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	<title>ForumPhyto &#187; Veille sociétale</title>
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	<description>ForumPhyto, la santé des plantes</description>
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		<title>Alimentation bio et risque de cancer : Quand les statistiques décident des résultats</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Oct 2018 14:17:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé : une publication récente a observé un risque de cancer réduit de 25% environ chez les forts consommateurs de bio, à rebours de la grande majorité des études précédentes sur ce sujet. Ce résultat a le plus souvent été interprété comme la démonstration d’un effet protecteur des aliments bio, car les données étaient bien sûr [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : une publication récente a observé un risque de cancer réduit de 25% environ chez les forts consommateurs de bio, à rebours de la grande majorité des études précédentes sur ce sujet. Ce résultat a le plus souvent été interprété comme la démonstration d’un effet protecteur des aliments bio, car les données étaient bien sûr redressées de l’effet des facteurs nutritionnels classiquement considérés comme liés favorablement ou défavorablement au cancer (consommation d’alcool, de viande rouge, de plats ultratransformés, ou à l’inverse consommation de fruits et légumes et de fibre). Mais les résultats de ces ajustements statistiques sont surprenants : tous ces facteurs nutritionnels n’auraient qu’un effet minime comparé à l’effet propre des aliments bio. Pourtant, une étude précédente des mêmes auteurs, sur la même cohorte, et avec la même méthode statistique, avait montré un fort effet des aliments ultratransformés sur le cancer ! Où est l’erreur ? </em></strong></p>
<p><strong><em> </em></strong></p>
<h1><strong>Les effets de l’alimentation bio : un sujet complexe</strong></h1>
<p>Une publication récente de l’INRA et de l’INSERM déclare avoir observé un lien négatif entre incidence du cancer et consommation de produits de l’agriculture biologique, dans une vaste enquête épidémiologique sur les habitudes alimentaires des Français (Baudry et al, 2017<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>). Un résultat que la presse (quelque peu incitée par les auteurs de la publication il est vrai…) a le plus souvent interprété comme la démonstration d’un effet favorable de l’alimentation bio sur la santé. Peut-on vraiment tirer cette conclusion de la publication ? Nous allons voir que c’est loin d’être sûr. Ce qui est certain, c’est qu’une publication récente des mêmes auteurs démontre à l’évidence que la méthode statistique est inadaptée… voire qu’elle permet de choisir à volonté le responsable principal des cancers liés à l’alimentation !</p>
<p>Comme d’habitude, une revue sérieuse d’un article scientifique est quasiment aussi longue que l’article. Nous résumerons ici les points principaux, l’analyse détaillée est ici : <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/10/1810ArticleComplet.pdf">Article complet</a></strong></p>
<p>Quand on s’intéresse à l’effet éventuel de la consommation d’aliments bio, on se heurte à des difficultés, que les auteurs rappellent en toute objectivité dans leur article : la consommation d’aliments bio est fortement corrélée à la plupart des facteurs protecteurs contre les cancers déjà identifiés : les amateurs de bio sont plus attentifs que la moyenne de la population à leur hygiène de vue, ils fument moins, boivent moins d’alcool, consomment plus de fruits et légumes et moins de viande que la moyenne de la population. Cette liaison entre consommation bio et comportements alimentaires « vertueux » avait déjà été observée dans une autre publication sur la cohorte NutriNet-Santé, la population sur laquelle la publication dont nous parlons ici a été réalisée<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a>. Elle est encore confirmée dans le Tableau 2 de Baudry et al.</p>
<p>En conséquence, il est très difficile de savoir si un risque plus faible de cancer chez les consommateurs de bio est vraiment dû à un bénéfice de la nourriture bio elle-même, ou n&rsquo;est que la résultante de l’ensemble de leurs comportements alimentaires favorables : c’est ce que l’on appelle les facteurs de confusion. Bien entendu, les auteurs sont conscients de ce problème, et ont tenté d’y remédier en corrigeant statistiquement les résultats de l’effet de ces facteurs de confusion. Mais nous allons voir que la méthode employée est loin d’être neutre… et surtout que les corrections statistiques appliquées donnent des résultats surprenants</p>
<h1><strong>La méthode suivie : classique, mais involontairement orientée</strong></h1>
<p>La méthode suivie par les auteurs est classique : ils ont commencé par calculer un indicateur synthétique, l’organic food score (OFS), qui permet de résumer en une variable unique l’importance de l’alimentation bio de chaque membre de la cohorte. Ils ont ensuite étudié la relation entre cet OFS et le nombre de cancers survenus dans la cohorte. Bien entendu, cette relation n’est jamais calculée à partir des données brutes, car elle peut être biaisée par des facteurs de confusion, c’est-à-dire des facteurs protecteurs qui seraient associés à la consommation bio. Comme sur ce sujet les facteurs de confusion potentiels sont légion, les auteurs ont réalisés 3 séries successives d’ajustements statistiques, pour corriger leurs effets :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17273" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/10/1810tableau1.jpg" alt="1810tableau1" width="1835" height="743" /></p>
<p><strong><em>Tableau 2 de Baudry et al : Association entre cancer (toutes localisations confondues) et consommation bio. Exemple de lecture : dans le modèle 1, le risque de cancer des grands consommateurs de bio (Q4 pour 4<sup>ème</sup> quartile, c’est-à-dire les plus forts consommateurs de bio) n’est que de 70% (HR = 0,70) de celui des faibles consommateurs de bio (Q1)</em></strong></p>
<p>Dans le modèle 1, où ne sont corrigés que les effets de l’âge et du sexe, le groupe des plus forts consommateurs de bio (le quartile 4) a un risque de cancer réduit de 30%. En soi, ce résultat n’a rien de surprenant, puisque ce Q4 regroupe les « bons élèves » de l’hygiène de vie, qui ont tout bon sur presque tous les facteurs de risque : ils fument et boivent moins que la moyenne, consomment moins de viande et plus de fibres, etc.</p>
<p>C’est une 1<sup>ère</sup> étape, mais la vraie question est bien sûr de savoir ce qu’il reste de cet effet apparemment favorable du bio, quand on le corrige tous ces facteurs de confusion. C’est ce que les auteurs ont voulu vérifier avec le modèle 2, où ils ajustent les résultats pour éliminer l’effet de tous les facteurs liés à la nutrition. Dans ce modèle 2, l’effet protecteur apparent du bio diminue, mais bien peu finalement : il passe de 30 à 25<strong>%. Si l’effet de tous les facteurs nutritionnels actuellement associés au cancer (y compris le tabac et l’alcool) avait réellement été éliminé, cela voudrait dire que l’effet propre des aliments bio est très supérieur à celui de tous les facteurs de risque habituellement identifiés. Voilà qui devrait éveiller les soupçons : et si tous ces redressements statistiques ne marchaient pas si bien que ça ? </strong></p>
<p>L’analyse des résultats du modèle 3 renforce ces doutes. Dans ce modèle, les auteurs ont ajouté, aux effets déjà pris en compte dans le modèle 2, l’effet des aliments ultra-transformés. Or ce modèle donne des résultats absolument identiques à ceux du modèle 2. Là encore, si on prend au pied de la lettre les résultats des ces redressements statistiques, les aliments ultratransformés n’ont aucun effet dans cette étude, ce qui n’a que deux explications possibles :</p>
<ul>
<li>Soit la consommation d’aliments ultratransformés est la même chez les consommateurs de bio que dans la population générale, ce qui serait pour le moins surprenant.</li>
<li>Soit elle n’a aucun effet sur le risque de cancer. Or ce sujet a déjà été traité dans la cohorte Nutrinet-Santé…</li>
</ul>
<h1><strong>Pesticides ou aliments ultratransformés : choisissez votre coupable !</strong></h1>
<p>En effet, dans un article<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> paru début 2018, la même équipe, sur la même cohorte Nutrinet-Santé, a brillamment montré un fort effet des aliments ultra-transformés sur le risque de cancer.</p>
<p>La méthode employée est la même : création d’un indicateur global de la consommation d’aliments transformés, puis utilisation d’un modèle de Cox pour le relier à l’incidence des cancers. Et les résultats sont tout aussi impressionnants :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17274" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/10/1810Tableau2Fiolet.jpg" alt="1810Tableau2Fiolet" width="2274" height="556" /></p>
<p><strong><em>Extrait du tableau 2 de Fiolet et al : Association entre cancer (toutes localisations confondues) et consommation d’aliments ultratransformés. Exemple de lecture : le risque de cancer des grands consommateurs d’aliments ultratransformés (Quarter 4) est augmenté de 21% dans le modèle 1 (HR = 0,70) de celui des faibles consommateurs (Q1).</em></strong></p>
<p>Dans cette publication, on constate que les aliments ultratransformés augmentent le risque global de cancer de plus de 20% pour les plus gros consommateurs : des résultats hautement significatifs, et bien entendu après ajustement de l’effet des facteurs de confusion. Or nous avions vu que, dans Baudry et al, la consommation d’aliments ultratransformés, qui faisait l’objet d’un ajustement dans le modèle 3, n’avait strictement aucun effet. <strong>La comparaison de ces deux publications (pourtant réalisées par les mêmes auteurs à quelques mois d’intervalle) devrait inciter à une sérieuse remise en cause méthodologique : il semble bien que, quel que soit le facteur nutritionnel principal retenu dans cette méthode, il ait toujours un effet significatif sur le cancer…qui résiste à tous les ajustements.</strong></p>
<p>La méthode suivie est donc très efficace pour enchainer les publications annonçant des liens significatifs entre tout indicateur nutritionnel et risque de cancer, mais beaucoup moins pour savoir quels sont ceux qui ont un rôle sanitaire réel.</p>
<h1><strong>Le vrai sujet esquivé</strong></h1>
<p>C’est d’autant plus regrettable qu’il y a dans l’enquête un indicateur qui devrait être fondamental, et dont l’interprétation est curieusement sous-exploitée.  En effet, les auteurs ont calculé pour chaque participant à l’enquête son mPNNS-GS, c’est-à-dire un indicateur qui mesure la conformité de son régime alimentaire aux recommandations du Programme National Nutritition Santé<strong>. La vraie question scientifique aurait dû être de comparer les poids respectifs de l’organic food score et du mPNNS-GS sur le risque de cancer, et en particulier de vérifier si un OFS élevé apporte un effet favorable significatif, à mPNNS-GS égal.</strong></p>
<p>Ce sujet est certes effleuré à deux reprises dans la publication, et les chiffres présentés laissent entendre que l’effet du mPNNS-GS est mineur par rapport à celui de l’organic food score. Mais à chaque fois la comparaison présentée est déséquilibrée : la figure 1 est basée sur le modèle principal utilisé dans tous l’article, dont nous avons vu qu’il semble bien minorer l’effet de tous les facteurs autres que le bio. Dans les éléments supplémentaires fournis en annexe de l’article (eTable6), les auteurs montrent les facteurs de risque associés à différentes combinaisons d’OFS et de mPNNS-GS, indépendamment de tout modèle statistique. Mais ces comparaisons ne portent que sur les personnes ayant un OFS élevé, ce qui tend une fois encore à minimiser l’effet du mPNNS-GS.</p>
<p>Pour être concluants, les traitements appliqués aux données auraient dû être symétriques : les auteurs auraient dû utiliser une 2<sup>ème</sup> fois le même modèle statistique en prenant le mPNNS-GS comme variable principale, et faire dans leur tableau annexe tous les croisements possibles entre OFS et mPNNS-GS, pour que l’on puisse juger lequel de ces deux indicateurs a le plus de poids.<strong> C’est seulement la comparaison de ces deux approches qui permettrait de vérifier si les aliments bio apportent un réel effet protecteur, à qualité nutritionnelle égale.</strong></p>
<h1><strong>Quelques petits arrangements avec l’objectivité scientifique</strong></h1>
<p>Certes, les auteurs rappellent plusieurs fois que leurs résultats doivent être confirmées, et citent eux-mêmes, dans leur paragraphe « Limites de l’étude », la plupart des objections que nous avons faites ici à leurs résultats. Mais cela en des termes bien peu compréhensibles pour le grand public. De plus, l’article lui-même mord sérieusement sur la ligne blanche de l’objectivité scientifique, au moins deux fois :</p>
<ul>
<li>Dans les « Key Points » qui résument l’essentiel de l’article, ils affirment « <em>Une plus haute fréquence de consommation d’aliments biologiques est associée avec un risque réduit de cancer ; si ces découvertes sont confirmées, la promotion de l’alimentation biologique dans la population générale pourrait être une stratégie prometteuse de prévention du cancer</em>». La deuxième partie de cette conclusion n’a de sens que s’il y a démonstration d’un effet propre des aliments bio sur la réduction du risque de cancer. Or nous avons que cet article ne démontre absolument pas l’existence de cet effet propre au bio (et qu’il minimise très fortement l’effet de facteurs nutritionnels démontrés de façon beaucoup plus robustes dans la population générale). De plus, confirmer ce résultat sur une autre cohorte, mais par les mêmes méthodes statistiques, n’apporterait aucune démonstration supplémentaire d’un effet réel du bio.</li>
<li>A propos de confirmation sur une autre cohorte, la façon dont les auteurs citent les résultats de la cohorte anglaise « One million women » est une fois encore très orientée : ils mettent surtout en avant le fait que dans cette cohorte, on avait observé comme dans Nutrinet-Santé une incidence plus faible du lymphome non hodgkinien chez les consommatrices de bio. Ils évoquent aussi le fait que dans la cohorte anglaise on avait observé par contre un excès de cancer du sein chez les consommatrices de bio, mais ils oublient de souligner les contradictions majeures entre les deux cohortes : dans One Million Women, les cancers de l’utérus et du cerveau étaient également en excès significatif chez les consommatrices de bio. Et l’incidence globale des cancers, tous sites confondus, présentait chez elles un excès global faible (3%), mais tout près d’être significatif (intervalle de confiance à 95% : 1,00 – 1,06). <strong>Les auteurs contribuent donc au détournement français des résultats de cette étude anglaise, que nous avions déjà signalé dans un article précédent</strong><a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>.</li>
</ul>
<h1><strong>Un nouvel exemple de « Foucartisation » de la science française</strong></h1>
<p>En conclusion, cet article montre bien une relation significative entre consommation bio et risque réduit de cancer. Mais ce résultat en lui-seul ne prouve rien vu la forte corrélation entre consommation bio, hygiène de vie, et respect de l’ensemble des recommandations sanitaires.</p>
<p><strong>La crédibilité de la publication dépend donc de celle de la procédure utilisée pour corriger les résultats de l’effet de tous les facteurs de confusion potentiels (consommation d’alcool, tabac, viande rouge, fibres, etc…). Or l’examen des résultats statistiques suggère très fortement que la méthode employée minimise gravement l’effet des facteurs de confusion, et tend donc à exagérer l’effet du facteur principal étudié dans le modèle (ici l’alimentation bio).</strong></p>
<p>Une publication précédente des mêmes auteurs renforce ces doutes : avec la même méthode, et sur la même cohorte, ils ont montré récemment un fort effet des aliments ultratransformés sur le risque de cancer. Or cet effet disparait complètement dans la nouvelle publication, quand on considère la consommation de bio comme le facteur principal, et que la consommation d’aliments ultratransformés comme une variable à ajuster.</p>
<p><strong>Par conséquent, les résultats présentés sont certes compatibles avec l’hypothèse des auteurs (les aliments bio auraient par eux-mêmes un effet protecteur contre le cancer), mais ne démontrent absolument pas que l’effet favorable observé ne résulte pas simplement du bon respect des recommandations du Programme National  Nutrition Santé, tel que mesuré par l’indice mPNNS-GS. Il est d’ailleurs très surprenant que les auteurs aient si peu exploité, et de façon si orientée, les résultats de cet indice qu’ils ont pourtant calculé dans la cohorte.</strong></p>
<p>Cet article ne répond donc pas à ce qui devrait être un des critères les plus importants d’évaluation d’une publication scientifique : elle ne doit pas seulement montrer que les faits observés sont compatibles avec l’hypothèse des auteurs, mais aussi vérifier qu’ils ne peuvent s’expliquer simplement par les connaissances déjà établies. Le fait qu’il ait néanmoins été accepté par le JAMA, une des revues médicales les plus prestigieuses au monde, démontre une fois de plus l’indulgence étonnante de la presse scientifique, même dans les revues les mieux cotées, pour les sujets touchant à l’écologisme.</p>
<p>Le niveau de preuve de cette publication est donc inversement proportionnel à son potentiel médiatique. Il s’agit d’un exemple typique de ce que nous avons déjà appelé la « Foucartisation<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> » d’une certaine science française, qui vise plus les leaders d’opinion comme stephane Foucart du Monde, que les scientifiques. Comme d’habitude sur ce type de sujet, cet article a été abondamment cité dans la presse, le jour même de sa sortie, ce qui confirme une fois de plus l’efficacité des services de presse des instituts de recherche. Comme on pouvait s’y attendre, il était cité sans aucun recul critique par la presse écologiste et la majorité des medias comme une démonstration d’un effet favorable du bio sur la santé, même si pour une fois quelques voix un peu plus critiques ont souligné le manque de représentativité de la population suivie, et rappelé qu’il ne s’agissait que de corrélations statistiques qu’il ne fallait pas surinterpréter. Toutefois la plupart de ces avis critiques ont attribué les dérives à l’interprétation des medias, et non à la publication elle-même. Il faut tout de même s’interroger sérieusement sur le rôle des revues scientifiques, et des auteurs eux-mêmes, sur ces dérives.</p>
<p>Nous avons vu que les auteurs, sans commettre aucune erreur factuelle, ont plus ou moins discrètement orienté l’interprétation de leur étude, avec la bénédiction tacite du JAMA. A partir de là, il est facile pour les médias les plus orientés idéologiquement d’accommoder ces publications à la sauce qui les arrange. Stéphane Foucart du Monde, n’a pas manqué de dégainer, le jour même de la parution de la publication, un article où il franchit hardiment le Rubicon de la relation de causalité entre bio et cancer<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a>. Il en a bien sûr profité pour utiliser cette publication dans sa croisade contre les agences sanitaires : « Pour les agences réglementaires, les résidus de pesticides dans l’alimentation ne présentent aucun risque pour la santé. Mais un corpus scientifique récent, sur les effets des mélanges de molécules et des expositions chroniques à faibles doses, suggère que les risques posés par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien réels pour le consommateur. ». Quelques jours après, il récidive en attaquant les scientifiques qui se sont permis de relativiser les résultats de Baudry et al<a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a> : <em>« Quelques voix, y compris scientifiques, se sont élevées pour relativiser ces conclusions… Des biais, il y en aura toujours…Les scientifiques qui interviennent ainsi dans le débat public le font souvent avec les meilleures intentions. Avec, comme étendard, l’exigence de rigueur. Celle-ci est bien sûr louable. Mais, en matière de santé publique, le rigorisme scientifique est une posture dangereuse. ».</em> Ce faisant, S. Foucart se positionne bien sûr comme défenseur de l’intérêt des citoyens, face aux ergotages des « scientifiques rigoristes ». Mais la vérité n’est pas toujours si simple : en février 2018, il n’avait pas manqué de saluer aussi la publication Fiolet et al. sur les aliments ultratransformés<a href="#_edn8" name="_ednref8">[8]</a>, mais n’a manifestement pas relevé le fait que dans Baudry et al ces aliments n’avaient plus aucun effet néfaste. Un peu de « rigorisme scientifique » ne ferait donc pas de mal, pour ne pas se tromper d’ennemi. Bien sûr, en bonne logique précautionniste, on peut ne pas choisir, et décider de bannir tous les boucs émissaires (aliments issus de l’agriculture conventionnelle, et plats ultratransformés). Mais c’est au risque de renchérir encore davantage le régime alimentaire conseillé, et donc aggraver les inégalités sociales face aux recommandations nutritionnelles. Une posture « non rigoriste », mais dangereuse tant que l’on n’a pas vérifié si un bon respect des règles actuelles (telles que les mesure le PNNS-GS) n’est pas tout simplement le meilleur indicateur d’un risque réduit de cancer.</p>
<p>Philippe Stoop</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2707948">https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2707948</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> <a href="https://info.etude-nutrinet-sante.fr/en/node/64">https://info.etude-nutrinet-sante.fr/en/node/64</a></p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> Fiolet et al, 2018 : <a href="https://www.bmj.com/content/360/bmj.k322">https://www.bmj.com/content/360/bmj.k322</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2017/10/30/consommer-bio-quel-effet-sur-le-cancer-attention-il-y-a-un-piege/">http://www.forumphyto.fr/2017/10/30/consommer-bio-quel-effet-sur-le-cancer-attention-il-y-a-un-piege/</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2017/01/20/mais-bt-et-conflits-dinteret-de-la-science-a-la-propagande/">http://www.forumphyto.fr/2017/01/20/mais-bt-et-conflits-dinteret-de-la-science-a-la-propagande/</a></p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/22/l-alimentation-bio-reduit-significativement-les-risques-de-cancer_5372971_3244.html">https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/22/l-alimentation-bio-reduit-significativement-les-risques-de-cancer_5372971_3244.html</a></p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/27/en-matiere-de-sante-publique-le-rigorisme-scientifique-est-une-posture-dangereuse_5375460_3232.html">https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/27/en-matiere-de-sante-publique-le-rigorisme-scientifique-est-une-posture-dangereuse_5375460_3232.html</a></p>
<p><a href="#_ednref8" name="_edn8">[8]</a> <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/16/les-aliments-ultra-transformes-favorisent-le-cancer_5257759_3244.html">https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/16/les-aliments-ultra-transformes-favorisent-le-cancer_5257759_3244.html</a></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-12180" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/01/1501BioAvantApres.jpg" alt="1501BioAvantApres" width="599" height="452" /></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le point d’Axel Kahn sur le glyphosate : La capitulation de la science</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Sep 2018 12:35:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le très respecté généticien Axel Kahn a mis en ligne récemment un avis sur le glyphosate[1]. Il s’agit d’une initiative personnelle, publiée seulement sur son blog personnel. Ce document mérite toutefois une lecture attentive, car A. Kahn est une des figures les plus prestigieuses de l’expertise et de l’éthique des sciences biologiques. Son avis est [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-12628" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2015/03/1503MoleculeGlyphosate-138x90.jpg" alt="1503MoleculeGlyphosate" width="138" height="90" /> Le très respecté généticien Axel Kahn a mis en ligne récemment un avis sur le glyphosate<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>. Il s’agit d’une initiative personnelle, publiée seulement sur son blog personnel. Ce document mérite toutefois une lecture attentive, car A. Kahn est une des figures les plus prestigieuses de l’expertise et de l’éthique des sciences biologiques. Son avis est donc potentiellement très influent, et en tout cas très représentatif de la vision des sciences que peuvent recevoir les décideurs politiques en recherche d’expertise au plus haut niveau. Par ailleurs, il est pleinement partie prenante sur ce sujet, en tant que Président du Comité d’éthique INRA-CIRAD-IFREMER. Son opinion est d’autant plus attendue qu’Il a su dans le passé porter un discours équilibré sur les avantages et les risques des Organismes Génétiquement Modifiés, face à l’hostilité médiatique dominante. De plus, il rappelle dans son texte deux grands principes auxquels les scientifiques ne peuvent que souscrire, et qui ont cruellement manqué jusqu’à présent au débat public sur le glyphosate : la séparation entre les faits et les opinions, et la prédominance qui doit être accordée aux démarches scientifiques basées sur des preuves. C’est donc avec une confiance (mesurée tout de même…) que nous avons lu son texte… et nous sommes tombés de haut !</p>
<h1><strong>Séparer données et opinions, oui. Encore faut-il présenter toutes les données…</strong></h1>
<p>Les approximations et omissions du texte d’A. Kahn sont trop nombreuses pour être toutes citées ici, et nous n’en ferons ici qu’un résumé (pour une analyse détaillée, voir <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/09/1809PointGlyphosate.pdf">ici</a></strong>). Passons rapidement sur le fait que la séparation entre faits et opinion est loin d’être aussi étanche que le proclame A. Kahn. Nous mettrons cela sur le fait qu’il s’agit d’un document informel et spontané, ne répondant à aucune demande officielle<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a>, et que son auteur aurait sans doute amendé s’il avait pris un peu plus de temps pour le relire. Mais il y a un vice majeur dans ce « point » sur le glyphosate, qui ne peut pas être dû simplement à la précipitation : il ne cite AUCUN argument en faveur du glyphosate, même pas celui qui devrait être le plus incontournable pour un scientifique et un conseiller politique responsable : l’avis des agences sanitaires, dont aucune n’a suivi l’avis du CIRC qui l’a classé comme cancérigène probable (en tant que danger et non risque, ce qui veut dire que même le classement controversé du CIRC n’implique pas forcément un risque réel pour les utilisateurs de glyphosate, et encore moins pour les consommateurs : une nuance qu’Axel Kahn ne juge pas utile d’expliquer à ses lecteurs). Sur ce sujet, son avis est encore plus partial que les articles d’un journal comme le Monde, qui, malgré son évident tropisme écologiste, avait quand même tenu à sauvegarder sa crédibilité en rappelant quelques avantages mineurs du glyphosate<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a>. De fait, un lecteur d’Axel Kahn qui ignorerait tout du sujet n’apprendra jamais qu’il existe une procédure d’homologation très approfondie à laquelle les industriels doivent se soumettre, ni que TOUTES les interrogations scientifiques qu’A. Kahn évoque ont été examinées par les agences sanitaires, qui ont toutes conclu favorablement pour le glyphosate.</p>
<p>Contredire les agences sanitaires, sans jamais les attaquer frontalement, fait partie depuis longtemps du travail de sape des ONG anti-pesticides. Une hypocrisie qui au fond arrange tout le monde : non citées explicitement, les agences se gardent bien de s’exposer à réagir publiquement… ce qui dispense à son tour les environnementalistes d’étayer sérieusement leurs accusations. Il était déjà choquant que le précédent ministre de la transition écologique, occasionnellement soutenu par sa collègue de la santé, joue ce jeu démagogique et irresponsable pour soutenir sa croisade contre le glyphosate.  Mais c’est à notre connaissance la première fois qu’un scientifique du niveau d’A. Kahn s’adonne à de telles pratiques.</p>
<p>Autre point qui montre que nous avons décidément changé d’époque : A. Kahn évoque le rôle de la pression citoyenne, sans se demander une seule fois si celle-ci est basée sur une communication claire et objective des données scientifiques. C’est pourtant un sujet qui, en tant que spécialiste d’éthique scientifique, devrait pourtant le concerner à deux titres :</p>
<ul>
<li>Pour s’assurer que les medias ont retranscrit fidèlement l’état des connaissances scientifiques sur le glyphosate, et rétablir la vérité si nécessaire pour que le débat démocratique ne soit pas biaisé. Nous avons déjà vu que ce n’est manifestement le cas : son « point » sur le glyphosate est en fait un point sur les arguments contre le glyphosate, où aucun argument favorable n’est cité. Sa seule concession est de reconnaitre que son remplacement ne sera pas si facile… mais pas un instant la nécessité de son interdiction n’est questionnée.</li>
<li>Pour vérifier si la production scientifique elle-même traite de façon équilibrée le cas du glyphosate et des pesticides en général. Sur ce sujet, son attitude est plus ambigüe. A. Kahn a au moins le mérite d’énoncer clairement une vérité que les épidémiologistes ont une nette tendance à balayer sous le tapis : le fait que, pour les cancers réputés plus fréquents chez les agriculteurs, et attribués aux pesticides, la mortalité standardisée (comparée à la population générale) est régulièrement inférieure à l’incidence standardisée (le nombre de nouveaux cas déclarés chaque année, toujours comparé à la population générale). Mais il n’est pas allé jusqu’à rappeler l’autre information oubliée sur ce sujet : à savoir que la mortalité des agriculteurs est inférieure ou égale à celle de la population générale pour TOUTES les formes de cancer<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. Et surtout il se garde bien d’expliquer aux non spécialistes l’enjeu scientifique de ce qui peut sembler une simple curiosité statistique : l’explication la plus probable de ce phénomène est que l’excès d’incidence, observé pour trois formes seulement de cancers chez les agriculteurs, pourrait simplement être dû à un dépistage plus précoce<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a>. Un sujet dont l’INSERM tarde curieusement à s’emparer, bien qu’il soit évident scientifiquement depuis une dizaine d’années. En tant qu’autorité éthique incontestée, on aimerait connaître l’avis d’A. Kahn sur le retard que l’INSERM prend pour traiter ce sujet. Et, s’il est réticent à s’exprimer sur l’INSERM où il n’a plus de rôle officiel, on aimerait avoir son avis de président actuel du comité d’éthique de l’INRA, sur l’étrange façon dont cet institut a publié une étude majeure sur les impacts des systèmes de cultures sur la biodiversité des sols : la synthèse de cette étude, dont les résultats étaient très favorables à l’agriculture de conservation, même par rapport à l’agriculture biologique, omettait le fait que du glyphosate avait utilisé dans ce mode de culture<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a>! Un oubli que l’Institut s’est bien gardé de corriger, quand la FNSEA s’est retrouvée seule au front pour rappeler l’intérêt du glyphosate dans les stratégies d’agro-écologie…</li>
</ul>
<h1><strong>Les solutions alternatives : y a-t-il un agronome dans l’avion ?</strong></h1>
<p>Tout partisan de l’interdiction du glyphosate se doit de montrer que des alternatives existent. Sur cette partie, on sent que la pause estivale a empêché A. Kahn de consulter un agronome, ce qui lui aurait pourtant été utile pour éviter les affirmations trop hasardeuses<a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a>. Comme d’habitude, cette partie commence par un éloge de l’agriculture bio et du désherbage mécanique, sans trop s’interroger sur les coûts financiers et énergétiques (et donc le bilan carbone) de ces solutions de substitution. Sur ce sujet encore, A. Kahn se contente d’effleurer la vraie question scientifique (l’intérêt pour la biodiversité des sols de réduire le recours au labour), sans aller jusqu’à la question qui fâche (le fait que la suppression du labour soit plus difficile en bio qu’en conventionnel, du fait de son refus d’utiliser tout herbicide, même rarement et à des doses très réduites).</p>
<p>Là où A. Kahn tient à sauvegarder sa réputation de défenseur de l’innovation, c‘est sur son hommage appuyé sur les travaux sur la robotisation du désherbage, avec localisation par GPS de précision et identification automatique des mauvaises par Intelligence Artificielle. Mais il ne semble pas avoir réalisé que ces techniques ne sont applicables seules que sur une gamme étroite de cultures (essentiellement celles cultivées à grand écartement comme la vigne et l’arboriculture, le maïs, ou la betterave), mais ne peuvent être que marginales sur les céréales à paille et la plupart des oléoprotagineux, qui couvrent des superficies bien plus grandes. Et notre perplexité est grande quand il concède que, faute de moyen mécanique ou thermique ( !), ces techniques permettraient une élimination des mauvaises herbes par « application très locale d’un herbicide total » : apparemment, personne n’a pensé à lui signaler que le glyphosate est maintenant le seul herbicide total autorisé par la France, qui a eu la bonne idée d’interdire la seule autre molécule de substitution sérieuse, le glufosinate, quelques semaines avant de décider d’interdire le glyphosate.</p>
<h1><strong>Les nouveaux habits scientifiques de la pensée unique</strong></h1>
<p>Bien sûr, il faut rappeler que ce texte n’est qu’une initiative privée, qu’Axel Kahn aurait sans doute pris le temps de mieux argumenter s’il s’était agi d’un travail officiel. Il faut donc passer sur les défauts sur les défauts de forme, et les approximations agronomiques qui auraient sans doute été corrigées par la suite. Par contre, ce caractère privé nous garantit que ce texte est bien conforme à sa vision de l’agriculture, et du rôle que l’expertise scientifique doit y jouer… et ce n’est n’est pas très rassurant ! A la lecture, il s’avère en effet que ce « point » sur le glyphosate n’est guère vigilant sur le respect des deux beaux principes qu’il préconise : séparation des faits et des idées, et prépondérance des données scientifiques validées par les preuves. Sous des dehors plus rigoureux, il reprend en fait tous les procédés de l’argumentaire anti-pesticides militant :</p>
<ul>
<li>Occultation complète de l’existence des procédures d’homologation et des avis des agences sanitaires</li>
<li>Polarisation exacerbée sur les arguments sanitaires non avérés, pour rendre inaudible tout argument économique et toute analyse coût-bénéfice</li>
<li>Survalorisation des solutions de remplacement, quel que soit leur niveau de maturité technique ou économique.</li>
</ul>
<p>Plus surprenant encore dans une optique d’éthique scientifique : la « pression citoyenne » y est présentée comme une donnée à laquelle les scientifiques doivent obéir sans réserve. Il fut un temps (dont Axel Kahn a été acteur), où l’avis des scientifiques pouvait éclairer les débats publics en aidant justement à faire la part des faits et des opinions. L’époque a bien changé… mais, tout comme certaines mauvaises herbes ont su devenir résistantes au glyphosate, certains experts ont su s’adapter à l’anti-scientisme ambiant !</p>
<p>Philippe Stoop</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="https://axelkahn.fr/le-point-sur-le-glyphosate/">https://axelkahn.fr/le-point-sur-le-glyphosate/</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Les plus perfides auront toutefois noté que cet avis très Macron-compatible est paru le 31 août 2018, après la démission de Nicolas Hulot et avant la nomination de son remplaçant. Mais n’en tirons pas de déduction trop aventureuse…</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> <a href="http://chevrepensante.fr/2017/12/09/glyphosate-un-echec-mediatique-analyse/">http://chevrepensante.fr/2017/12/09/glyphosate-un-echec-mediatique-analyse/</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-premiere-partie/">https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-premiere-partie/</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-2eme-partie/">https://www.europeanscientist.com/fr/opinion/pesticides-et-cancers-chez-les-agriculteurs-la-fuite-en-avant-vers-lirrefutabilite-2eme-partie/</a></p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2017/10/09/lagriculture-de-conservation-avec-glyphosate-championne-de-la-biodiversite-des-sols/">http://www.forumphyto.fr/2017/10/09/lagriculture-de-conservation-avec-glyphosate-championne-de-la-biodiversite-des-sols/</a></p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> Il aurait néanmoins pu consulter l’avis de l’Académie d’Agriculture de France : <a href="https://www.academie-agriculture.fr/system/files_force/publications/notes/2017/les-services-rendus-par-le-glyphosate-en-agriculture/20171009glyphosatevdef.pdf?download=1">https://www.academie-agriculture.fr/system/files_force/publications/notes/2017/les-services-rendus-par-le-glyphosate-en-agriculture/20171009glyphosatevdef.pdf?download=1</a></p>
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		<title>Bilan Ecophyto 2017 : l’impuissance organisée</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Aug 2018 15:51:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Résumé : comme chaque année, la note de suivi du plan Ecophyto, sortie en juillet dernier, se contente d’étaler l’échec récurrent de ce plan, sans aucune explication ni proposition pour redresser la situation…ou remettre en cause l’objectif initial d’une réduction de 50% du nombre de traitements. Pourtant, les résultats plus que médiocre des fermes de démonstration [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : comme chaque année, la note de suivi du plan Ecophyto, sortie en juillet dernier, se contente d’étaler l’échec récurrent de ce plan, sans aucune explication ni proposition pour redresser la situation…ou remettre en cause l’objectif initial d’une réduction de 50% du nombre de traitements. Pourtant, les résultats plus que médiocre des fermes de démonstration DEPHY, qui bénéficient de tout le soutien technique possible pour progresser, montrent bien que cet objectif est totalement irréaliste…comme l’avait d’ailleurs prévu dès 2010 le rapport Ecophyto R&amp;D de l’INRA. Si cette parodie de suivi sert à long terme les intérêts du Ministre de la Transition Ecologique, qui peut en tirer prétexte pour réclamer des mesures plus radicales, on voit mal pourquoi le Ministre de l’Agriculture se prête à cette mascarade, qui discrédite avec lui toute son administration, et les agriculteurs dans leur ensemble.</em></strong></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17262" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/08/1808Hulotdetravers.jpg" alt="1808Hulotdetravers" width="1672" height="592" /></p>
<p><strong><em>Deux ministres pour présenter la note de suivi 2017 du plan Ecophyto. L’un sourit, l’autre moins : à la lecture du rapport, on comprend vite pourquoi…</em></strong></p>
<p>Les Ministères de l’Agriculture et de la transition écologique ont publié conjointement en juillet dernier leur note annuelle de suivi du plan Ecophyto<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>… et, comme d’habitude, d’une façon qui revient à tendre le bâton pour se faire battre. Les deux premier tiers du <em>document</em> rappellent  les mesures prises, les actions réalisées (et leur coût élevé), et un bilan très rapide de l’évolution du réseau des fermes Dephy, le réseau de fermes de démonstration du dispositif. Puis vient le bilan des résultats… aussi affligeant que d’habitude : le principal indicateur d’utilisation des pesticides, le NODU<a href="#_edn2" name="_ednref2">[2]</a>, a de nouveau augmenté par rapport à l’année précédente (+0,3%). <strong>Sans atteindre le sommet de 2014, ce nouveau résultat porte néanmoins l’évolution du NODU triennal à +12,4% depuis le début du plan. Ce constat accablant n’est suivi d’aucune analyse permettant de comprendre à quoi est due cette débâcle… et bien sûr d’aucune proposition pour « inverser la courbe » du NODU</strong>.</p>
<p>Tel qu’il est présenté, ce bilan de suivi est donc un don du ciel pour les tenants de l’agri-bashing, qui passent leur temps à persuader les Français que les agriculteurs ne sont que des pollueurs indécrottables, malgré tous les efforts engagés pour améliorer leurs pratiques.</p>
<h1><strong>Un échec annoncé</strong></h1>
<p>Certes, l’échec du plan Ecophyto était inscrit dès le départ dans son objectif indifférencié de réduction de 50% du nombre de traitements phytosanitaires, toutes cultures confondues, et tous types de produits confondus. Dans son rapport Ecophyto R&amp;D<a href="#_edn3" name="_ednref3">[3]</a> de 2010 (donc commandé après fixation des objectifs, alors que le bon sens aurait voulu que les objectifs soient au contraire fixés en fonction de cette analyse), l’INRA avait parfaitement pointé les impasses de ce plan. Il avait en particulier défini de façon très pragmatique les différentes transitions de pratiques nécessaires pour viser une réduction de 50% :</p>
<ul>
<li><strong>1<sup>ère</sup> étape : passage de l’agriculture intensive à l’agriculture raisonnée</strong>, c’est-à-dire une agriculture où les intrants sont raisonnés au mieux, sans changer les rotations de cultures ni les objectifs de rendement : cette étape est la plus facile, car elle demande seulement des efforts de formation, mais pas d’effort économique, puisqu’elle permet d’optimiser la marge des exploitations. <strong>Toutefois, on ne peut plus en attendre de gros progrès, car cette transition est déjà très avancée en France</strong> (par exemple, 80% des parcelles de vigne étudiées dans le panel Ecophyto R&amp;D étaient déjà à ce stade, ou à des niveaux plus avancés).</li>
<li><strong>2<sup>ème</sup> étape : Une transition vers une agriculture à bas niveau d’intrants, où la protection de chaque parcelle est optimisée en adoptant toutes les méthodes prophylactiques possibles, quitte à réduire le potentiel de rendement</strong> (par exemple reculer la date de semis de semis du blé, pour limiter le risque de maladies, ou adopter des variétés moins productives mais moins sensibles aux parasites). <strong>Cette étape permet des économies plus radicales de pesticides, mais comporte cette fois des risques économiques importants :</strong> il peut arriver que l’économie d’intrants ne compense pas la perte de rendement, et donc que la marge de l’exploitation soit affectée. De plus, elle se traduit par une baisse globale de production des exploitations françaises, et donc une dépendance nationale accrue aux importations agricoles.</li>
<li><strong>Enfin, une 3<sup>ème</sup> transition vers l’agriculture dite intégrée, où l’ensemble de la rotation des cultures est géré pour réduire encore plus les risques de maladies et ravageurs</strong>. Cette étape implique entre autres une diversification des espèces cultivées, avec des conséquences dans l’organisation des exploitations agricoles, mais aussi des filières d’aval, pour la commercialisation de ces nouvelles productions. <strong>Contrairement aux 2 premières étapes, qui peuvent être décidées par l’agriculteur seul, cette dernière transition suppose un effort collectif important pour réorganiser les filières de production, et donc un fort soutien public, avec en particulier une politique volontariste de réorientation des aides publiques actuelles.</strong></li>
</ul>
<p>Pour les lecteurs qui s’étonneraient de ne pas voir l’agriculture biologique mise plus en avant dans ce rapport, rappelons que la « bio », d’un point de vue agronomique, n’est qu’une des formes de l’agriculture intégrée, avec deux spécificités :</p>
<ul>
<li>un handicap technique, son choix de n’utiliser que des fertilisants organiques et des pesticides d’origine biologique, ou issus de la chimie minérale ;</li>
<li>et un gros atout, sa reconnaissance par les consommateurs, qui lui permet de mieux valoriser ses produits, et compenser ainsi bon an mal an sa faible  compétitivité économique</li>
</ul>
<p>Ce cadre de transition réaliste étant fixé, l’INRA émettait alors des réserves fortes par rapport à l’objectif Ecophyto fixé sans son avis<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a> :</p>
<ul>
<li>Les deux premières étapes (transition vers l’agriculture raisonnée, puis à bas niveau d’intrants), qui sont les deux seules pouvant être décidées à l’initiative individuelle des agriculteurs, permettraient tout au plus de réduire l’utilisation de pesticides de 25% environ.</li>
<li>L’objectif de réduction de 50% n’est pas accessible à un horizon de 10 ans pour toutes les cultures : il parait hors d’atteinte pour une bonne part des cultures fruitières et pour la vigne. Pour les autres cultures, il implique des pertes de rendement importantes, qui sont loin d’être compensées par la réduction des charges de protection.</li>
<li><strong>Pour être atteint à l’échelle de toutes les cultures françaises, il suppose que l’ensemble de l’agriculture passe en mode intégré, avec des conséquences lourdes sur la production agricole globale française (-12% environ), et sur les revenus des agriculteurs (perte de l’ordre de 6 milliards d’euros par an), sans compter le coût du soutien à l’évolution des filières.</strong></li>
<li>L’agriculture bio est la seule forme d’agriculture intégrée qui puisse être compétitive sans soutien complémentaire, mais à la condition que le différentiel de prix avec le conventionnel ne s’érode pas trop.</li>
</ul>
<p>Malgré cela, le gouvernement de l’époque est resté sur son idée initiale, à savoir un objectif maintenu à -50%, prétendument issu du consensus de toutes les « parties prenantes » dans le Grenelle de l’Environnement (mais qui, par un hasard miraculeux, correspondait pile à l’intention exprimée par le Ministre de l’Environnement de l’époque, J-L Borloo, avant toute concertation). Et pour atteindre cet objectif, il s’est contenté de mesures de formation des agriculteurs et de soutien aux mesures agro-écologiques individuelles (donc des actions efficaces seulement pour les étapes 1 et 2 définies par l’INRA), et de soutien à l’agriculture bio (c’est-à-dire la seule forme d’agriculture intégrée, nécessairement minoritaire, qui aurait pu se passer de soutien public direct). <strong>Les mesures retenues à l’époque (et que le plan Ecophyto 2 n’a révisées qu’à la marge) sont révélatrices de la philosophie du législateur sur le sujet : rejet de toute réflexion basée sur l’agronomie, et soumission à la vision complotiste imposée par les ONG environnementales, selon lesquelles les pesticides ne sont que des gadgets nuisibles dont on pourrait se passer sans inconvénient, et qui n’ont réussi à s’imposer qu’à cause de la crédulité des agriculteurs dupés par le « lobby agrochimiste ».</strong></p>
<p>Les alertes de l’INRA étant restées lettre morte, il ne fallait pas attendre de miracles du plan Ecophyto…et il n’y en a pas eu ! Cela dit, même les plus sceptiques s’attendaient simplement à une légère régression de l’usage des pesticides, mais pas à l’augmentation que nous observons actuellement. A quoi ce résultat paradoxal est-il dû ? C’est là que l’on touche à la perversité de la machine folle qu’est devenu Ecophyto : les notes de suivi ne donnent aucun indice pour comprendre la cause de cette tendance contraire aux objectifs. Pour le comprendre, il faut commencer par rappeler les trois principaux facteurs influant sur l’utilisation de pesticides :</p>
<ul>
<li>D’abord l’espèce cultivée : en moyenne, le maïs a besoin de moins de 2 traitements pesticides par an, le blé et la majeure partie des grandes cultures entre 3 et 6, la vigne entre 12 et 20 suivant les régions</li>
<li>Le climat de l’année, plus ou moins favorable aux maladies et aux ravageurs. Ce facteur agit en interaction avec le précédent : dans une région et pour une année données, le climat peut être favorable aux maladies du blé, mais défavorable à celles de la vigne.</li>
<li>Les choix techniques de l’agriculteur, suivant son niveau de technicité et sa motivation pour réduire l’usage des pesticides.</li>
</ul>
<p>Or nous allons voir que les indicateurs de suivi du plan Ecophyto ne permettent en aucune façon de distinguer les effets respectifs de ces trois facteurs.</p>
<h1><strong>Un indicateur de suivi garant de l’échec</strong></h1>
<p>Normalement, les indicateurs de suivi d’une politique publique doivent avoir deux buts :</p>
<ul>
<li><em>Vérifier si les objectifs sont atteints</em></li>
<li><em>S’ils ne le sont pas, en identifier la cause pour trouver des solutions</em></li>
</ul>
<p><em><strong>Pour garantir l’échec durable d’une politique publique, il ne suffit donc pas de lui assigner un objectif absurde : encore faut-il que les indicateurs de suivi ne donnent aucun indice pour corriger le tir.</strong></em><em> Sinon, les boucs émissaires de l’échec (en l’occurrence les agriculteurs et les distributeurs agricoles) vont s’appuyer dessus pour réclamer des inflexions du Plan Décennal.</em></p>
<p><em>De ce point de vue, le NODU est un indicateur parfait : il permet de confirmer, année après année, l’échec programmé du Plan Ecophyto, sans fournir le moindre élément d’analyse qui aiderait à identifier les points de progrès possibles. En effet, le NODU permet (au prix de beaucoup d’approximations), d’estimer les quantités de pesticides utilisées à l’échelle d’une région, mais sans aucune liaison avec les cultures sur lesquelles ils sont appliqués. Il est donc parfaitement impossible de le relier aux pratiques agricoles, et d’en faire un indicateur de la qualité du raisonnement de la protection des cultures par les agriculteurs.</em></p>
<p><em>Le seul indicateur qui permette des comparaisons objectives entre pratiques agricoles est l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement), car il est bien défini culture par culture</em><a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a><em> (rappelons toutefois que même l’IFT n’est pas un bon indicateur de la pression sur l’environnement : il vaut mieux deux applications de pesticides ayant une influence epsilon sur l’environnement, qu’une seule application ayant un effet négatif quantifiable…mais c’est encore une autre histoire). C’est de plus un indicateur beaucoup plus compréhensible pour les agriculteurs, qui peuvent le calculer par eux-mêmes pour leur exploitation, s’ils utilisent un logiciel de gestion parcellaire. Son seul inconvénient est d’être plus compliqué à estimer, puisqu’il suppose de collecter des informations à l’échelle parcellaire. Il ne peut donc pas être comptabilisé de façon exhaustive à l’échelle nationale, mais doit être estimé par sondage, sur un échantillon représentatif de parcelles. C’est une opération que le Ministère de l’Agriculture réalisait déjà avant le plan Ecophyto, dans ses enquêtes sur les pratiques agricoles. Toutefois, en raison même de leur coût, ces enquêtes n’étaient réalisées que tous les 3 ans environ, ce qui en limitait beaucoup la portée : en effet, il était impossible d’en dégager des tendances claires, vu les fortes variations interannuelles de pression de maladies et ravageurs. A partir du moment où la France se mobilisait sur une politique ambitieuse sur la protection phytosanitaire, la logique aurait bien sûr été de rendre ces enquêtes annuelles, pour relier chaque année les IFT constatés aux variations de pression sanitaires propres à chaque année et à chaque région. Au lieu de cette annualisation des enquêtes Pratiques Agricoles, il a été décidé de créer une nouvelle usine à gaz pour le calcul du NODU, au prétexte qu’il était plus facile de collecter des données commerciales auprès des distributeurs. Un argument dont on peut douter, puisqu’il faut 18 mois pour publier les résultats de NODU (ceux qui figurent dans cette note de bilan 2017 sont en fait les NODU de 2016), et que ce travail s’ajoute aux Enquêtes Pratiques Agricoles, au lieu de les remplacer ou de le compléter.</em></p>
<h1><strong>Fermes DEPHY : même le village Potemkine se fissure</strong></h1>
<p>Toute politique vouée à l’échec a besoin d’un écran pour sauver la face des dirigeants politiques, à l’image des « villages Potemkine », où le favori de Catherine II de Russie organisait des visites mises en scène, pour faire croire à son impériale maîtresse que les paysans était parfaitement heureux dans son glorieux empire. Une des actions majeures du plan Ecophyto a été la mise en place du réseau des 3000 fermes DEPHY, suivies et conseillées pour les guider sur le chemin de la réduction de l’usage des phytosanitaires. Pendant longtemps, ce réseau DEPHY a servi vaillamment de village Potemkine, pour laisser croire à la crédibilité des objectifs Ecophyto : dans le rapport Potier de 2014<a href="#_edn6" name="_ednref6">[6]</a>, les auteurs reconnaissaient que la diminution des IFT était encore modeste dans le réseau (-12% dans les exploitations de grandes cultures et polyculture-élevage, -2,3 % seulement en viticulture), mais pouvaient encore conclure avec un optimisme prudent : « Au total, et bien entendu sous réserve de confirmation, il apparaît qu’une diminution d’usage conforme au rythme initialement annoncé par le plan, a effectivement été amorcée sur les réseaux Dephy-Ferme ». Quatre ans après, le moins que l’on puisse dire, c’est que la confirmation n’est pas au rendez-vous : <strong>alors que nous sommes maintenant proches du terme fixé initialement au 1<sup>er</sup> plan Ecophyto, même les fermes DEPHY sont encore très loin des -50% : -7% en grandes cultures, -17% en polyculture-élevage, -12% en viticulture, -19% en arboriculture.</strong> Seules les productions légumières affichent un résultat pas trop éloigné de l’objectif initial, avec -33%.</p>
<p>Sur ces sujets, il est souvent plus instructif de voir la dispersion des résultats que leur moyenne. Pour la 1<sup>ère</sup> fois, la note de suivi montre cette dispersion, mais pour la viticulture seulement :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17263" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/08/1808BilanIFTViti2.png" alt="1808BilanIFTViti2" width="1660" height="1346" /></p>
<p><strong><em>Figure 1 : Evolution des IFT (Indices de Fréquence de Traitement) dans les fermes Dephy viticoles. Même dans ces fermes-modèles, la baisse moyenne de l’IFT n’a été que de 12% en 8 ans, alors que l’objectif initial Ecophyto était de 50% en 10 ans. Huit ans après le lancement du réseau, il y a 4 fois plus de fermes où les IFT ont augmenté depuis le début du plan Ecophyto, que de fermes qui ont atteint l’objectif de réduction de 50% ! Des résultats qui devraient à tout le moins relancer le débat sur la faisabilité du plan Ecophyto, d’autant plus qu’ils sont conformes aux prévisions du rapport Ecophyto R&amp;D de l’INRA en 2010. (source : note de suivi Ecophyto 2017).</em></strong></p>
<p>Comme l’avait prédit dès 2010 le rapport Ecophyto R&amp;D de l’INRA, la plupart des exploitations n’ont réduit leur IFT que de 5 à 25%. <strong>Seules 10 d’entre elles ont atteint l’objectif de réduction de 50% qui était l’objectif national… contre 40 chez qui l’IFT a au contraire augmenté</strong> !</p>
<p>Entendons-nous bien, l’objectif ici n’est pas de critiquer le réseau DEPHY, au contraire : sa mise en place est une des actions les plus pertinentes mises en œuvre dans le plan Ecophyto. Le problème est que l’on refuse d’en tirer les leçons qui s’imposent. De telles dérives des IFT, dans un réseau de fermes pilotes triées sur le volet, et qui bénéficient d’un encadrement technique sans commune mesure avec celui dont bénéficie l’agriculteur moyen, auraient dû depuis longtemps susciter une réflexion sur la faisabilité du plan Ecophyto, d’autant plus que ces résultats de terrain confirment le diagnostic initial de l’INRA dans le rapport Ecophyto R&amp;D : mais on ne voit toujours aucune amorce d’autocritique à ce sujet dans la note de suivi 2017.</p>
<h1> <strong>Effet de l’évolution des assolements : négligeable, vraiment ?</strong></h1>
<p><em>Nous avons vu que, sur le long terme, des changements significatifs des assolements pourraient influer sur la consommation des pesticides, puisque les besoins en protection phytosanitaire varient énormément en fonction des espèces cultivées. Or le NODU ne permet pas de mesurer ce phénomène, puisque les consommations de pesticides n’y sont pas reliées à la culture sur laquelle les produits sont utilisés. Une étude du Ministère de l’Agriculture avait conclu en 2015, au moyen d’un modèle complexe, que cet effet était effectivement observable dans le passé, mais n’avait joué qu’un rôle mineur depuis le début du plan Ecophyto</em><a href="#_edn7" name="_ednref7">[7]</a><em>. Pourtant, un calcul élémentaire basé sur les IFT calculés dans les enquêtes Pratiques Culturales suggère très fortement le contraire.</em></p>
<p><em>Prenons l’exemple du blé tendre : il reçoit en moyenne 4 IFT (l’équivalent de 4 traitements pleine dose/an). En 2009, sa superficie était de 4,7 millions d’ha, ce qui conduit à un NODU de l’ordre de 18,8 millions. En 2016, sa superficie a augmenté de 0,4 millions d’ha, ce qui conduit mécaniquement à une hausse de 1,6 millions du NODU, à pratiques culturales égale. A l‘inverse, le maïs, qui consomme moins de pesticides, a fortement régressé. Si on fait le bilan sur les principales espèces de cultures annuelles, on constate que les changements d’assolements sont loin d’être neutres pour le NODU :</em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17264" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/08/1808TableauViti.png" alt="1808TableauViti" width="1526" height="515" /></p>
<p><em><strong>Tableau 1 : Evolution du NODU induite par les changements d’assolements depuis le début du plan Ecophyto, pour les principales espèces cultivées en grandes cultures et polyculture/élevage. A pratiques de protection égale, l’évolution de la sole de grandes cultures françaises provoque mécaniquement une hausse de près de 5% du NODU : un phénomène indétectable si on base le bilan national uniquement sur le NODU, comme le fait la note de suivi 2017. Sources : Base de données Agreste pour les superficies, enquête Pratiques Culturales 2014 pour les IFT (Indices de Fréquence de Traitement,).</strong></em></p>
<p><em>Parmi ces cultures (qui représentent à elles seules près de la moitié de la surface agricole utile), il y a eu des évolutions très contrastées des surfaces cultivées… et presque toujours au profit des cultures qui ont les IFT les plus élevés. Résultat : bien que leur superficie globale ait diminué d’1%, ces cultures tendent à générer une augmentation des NODU de près de 5%, à pratiques agricoles égales. Dans ces conditions, on comprend mieux le piteux bilan des fermes Dephy de grandes cultures, qui n’ont réduit leur consommation de pesticides que de 7%. </em></p>
<p><em>On note que dans le même temps, les prairies permanentes ou non annuelles, où la consommation de pesticides est proche de zéro, ont régressé de plus de 400 000 ha, dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. C’est pourtant un gâchis monstrueux, car tout milite au contraire pour un renforcement des prairies, et de façon générale pour une revitalisation du modèle de la polyculture-élevage en France : réduction de la dépendance des éleveurs vis-à-vis des cours mondiaux des matières premières agricoles, raccourcissement des circuits de production et de commercialisation, défense de la biodiversité (les prairies ont une biodiversité incomparablement plus grande que n’importe quelle culture annuelle, même si celle-ci est bio). <strong>Faute d’action volontariste dans ce domaine, (qui aurait dû faire partie de la 3<sup>ème</sup> étape de transition, au sens du rapport Ecophyto R&amp;D), la France se prive donc d’un levier majeur pour relocaliser les productions françaises, sécuriser les revenus des éleveurs, améliorer la biodiversité de son territoire agricole, et réduire sa consommation de pesticides.</strong></em></p>
<h1><strong>L’effet du climat : aucun travail de recherche</strong></h1>
<p><em>Le climat de l’année (en particulier au printemps et en début d’été) est un facteur majeur de variation de la pression parasitaire sur les cultures, et donc de l’utilisation de pesticides. De plus, avec l’avancement de l’agriculture raisonnée, on doit s’attendre à ce que la liaison entre consommation de pesticides et climat soit de plus en plus en forte. </em></p>
<p><em>Globalement, les 3 dernières années de suivi (2014, 2015 et 2016) ont connu des printemps doux et/ou humides dans beaucoup de régions, ce qui pourrait expliquer en partie la médiocrité du bilan d’Ecophyto. <strong>On peut se poser cette question en particulier à la lecture de résultats comme ceux des fermes DEPHY viticoles, où pour nombre d’entre elles la consommation de pesticides a augmenté au lieu de baisser par rapport à la période initiale : à moins que les fermiers DEPHY se soient amusés à saboter délibérément le réseau, la seule explication rationnelle serait que la pression de maladie a effectivement augmenté ces dernières années chez eux. </strong></em></p>
<p><em>Ce sujet est à peine effleuré dans la note de suivi, qui mentionne simplement que la pression phytosanitaire a été élevée en 2016, en des termes très généraux et qualitatifs. Une quantification précise et objective de la pression de maladie sur les cultures serait pourtant une nécessité pour interpréter correctement les consommations de pesticides : aussi bien pour des comparaisons régionales et internationales, que pour corriger les variations interannuelles en fonction de la pression parasitaire propre à chaque année.  Toutes les données nécessaires existent pour cela : le Bulletin de Santé du Végétal, qui recueille des milliers d’observations de parasites et ravageurs des cultures, pour avertir les agriculteurs en cas de risque sanitaire, serait une mine d’or potentielle pour une meilleure compréhension des variations de consommation de pesticides, mais reste inexploité dans le suivi Ecophyto. De même, pour la plupart des maladies et ravageurs majeurs, il existe des modèles épidémiologiques qui permettraient de quantifier de façon objective des grandeurs plus difficilement mesurables à l’œil nu, comme les quantités de contamination annuelles de ces maladies. <strong>Tout cela reste inemployé dans les notes de suivi Ecophyto, comme si l’évaluation de la pression sanitaire sur les cultures n’avait aucun intérêt pour expliquer l’utilisation de pesticides. Une cécité volontaire qui, en plus de rendre les notes de suivi incohérentes, empêche d’anticiper un problème potentiellement important à l’avenir : les effets du changement climatique sur la pression de maladies et de ravageurs des cultures.</strong></em></p>
<h1><strong>« Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser »</strong></h1>
<p><em>Un ex-ministre avait fait scandale dans un autre domaine, en déclarant qu’« Expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser ». C’est pourtant la ligne de conduite de l’ensemble de la classe politique à propos de l’usage des pesticides, et à laquelle les notes de suivi Ecophyto se tiennent à la lettre chaque année : surtout, ne pas chercher à comprendre les causes, pourtant évidentes et annoncées à l’avance, de l’échec du plan Ecophyto. Cela obligerait à expliquer aux Français que les agriculteurs ne sont pas forcément coupables, et que les choses sont un peu plus complexes que le joli rêve propagé par les conseillers de Nicolas Hulot. <strong>Cela fait des années que les militants écologistes vendent aux Français une fable selon laquelle les pesticides ne servent à rien, et où il suffit donc d’évangéliser les agriculteurs et de sanctionner les distributeurs, pour réduire la consommation de pesticides sans perte de production ni de revenu. L’échec flagrant des fermes Dephy prouve de toute évidence le contraire, si on fait l’effort d’approfondir leurs résultats.</strong> D’où ces notes de suivi annuelles, qui ne font qu’exhiber l’impuissance des deux Ministères impliqués, sans proposer la moindre solution. On comprend que le Ministre de la Transition Ecologique se satisfasse temporairement de ce rôle peu glorieux : l’échec actuel sert ses intérêts à long terme, car il lui permettra à l’avenir d’exiger des actions plus radicales, basées sur des prétextes sanitaires. L’enthousiasme avec lequel il a accueilli la décision de justice américaine contre le glyphosate montre bien sur quels leviers il entend jouer. Puisque les faits et les instances scientifiques refusent obstinément de valider ses théories, il compte maintenant sur les tribunaux populaires à la mode américaine pour imposer ses vues.</em></p>
<p><em>Par contre, on comprend moins pourquoi le Ministre de l’Agriculture se satisfait de cette communication, qui discrédite chaque année un peu plus son Ministère. Certes, on peut espérer qu’il sera plus tard récompensé, au nom de la solidarité gouvernementale, du stoïcisme avec lequel il laisse ridiculiser son administration. Nous ne doutons pas qu’il saura sauter à temps sur une branche plus confortable que celle qu’il a laissé scier, mais c’est un pari un peu dangereux que de faire carrière en contribuant à la liquidation d’une activité autrefois stratégique, mais que la mode politique actuelle condamne. <strong>Espérons qu’il est encore temps de sortir de cette crise par le haut, en rappelant qu’une politique agricole incompatible avec l’agronomie de base n’a aucun avenir… et qu’un Ministère de l’Agriculture fort est indispensable pour prendre des mesures efficaces. </strong>Pour cela, une annualisation des enquêtes Pratiques Culturales, et le développement d’indicateurs objectifs de la pression sanitaire sur les cultures, sont des préalables indispensables pour une compréhension de la stagnation actuelle des pratiques phytosanitaires en France. Il ne s’agit pas seulement de préserver les intérêts économiques du monde agricole, comme essaient le faire croire les écologistes. Mais aussi de prendre des mesures qui aient vraiment un sens agro-écologique, comme la relance de la polyculture-élevage.</em></p>
<p><em>Philippe STOOP</em></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/90907?token=0cba39c83b341e34a389582c2805b4c1">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/90907?token=0cba39c83b341e34a389582c2805b4c1</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Pour la signification et le mode de calcul du NODU, voir : <a href="http://agriculture.gouv.fr/note-methodologique-le-nodu">http://agriculture.gouv.fr/note-methodologique-le-nodu</a></p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> <a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D">http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2633">http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2633</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/indicateur-de-frequence-de-traitements-phytosanitaires-ift">http://agriculture.gouv.fr/indicateur-de-frequence-de-traitements-phytosanitaires-ift</a></p>
<p><a href="#_ednref6" name="_edn6">[6]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/56000?token=7bf92926cba72dbc99beeeef8758248e">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/56000?token=7bf92926cba72dbc99beeeef8758248e</a> , page 65</p>
<p><a href="#_ednref7" name="_edn7">[7]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/usage-des-pesticides-en-agriculture-effets-des-changements-dusage-des-sols-sur-les-variations-de">http://agriculture.gouv.fr/usage-des-pesticides-en-agriculture-effets-des-changements-dusage-des-sols-sur-les-variations-de</a></p>
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		<title>Résidus de pesticides : l’opération marketing bidon annuelle de Générations Futures</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/23/residus-de-pesticides-loperation-marketing-bidon-annuelle-de-generations-futures/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Feb 2018 08:47:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[ONG, "Sonneurs d'alerte", etc.]]></category>
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		<description><![CDATA[Le 20 février, les médias et les réseaux sociaux ont tous bruissé du rapport alarmant de Générations Futures (GF) sur les résidus de « pesticides » dans les fruits et légumes. La grande presse a, dans un premier temps, regurgité le discours de GF sans recul. Mais la filière Fruits et Légumes, la presse professionnelle et de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 20 février, les médias et les réseaux sociaux ont tous bruissé du rapport alarmant de Générations Futures (GF) sur les résidus de « pesticides » dans les fruits et légumes. La grande presse a, dans un premier temps, regurgité le discours de GF sans recul. Mais la filière Fruits et Légumes, la presse professionnelle et de nombreux bloggeurs ont été beaucoup plus prolixes et critiques. Ce qui a sans aucun doute contribué à enrayer quelque peu la campagne de com de GF…</p>
<h1><strong>Le rapport de GF</strong></h1>
<p>Sous le titre « <a href="https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2018/02/gf-rapport-pesticides-v12-web.pdf"><strong>Etat des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France</strong></a> (édition 2018) », GF utilise les données de la DGCCRF uniquement sur les produits conventionnels, fait une comparaison entre 19 fruits et 33 légumes dans une présentation délibérément alarmiste (la simple présence de résidus, même à des taux minimes, est considérée comme alarmante par GF).<br />
Rien de nouveau en fait : des données rassurantes, et de plus officielles, puisque émanant de la DGCCRF, mais présentées de façon alarmiste… Le travail habituel de GF à la veille du Salon de l’Agriculture.</p>
<h1><strong>Des médias aux ordres de GF…</strong></h1>
<p>La grande presse rend compte du rapport de GF sans aucun recul.<br />
Par exemple :</p>
<p>« <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/fruits-et-legumes-sont-pleins-de-pesticides-surtout-le-raisin-et-le-celeri-branche_121371"><strong>Pesticides : les fruits et légumes en sont pleins</strong></a> » (<em>Sciences et Avenir</em>)<br />
« <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/20/le-raisin-et-le-celeri-en-tete-des-fruits-et-legumes-les-plus-contamines-par-les-pesticides_5259513_3244.html"><strong>Le raisin et le céleri en tête des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides</strong></a> » (<em>Le Monde Planète</em>)<br />
« <a href="http://www.europe1.fr/societe/trois-quarts-des-fruits-et-pres-de-la-moitie-des-legumes-presentent-des-traces-de-pesticides-3579200"><strong>Trois-quarts des fruits et près de la moitié des légumes présentent des traces de pesticides</strong></a> » (<em>Europe1</em>)<br />
« <a href="https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-ma-sante/de-nombreux-fruits-et-legumes-contiennent-des-residus-de-pesticides-selon-l-association-generations-futures_2595948.html"><strong>Le raisin, la clémentine, le céleri-branche&#8230; Quels sont les fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides ?</strong></a> » (<em>France Info</em>)</p>
<h1><strong>…Mais pas tous</strong></h1>
<p>Notons que la DGCCRF a publié « <a href="https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/controle-des-residus-pesticides-dans-denrees-vegetales-en-2016"><strong>Contrôle des résidus de pesticides dans les denrées végétales en 2016</strong></a> », indiquant un taux de non-conformité de seulement 2.1% dans les plans de surveillance et apportant les précisions suivantes :<br />
&#8211; « [La légère hausse des non conformités] peut  s’expliquer par l’acquisition de nouveaux matériels par les laboratoires de la DGCCRF, qui ont permis la <strong>quantification de molécules à des niveaux plus faibles</strong>. »<br />
&#8211; « Afin de protéger les groupes vulnérables tels que les enfants, les limites maximales résiduelles sont fixées, non seulement de manière à ne pas présenter de danger, mais également au niveau le plus faible raisonnablement atteignable compatible avec les bonnes pratiques agricoles pour chaque pesticide. Ainsi <strong>la non-conformité d’une denrée n’induit que rarement un risque aigu pour la santé du consommateur</strong>. » Mais sans faire mention de l’opération de GF.</p>
<p><strong>Certains médias professionnels</strong> font une critique en règle de l’opération de GF.<br />
« <a href="http://www.reussir.fr/fruits-legumes/generations-futures-s-en-prend-encore-aux-fl"><strong>Buzz médiatique. Générations Futures s’en prend encore aux fruits et légumes</strong></a> », (article de Julia Commandeur sur <strong><em>Réussir Fruits et Légumes</em>) mérite une mention particulière</strong> : s’appuyant largement sur les dires de François Veillerette et le rapport de GF, il en montre les contradictions et les biais. Il donne aussi le point de vue de la DGCCRF, <strong>d’Interfel (voir</strong> <a href="https://twitter.com/Interfel/status/966274283839336448"><strong>ici</strong></a>), de JP Cravedi (INRA), etc.<br />
A la fin de l’article, <strong>Julia Commandeur dénonce à juste titre le tweet d’allégeance au rapport de GF de Brune Poirson</strong>, secrétaire d’Etat à la Transition écologique, et conclut : « Lorsque la veille, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, reconnaissait que « <em>les lobbies sont partout, oui, ils sont partout</em> », elle ne croyait pas si bien dire. On ne sait pas pour les cigarettes ou le pétrole, mais le <strong>lobby ONG-environnementaliste, lui, a clairement investi les couloirs du gouvernement</strong>. »</p>
<p><strong><img class="aligncenter size-large wp-image-17222" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802TweetBrunePoirsonGeneFutures-520x259.jpg" alt="1802TweetBrunePoirsonGeneFutures" width="520" height="259" /></strong></p>
<p>Voir aussi « <a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/phytos-generations-futures-joue-avec-les-chiffres-et-les-peurs-1,2,4112782159.html"><strong>Générations futures joue avec les chiffres et les peurs</strong></a> » (<em>La France Agricole</em>, abonnés)</p>
<p><strong>Sur les réseaux sociaux, agriculteurs et bloggeurs rationalistes</strong> sont nombreux à démonter l’opération de com de GF et la fausseté de ses arguments.</p>
<p><strong>La recherche sur twitter de l’occurrence « @genefutures » (voir </strong><a href="https://twitter.com/search?q=%40genefutures&amp;src=typd"><strong>ici</strong></a><strong>) montre que les réactions de dénonciation et d’analyse sont nombreuses et vives</strong>. On y voit les tweets de <a href="https://twitter.com/MacLesggy/status/965865158034821120">@MacLesggy</a>, <a href="https://twitter.com/Interfel/status/966274283839336448">@Interfel</a>, <a href="https://twitter.com/AEGRW/status/965989930525655040">@AEGRW</a> mentionnant la réaction de l’UIPP, <a href="https://twitter.com/AlerteEnvironne/status/966234163459379200">@AlerteEnvironne</a>, <a href="https://twitter.com/cyr081/status/966197141340327937">@cyr081</a> agriculteur bloqué par GF (vive le dialogue ☹), <a href="https://twitter.com/UnMondeRiant/status/966025535884267521">@UnMondeRiant</a>, <a href="https://twitter.com/ChLambert_FNSEA/status/966317138582687747">@ChLambert_FNSEA</a> mentionnant la réaction d’Interfel, et tant d’autres.</p>
<p>Parmi tous ces liens, <strong>nous recommandons fortement</strong> « <a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&amp;v=fqsRZ8S2Khw"><strong>Zététique et journalisme &#8211; #2-05 – Pesticides et répétition</strong></a> », <strong>vidéo de <em>Un Monde Riant</em></strong>. Sur un ton quelque peu moqueur, mais de façon documentée (avec de nombreux liens) et très complète, il démonte méthodiquement et rigoureusement le rapport de GF : rapport sans rigueur, tri des données, etc.<br />
Parmi les liens mentionnés par <em>Un Monde Riant</em>, mentionnons une <a href="http://www.rts.ch/play/radio/cqfd/audio/dune-etude-peu-serieuse-au-buzz-mediatique?id=8584095&amp;station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da"><strong>émission de la RTS</strong></a> (Radio publique suisse) de mai 2017 comprenant une interview très éclairante de François Veillerette, embarrassé, prenant « bonne note » des critiques qui lui sont faites, mais qui, depuis, n’a rien changé rien à sa façon de faire…<br />
<strong><em>Un Monde Riant</em></strong> <strong>dénonce aussi largement le suivisme de la grande presse…</strong></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&amp;v=fqsRZ8S2Khw"><img class="aligncenter size-large wp-image-17221" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802UnMondeRiant-520x293.png" alt="1802UnMondeRiant" width="520" height="293" /></a></p>
<p>Dans une <a href="https://www.facebook.com/Agriculture.Environnement/videos/1822280794490126/"><strong>courte vidéo</strong></a>, <strong><em>Agriculture et Environnement</em> (A&amp;E) a replacé le débat dans un cadre plus général</strong> mettant en évidence le lien entre la campagne de GF et la volonté de Nicolas Hulot de « sortir des pesticides ». Il démontre en 2 mn que « Zéro phyto, c’est du pipeau ! » (en bio comme en conventionnel)</p>
<p><a href="https://www.facebook.com/Agriculture.Environnement/videos/1822280794490126/ "><img class="aligncenter wp-image-17220 size-large" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802AEZeroPhytoPipeau-520x382.png" alt="1802AEZeroPhytoPipeau" width="520" height="382" /></a></p>
<p><strong><em>Alerte Environnement</em></strong> montre « <a href="http://alerte-environnement.fr/2018/02/20/residus-de-pesticides-comment-france-info-se-fait-berner/"><strong>comment France Info se fait berner</strong></a> ». « Que dire du journaliste qui n’a même pas l’idée de donner la réplique à un scientifique, à un médecin nutritionniste ou encore à un représentant de la filière fruits et légumes. Non, l’info est en continue et à sens unique. » <em>Alerte Environnement</em> conclut : « Bruno Rougier s’est-il fait berner ou est-il le compère de François Veillerette ? »</p>
<p>[Mise à jour du 23 février 2018 :<br />
Nous recommandons fortement la lecture de &laquo;&nbsp;<a href="https://www.contrepoints.org/2018/02/23/310318-pesticides-lassiette-poison-medias"><strong>Pesticides dans l’assiette ? Poison dans les médias !</strong></a>&laquo;&nbsp;, article bien documenté d&rsquo;André Heitz sur <em>Contrepoints</em>.</p>
<p><a href="https://www.contrepoints.org/2018/02/23/310318-pesticides-lassiette-poison-medias"><img class="aligncenter size-large wp-image-17230" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802AndreHeitzGeneFutures-520x209.png" alt="1802AndreHeitzGeneFutures" width="520" height="209" /></a>Fin de la mise à jour]</p>
<h1><strong>Les principaux points (très) douteux du rapport</strong></h1>
<p>Les sites, blogs et twittos mentionnés ont fait un tour quasi-complet des manquements graves de GF :<br />
&#8211; <strong>Les données</strong> sur lesquelles s’appuie GF sont celles de la DGCCRF. Elles <strong>sont rassurantes</strong>. Elles montrent essentiellement 97.4% de conformité à la réglementation (en-dessous de la LMR). <strong>Rien de nouveau sous le soleil</strong>.<br />
&#8211; Il faut préciser que <strong>les LMR ne sont pas des limites de sécurité sanitaire</strong>. Ce sont des limites liées aux bonnes pratiques phytosanitaires. Un dépassement occasionnel ne présente pas de risque sanitaire. Comme l’écrit Jean-Pierre Cravedi, toxicologue à l’INRA : « Il y a un risque en cas de consommation régulière ou systématique d’un fruit ou d’un légume qui dépasse la LMR pour le même pesticide, ce qui est peu probable. » (<em>Le Monde</em> cité par <em>Réussir Fruits et Légumes</em>, article mentionné plus haut)<br />
&#8211; <strong>GF n’a pas daigné utiliser les données concernant les fruits et légumes bios</strong> (alors que ces données sont disponibles et pas très différentes de celles du conventionnel). On peut noter que <strong>GF est directement financé par le lobby bio</strong>. De là à voir un rapprochement…<br />
&#8211; Bref, la méthode de GF, c’est encore et toujours : <strong>des chiffres rassurants, un rapport flippant</strong>…</p>
<p>En point complémentaire, nous nous devons de répéter : <strong>Nous ingérons 10 000 fois plus de pesticides naturels (présents naturellement dans les fruits et légumes) que de résidus de pesticides artificiels</strong>. 10 000 !. Voir <a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/"><strong>ici</strong></a> et <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/"><strong>ici</strong></a>.</p>
<p>Enfin, notons une nouvelle fois que <strong>le seul vrai problème de santé publique, c’est l’insuffisance de la consommation de fruits et légumes</strong>, dont les bienfaits sont avérés, eux.</p>
<h1><strong>Notre conclusion</strong></h1>
<p>Bref, sur le plan de la connaissance, « beaucoup de bruit pour rien<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> ». Mais ce genre de rapport trompe le public en tentant d’instiller une peur complètement injustifiée.<br />
Heureusement, <strong>certains médias</strong> (plutôt professionnels) <strong>et réseaux sociaux</strong> (en particulier rationalistes) réagissent promptement et de façon argumentée et <strong>dénoncent l’aspect marchand de peur de GF</strong>.<br />
Cette réaction a sans doute contribué à ce que, dès le 20 février au soir, la grande presse a cessé d’en faire les gros titres.<strong> Les manœuvres de GF commencent à être moins crédibles</strong>. On peut espérer que la grande presse sera plus prudente à l’avenir.<br />
<strong>La filière Fruits et Légumes commence à réagir fermement</strong>. Il serait temps que cette fermeté soit le fait de toute la profession agricole sur l’ensemble de la question phytosanitaire.<br />
<strong>Ce qui commence à être inquiétant, c’est la quasi-connivence sans scrupules entre le lobby ONG-environnementaliste et le gouvernement</strong>, via le ministère de l’environnement.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing) est une comédie de Shakespeare jouant sur de multiples méprises. Voir sur <strong><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Beaucoup_de_bruit_pour_rien">Wikipédia</a></em></strong>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/13/zero-residu-de-nouveaux-champs-dinterrogations/</link>
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		<pubDate>Tue, 13 Feb 2018 17:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[« Nouveaux Champs » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, a priori louable, ne pose-t-elle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>« <a href="http://www.nouveaux-champs.fr/"><strong><em>Nouveaux Champs</em></strong></a> » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, <em>a priori</em> louable, ne pose-t-elle pas plus de questions qu’elle n’en résout ?</p>
<h1><strong>La démarche Zéro Résidu de Pesticides </strong></h1>
<p>La démarche a été présentée lors d’une conférence de presse au Fruit Logistica de Berlin.</p>
<p>Voir le <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802dp-ZeroResiduPesticides.pdf">dossier de presse</a></strong> <strong>de présentation en détail de la démarche</strong>.</p>
<p><strong>Les points principaux</strong> :<br />
&#8211; Face à l’inquiétude du public et parce que « tous les circuits de distribution sont très intéressés », « le “Zéro Résidu de Pesticides” s&rsquo;affirme comme <strong>LA troisième voie entre l&rsquo;agriculture conventionnelle et l&rsquo;agriculture biologique</strong> » dans le secteur des fruits et légumes<br />
&#8211; <strong>Une démarche d’entreprises</strong>. 18 entreprises pesant « plus de 10% de la production française totale de fruits et légumes »<br />
&#8211; <strong>Priorité aux méthodes alternatives</strong> grâce à un « itinéraire technique pointu ». Mais « ponctuellement et en cas d’agression forte d’une maladie ou d’un ravageur, si les moyens de lutte alternatifs se révèlent insuffisants et mettent en danger la pérennité de la culture, le producteur peut être amené à sortir la parcelle du programme “Zéro Résidu de Pesticides” ».<br />
&#8211; <strong>La promesse concrète : « Zéro résidu »</strong> : pour chaque Substance Active analysée, « un résultat inférieur à la Limite de Quantification (0.01mg/kg) ».<br />
&#8211; Les <strong>substances actives sont classés en fonction du risque résidu</strong> en trois catégories d’utilisation : verte (utilisation sans restriction particulière), rouge (utilisation possible, mais analyses pour vérifier l’absence de résidu quantifiable), noire (utilisation interdite dans tous les cas)</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17202" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduListesRougeVerteNoire.png" alt="1802ZeroResiduListesRougeVerteNoire" width="1142" height="625" /><br />
&#8211; <strong>Analyses par laboratoire externe certifié Cofrac</strong><br />
&#8211; <strong>Cahier des charges partiellement disponible sur Internet</strong> et consultable en totalité sur site.<br />
&#8211; <strong>Identification des produits à destination des consommateurs</strong> via un macaron:</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17203" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduPesticidesMacaron.png" alt="1802ZeroResiduPesticidesMacaron" width="429" height="431" /></p>
<p><strong> </strong></p>
<h1><strong>La réaction des médias</strong></h1>
<p>A part quelques exceptions (par exemple la rubrique économie de <a href="https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/zero-residu-de-pesticides-un-nouveau-label-pour-les-fruits-et-legumes-frais-5551398"><strong><em>Ouest France</em></strong></a>), seule la presse professionnelle rend compte de façon détaillée de l’initiative.<br />
Voir par exemple, <a href="http://www.arboriculture-fruitiere.com/content/un-collectif-lance-la-marque-zero-residu-de-pesticides"><strong><em>Mediafel</em></strong></a> (<em>L’arboriculture fruitière</em> et <em>Culture Légumière</em>), <a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/fruits-et-legumes-des-producteurs-lancent-un-label-zero-residu-1,2,3684795185.html"><strong><em>La France Agricole</em></strong></a>, <a href="https://www.lacooperationagricole.coop/zero-residus-de-pesticides-une-alternative-lagriculture-bio"><strong><em>lacooperationagricole.coop</em></strong></a>, <a href="http://lesmarches.reussir.fr/zero-residu-de-pesticides-un-nouveau-label-pour-les-fruits-et-legumes"><strong><em>Les Marchés</em></strong></a><strong><em>.</em></strong></p>
<p><strong>Les articles sont purement descriptifs</strong> et reprennent, sans analyse particulière, les principaux thèmes du communiqué de presse de <em>nouveaux champs</em> : logo, démarche « intermédiaire » entre conventionnel et bio, « répondre à une attente sociétale forte », liste des membres.<br />
<strong>On peut noter cependant quelques malentendus probables dans la rédaction</strong>. Par exemple, <em>Ouest France</em> écrit : « Les fertilisants minéraux et les produits de bio-contrôle sont autorisés. Mais tous les produits chimiques de synthèse sont interdits, comme le glyphosate, ou les produits néonicotinoïdes tueurs d&rsquo;abeilles. » Une telle formulation sous-entend que, dans la démarche, l’utilisation des produits chimiques de synthèse serait interdite. C’est faux. Car, si l’on comprend bien le collectif nouveaux champs, la promesse est l’absence de résidu quantifiable à 0.01 ppm <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Point.</p>
<h1><strong>Nos interrogations</strong></h1>
<ul>
<li><strong>La classification en trois catégories est contestable</strong></li>
</ul>
<p>La notion de substance « décriée », qui implique en classement en rouge, est pour le moins floue. Quel critère ? Qui juge ?</p>
<p><strong>Contrairement à ce qui est annoncé,</strong> <strong>les substances utilisables en AB ne font pas toutes preuve d’« innocuité</strong> pour les consommateurs ». Certes certaines ne sont pas soumises LMR<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> : phosphate ferrique, soufre, laminarine…. Mais <strong>il y a bien des LMR pour le cuivre, le Spinosad, l’azadirachtine, les pyréthrines…</strong> Le cuivre est d’ailleurs massivement utilisé en AB. En tant que substance préoccupante pour le sol et l’environnement, il mériterait amplement d’être en liste rouge…</p>
<p><strong>[Mise à jour du 15 février 2018<br />
</strong>Quand nous écrivons « innocuité pour les consommateurs », nous ne faisons que reprendre l’expression du collectif « zéro résidu ». En fait, les pesticides, bios comme conventionnels, sont pour la plupart dangereux, et donc risqués pour l’utilisateur et l’environnement lorsqu’ils sont mal utilisés. Mais <strong>les résidus de pesticides, bios comme conventionnels, dans l’alimentation sont un risque qui peut être négligé, en particulier quand la LMR est respectée</strong>. Voir <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">ici</a></strong>.<strong>]</strong></p>
<p>En fait, la démarche « Zéro Résidu » affirme haut et clair : <strong>peu importe la vérité des faits</strong>, établie sur une base scientifique. <strong>Ce qui importe, c’est la perception (supposée) du consommateur. N’est-ce pas une certaine institutionnalisation de l’arbitraire ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Zéro résidu » ou « Zéro Pesticides » ?</strong></li>
</ul>
<p>La promesse concrète est zéro résidu. Mais elle est déjà perçue par certains comme s’affichant « zéro pesticides » (à l’exemple de <em>Ouest France</em> cité plus haut). N’y a-t-il pas risque de confusion, et donc de déception pour le consommateur ?</p>
<ul>
<li><strong>Quelle valorisation ?</strong></li>
</ul>
<p>La démarche « Zéro Résidu » est fondamentalement une démarche commerciale, collective par certains aspects. Mais fondamentalement commerciale, c’est-à-dire cherchant de la valeur individuellement. Elle ne tient pas compte des conséquences sur l’ensemble des filières.</p>
<p>Au bout du compte y aura-t-il valorisation réelle ? Ou bien <strong>la démarche ne consistera-t-elle pas à échapper en partie à la dévalorisation qu’elle-même contribue à construire ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Zéro Résidu » remet-il en cause la loi ?</strong></li>
</ul>
<p>Quelle est la position du collectif « Zéro Résidu » concernant les lois en préparation qui déclarent aboutir à la sortie des pesticides d’ici 3 ans ? Défendent-ils ces lois ?<br />
Ces entreprises pensent-elles que la loi est insuffisamment rigoureuse ? Qu’elle ne protégerait pas suffisamment le consommateur ? Sur quelles preuves s’appuient-elles ?</p>
<ul>
<li><strong>Quid des producteurs qui ne peuvent pas suivre ?</strong></li>
</ul>
<p>Le collectif le dit explicitement : tous leurs producteurs, ou toute leur production, ne peuvent pas s’insérer dans la démarche. Mais n’est-il pas en train de <strong>miner l’argumentation marketing des producteurs qui ne peuvent pas suivre</strong> (climat, sol, variété, …) ?<br />
Les entreprises du collectif « Zéro Résidu » pensent-elles qu’il faut arrêter de produire des fruits et légumes contenant des résidus dans les limites légales ?</p>
<p>Que deviendra la démarche quand un nouveau parasite, ou un parasite ré-émergeant, ne laissera comme alternative que d’abandonner la production ou d’utiliser un traitement laissant des traces (mais respectant les LMR) ?</p>
<ul>
<li><strong>Une démarche commerciale qui peut nuire à l’ensemble de la filière ?</strong></li>
</ul>
<p><strong>En sous-entendant qu’elle approuve la thèse fallacieuse des marchands de peur d’un risque résidu pour le consommateur, la démarche Zéro Résidu alimente leur commerce</strong>. Et se fait objectivement complice du dénigrement des produits dits conventionnels, qui sont pourtant le fruit de bonnes pratiques, en constante amélioration. Faut-il rappeler que l’alimentation n’a jamais été aussi sûre ? Que les seuls véritables problèmes de santé publique posés par les fruits et légumes ces dernières dizaines d’années sont le fait de contaminations biologiques : bactéries, adventices toxiques, etc. (Et tout autant, sinon plus, en agriculture Bio qu’en conventionnel) ?</p>
<ul>
<li><strong>Avenir de la démarche ? </strong></li>
</ul>
<p><strong>Pense-t-on sérieusement que le lobby du bio va laisser prospérer une démarche concurrente ?</strong> Bien sûr que non. Ils vont montrer, et ce sera facile, qu’il y a des résidus : en dessous de 0.01 ppm, mais des résidus, que la liste noire contient les produits traçants, mais que la démarche laisse utiliser les produits perçus comme préoccupants pourvu qu’ils ne laissent pas de traces.</p>
<p>Cette démarche aura-t-elle un succès médiatique hors presse professionnelle ?</p>
<h1><strong>Notre conclusion</strong></h1>
<p>La logique du « sans » est très bien décrite par Kevin Folta dans « <a href="https://medium.com/@kevinfolta/exclusion-labels-science-denial-boneless-watermelons-and-8-burritos-8ddffb8a4c10"><strong>Etiquettes « sans », déni de la science, pastèque sans « os » et burritos à 8$</strong></a> » <strong>(in English)</strong>. Il écrit : « Le constrat est simple. Les étiquettes « sans » conduisent activement à désinformer les consommateurs en renforçant le sentiment de la présence hypothétiques d’une menace inexistante […]Cette stratégie fonctionne particulièrement bien parce que le consommateur aisé mettra de côté la science et la raison et se précipitera sur la précaution. […] Les étiquettes « sans » impliquent un risque là où il n’y en a pas » »</p>
<p><strong>La démarche « zéro pesticides »</strong> est dans cette logique. Elle <strong>essaie (vainement) de résoudre individuellement et commercialement un problème collectif et sociétal, celui de la défiance généralisée envers les instances de régulation, envers la loi et les élites, mais aussi envers la science</strong>.</p>
<p>Même engagées dans leur démarche individuelle, les entreprises du collectif « Zéro Résidu » peuvent et doivent s’engager dans <strong>une autre démarche, collective, claire, s’appuyant sur les faits et la science, montrant la sécurité des aliments. A terme, c’est la seule issue pour sortir de la confusion entretenue par les marchands de peur et pour (re-)donner confiance au public.</strong></p>
<p><a href="https://medium.com/@kevinfolta/exclusion-labels-science-denial-boneless-watermelons-and-8-burritos-8ddffb8a4c10"><img class="aligncenter wp-image-17201 size-medium" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802BonelessWatermelon-160x130.png" alt="1802BonelessWatermelon" width="160" height="130" /></a></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong><br />
&laquo;&nbsp;<a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/"><strong>« Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)</strong></a>&nbsp;&raquo;<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/12/05/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-suite/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels (suite)</a></strong> »<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels que de résidus de pesticides de synthèse</a></strong> »</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Mise à jour du 23 février 2018</strong></span><br />
Le collectif Nouveaux champs a souhaité apporter la réponse suivante à nos interrogations:</p>
<p>Droit de réponse à l’article du Blog « Forum phyto » intitulé : « Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations »<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"></a></p>
<h3>Zéro résidu de pesticides : un engagement fort de producteurs dans une démarche de progrès sur la protection des cultures… et une segmentation du marché qui vise le développement de la consommation des Fruits et Légumes…</h3>
<p>Dans un article du 13 février, vous remettez en cause le sérieux et l’honnêteté de la démarche de notre collectif Nouveaux Champs qui entend développer le label « zéro résidu de pesticides » en France. Nous ne pouvons pas rester silencieux et tenons à lever certaines incompréhensions quant à notre ambition et notre méthodologie.</p>
<p><strong>Une démarche de progrès avant tout !<br />
</strong>L’initiative de notre collectif Nouveaux Champs n’est pas, en premier lieu, une démarche « commerciale ».<br />
Chaque organisation de producteurs engagée poursuit une démarche qui est la sienne depuis de nombreuses années : faire toujours mieux, pour l’environnement, les producteurs et les consommateurs. Cela fait plus de 20 ans que chacun d’entre nous s’inscrit dans une dynamique de progrès environnemental et œuvre pour l’amélioration des pratiques de protection des cultures. Ainsi, nous avons au fil des saisons pu expérimenter nos stratégies et nous appuyer sur des résultats significatifs en fonction des différentes espèces de Fruits et Légumes cultivés.</p>
<p>Certes, il existe des Limites Maximales de Résidus établies pour protéger le consommateur. En tant que producteurs de fruits et légumes, nous faisons confiance aux autorités qui établissent ces LMR. Pour autant, devons-nous faire la sourde oreille face aux questions des consommateurs ? Expliquer ce qu’est une LMR sans aller plus loin ? N’avons-nous pas le droit d’explorer des méthodes alternatives aux pesticides de synthèse par exemple ? N’avons-nous pas le droit, par exemple, de remplacer un produit phytopharmaceutique  par un insecte auxiliaire qui va tout aussi bien éliminer un ravageur des cultures ?<br />
Cela va, selon nous, dans le sens du progrès sociétal et environnemental. Le consommateur souhaite, à raison, être réellement informé sur le contenu de son assiette, pouvoir faire des choix éclairés et c’est ce que nous lui proposons.<br />
Ce que nous voulons, c’est assurer une production agricole sécurisée, en phase avec les attentes des consommateurs. Certains pourraient être tentés, en raison de leurs inquiétudes, de diminuer leur consommation de fruits et légumes. Nous ne voulons pas en arriver là. Notre objectif n’est pas de réduire la production française de fruits et légumes mais au contraire de la développer tout comme  la consommation de fruits et légumes.</p>
<p><strong>Encourager les initiatives qui innovent et améliorent les pratiques de protection des cultures<br />
</strong>Il n’est pas question pour nous de mettre au ban tous les fruits et légumes qui ne seraient pas « sans résidu de pesticides ». Nous sommes des producteurs sérieux, qui avons l’expérience de nos cultures et loin de nous l’idée d’affirmer que tous les fruits et légumes, pourront, demain, être cultivés sans aucune solution de protection contre les maladies et les ravageurs des cultures. Pour répondre à votre question, non, nous ne soutiendrions pas des lois qui empêchent l’application de tout pesticide.<br />
Comme tout être vivant, les plantes peuvent être touchées par des maladies ou ravageurs et nous devons les soigner tout en veillant à l’impact sanitaire de ces solutions de protection des cultures tant sur l’environnement que sur la santé des consommateurs.</p>
<p>Nous intégrons dans nos pratiques toutes les méthodes de lutte contre les maladies et ravageurs et en premier lieu dans notre démarche, les alternatives aux substances actives chimiques.  Cela implique une veille permanente sur les nouvelles techniques disponibles et des investissements massifs en Recherche et Développement, tant sur la génétique (tolérance variétales…) que sur les équipements et l’innovation technologique (robot pour désherber, drones pour appliquer des insectes auxiliaires, serres fermées, filets sur les vergers …) ou encore les solutions nouvelles de biocontrôle.<br />
Cette évolution des pratiques doit s’accélérer et c’est un mouvement d’encouragement que nous lançons en direction de tous les producteurs en nous engageant dans cette voie.  C’est un signal que nous envoyons également aux pouvoirs publics en demandant davantage d’aides pour accélérer cette R&amp;D, au profit de toute la filière fruits et légumes.<br />
Nous voulons une agriculture qui continue à produire, dans les meilleures conditions.<br />
Notre collectif est au début de son histoire. Les techniques évoluent aujourd’hui à vitesse grand V. Dans 5 ans, notre démarche aura évolué, elle se sera renforcée grâce à l’émergence de nouvelles solutions de protection des cultures et ce seront autant de solutions dont pourront bénéficier tous les producteurs. Chacun pourra puiser dans notre démarche des inspirations qui pourront être appliquées à sa culture.</p>
<p><strong>Levons quelques incompréhensions<br />
</strong>Nous souhaitons également revenir sur certains points de notre démarche que vous remettez en cause.</p>
<p><strong>Concernant l’absence de résidu</strong>, vous vous appuyez sur la limite de quantification pour supposer qu’il restera toujours des résidus, notamment de produits « perçus comme préoccupants » mais « qui ne laisseraient pas de trace ». Vous sous-entendez qu&rsquo;on pourrait nous reprocher une malhonnêteté, ce que nous ne pouvons pas admettre.<br />
Soyons précis : l’absence de résidu est déterminée, pour chaque substance active analysée, par un résultat inférieur à la limite de quantification. En-dessous de cette limite de quantification, les laboratoires ne peuvent pas garantir la précision de la mesure car les performances des instruments de mesure conduisent pour la majorité des résidus à une limite de quantification de 0.01 mg/kg.<br />
Il ne s’agit donc pas d’une « astuce » de notre part mais tout simplement de limites techniques.</p>
<p>Ajoutons par ailleurs que si les Limites Maximales de Résidus protègent les consommateurs, on peut être plus que rassurés par une présence de pesticide autorisé inférieure à 0.01 mg/kg…<br />
Rappelons enfin que notre démarche consiste à intégrer toutes les méthodes disponibles pour lutter contre un ravageur ou une maladie, en commençant par les alternatives aux produits chimiques, qu’elles soient mécaniques ou solutions de biocontrôle. Ce n’est qu’en dernier recours que nous nous autorisons l’utilisation de certaines substances chimiques, mais dans un cadre très précis, celui de l’absence de résidus quantifiables.</p>
<p>Concernant <strong>les pesticides autorisés pour l’Agriculture Biologique</strong>, là encore, nous ne faisons pas dans la démagogie. Ils ne sont pas tous classés, sans étude préalable, dans nos listes vertes. Nous savons bien, parce que beaucoup de nos producteurs produisent aussi dans le cadre de l’Agriculture biologique, qu’un pesticide bio n’est pas, automatiquement de par sa nature, inoffensif.<br />
Chaque producteur, en fonction de l’espèce qu’il cultive (tomates, fraises, bananes, pommes de terre, pommes&#8230;) va établir, avec nos ingénieurs techniques, ses listes verte, rouge et  noire, de substances actives qu’il peut utiliser (liste verte et rouge) et celles pour lesquelles l’absence de résidu quantifié doit être garantie (listes rouge et noire).<br />
Chez la plupart des producteurs qui ont la nécessité de les utiliser, les substances autorisées en Agriculture Biologique que vous citez sont mises sur la liste rouge (Spinosad, Azadirachtine dans le cadre de son AMM<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[3]</a> de 120 jours, Pyréthrines).<br />
Concernant le cuivre, homologué en Agriculture biologique, pour certaines espèces pour lesquelles il n’y a pas d’alternative, nous avons mis en place une dérogation, et c’est la seule. Autrement dit, il peut être utilisé, tout en respectant la limite maximale de résidus fixée par la règlementation. Aucune autre substance de biocontrôle ne peut à ce jour remplacer le cuivre. Nous butons là sur le même problème que l’Agriculture biologique et espérons bien trouver une alternative dans les années à venir.</p>
<p><strong>Notre objectif : faire en sorte que les consommateurs continuent à manger des fruits et légumes<br />
</strong>Notre démarche n’est pas destinée à dénigrer une partie de la filière fruits et légumes, elle est au contraire faite pour montrer une nouvelle voie et inciter à innover et à faire évoluer les pratiques de protection des cultures. Au moment du lancement de notre collectif, nous étions 18 membres. Depuis, nous enregistrons chaque jour des demandes supplémentaires de structures de production qui travaillent sur l’évolution des pratiques de protection des cultures.<br />
Bien sûr, au regard des différents contextes culturaux (outils, climats, sols…), toute la production ne pourra prétendre au « zéro résidu de pesticides », même parmi les membres de notre collectif. Parfois, pour une espèce, seules certaines variétés peuvent répondre à l’exigence de « zéro résidu ». Mais cela n’empêchera pas tous les producteurs d’explorer les nouvelles techniques disponibles, d’en parler s’ils les utilisent, de l’afficher et de répondre aux questions des consommateurs.<br />
On ne dira jamais assez qu’il est primordial de consommer des fruits et légumes, pour notre santé, notre équilibre. Si, avec notre démarche, nous parvenons à rassurer certains consommateurs, à favoriser le dialogue et à accroître la consommation de fruits et légumes, quels qu’ils soient, nous serons tous gagnants.</p>
<p>Le collectif Nouveaux Champs</p>
<p><strong>Le Collectif Nouveaux champs<br />
</strong>Un petit noyau d’entreprises de la filière « fruits et légumes » s’est retrouvé en 2017 pour développer et éprouver l’initiative « Zéro Résidu de Pesticides ».Toutes intéressées par cette démarche et engagée depuis des années dans l’amélioration  de la protection des cultures, elles ont décidé de créer un Collectif pour développer le “Zéro Résidu de Pesticides” en France.<br />
Les 7 entreprises fondatrices travaillent alors ensemble pendant plusieurs mois, accompagnées par Sève Conseil, pour imaginer une méthodologie applicable pour toutes les espèces de fruits et légumes et annoncent le 7 février 2018 le lancement officiel du collectif.<br />
A l’heure actuelle, 21 organisations de producteurs font partie du collectif. Elles représentent plus de 2000 producteurs français sur plus de 20 espèces de fruits et légumes.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Partie par million, ou mg/kg</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Limite Maximale de Résidu</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[3]</a> Autorisation de mise sur le marché</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"></a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Affaire Pollinis : Victoire judiciaire définitive de ForumPhyto</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Jan 2018 15:37:12 +0000</pubDate>
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		<guid isPermaLink="false">http://www.forumphyto.fr/?p=17184</guid>
		<description><![CDATA[ Une longue bataille juridique vient d’être définitivement tranchée : La Cour de Cassation vient de prononcer une décision de non-admission du recours de Pollinis France contre ForumPhyto. C’est un aboutissement logique, mais jamais acquis d’avance. Retour sur les points marquants de cette affaire. Dans un article relatif à une pétition abeilles de Pollinis en décembre 2014, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-15826" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2017/01/1701Justice-89x90.jpg" alt="1701Justice" width="89" height="90" /> Une longue bataille juridique vient d’être définitivement tranchée : La Cour de Cassation vient de prononcer une décision de non-admission du recours de Pollinis France contre ForumPhyto. C’est un aboutissement logique, mais jamais acquis d’avance. Retour sur les points marquants de cette affaire.</p>
<p>Dans un article relatif à une pétition abeilles de Pollinis en décembre 2014, ForumPhyto montrait principalement que Pollinis, se présentant comme « association sans but lucratif » et voulant « sauver les abeilles », semblait bien loin de l’action de terrain et qu’elle était vilipendée par plusieurs bloggeurs, y compris proches des milieux apicoles, pour son fonctionnement douteux.<br />
Pollinis France avait jugé bon d’attaquer ForumPhyto en justice pour diffamation.<br />
Le fond de l’affaire avait fait l’objet d’une décision de justice en première instance en 2015. Le Tribunal soulignait que « le plus grand flou » régnait sur la personne désignée par le vocable général « Pollinis ». Le Tribunal avait donc considéré que l’association Pollinis France était irrecevable en son action puisqu’elle ne démontrait pas qu’elle était visée par l’article publié par ForumPhyto.<br />
Comme nous le mentionnions dans « <a href="http://www.forumphyto.fr/2015/12/03/pollinis-cest-flou/"><strong>Pollinis, c’est flou !</strong></a> », deux enquêtes sur la « nébuleuse Laarman », l’une d’<em>Agriculture et Environnement</em>, l’autre de l’<em>Obs/Rue89</em>, renforcent l’impression de « flou » suscitée par le fonctionnement du « réseau » Pollinis.</p>
<p>Pollinis France avait fait appel de la décision. En 2016, l’arrêt rendu en appel avait purement et simplement confirmé le jugement de première instance.</p>
<p>Non satisfait de cette nouvelle décision de justice en sa défaveur, Pollinis France a cru bon de se pourvoir en Cassation. Le 9 janvier 2018, la Cour de Cassation a prononcé la « non-admission » du pourvoi de Pollinis France considérant qu’il était mal fondé.</p>
<p>La victoire de ForumPhyto est maintenant définitive. Nous ne pouvons que réaffirmer : « Sur le fond, <strong>ForumPhyto affiche</strong> clairement son point de vue et son objectif : <strong>pour « une protection des plantes assumée, responsable et durable sur les fruits, légumes et pommes de terre. »</strong> Les producteurs de fruits et légumes ont tout intérêt à la bonne santé des abeilles. Ils collaborent concrètement avec les apiculteurs, en particulier en arboriculture. Les adhérents de ForumPhyto et les agriculteurs qui y sont liés sont ouverts au dialogue avec les apiculteurs, leurs organisations et les organisations environnementalistes. »<br />
<strong>L’association Pollinis France a attaqué ForumPhyto en diffamation, espérant peut-être gagner en crédibilité auprès des apiculteurs. Aujourd’hui il est sûr que ce n’est pas à son avantage…</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>A lire : C’était mieux avant ! par Michel Serres</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/22/a-lire-cetait-mieux-avant-par-michel-serres/</link>
		<comments>http://www.forumphyto.fr/2018/01/22/a-lire-cetait-mieux-avant-par-michel-serres/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2018 17:31:17 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[C’était mieux avant ! est le titre en forme d’antiphrase[1] d’un petit livre de Michel Serres. C’est une sorte de coup de gueule contre les grands-papas ronchons qui ne cessent de répéter cette phrase à la jeune génération. Les références de Michel Serres à la ruralité et à l&#8217;agriculture dans cet ouvrage sont un bel antidote [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em>C’était mieux avant !</em> est le titre en forme d’antiphrase<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> d’un petit livre de Michel Serres.<br />
C’est une sorte de <strong>coup de gueule contre les grands-papas ronchons</strong> qui ne cessent de répéter cette phrase à la jeune génération.<br />
<strong>Les références de Michel Serres à la ruralité et à l&rsquo;agriculture dans cet ouvrage sont un bel antidote aux rêves de retour au passé de quelques ronchons, agronomes de salon et vieux avant l&rsquo;âge&#8230;</strong></p>
<p>Alain Finkielkraut, s’étant « reconnu dans le portrait du grand papa ronchon », a débattu avec Michel Serres dans son <strong><a href="https://www.franceculture.fr/emissions/repliques/etait-ce-ou-non-mieux-avant">émission <em>Répliques</em> du 20 janvier 2018</a></strong>.  Nous en conseillons vivement l’écoute.</p>
<p>Lire <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2018/01/c-etait-mieux-avant-de-michel-serres.html">la critique de Seppi</a></strong> sur son blog.</p>
<p><strong><em><a href="https://www.editions-lepommier.fr/cetait-mieux-avant#anchor1">C’était mieux avant !</a></em></strong>, Michel Serres, éditions Le Pommier, 2017.<br />
5€ chez tous les (bons) libraires. A recommander chaudement.</p>
<p><a href="https://www.editions-lepommier.fr/cetait-mieux-avant#anchor1"><img class="aligncenter wp-image-17170 size-full" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801CetaitMieuxAvantMichelSerres.jpg" alt="POM_mieux avant_170617_10,5x16.indd" width="324" height="495" /></a></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Antiphrase : « figure de style qui consiste à employer, par ironie ou par euphémisme, un mot, une locution ou une phrase, dans un sens contraire à sa véritable signification » (<em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antiphrase">Wikipedia</a></em>)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Plan de « sortie des pesticides » : illusoire et dangereux</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/22/plan-de-sortie-des-pesticides-illusoire-et-dangereux/</link>
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		<pubDate>Mon, 22 Jan 2018 16:47:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[ L’annonce le 11 janvier 2018 par Stéphane Travert de l’annonce « d’un plan de sortie des pesticides » au prochain Salon de l’Agriculture fait partie de la tactique maintenant éprouvée du gouvernement : « préparer les esprits » (en bon langage politicien de l’ancien monde) et espérer ainsi faciliter l’acceptation finale de l’amère potion. A quoi faut-il donc s’attendre ? Quelques [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-10915" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2014/05/1405SignalDanger-105x90.png" alt="1405SignalDanger" width="105" height="90" /> L’annonce le 11 janvier 2018 par Stéphane Travert de l’annonce « d’un plan de sortie des pesticides » au prochain Salon de l’Agriculture fait partie de la tactique maintenant éprouvée du gouvernement : « préparer les esprits » (en bon langage politicien de l’ancien monde) et espérer ainsi faciliter l’acceptation finale de l’amère potion. A quoi faut-il donc s’attendre ?</p>
<h1><strong>Quelques médias rendent compte de cette pré-annonce.</strong></h1>
<p>Dans « <strong><a href="http://www.environnement-magazine.fr/politiques/article/2018/01/11/116860/plan-sortie-des-phytosanitaires-sera-annonce-salon-agriculture-2018.php">Le plan de sortie des phytosanitaire sera annoncé au Salon de l’Agriculture 2018</a> »,</strong> <strong><em>Environnement Magazine</em></strong> rend compte de l’annonce par Stéphane Travert de ce plan qui « devrait <strong>rendre possible une sortie de l’utilisation des pesticides en trois ans, selon les déclarations du Président français</strong> »</p>
<p>Commentaire de Guy Waksman dans la <strong><a href="http://www.informatique-agricole.org/download/afia-gazette/2018_-_gazette_afia/gaz_180118_03.htm">gazette de l’AFIA du 18 janvier</a></strong> : Ce « Phytexit » est « aussi catastrophique &#8211; au sens où c&rsquo;est du temps et de l&rsquo;énergie dépensés en vain &#8211; pour l’agriculture française que le Brexit pour le Royaume-Uni et pour l’Europe »</p>
<p><em>Les Echos</em> (dans « <strong><a href="https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0301180762135-pesticides-le-plan-de-travail-du-gouvernement-2146580.php">Pesticides : le plan de travail du gouvernement</a></strong> ») et <em>Ouest France</em> (dans « <strong><a href="https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/un-avant-gout-du-plan-de-reduction-des-pesticides-5511239">Un avant-goût du plan de réduction des pesticides</a></strong> »), listent les « quatre priorités » du gouvernement :<br />
&#8211; La baisse rapide de l&rsquo;usage des pesticides les plus préoccupants pour la santé et l&rsquo;environnement.<br />
&#8211; Le renforcement de la recherche sur leur impact sur la santé.<br />
&#8211; La recherche d&rsquo;alternatives et la mise en œuvre de ces solutions par les agriculteurs.<br />
&#8211; Le renforcement d&rsquo;Ecophyto 2 et l&rsquo;amélioration de sa gouvernance.</p>
<p><em>Ouest France</em> détaille un peu plus les « mesures techniques » qui manieront « la carotte et le bâton ».</p>
<h1><strong>Qu’attendre de ce plan ?</strong></h1>
<p>Notons tout d’abord que <strong>l’intitulé du plan (« sortir des pesticides en trois ans ») est certes ambitieux (et stupide). Mais les priorités annoncées ne sont pas aussi « ambitieuses »</strong>. Elles ne sont pas des nouveautés. Des formulations proches ou identiques pourraient de plus faire l’unanimité.</p>
<p>Mais, <strong>malgré ce manque d’ambition, ce plan est dangereux</strong> pour plusieurs raisons :<br />
&#8211; <strong>En laissant croire que l’arsenal administratif sur les pesticides serait insuffisant, il alimente le commerce des marchands de peur</strong>. Notons par exemple que les « pesticides les plus préoccupants pour la santé et l’environnement » ont déjà été retirés du marché au niveau européen.<br />
&#8211; Il <strong>entretient l’illusion d’une agriculture sans aucun pesticide</strong>. Dans l’état actuel des connaissances, cette agriculture est impossible sauf à accepter un recul de la production, une diminution de la sécurité sanitaire des aliments, une augmentation du prix de l’alimentation, un recours massif aux importations. Sans compter la nécessité de recourir au travail des enfants pour ramasser les doryphores comme au bon vieux temps…<br />
&#8211; <strong>Il entretient l’illusion d’une agriculture biologique sans pesticides</strong>. On doit noter que le gouvernement, parmi les mesures censées « sortir des pesticides » proposerait des mesures supplémentaires pour favoriser le bio. Un bio sans bouillie bordelaise dommageable pour les sols, ni huile de neem, perturbateur endocrinien reconnu ? chiche !<br />
&#8211; Et surtout, <strong>il entretient la confusion entre « réduction des risques » et « réduction des volumes »</strong>. Confusion sur laquelle est basée la politique des pouvoirs publics depuis le Grenelle de l’Environnement.</p>
<p>La réduction d’utilisation des pesticides en volume est une perspective illusoire et dangereuse. <strong>L’amélioration de la balance bénéfices/risques</strong>, c’est-à-dire la réduction des risques <strong>et</strong> l’amélioration de l’efficacité, est la seule perspective concrète digne d’intérêt. Elle <strong>est mise en œuvre par</strong> <strong>l’ensemble des filières agricoles (agriculteurs, firmes phytos, machinisme, conseils, distributeurs privés et coopératifs) depuis des dizaines d’années</strong>. C’est une tâche longue et complexe : mesures agronomiques et préventives, méthodes mécaniques, biocontrôle, aide à la décision, qualité de la pulvérisation, profil des substances, formulation, méthodes d’application, etc. Mais les résultats sont là. Voir « <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2015/12/02/pourquoi-limpact-des-pesticides-diminue-t-il/">Impact des pesticides : pourquoi et comment diminue-t-il ?</a></strong> »</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-10602" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2014/03/1403CalifornieUsagesPesticidesParCategorie-520x435.jpg" alt="1403CalifornieUsagesPesticidesParCategorie" width="520" height="435" /></p>
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		<title>Lutter contre la désinformation scientifique (Académie d’Agriculture)</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/01/15/lutter-contre-la-desinformation-scientifique-academie-dagriculture/</link>
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		<pubDate>Mon, 15 Jan 2018 17:18:08 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans « L&#8217;Académie rend compte de sa participation au colloque &#171;&#160;Comment lutter contre la désinformation scientifique ?&#160;&#187; », l’Académie d’Agriculture de France dresse une liste des principales leçons de ce colloque. Pour aller plus loin : &#8211; L’Académie d’Agriculture vient de publier Idées reçues et agriculture – Parole à la science, sous la direction de Catherine Regnault-Roger, éditions de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans « <strong><a href="https://www.academie-agriculture.fr/actualites/academie/lacademie-rend-compte-de-sa-participation-au-colloque-comment-lutter-contre-la">L&rsquo;Académie rend compte de sa participation au colloque &laquo;&nbsp;Comment lutter contre la désinformation scientifique ?&nbsp;&raquo;</a></strong> », l’Académie d’Agriculture de France dresse une liste des principales leçons de ce colloque.</p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong> :<br />
&#8211; L’Académie d’Agriculture vient de publier <strong><em><a href="https://www.academie-agriculture.fr/sites/default/files/agenda/ideerecuesagricsousc.pdf">Idées reçues et agriculture – Parole à la science</a></em></strong>, sous la direction de Catherine Regnault-Roger, éditions de l’Académie d’agriculture, 2018.</p>
<p><a href="https://www.academie-agriculture.fr/sites/default/files/agenda/ideerecuesagricsousc.pdf"><img class="aligncenter wp-image-17145 size-full" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801AcademieAgricultureScience.png" alt="1801AcademieAgricultureScience" width="281" height="421" /></a></p>
<p>&#8211;  <strong>Le hashtag <a href="https://twitter.com/search?q=%23scmedias&amp;src=typd">#scmedias</a></strong> sur twitter donne accès à de nombreuses diapos et images liées à ce colloque.<br />
<a href="https://twitter.com/search?src=typd&amp;q=%23scmedias"><img class="aligncenter wp-image-17144 size-large" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801ScienceMedias-520x390.jpg" alt="1801ScienceMedias" width="520" height="390" /></a></p>
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		<title>« Quand la FCPE introduit des lobbys dans l’école » (Yann Kindo)</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jan 2018 10:55:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[Sous ce titre, sur son blog La faucille et le labo abrité par Médiapart, Yann Kindo constate qu’un lobby échappe à « une saine tradition qui consiste à refuser l’intrusion dans l’école de lobbys qui veulent y promouvoir leurs salades, qu’elles soient idéologiques ou surtout mercantiles. […] Pare que, lorsqu’il s ‘agit de l’agriculture bio, là [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/060118/quand-la-fcpe-introduit-des-lobbys-dans-l-ecole">Sous ce titre</a></strong>, sur son blog <em>La faucille et le labo</em> abrité par <em>Médiapart</em>, Yann Kindo constate qu’un lobby échappe à « une saine tradition qui consiste à refuser l’intrusion dans l’école de lobbys qui veulent y promouvoir leurs salades, qu’elles soient idéologiques ou surtout mercantiles. […] Pare que, lorsqu’il s ‘agit de l’agriculture bio, là tout change, et tout l’arsenal intellectuel  qui refuse que les salles de classe, cours de récréation et autres cantines scolaires ne deviennent un terrain de jeu pour des options idéologiques et croyances particulières ou pour des intérêts marchands, tout cela est remisé au placard et on ne voit plus où est le problème. »</p>
<p>Il prend l’exemple de la campagne de la région Rhône-Alpes qui a diffusé dans les écoles « un véritable magazine de propagande » de l’alimentation bio. Aujourd’hui, la nouvelle majorité régionale est plutôt favorable à la promotion « des &laquo;&nbsp;produits locaux&nbsp;&raquo; et du terroir ». Yann Kindo note d’ailleurs : « les écologistes sont généralement en accord avec les gens de droite extrême comme notre président de région, l’argument « environnemental » étant souvent difficile à démêler de l’argument &laquo;&nbsp;patriotique&nbsp;&raquo; ».</p>
<p>Mais Yann Kindo centre surtout ses critiques sur « la pourtant très utile fédération de parents d’élèves FCPE, qui a en toute simplicité organisé auprès des enfants une campagne idéologique anti-pesticides aux côtés de lobbyistes très intéressés… »</p>
<p>Pour lui, le scandale d’une telle campagne tient en quelques points importants :<br />
&#8211; <strong>Une confusion entre le « loisir du jardinage » et</strong> « l’activité économique fondamentale qu’est <strong>l’agriculture</strong> et qui consiste notamment à nourrir bientôt 9 milliards d’humains sur la planète. »<br />
&#8211; <strong>Une vision à la Disneyde la biodiversité</strong> : « C’est très bien d’avoir dessiné sur l’affiche de jolis auxiliaires du jardinier comme l’abeille, le ver de terre, le lézard ( ?) et la coccinelle, mais pourquoi n’y voit-on pas représentées aussi d’autres bestioles telles que la limace, le puceron ou le doryphore, qui  eux aussi  font partie de la &laquo;&nbsp;nature&nbsp;&raquo; ? »<br />
&#8211; <strong>L’absurdité du slogan « Mon jardin au naturel »</strong>. Car « Que j’écrase les doryphores avec les doigts ou que je les empoisonne pour que je puisse au final avoir des patates, que je désherbe à la main ou que je répande du Round-Up pour éliminer la végétation que je ne veux pas et favoriser celle que je veux, ça ne change rien à l’affaire, c’est <strong>du jardinage, et c’est anti-naturel au possible</strong>. »<br />
&#8211; <strong>La connivence coupable avec Kokopelli</strong>, partenaire de l’évènement et marchand de « semences bio et anciennes »… et commercialisant « sous son nom – et bien plus cher – une variété de haricot protégée par une AOC. En gros, [faisant] ce que fait un élève quand il copie, c’est à dire s’approprier le travail d’autrui. […] « A bas les règlements, je fais ce que je veux comme je veux », était-ce là le message civique que la FCPE a voulu faire passer dans les écoles ? »<br />
&#8211; <strong>La connivence avec le marchand de peur Générations Futures</strong>, « une association qui est en fait l’émanation des principaux poids lourds du secteur « bio » de l’industrie agro-alimentaire, et qui lui sert de force  de frappe médiatique pour promouvoir ses ventes en dénigrant les produits de ses concurrents du conventionnel. »</p>
<p>De nombreux liens dans l’article permettent d’étayer les dires de Yann Kindo.</p>
<p><strong>Nous ne pouvons qu’en conseiller la <a href="https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/060118/quand-la-fcpe-introduit-des-lobbys-dans-l-ecole">lecture intégrale</a>.</strong></p>
<p><a href="https://blogs.mediapart.fr/yann-kindo/blog/060118/quand-la-fcpe-introduit-des-lobbys-dans-l-ecole"><img class="aligncenter size-large wp-image-17134" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/01/1801infographie-bio-gf21-520x378.jpg" alt="1801infographie-bio-gf21" width="520" height="378" /></a></p>
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