points principaux</strong> :<br />
&#8211; Face à l’inquiétude du public et parce que « tous les circuits de distribution sont très intéressés », « le “Zéro Résidu de Pesticides” s&rsquo;affirme comme <strong>LA troisième voie entre l&rsquo;agriculture conventionnelle et l&rsquo;agriculture biologique</strong> » dans le secteur des fruits et légumes<br />
&#8211; <strong>Une démarche d’entreprises</strong>. 18 entreprises pesant « plus de 10% de la production française totale de fruits et légumes »<br />
&#8211; <strong>Priorité aux méthodes alternatives</strong> grâce à un « itinéraire technique pointu ». Mais « ponctuellement et en cas d’agression forte d’une maladie ou d’un ravageur, si les moyens de lutte alternatifs se révèlent insuffisants et mettent en danger la pérennité de la culture, le producteur peut être amené à sortir la parcelle du programme “Zéro Résidu de Pesticides” ».<br />
&#8211; <strong>La promesse concrète : « Zéro résidu »</strong> : pour chaque Substance Active analysée, « un résultat inférieur à la Limite de Quantification (0.01mg/kg) ».<br />
&#8211; Les <strong>substances actives sont classés en fonction du risque résidu</strong> en trois catégories d’utilisation : verte (utilisation sans restriction particulière), rouge (utilisation possible, mais analyses pour vérifier l’absence de résidu quantifiable), noire (utilisation interdite dans tous les cas)</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17202" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduListesRougeVerteNoire.png" alt="1802ZeroResiduListesRougeVerteNoire" width="1142" height="625" /><br />
&#8211; <strong>Analyses par laboratoire externe certifié Cofrac</strong><br />
&#8211; <strong>Cahier des charges partiellement disponible sur Internet</strong> et consultable en totalité sur site.<br />
&#8211; <strong>Identification des produits à destination des consommateurs</strong> via un macaron:</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17203" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduPesticidesMacaron.png" alt="1802ZeroResiduPesticidesMacaron" width="429" height="431" /></p>
<p><strong> </strong></p>
<h1><strong>La réaction des médias</strong></h1>
<p>A part quelques exceptions (par exemple la rubrique économie de <a href="https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/zero-residu-de-pesticides-un-nouveau-label-pour-les-fruits-et-legumes-frais-5551398"><strong><em>Ouest France</em></strong></a>), seule la presse professionnelle rend compte de façon détaillée de l’initiative.<br />
Voir par exemple, <a href="http://www.arboriculture-fruitiere.com/content/un-collectif-lance-la-marque-zero-residu-de-pesticides"><strong><em>Mediafel</em></strong></a> (<em>L’arboriculture fruitière</em> et <em>Culture Légumière</em>), <a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/fruits-et-legumes-des-producteurs-lancent-un-label-zero-residu-1,2,3684795185.html"><strong><em>La France Agricole</em></strong></a>, <a href="https://www.lacooperationagricole.coop/zero-residus-de-pesticides-une-alternative-lagriculture-bio"><strong><em>lacooperationagricole.coop</em></strong></a>, <a href="http://lesmarches.reussir.fr/zero-residu-de-pesticides-un-nouveau-label-pour-les-fruits-et-legumes"><strong><em>Les Marchés</em></strong></a><strong><em>.</em></strong></p>
<p><strong>Les articles sont purement descriptifs</strong> et reprennent, sans analyse particulière, les principaux thèmes du communiqué de presse de <em>nouveaux champs</em> : logo, démarche « intermédiaire » entre conventionnel et bio, « répondre à une attente sociétale forte », liste des membres.<br />
<strong>On peut noter cependant quelques malentendus probables dans la rédaction</strong>. Par exemple, <em>Ouest France</em> écrit : « Les fertilisants minéraux et les produits de bio-contrôle sont autorisés. Mais tous les produits chimiques de synthèse sont interdits, comme le glyphosate, ou les produits néonicotinoïdes tueurs d&rsquo;abeilles. » Une telle formulation sous-entend que, dans la démarche, l’utilisation des produits chimiques de synthèse serait interdite. C’est faux. Car, si l’on comprend bien le collectif nouveaux champs, la promesse est l’absence de résidu quantifiable à 0.01 ppm <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Point.</p>
<h1><strong>Nos interrogations</strong></h1>
<ul>
<li><strong>La classification en trois catégories est contestable</strong></li>
</ul>
<p>La notion de substance « décriée », qui implique en classement en rouge, est pour le moins floue. Quel critère ? Qui juge ?</p>
<p><strong>Contrairement à ce qui est annoncé,</strong> <strong>les substances utilisables en AB ne font pas toutes preuve d’« innocuité</strong> pour les consommateurs ». Certes certaines ne sont pas soumises LMR<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> : phosphate ferrique, soufre, laminarine…. Mais <strong>il y a bien des LMR pour le cuivre, le Spinosad, l’azadirachtine, les pyréthrines…</strong> Le cuivre est d’ailleurs massivement utilisé en AB. En tant que substance préoccupante pour le sol et l’environnement, il mériterait amplement d’être en liste rouge…</p>
<p><strong>[Mise à jour du 15 février 2018<br />
</strong>Quand nous écrivons « innocuité pour les consommateurs », nous ne faisons que reprendre l’expression du collectif « zéro résidu ». En fait, les pesticides, bios comme conventionnels, sont pour la plupart dangereux, et donc risqués pour l’utilisateur et l’environnement lorsqu’ils sont mal utilisés. Mais <strong>les résidus de pesticides, bios comme conventionnels, dans l’alimentation sont un risque qui peut être négligé, en particulier quand la LMR est respectée</strong>. Voir <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">ici</a></strong>.<strong>]</strong></p>
<p>En fait, la démarche « Zéro Résidu » affirme haut et clair : <strong>peu importe la vérité des faits</strong>, établie sur une base scientifique. <strong>Ce qui importe, c’est la perception (supposée) du consommateur. N’est-ce pas une certaine institutionnalisation de l’arbitraire ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Zéro résidu » ou « Zéro Pesticides » ?</strong></li>
</ul>
<p>La promesse concrète est zéro résidu. Mais elle est déjà perçue par certains comme s’affichant « zéro pesticides » (à l’exemple de <em>Ouest France</em> cité plus haut). N’y a-t-il pas risque de confusion, et donc de déception pour le consommateur ?</p>
<ul>
<li><strong>Quelle valorisation ?</strong></li>
</ul>
<p>La démarche « Zéro Résidu » est fondamentalement une démarche commerciale, collective par certains aspects. Mais fondamentalement commerciale, c’est-à-dire cherchant de la valeur individuellement. Elle ne tient pas compte des conséquences sur l’ensemble des filières.</p>
<p>Au bout du compte y aura-t-il valorisation réelle ? Ou bien <strong>la démarche ne consistera-t-elle pas à échapper en partie à la dévalorisation qu’elle-même contribue à construire ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Zéro Résidu » remet-il en cause la loi ?</strong></li>
</ul>
<p>Quelle est la position du collectif « Zéro Résidu » concernant les lois en préparation qui déclarent aboutir à la sortie des pesticides d’ici 3 ans ? Défendent-ils ces lois ?<br />
Ces entreprises pensent-elles que la loi est insuffisamment rigoureuse ? Qu’elle ne protégerait pas suffisamment le consommateur ? Sur quelles preuves s’appuient-elles ?</p>
<ul>
<li><strong>Quid des producteurs qui ne peuvent pas suivre ?</strong></li>
</ul>
<p>Le collectif le dit explicitement : tous leurs producteurs, ou toute leur production, ne peuvent pas s’insérer dans la démarche. Mais n’est-il pas en train de <strong>miner l’argumentation marketing des producteurs qui ne peuvent pas suivre</strong> (climat, sol, variété, …) ?<br />
Les entreprises du collectif « Zéro Résidu » pensent-elles qu’il faut arrêter de produire des fruits et légumes contenant des résidus dans les limites légales ?</p>
<p>Que deviendra la démarche quand un nouveau parasite, ou un parasite ré-émergeant, ne laissera comme alternative que d’abandonner la production ou d’utiliser un traitement laissant des traces (mais respectant les LMR) ?</p>
<ul>
<li><strong>Une démarche commerciale qui peut nuire à l’ensemble de la filière ?</strong></li>
</ul>
<p><strong>En sous-entendant qu’elle approuve la thèse fallacieuse des marchands de peur d’un risque résidu pour le consommateur, la démarche Zéro Résidu alimente leur commerce</strong>. Et se fait objectivement complice du dénigrement des produits dits conventionnels, qui sont pourtant le fruit de bonnes pratiques, en constante amélioration. Faut-il rappeler que l’alimentation n’a jamais été aussi sûre ? Que les seuls véritables problèmes de santé publique posés par les fruits et légumes ces dernières dizaines d’années sont le fait de contaminations biologiques : bactéries, adventices toxiques, etc. (Et tout autant, sinon plus, en agriculture Bio qu’en conventionnel) ?</p>
<ul>
<li><strong>Avenir de la démarche ? </strong></li>
</ul>
<p><strong>Pense-t-on sérieusement que le lobby du bio va laisser prospérer une démarche concurrente ?</strong> Bien sûr que non. Ils vont montrer, et ce sera facile, qu’il y a des résidus : en dessous de 0.01 ppm, mais des résidus, que la liste noire contient les produits traçants, mais que la démarche laisse utiliser les produits perçus comme préoccupants pourvu qu’ils ne laissent pas de traces.</p>
<p>Cette démarche aura-t-elle un succès médiatique hors presse professionnelle ?</p>
<h1><strong>Notre conclusion</strong></h1>
<p>La logique du « sans » est très bien décrite par Kevin Folta dans « <a href="https://medium.com/@kevinfolta/exclusion-labels-science-denial-boneless-watermelons-and-8-burritos-8ddffb8a4c10"><strong>Etiquettes « sans », déni de la science, pastèque sans « os » et burritos à 8$</strong></a> » <strong>(in English)</strong>. Il écrit : « Le constrat est simple. Les étiquettes « sans » conduisent activement à désinformer les consommateurs en renforçant le sentiment de la présence hypothétiques d’une menace inexistante […]Cette stratégie fonctionne particulièrement bien parce que le consommateur aisé mettra de côté la science et la raison et se précipitera sur la précaution. […] Les étiquettes « sans » impliquent un risque là où il n’y en a pas » »</p>
<p><strong>La démarche « zéro pesticides »</strong> est dans cette logique. Elle <strong>essaie (vainement) de résoudre individuellement et commercialement un problème collectif et sociétal, celui de la défiance généralisée envers les instances de régulation, envers la loi et les élites, mais aussi envers la science</strong>.</p>
<p>Même engagées dans leur démarche individuelle, les entreprises du collectif « Zéro Résidu » peuvent et doivent s’engager dans <strong>une autre démarche, collective, claire, s’appuyant sur les faits et la science, montrant la sécurité des aliments. A terme, c’est la seule issue pour sortir de la confusion entretenue par les marchands de peur et pour (re-)donner confiance au public.</strong></p>
<p><a href="https://medium.com/@kevinfolta/exclusion-labels-science-denial-boneless-watermelons-and-8-burritos-8ddffb8a4c10"><img class="aligncenter wp-image-17201 size-medium" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802BonelessWatermelon-160x130.png" alt="1802BonelessWatermelon" width="160" height="130" /></a></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong><br />
&laquo;&nbsp;<a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/"><strong>« Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)</strong></a>&nbsp;&raquo;<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/12/05/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-suite/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels (suite)</a></strong> »<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels que de résidus de pesticides de synthèse</a></strong> »</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Mise à jour du 23 février 2018</strong></span><br />
Le collectif Nouveaux champs a souhaité apporter la réponse suivante à nos interrogations:</p>
<p>Droit de réponse à l’article du Blog « Forum phyto » intitulé : « Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations »<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"></a></p>
<h3>Zéro résidu de pesticides : un engagement fort de producteurs dans une démarche de progrès sur la protection des cultures… et une segmentation du marché qui vise le développement de la consommation des Fruits et Légumes…</h3>
<p>Dans un article du 13 février, vous remettez en cause le sérieux et l’honnêteté de la démarche de notre collectif Nouveaux Champs qui entend développer le label « zéro résidu de pesticides » en France. Nous ne pouvons pas rester silencieux et tenons à lever certaines incompréhensions quant à notre ambition et notre méthodologie.</p>
<p><strong>Une démarche de progrès avant tout !<br />
</strong>L’initiative de notre collectif Nouveaux Champs n’est pas, en premier lieu, une démarche « commerciale ».<br />
Chaque organisation de producteurs engagée poursuit une démarche qui est la sienne depuis de nombreuses années : faire toujours mieux, pour l’environnement, les producteurs et les consommateurs. Cela fait plus de 20 ans que chacun d’entre nous s’inscrit dans une dynamique de progrès environnemental et œuvre pour l’amélioration des pratiques de protection des cultures. Ainsi, nous avons au fil des saisons pu expérimenter nos stratégies et nous appuyer sur des résultats significatifs en fonction des différentes espèces de Fruits et Légumes cultivés.</p>
<p>Certes, il existe des Limites Maximales de Résidus établies pour protéger le consommateur. En tant que producteurs de fruits et légumes, nous faisons confiance aux autorités qui établissent ces LMR. Pour autant, devons-nous faire la sourde oreille face aux questions des consommateurs ? Expliquer ce qu’est une LMR sans aller plus loin ? N’avons-nous pas le droit d’explorer des méthodes alternatives aux pesticides de synthèse par exemple ? N’avons-nous pas le droit, par exemple, de remplacer un produit phytopharmaceutique  par un insecte auxiliaire qui va tout aussi bien éliminer un ravageur des cultures ?<br />
Cela va, selon nous, dans le sens du progrès sociétal et environnemental. Le consommateur souhaite, à raison, être réellement informé sur le contenu de son assiette, pouvoir faire des choix éclairés et c’est ce que nous lui proposons.<br />
Ce que nous voulons, c’est assurer une production agricole sécurisée, en phase avec les attentes des consommateurs. Certains pourraient être tentés, en raison de leurs inquiétudes, de diminuer leur consommation de fruits et légumes. Nous ne voulons pas en arriver là. Notre objectif n’est pas de réduire la production française de fruits et légumes mais au contraire de la développer tout comme  la consommation de fruits et légumes.</p>
<p><strong>Encourager les initiatives qui innovent et améliorent les pratiques de protection des cultures<br />
</strong>Il n’est pas question pour nous de mettre au ban tous les fruits et légumes qui ne seraient pas « sans résidu de pesticides ». Nous sommes des producteurs sérieux, qui avons l’expérience de nos cultures et loin de nous l’idée d’affirmer que tous les fruits et légumes, pourront, demain, être cultivés sans aucune solution de protection contre les maladies et les ravageurs des cultures. Pour répondre à votre question, non, nous ne soutiendrions pas des lois qui empêchent l’application de tout pesticide.<br />
Comme tout être vivant, les plantes peuvent être touchées par des maladies ou ravageurs et nous devons les soigner tout en veillant à l’impact sanitaire de ces solutions de protection des cultures tant sur l’environnement que sur la santé des consommateurs.</p>
<p>Nous intégrons dans nos pratiques toutes les méthodes de lutte contre les maladies et ravageurs et en premier lieu dans notre démarche, les alternatives aux substances actives chimiques.  Cela implique une veille permanente sur les nouvelles techniques disponibles et des investissements massifs en Recherche et Développement, tant sur la génétique (tolérance variétales…) que sur les équipements et l’innovation technologique (robot pour désherber, drones pour appliquer des insectes auxiliaires, serres fermées, filets sur les vergers …) ou encore les solutions nouvelles de biocontrôle.<br />
Cette évolution des pratiques doit s’accélérer et c’est un mouvement d’encouragement que nous lançons en direction de tous les producteurs en nous engageant dans cette voie.  C’est un signal que nous envoyons également aux pouvoirs publics en demandant davantage d’aides pour accélérer cette R&amp;D, au profit de toute la filière fruits et légumes.<br />
Nous voulons une agriculture qui continue à produire, dans les meilleures conditions.<br />
Notre collectif est au début de son histoire. Les techniques évoluent aujourd’hui à vitesse grand V. Dans 5 ans, notre démarche aura évolué, elle se sera renforcée grâce à l’émergence de nouvelles solutions de protection des cultures et ce seront autant de solutions dont pourront bénéficier tous les producteurs. Chacun pourra puiser dans notre démarche des inspirations qui pourront être appliquées à sa culture.</p>
<p><strong>Levons quelques incompréhensions<br />
</strong>Nous souhaitons également revenir sur certains points de notre démarche que vous remettez en cause.</p>
<p><strong>Concernant l’absence de résidu</strong>, vous vous appuyez sur la limite de quantification pour supposer qu’il restera toujours des résidus, notamment de produits « perçus comme préoccupants » mais « qui ne laisseraient pas de trace ». Vous sous-entendez qu&rsquo;on pourrait nous reprocher une malhonnêteté, ce que nous ne pouvons pas admettre.<br />
Soyons précis : l’absence de résidu est déterminée, pour chaque substance active analysée, par un résultat inférieur à la limite de quantification. En-dessous de cette limite de quantification, les laboratoires ne peuvent pas garantir la précision de la mesure car les performances des instruments de mesure conduisent pour la majorité des résidus à une limite de quantification de 0.01 mg/kg.<br />
Il ne s’agit donc pas d’une « astuce » de notre part mais tout simplement de limites techniques.</p>
<p>Ajoutons par ailleurs que si les Limites Maximales de Résidus protègent les consommateurs, on peut être plus que rassurés par une présence de pesticide autorisé inférieure à 0.01 mg/kg…<br />
Rappelons enfin que notre démarche consiste à intégrer toutes les méthodes disponibles pour lutter contre un ravageur ou une maladie, en commençant par les alternatives aux produits chimiques, qu’elles soient mécaniques ou solutions de biocontrôle. Ce n’est qu’en dernier recours que nous nous autorisons l’utilisation de certaines substances chimiques, mais dans un cadre très précis, celui de l’absence de résidus quantifiables.</p>
<p>Concernant <strong>les pesticides autorisés pour l’Agriculture Biologique</strong>, là encore, nous ne faisons pas dans la démagogie. Ils ne sont pas tous classés, sans étude préalable, dans nos listes vertes. Nous savons bien, parce que beaucoup de nos producteurs produisent aussi dans le cadre de l’Agriculture biologique, qu’un pesticide bio n’est pas, automatiquement de par sa nature, inoffensif.<br />
Chaque producteur, en fonction de l’espèce qu’il cultive (tomates, fraises, bananes, pommes de terre, pommes&#8230;) va établir, avec nos ingénieurs techniques, ses listes verte, rouge et  noire, de substances actives qu’il peut utiliser (liste verte et rouge) et celles pour lesquelles l’absence de résidu quantifié doit être garantie (listes rouge et noire).<br />
Chez la plupart des producteurs qui ont la nécessité de les utiliser, les substances autorisées en Agriculture Biologique que vous citez sont mises sur la liste rouge (Spinosad, Azadirachtine dans le cadre de son AMM<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[3]</a> de 120 jours, Pyréthrines).<br />
Concernant le cuivre, homologué en Agriculture biologique, pour certaines espèces pour lesquelles il n’y a pas d’alternative, nous avons mis en place une dérogation, et c’est la seule. Autrement dit, il peut être utilisé, tout en respectant la limite maximale de résidus fixée par la règlementation. Aucune autre substance de biocontrôle ne peut à ce jour remplacer le cuivre. Nous butons là sur le même problème que l’Agriculture biologique et espérons bien trouver une alternative dans les années à venir.</p>
<p><strong>Notre objectif : faire en sorte que les consommateurs continuent à manger des fruits et légumes<br />
</strong>Notre démarche n’est pas destinée à dénigrer une partie de la filière fruits et légumes, elle est au contraire faite pour montrer une nouvelle voie et inciter à innover et à faire évoluer les pratiques de protection des cultures. Au moment du lancement de notre collectif, nous étions 18 membres. Depuis, nous enregistrons chaque jour des demandes supplémentaires de structures de production qui travaillent sur l’évolution des pratiques de protection des cultures.<br />
Bien sûr, au regard des différents contextes culturaux (outils, climats, sols…), toute la production ne pourra prétendre au « zéro résidu de pesticides », même parmi les membres de notre collectif. Parfois, pour une espèce, seules certaines variétés peuvent répondre à l’exigence de « zéro résidu ». Mais cela n’empêchera pas tous les producteurs d’explorer les nouvelles techniques disponibles, d’en parler s’ils les utilisent, de l’afficher et de répondre aux questions des consommateurs.<br />
On ne dira jamais assez qu’il est primordial de consommer des fruits et légumes, pour notre santé, notre équilibre. Si, avec notre démarche, nous parvenons à rassurer certains consommateurs, à favoriser le dialogue et à accroître la consommation de fruits et légumes, quels qu’ils soient, nous serons tous gagnants.</p>
<p>Le collectif Nouveaux Champs</p>
<p><strong>Le Collectif Nouveaux champs<br />
</strong>Un petit noyau d’entreprises de la filière « fruits et légumes » s’est retrouvé en 2017 pour développer et éprouver l’initiative « Zéro Résidu de Pesticides ».Toutes intéressées par cette démarche et engagée depuis des années dans l’amélioration  de la protection des cultures, elles ont décidé de créer un Collectif pour développer le “Zéro Résidu de Pesticides” en France.<br />
Les 7 entreprises fondatrices travaillent alors ensemble pendant plusieurs mois, accompagnées par Sève Conseil, pour imaginer une méthodologie applicable pour toutes les espèces de fruits et légumes et annoncent le 7 février 2018 le lancement officiel du collectif.<br />
A l’heure actuelle, 21 organisations de producteurs font partie du collectif. Elles représentent plus de 2000 producteurs français sur plus de 20 espèces de fruits et légumes.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Partie par million, ou mg/kg</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Limite Maximale de Résidu</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[3]</a> Autorisation de mise sur le marché</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"></a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Affaire Pollinis : Victoire judiciaire définitive de ForumPhyto</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/31/affaire-pollinis-victoire-judiciaire-definitive-de-forumphyto/</link>
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		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 15:37:12 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[ Une longue bataille juridique vient d’être définitivement tranchée : La Cour de Cassation vient de prononcer une décision de non-admission du recours de Pollinis France contre ForumPhyto. C’est un aboutissement logique, mais jamais acquis d’avance. Retour sur les points marquants de cette affaire. Dans un article relatif à une pétition abeilles de Pollinis en décembre 2014, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-15826" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/01/1701Justice-89x90.jpg" alt="1701Justice" width="89" height="90" /> Une longue bataille juridique vient d’être définitivement tranchée : La Cour de Cassation vient de prononcer une décision de non-admission du recours de Pollinis France contre ForumPhyto. C’est un aboutissement logique, mais jamais acquis d’avance. Retour sur les points marquants de cette affaire.</p>
<p>Dans un article relatif à une pétition abeilles de Pollinis en décembre 2014, ForumPhyto montrait principalement que Pollinis, se présentant comme « association sans but lucratif » et voulant « sauver les abeilles », semblait bien loin de l’action de terrain et qu’elle était vilipendée par plusieurs bloggeurs, y compris proches des milieux apicoles, pour son fonctionnement douteux.<br />
Pollinis France avait jugé bon d’attaquer ForumPhyto en justice pour diffamation.<br />
Le fond de l’affaire avait fait l’objet d’une décision de justice en première instance en 2015. Le Tribunal soulignait que « le plus grand flou » régnait sur la personne désignée par le vocable général « Pollinis ». Le Tribunal avait donc considéré que l’association Pollinis France était irrecevable en son action puisqu’elle ne démontrait pas qu’elle était visée par l’article publié par ForumPhyto.<br />
Comme nous le mentionnions dans « <a href="http://www.forumphyto.fr/2015/12/03/pollinis-cest-flou/"><strong>Pollinis, c’est flou !</strong></a> », deux enquêtes sur la « nébuleuse Laarman », l’une d’<em>Agriculture et Environnement</em>, l’autre de l’<em>Obs/Rue89</em>, renforcent l’impression de « flou » suscitée par le fonctionnement du « réseau » Pollinis.</p>
<p>Pollinis France avait fait appel de la décision. En 2016, l’arrêt rendu en appel avait purement et simplement confirmé le jugement de première instance.</p>
<p>Non satisfait de cette nouvelle décision de justice en sa défaveur, Pollinis France a cru bon de se pourvoir en Cassation. Le 9 janvier 2018, la Cour de Cassation a prononcé la « non-admission » du pourvoi de Pollinis France considérant qu’il était mal fondé.</p>
<p>La victoire de ForumPhyto est maintenant définitive. Nous ne pouvons que réaffirmer : « Sur le fond, <strong>ForumPhyto affiche</strong> clairement son point de vue et son objectif : <strong>pour « une protection des plantes assumée, responsable et durable sur les fruits, légumes et pommes de terre. »</strong> Les producteurs de fruits et légumes ont tout intérêt à la bonne santé des abeilles. Ils collaborent concrètement avec les apiculteurs, en particulier en arboriculture. Les adhérents de ForumPhyto et les agriculteurs qui y sont liés sont ouverts au dialogue avec les apiculteurs, leurs organisations et les organisations environnementalistes. »<br />
<strong>L’association Pollinis France a attaqué ForumPhyto en diffamation, espérant peut-être gagner en crédibilité auprès des apiculteurs. Aujourd’hui il est sûr que ce n’est pas à son avantage…</strong></p>
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		<title>Plan de « sortie des pesticides » : illusoire et dangereux</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/22/plan-de-sortie-des-pesticides-illusoire-et-dangereux/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Jan 2018 16:47:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[ L’annonce le 11 janvier 2018 par Stéphane Travert de l’annonce « d’un plan de sortie des pesticides » au prochain Salon de l’Agriculture fait partie de la tactique maintenant éprouvée du gouvernement : « préparer les esprits » (en bon langage politicien de l’ancien monde) et espérer ainsi faciliter l’acceptation finale de l’amère potion. A quoi faut-il donc s’attendre ? Quelques [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-10915" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2014/05/1405SignalDanger-105x90.png" alt="1405SignalDanger" width="105" height="90" /> L’annonce le 11 janvier 2018 par Stéphane Travert de l’annonce « d’un plan de sortie des pesticides » au prochain Salon de l’Agriculture fait partie de la tactique maintenant éprouvée du gouvernement : « préparer les esprits » (en bon langage politicien de l’ancien monde) et espérer ainsi faciliter l’acceptation finale de l’amère potion. A quoi faut-il donc s’attendre ?</p>
<h1><strong>Quelques médias rendent compte de cette pré-annonce.</strong></h1>
<p>Dans « <strong><a href="http://www.environnement-magazine.fr/politiques/article/2018/01/11/116860/plan-sortie-des-phytosanitaires-sera-annonce-salon-agriculture-2018.php">Le plan de sortie des phytosanitaire sera annoncé au Salon de l’Agriculture 2018</a> »,</strong> <strong><em>Environnement Magazine</em></strong> rend compte de l’annonce par Stéphane Travert de ce plan qui « devrait <strong>rendre possible une sortie de l’utilisation des pesticides en trois ans, selon les déclarations du Président français</strong> »</p>
<p>Commentaire de Guy Waksman dans la <strong><a href="http://www.informatique-agricole.org/download/afia-gazette/2018_-_gazette_afia/gaz_180118_03.htm">gazette de l’AFIA du 18 janvier</a></strong> : Ce « Phytexit » est « aussi catastrophique &#8211; au sens où c&rsquo;est du temps et de l&rsquo;énergie dépensés en vain &#8211; pour l’agriculture française que le Brexit pour le Royaume-Uni et pour l’Europe »</p>
<p><em>Les Echos</em> (dans « <strong><a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0301180762135-pesticides-le-plan-de-travail-du-gouvernement-2146580.php">Pesticides : le plan de travail du gouvernement</a></strong> ») et <em>Ouest France</em> (dans « <strong><a href="https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/un-avant-gout-du-plan-de-reduction-des-pesticides-5511239">Un avant-goût du plan de réduction des pesticides</a></strong> »), listent les « quatre priorités » du gouvernement :<br />
&#8211; La baisse rapide de l&rsquo;usage des pesticides les plus préoccupants pour la santé et l&rsquo;environnement.<br />
&#8211; Le renforcement de la recherche sur leur impact sur la santé.<br />
&#8211; La recherche d&rsquo;alternatives et la mise en œuvre de ces solutions par les agriculteurs.<br />
&#8211; Le renforcement d&rsquo;Ecophyto 2 et l&rsquo;amélioration de sa gouvernance.</p>
<p><em>Ouest France</em> détaille un peu plus les « mesures techniques » qui manieront « la carotte et le bâton ».</p>
<h1><strong>Qu’attendre de ce plan ?</strong></h1>
<p>Notons tout d’abord que <strong>l’intitulé du plan (« sortir des pesticides en trois ans ») est certes ambitieux (et stupide). Mais les priorités annoncées ne sont pas aussi « ambitieuses »</strong>. Elles ne sont pas des nouveautés. Des formulations proches ou identiques pourraient de plus faire l’unanimité.</p>
<p>Mais, <strong>malgré ce manque d’ambition, ce plan est dangereux</strong> pour plusieurs raisons :<br />
&#8211; <strong>En laissant croire que l’arsenal administratif sur les pesticides serait insuffisant, il alimente le commerce des marchands de peur</strong>. Notons par exemple que les « pesticides les plus préoccupants pour la santé et l’environnement » ont déjà été retirés du marché au niveau européen.<br />
&#8211; Il <strong>entretient l’illusion d’une agriculture sans aucun pesticide</strong>. Dans l’état actuel des connaissances, cette agriculture est impossible sauf à accepter un recul de la production, une diminution de la sécurité sanitaire des aliments, une augmentation du prix de l’alimentation, un recours massif aux importations. Sans compter la nécessité de recourir au travail des enfants pour ramasser les doryphores comme au bon vieux temps…<br />
&#8211; <strong>Il entretient l’illusion d’une agriculture biologique sans pesticides</strong>. On doit noter que le gouvernement, parmi les mesures censées « sortir des pesticides » proposerait des mesures supplémentaires pour favoriser le bio. Un bio sans bouillie bordelaise dommageable pour les sols, ni huile de neem, perturbateur endocrinien reconnu ? chiche !<br />
&#8211; Et surtout, <strong>il entretient la confusion entre « réduction des risques » et « réduction des volumes »</strong>. Confusion sur laquelle est basée la politique des pouvoirs publics depuis le Grenelle de l’Environnement.</p>
<p>La réduction d’utilisation des pesticides en volume est une perspective illusoire et dangereuse. <strong>L’amélioration de la balance bénéfices/risques</strong>, c’est-à-dire la réduction des risques <strong>et</strong> l’amélioration de l’efficacité, est la seule perspective concrète digne d’intérêt. Elle <strong>est mise en œuvre par</strong> <strong>l’ensemble des filières agricoles (agriculteurs, firmes phytos, machinisme, conseils, distributeurs privés et coopératifs) depuis des dizaines d’années</strong>. C’est une tâche longue et complexe : mesures agronomiques et préventives, méthodes mécaniques, biocontrôle, aide à la décision, qualité de la pulvérisation, profil des substances, formulation, méthodes d’application, etc. Mais les résultats sont là. Voir « <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2015/12/02/pourquoi-limpact-des-pesticides-diminue-t-il/">Impact des pesticides : pourquoi et comment diminue-t-il ?</a></strong> »</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-10602" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2014/03/1403CalifornieUsagesPesticidesParCategorie-520x435.jpg" alt="1403CalifornieUsagesPesticidesParCategorie" width="520" height="435" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>« Quand la FCPE introduit des lobbys dans l’école » (Yann Kindo)</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jan 2018 10:55:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sous ce titre, sur son blog La faucille et le labo abrité par Médiapart, Yann Kindo constate qu’un lobby échappe à « une saine tradition qui consiste à refuser l’intrusion dans l’école de lobbys qui veulent y promouvoir leurs salades, qu’elles soient idéologiques ou surtout mercantiles. […] Pare que, lorsqu’il s ‘agit de l’agriculture bio, là [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/060118/quand-la-fcpe-introduit-des-lobbys-dans-l-ecole">Sous ce titre</a></strong>, sur son blog <em>La faucille et le labo</em> abrité par <em>Médiapart</em>, Yann Kindo constate qu’un lobby échappe à « une saine tradition qui consiste à refuser l’intrusion dans l’école de lobbys qui veulent y promouvoir leurs salades, qu’elles soient idéologiques ou surtout mercantiles. […] Pare que, lorsqu’il s ‘agit de l’agriculture bio, là tout change, et tout l’arsenal intellectuel  qui refuse que les salles de classe, cours de récréation et autres cantines scolaires ne deviennent un terrain de jeu pour des options idéologiques et croyances particulières ou pour des intérêts marchands, tout cela est remisé au placard et on ne voit plus où est le problème. »</p>
<p>Il prend l’exemple de la campagne de la région Rhône-Alpes qui a diffusé dans les écoles « un véritable magazine de propagande » de l’alimentation bio. Aujourd’hui, la nouvelle majorité régionale est plutôt favorable à la promotion « des &laquo;&nbsp;produits locaux&nbsp;&raquo; et du terroir ». Yann Kindo note d’ailleurs : « les écologistes sont généralement en accord avec les gens de droite extrême comme notre président de région, l’argument « environnemental » étant souvent difficile à démêler de l’argument &laquo;&nbsp;patriotique&nbsp;&raquo; ».</p>
<p>Mais Yann Kindo centre surtout ses critiques sur « la pourtant très utile fédération de parents d’élèves FCPE, qui a en toute simplicité organisé auprès des enfants une campagne idéologique anti-pesticides aux côtés de lobbyistes très intéressés… »</p>
<p>Pour lui, le scandale d’une telle campagne tient en quelques points importants :<br />
&#8211; <strong>Une confusion entre le « loisir du jardinage » et</strong> « l’activité économique fondamentale qu’est <strong>l’agriculture</strong> et qui consiste notamment à nourrir bientôt 9 milliards d’humains sur la planète. »<br />
&#8211; <strong>Une vision à la Disneyde la biodiversité</strong> : « C’est très bien d’avoir dessiné sur l’affiche de jolis auxiliaires du jardinier comme l’abeille, le ver de terre, le lézard ( ?) et la coccinelle, mais pourquoi n’y voit-on pas représentées aussi d’autres bestioles telles que la limace, le puceron ou le doryphore, qui  eux aussi  font partie de la &laquo;&nbsp;nature&nbsp;&raquo; ? »<br />
&#8211; <strong>L’absurdité du slogan « Mon jardin au naturel »</strong>. Car « Que j’écrase les doryphores avec les doigts ou que je les empoisonne pour que je puisse au final avoir des patates, que je désherbe à la main ou que je répande du Round-Up pour éliminer la végétation que je ne veux pas et favoriser celle que je veux, ça ne change rien à l’affaire, c’est <strong>du jardinage, et c’est anti-naturel au possible</strong>. »<br />
&#8211; <strong>La connivence coupable avec Kokopelli</strong>, partenaire de l’évènement et marchand de « semences bio et anciennes »… et commercialisant « sous son nom – et bien plus cher – une variété de haricot protégée par une AOC. En gros, [faisant] ce que fait un élève quand il copie, c’est à dire s’approprier le travail d’autrui. […] « A bas les règlements, je fais ce que je veux comme je veux », était-ce là le message civique que la FCPE a voulu faire passer dans les écoles ? »<br />
&#8211; <strong>La connivence avec le marchand de peur Générations Futures</strong>, « une association qui est en fait l’émanation des principaux poids lourds du secteur « bio » de l’industrie agro-alimentaire, et qui lui sert de force  de frappe médiatique pour promouvoir ses ventes en dénigrant les produits de ses concurrents du conventionnel. »</p>
<p>De nombreux liens dans l’article permettent d’étayer les dires de Yann Kindo.</p>
<p><strong>Nous ne pouvons qu’en conseiller la <a href="https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/060118/quand-la-fcpe-introduit-des-lobbys-dans-l-ecole">lecture intégrale</a>.</strong></p>
<p><a href="https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/060118/quand-la-fcpe-introduit-des-lobbys-dans-l-ecole"><img class="aligncenter size-large wp-image-17134" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801infographie-bio-gf21-520x378.jpg" alt="1801infographie-bio-gf21" width="520" height="378" /></a></p>
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		<title>« Les fausses informations scientifiques sont des “fake news” comme les autres »</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/12/26/les-fausses-informations-scientifiques-sont-des-fake-news-comme-les-autres/</link>
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		<pubDate>Tue, 26 Dec 2017 16:47:47 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Sous ce titre, sur son blog Medium, Olivier Monod, journaliste scientifique, publie une tribune-coup-de-gueule justifiée, signée de nombreux scientifiques et journalistes constatant que la science « est parfois reléguée à un rôle secondaire dans les médias généralistes, et ne bénéficie alors pas de la rigueur journalistique accordée à d’autres sujets. » La chronique hebdomadaire d’Idriss Aberkane dans [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://medium.com/@monod.olivier/les-fausses-informations-scientifiques-sont-des-fake-news-comme-les-autres-3d91ca6fa83b">Sous ce titre</a></strong>, sur son blog <em>Medium</em>, Olivier Monod, journaliste scientifique, publie une tribune-coup-de-gueule justifiée, signée de nombreux scientifiques et journalistes constatant que la science « est parfois reléguée à un rôle secondaire dans les médias généralistes, et ne bénéficie alors pas de la rigueur journalistique accordée à d’autres sujets. »</p>
<p><strong>La chronique hebdomadaire d’Idriss Aberkane</strong> dans <em>Le Point</em> en 2017 <strong>en est un exemple emblématique</strong>. Présentée comme un travail de vulgarisation scientifique, cette chronique était en fait une collection « d’anecdotes », accompagnées de réflexions à prétention philosophique, qu’« aucune source scientifique ne vient étayer », et simplement fausses pour la plupart.<br />
Malgré de nombreuses critiques émises, « la rédaction du <em>Point</em> n’a jamais répondu. Les chroniques sont toujours accessibles et aucune des erreurs scientifiques dénoncées n’a été corrigée. »</p>
<p>Pour les auteurs de la tribune, « cela semble relever d’<strong>un mépris profond et pour le public et pour les sciences</strong>. »</p>
<p><strong>Ils mentionnent également un récent reportage</strong> de <em>France Culture</em><strong> sur la « “génodique”</strong>, “discipline” qui prétend stimuler la production de protéines chez les plantes en leur diffusant des séquences de notes de musique, alors que les preuves scientifiques de son efficacité sont inexistantes » Sur ce sujet, voir « <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2017/11/15/pour-sourire-jaune-faut-il-jouer-du-pipeau-aux-plantes-bis-repetita/">Pour sourire jaune : Faut-il jouer du pipeau aux plantes ? (bis repetita)</a></strong> » sur <em>ForumPhyto</em>.</p>
<p>Les auteurs de la tribune constatent : « <strong>les rédactions ont souvent tendance à s’appuyer uniquement sur des “experts”</strong> <strong>dont l’avis ne fait l’objet d’aucune vérification journalistique</strong>. […] <strong>À cela s’ajoute l’approche catastrophiste</strong> qui caractérise de nombreux reportages <strong>sur des sujets “polémiques” tels que les OGM ou les vaccins [NDLR : on pourrait sans peine rajouter les pesticides à cette liste !]</strong>. Ces derniers privilégient souvent le sensationnalisme à la rigueur, quitte à présenter sur un pied d’égalité des opinions, des hypothèses non prouvées, et des faits scientifiques établis. »</p>
<p>Conclusion de la tribune : « Pourquoi serait-il moins grave de publier une information scientifique fausse qu’une information politique fausse ?<br />
C’est pourquoi, nous — chercheurs/es, journalistes scientifiques, enseignants/tes, vulgarisateurs/trices — souhaitons réaffirmer notre profond attachement au journalisme scientifique et à la vulgarisation. […] Ni le journalisme ni la vulgarisation scientifique ne consistent à publier des informations douteuses sans vérification ni précaution, pas plus qu’à présenter trompeusement des opinions comme des vérités démontrées. […]<br />
<strong>Il appartient donc à tout média sérieux de vérifier qu’il ne propage pas du baratin pseudo-scientifique, en particulier sous couvert de vulgarisation. Une information scientifique fausse est une “fake news” comme une autre.</strong> »</p>
<p><strong>A partager sans modération.</strong></p>
<p><a href="https://medium.com/@monod.olivier/les-fausses-informations-scientifiques-sont-des-fake-news-comme-les-autres-3d91ca6fa83b"><img class="aligncenter size-full wp-image-17099" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712ScienceVsFakeNewsMonod.jpeg" alt="1712ScienceVsFakeNewsMonod" width="1600" height="1059" /></a></p>
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		<title>Glyphosate : un enjeu d’abord politique et sociétal</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/12/19/glyphosate-un-enjeu-dabord-politique-et-societal/</link>
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		<pubDate>Tue, 19 Dec 2017 11:36:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L’Union Européenne a décidé d’autoriser le glyphosate pour une période de 5 ans. Les ONG environnementalistes hurlent. Le gouvernement Macron annonce toutefois vouloir interdire le glyphosate en France d’ici 3 ans. Reniant ainsi la promesse-clef de sa campagne électorale de ne plus « surtransposer la réglementation européenne » Le dépit des environnementalistes Persuadés qu’ils allaient avoir immédiatement [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>L’Union Européenne a décidé d’autoriser le glyphosate pour une période de 5 ans. Les ONG environnementalistes hurlent. Le gouvernement Macron annonce toutefois vouloir interdire le glyphosate en France d’ici 3 ans. Reniant ainsi la promesse-clef de sa campagne électorale de ne plus « surtransposer la réglementation européenne »</p>
<h1><strong>Le dépit des environnementalistes</strong></h1>
<p>Persuadés qu’ils allaient avoir immédiatement la peau du glyphosate en Europe, les environnementalistes supportent mal la décision de l’UE, qu’ils perçoivent comme une défaite.<br />
Certains environnementalistes font alors dans l’inflation verbale. En tête Biocoop, qui flirte sciemment avec le dénigrement :</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-17081" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712BiocoopGlyphosate-520x436.jpg" alt="1712BiocoopGlyphosate" width="520" height="436" /></p>
<p>En Allemagne ce dépit réveille les racines profondes d’extrême-droite des Verts : insultes et menaces de mort contre le ministre allemand de l’agriculture qui a soutenu le glyphosate à Bruxelles et perspective d’alliance avec l’AFD pour faire malgré tout interdire le glyphosate en Allemagne.</p>
<h1><strong>La raison revient partiellement sur la sécurité du glyphosate</strong></h1>
<p>Cependant, dans les médias, l’heure est parfois à un climat un peu plus serein.</p>
<p>Par exemple, dans « <strong><a href="http://www.europe1.fr/emissions/europe-1-social-club/europe-1-social-club-le-debat-theme-301117-3508094">Europe 1 Social Club, le débat – glyphosate : dangereux ou pas ? &#8211; 30/11/17 </a></strong>», Frédéric Taddéi fait débattre Suzanne (GreenPeace), Corinne Lepage, Hervé Le Bars (AFIS) et Philippe Stoop (agronome). Comme le <strong><a href="https://www.facebook.com/ForumPhyto/posts/1724332447599213">note Ariane Beldi</a></strong>, dans ce débat, <strong>les environnementalistes</strong> « Lepage ainsi que Dalle<strong> finissent par reconnaître à demi-mot [le caractère politique et philosophique de la position des opposants au glyphosate], lorsqu&rsquo;elles se rendent compte que l&rsquo;argument scientifique ne tient plus du tout la route dans cette discussion</strong>. Cependant, on constate que même sur le terrain politique et philosophique, elles rament aussi pas mal, parce qu&rsquo;elles ignorent simplement nombre de considérations agronomiques et socio-économiques. »</p>
<p>Dans « <strong><a href="https://www.franceinter.fr/emissions/sante-polemique/sante-polemique-30-novembre-2017">Le glyphosate, les écologistes et la science</a></strong> », même <em>FranceInter</em>, grand pourfendeur du glyphosate, est obligé de reconnaître que « les écologistes se sont fourvoyés en accusant  le glyphosate d’être cancérigène ». Evidemment, il ne peut s’empêcher de trouver d’autres maux, « environnementaux et sociaux », à l’utilisation du glyphosate (mais en fait il ne s’agit que de mauvais usages)</p>
<h1><strong>Mais c’est bien la politique qui gouverne le sujet</strong></h1>
<p><strong>En Allemagne</strong>, comme l’explique Seppi, le vote favorable au glyphosate de Christian Schmidt, ministre de l’agriculture, est plutôt le <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2017/11/l-allemagne-et-le-glyphosate-petite-querelle-ou-grosse-tempete.html">résultat d’une « petite querelle » que celui d’une « grosse tempête »</a></strong>. Mutti Merkel a en fait réprimander Schmidt sur la forme, mais l’a approuvé sur le fond.</p>
<p>On notera que, avant même le vote européen, <strong>la Suisse</strong> a refusé d’interdire le glyphosate comme le lui demandaient Les Verts. Comme le remarque Olivier Masbou dans son <strong><a href="http://leblognotesdoliviermasbou.com/2017/11/nouvelles-fraiches-190/">blog notes</a></strong> : « Visiblement, en Suisse, on sait faire la balance entre le bénéfice et le risque. Vérité au-delà des Alpes, erreur en deçà… »<br />
Cette décision fait d’ailleurs enrager les environnementalistes suisses comme le note <strong><em><a href="https://www.letemps.ch/sciences/2017/11/26/suisse-inflexible-dossier-glyphosate">Le Temps</a></em></strong>.</p>
<p>Dans « <strong><a href="https://www.contrepoints.org/2017/12/03/304549-renouvellement-glyphosate-macron-contre-reste-de-leurope">Renouvellement du glyphosate : Macron contre le reste de l’Europe ?</a></strong> », Jérôme Lassalle sur <em>Contrepoints</em>, en plus des aspects techniques, conclut surtout sur l’inconséquence grave d’<strong>Emmanuel Macron et Nicolas Hulot</strong> sur un point important : « Ils <strong>ont tout simplement tout mis sur le dos de l’Europe</strong>, trop partisane, trop technocrate et forcément liée aux lobbies. Non seulement il s’agit d’un <strong>camouflet terrible pour toutes les instances européennes, dont l’EFSA et l’ECHA, diminuant de facto la confiance des citoyens en ces institutions supranationales</strong>. Mais surtout, cette politique fait des premières victimes, à savoir les agriculteurs français, qui auront toutes les peines du monde pour se dépêtrer de la situation intenable dans laquelle le président jupitérien les a plongés. »</p>
<h1><strong>La FNSEA souligne le double langage du gouvernement</strong></h1>
<p>Dans « <strong><a href="https://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/en-quelques-heures-le-flagrant-delit-de-double-discours-du-gouvernement-205-132729.html">Glyphosate et réglementation : En quelques heures, le flagrant délit de « double discours » du gouvernement</a></strong> », Terre Net met en parallèle :<br />
&#8211; <strong>le projet de loi du gouvernement « Pour un État au service d’une société de confiance »</strong>, qui, le 27 novembre, réaffirme haut et fort : « Le droit européen est exigeant et partagé. Le transposer dans notre droit est une obligation, le sur-transposer est une dérive. […] Nous savons que la sur-transposition nourrit injustement le sentiment anti-européen, il est donc crucial de s’y attaquer. Sans compter qu’ajouter des contraintes pour les seuls citoyens français et entreprises de l’hexagone, c’est se pénaliser. » Le projet propose « une <strong>interdiction par principe de toute nouvelle sur-transposition</strong> »<br />
&#8211; Quelques heures plus tard, <strong>Emmanuel Macron twitte</strong> : « <strong>J’ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans</strong>. »</p>
<p>La FNSEA a twitté une <strong><a href="https://twitter.com/twitter/statuses/935477504508297216">courte vidéo</a></strong> soulignant ce « double discours ».<br />
<a href="https://twitter.com/FNSEA/status/935477504508297216"><img class="aligncenter size-large wp-image-17082" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712FNSEAGlyphosate-520x617.png" alt="1712FNSEAGlyphosate" width="520" height="617" /></a></p>
<p><strong>La question du glyphosate est bel et bien sociétale</strong>. Ce n’est pas une question de santé ou d’environnement. Donc <strong>le gouvernement n’est pas fondé à faire jouer le principe de précaution, même dans sa version la plus totalitaire. Il n’est pas fondé à interdire le glyphosate… Sauf à aller à contre-courant de sa propre ligne politique !</strong></p>
<p>En guise de conclusion, nous citerons le <em>BlogNotes</em> d’Olivier Masbou. Dans « <strong><a href="http://leblognotesdoliviermasbou.com/2017/12/le-glyphosate-rend-il-fou/">Le glyphosate rend-il fou ?</a></strong> » il s’interroge : « Risquons une hypothèse : et si toute cette agitation, en Allemagne comme en France, n’était que du cinéma. Les dirigeants savent qu’il n’y a pas, pour le moment, et pour longtemps, de solutions alternatives au glyphosate, et à d’autres molécules chimiques. Seulement il faut donner des gages aux populations, alors on fait semblant de se chamailler, on prend des postures, on fait des déclarations définitives et dans trois ans ou dans cinq ans, on verra bien ! »</p>
<p><strong>Sauf que, en attendant, on donne du grain à moudre aux marchands de peur. Et on sacrifie les agriculteurs.</strong></p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong>, de nombreux articles sur la question politique du glyphosate :<br />
&#8211; « <strong><a href="https://www.agro.basf.fr/agroportal/fr/fr/news_2/ps_news_basf_agro/est_il_encore_politiquement_correct_de_proteger_ses_cultures-146368.html">Est-il encore politiquement correct de protéger ses cultures ?</a></strong> » (BASF)<br />
&#8211; « <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2017/11/glyphosate-l-indignite-nationale-et-europeenne.html">Glyphosate : l&rsquo;indignité nationale et européenne</a></strong> » (Seppi)<br />
&#8211; « <strong><a href="http://danielgueguen.blogactiv.eu/2017/11/06/glyphosate-un-doigt-de-philosophie-pour-changer/">Glyphosate : Un doigt de philosophie pour changer</a></strong> » par Daniel Guéguen sur <em>blogactiv.eu</em><br />
&#8211; « <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=lFBRh6VO35Q">Zététique et journalisme &#8211; 17 &#8211; Glyphosate et humorisme</a></strong> » (<em>Un Monde Riant</em>)<br />
&#8211; « <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2017/12/le-glyphosate-rend-fou-et-irresponsable.le-monde.html">Le glyphosate rend fou et irresponsable&#8230; le Monde</a></strong> » (Seppi)<br />
&#8211; « <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2017/12/glyphosate-la-meme-soupe-politicienne-juste-dans-de-nouvelles-gamelles.html">Glyphosate : la même soupe politicienne, juste dans de nouvelles gamelles ?</a></strong> »</p>
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		<title>« Osmobio : le successeur du glyphosate serait là&#8230; vraiment ? » (Seppi)</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/12/04/osmobio-le-successeur-du-glyphosate-serait-la-vraiment-seppi/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Dec 2017 15:45:18 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne peut que conseiller la lecture de cet article. La toile et des médias peu regardant se sont enflammés pour cette alternative au glyphosate, française et même bretonne qui plus est. Son fabricant et promoteur serait injustement refoulé par l’ANSES et pense à une conspiration… Osmobio, son fabricant, dit tout le bien qu&#8217;il pense [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On ne peut que conseiller la lecture de <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2017/12/osmobio-le-successeur-du-glyphosate-serait-la.vraiment.html">cet article</a></strong>. La toile et des médias peu regardant se sont enflammés pour cette alternative au glyphosate, française et même bretonne qui plus est. Son fabricant et promoteur serait injustement refoulé par l’ANSES et pense à une conspiration…</p>
<p><strong><a href="https://www.osmobio.com/osmobio-alternative-glyphosate/">Osmobio</a></strong>, son fabricant, dit tout le bien qu&rsquo;il pense de son produit, avec des arguments marketing surfant sur la vague anti-glyphosate&#8230;</p>
<p>En fait, comme le montre Seppi en détail, la réalité est beaucoup plus simple : Un brevet a été déposé. Il montre qu’à l’évidence que :<br />
&#8211; Le produit était conçu a priori pour un usage limité aux zones non agricoles.<br />
&#8211; Il se compose d&rsquo;un mélange de substances a priori naturelles.<br />
&#8211; Son efficacité est variable.</p>
<p>Seppi souligne que des questions « comme la toxicité et l&rsquo;écotoxicité en cas d&rsquo;utilisation à grande échelle, la rémanence, l&rsquo;efficacité réelle, la durabilité de la bouillie, l&rsquo;approvisionnement en matières premières et le prix, etc. » ne sont pas résolues.<br />
Donc pour ce qui est d’être un remplaçant au glyphosate, on en est loin…</p>
<p>L&rsquo;ANSES a répondu de manière détaillée aux différentes allégations.<br />
Conclusion : les médias et les réseaux sociaux ont une fois de plus diffusé de fausses nouvelles.</p>
<p>Le caractère « naturel » du produit lui vaut les bonnes grâces des médias, qui n’ont pris aucun recul par rapport aux annonces d’Osmobio.<br />
Bref, un journalisme indigent…</p>
<p><a href="https://www.osmobio.com/osmobio-alternative-glyphosate/"><img class="aligncenter size-large wp-image-17037" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712Osmobio-520x237.png" alt="1712Osmobio" width="520" height="237" /></a></p>
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		<title>L’appel à la nature : un piège… moral</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2017/12/04/lappel-a-la-nature-un-piege-moral/</link>
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		<pubDate>Mon, 04 Dec 2017 09:08:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Une idée fort répandue veut que le naturel soit meilleur que l’artificiel. Pour combattre cette idée reçue, mais fausse, il ne suffit pas de mentionner les bienfaits de l’aspirine et les méfaits des champignons vénéneux. Il faut démonter les mécanismes mentaux qui amènent la plupart des humains à croire à cette idée reçue. Dans « L’Heure [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Une idée fort répandue veut que le naturel soit meilleur que l’artificiel. Pour combattre cette idée reçue, mais fausse, il ne suffit pas de mentionner les bienfaits de l’aspirine et les méfaits des champignons vénéneux. Il faut démonter les mécanismes mentaux qui amènent la plupart des humains à croire à cette idée reçue.</p>
<p>Dans « <strong><a href="https://hearthis.at/set/79583-4191812/">L’Heure du Doute. Doutes sur le Bio</a></strong> », sur <em>Radio Mosaïque</em>, Nick Hoax s’attelle à cette tâche en s’appuyant sur des exemples, des liens et une interview. Il montre avec pédagogie et humour :<br />
&#8211; Que <strong>la disposition d’esprit qui nous pousse à considérer que le naturel est bon n’est pas « absurde »</strong> : Nos ancêtres ont appris à survivre dans leur environnement naturel. Il est donc logique que notre instinct nous pousse à considérer que l’état « normal » est conforme à ce qui se passe dans la nature.<br />
&#8211; Mais que <strong>le naturel n’est pas toujours bon</strong> et que l’artificiel n’est pas toujours mauvais.<br />
&#8211; Que <strong>la définition même de « naturel » n’est pas simple</strong>. A partir de quelle dose d’intervention humaine un objet est-il « artificiel » ? Bien malin celui qui peut répondre à cette question. Ce flou est d’ailleurs un indice important de la faiblesse de la notion.<br />
&#8211; Que <strong>l’appel à la nature est fondamentalement un cercle vicieux</strong>. En fait, notre cerveau ne pense pas que quelque chose bon parce que c’est naturel. Mais pense que c’est naturel, parce qu’il suppose que c’est bon, que c’est « moral ».<br />
&#8211; Au bout du compte, <strong>caractériser quelque chose comme naturel est un jugement « moral », qui n’a pas de fondement scientifique ou logique</strong>.</p>
<p>Nick Hoax s’appuie sur de <strong>nombreux liens (<a href="https://www.facebook.com/mosaiquecritique/posts/604763432980975">disponibles ici</a>)</strong>. En particulier :<br />
&#8211; « <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=5lXIK_4tpDs">L&rsquo;appel à la nature</a></strong> », vidéo #7 YouTube de <em>La Tronche en Biais</em>.<br />
&#8211; En forme de clin d’œil : « <strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=Fx-jFc9aIRM">La nature est bien faite</a></strong> », sketch de Florence Foresti</p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong>, nous ne pouvons que recommander la lecture du roman <strong><em>Pourquoi j’ai mangé mon père</em>, Roy Lewis</strong>, Ed Pocket. Une fresque grandiose, hilarante et moderne et une belle idée de cadeau de Noël. Voir notre note de lecture parmi ces <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2011/11/18/references-sur-veille-societale/">Références sur Veille sociétale</a></strong></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=5lXIK_4tpDs"><img class="aligncenter size-large wp-image-17030" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/12/1712TroncheEnBiaisAppelNature-520x325.png" alt="1712TroncheEnBiaisAppelNature" width="520" height="325" /></a></p>
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