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	<title>ForumPhyto</title>
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	<description>ForumPhyto, la santé des plantes</description>
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		<title>Combien de victimes des pesticides ? Quand l’INSERM se déclare incompétent&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2018 05:34:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Protection de l'applicateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé : une Mission interministérielle a chiffré récemment le nombre de cas de lymphome non hodgkinien (LNH) causé par les pesticides chez les agriculteurs. Elle arrive au résultat de 2300 cas sur la période 2005-2013. Le mode de calcul de cette estimation est particulièrement  révélateur des impasses actuelles de l’utilisation des études épidémiologiques en expertise sanitaire : [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : une Mission interministérielle a chiffré récemment le nombre de cas de lymphome non hodgkinien (LNH) causé par les pesticides chez les agriculteurs. Elle arrive au résultat de 2300 cas sur la période 2005-2013. Le mode de calcul de cette estimation est particulièrement  révélateur des impasses actuelles de l’utilisation des études épidémiologiques en expertise sanitaire :</em></strong></p>
<ul>
<li><strong><em>L’INSERM lui-même se refuse à réaliser ce chiffrage dans la cohorte Agrican, qu’il suit pourtant depuis 13 ans</em></strong></li>
<li><strong><em>La Mission a donc dû faire ce calcul sous sa propre responsabilité :</em></strong>
<ul>
<li><strong><em>Avec des données fournies par l’INSERM sans analyse statistique, et avec un mode de calcul récusé par l’INSERM</em></strong></li>
<li><strong><em>En attribuant aux pesticides un excès de LNH effectivement observé dans Agrican, mais essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</em></strong></li>
<li><strong><em>Et probablement en comptabilisant deux fois les myélomes multiples, une forme de cancer que les publications INSERM regroupent habituellement avec les LNH</em></strong></li>
</ul>
</li>
</ul>
<p><strong><em>Ce chiffrage est donc un compromis boiteux, qui va alarmer les agriculteurs sans justification scientifique sérieuse, mais, par contre, sous-estime gravement le nombre d’indemnisation potentielles à verser. En effet, le lymphome non-hodgkinien étant classé comme maladie professionnelle, avec des critères d’éligibilité très souples, il est probable qu’une large majorité des agriculteurs conventionnels qui contracteront cette maladie pourraient obtenir sa reconnaissance comme maladie professionnelle…contrairement aux agriculteurs bios.</em></strong></p>
<p>Une mission interministérielle française a récemment été chargée de définir les modalités de financement futur de l’indemnisation des victimes des pesticides. Elle a rendu son rapport en début d’année<a href="#_edn1" name="_ednref1">[1]</a>. La première étape de ce travail était évidemment d’estimer le nombre potentiel de ces victimes, en particulier pour les deux maladies actuellement reconnues comme maladies professionnelles, la maladie de Parkinson, et le lymphome non hodgkinien (LNH, une forme de cancer des cellules sanguines). La Mission arrive au résultat inquiétant de 2300 cas de LNH, entre 2005 et 2013, au sein de la population agricole française, en se basant sur les résultats de la cohorte Agrican qui suit la santé d’une large population d’agriculteurs français. La méthode suivie est exposée dans l’annexe VI du rapport de la Mission… et sa lecture révèle bien des surprises ! Nous résumerons ici les principales étapes du raisonnement, pour une analyse plus détaillée, en particulier sur le plan statistique, voir notre <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805CombienDeVictimesComplet.pdf">article complet</a></strong>.</p>
<h1><strong>L’étrange aveu de l’INSERM</strong></h1>
<p>Rappelons d’abord que le LNH a été reconnu comme maladie professionnelle des agriculteurs utilisateurs de pesticides en 2015 en France. Il est intéressant de noter que ce classement allait au-delà des certitudes scientifiques de l’époque. En effet, <strong>dans son expertise collective de 2013, l’INSERM l’a classé parmi les pathologies pour lesquelles il y a une « présomption forte de liaison avec l’exposition aux pesticides », mais pas de démonstration de la causalité. </strong>De plus, à cette date, aucun excès de mortalité ou d’incidence (nombre de cas nouveaux) n’avait été observé pour cette maladie dans les deux plus grandes cohortes mondiales sur la santé des agriculteurs, AHS aux USA, et Agrican en France. <strong>Depuis cette époque, une publication française de 2017 a changé la donne, puisqu’après un suivi plus long, un excès significatif de LNH a été identifié dans la cohorte Agrican. Mais, comme nous le verrons dans la suite, ce résultat nouveau n’étaye pas davantage l’hypothèse d’un effet des pesticides sur le LNH, au contraire</strong>.</p>
<p>Quoiqu’il en soit sur le plan scientifique, la reconnaissance du LNH comme maladie professionnelle est désormais un fait juridique dont il faut tenir compte, et il est bien sûr nécessaire d’estimer le coût futur des indemnisations consécutives à ce classement. C’est à quoi s’est attaqué la mission interministérielle chargée de la réflexion sur le financement de la prise en charge des victimes des produits phytopharmaceutiques.</p>
<p>On pourrait penser naïvement que ce chiffrage des victimes potentielles a déjà été fait lors des études épidémiologiques. En effet, dans les études dites prospectives, les chercheurs calculent des taux d’incidence et de mortalité standardisés, qui permettent théoriquement de comparer le nombre de cas nouveaux et de décès survenus chez les agriculteurs, par rapport à la population générale. Si pour une maladie on trouve une incidence standardisée significativement supérieure à 1, par exemple de 1.09, on considère habituellement qu’il y a un excès de 9% de cette maladie chez les agriculteurs. Il parait donc simple  de  calculer le nombre de victimes potentielles, en extrapolant à l’ensemble de la population agricole le sur-risque estimé à partir de ces incidences standardisées.</p>
<p><strong> Première surprise : l’INSERM récuse ce raisonnement comme trop simpliste, au motif que les incidences standardisées pourraient être faussées par l’effet de facteurs protecteurs des cancers propres aux agriculteurs.</strong> Par exemple, on sait qu’ils fument moins que la population générale, et certaines études suggèrent aussi que le contact avec les animaux d’élevage est associé à un risque moindre de cancers. De façon plus générale, il semble clair qu’existe chez les agriculteurs un « effet travailleur sain », déjà observé chez d’autres catégories professionnelles dont le métier implique une activité physique régulière, favorable à la santé. Comme ces effets protecteurs font baisser les incidences standardisées des agriculteurs, on risque donc de sous-estimer l’effet négatif des pesticides.</p>
<p>Cette objection est bien sûr scientifiquement recevable, mais il est plutôt regrettable que l’INSERM, 13 ans après lancé la cohorte Agrican, n’ait pas encore réfléchi aux méthodes statistiques qui permettraient de corriger ce biais ! De plus, ce raisonnement suppose que les agriculteurs non utilisateurs de pesticides devraient avoir des incidences standardisées plus basses que ceux des utilisateurs de pesticides. (puisque les effets protecteurs associés à la vie agricole devraient s’exercer chez eux, sans être annulés par les effets négatifs des pesticides. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe dans Agrican ! (cf notre article détaillé).</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17259" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805EffetsProtecteurs.png" alt="1805EffetsProtecteurs" width="948" height="362" /></p>
<p><strong>Figure 1 a et b : Dans les études épidémiologiques, les agriculteurs utilisateurs de pesticides ont des incidences standardisées de cancer inférieures ou égales à 1 (et donc à la population générale), pour presque toutes les formes de cancer. L’interprétation la plus immédiate de ces résultats serait que les pesticides n’ont pas d’effet sur le cancer. A juste titre, l’INSERM met en garde contre cette lecture trop simpliste : en effet, beaucoup d’indices montrent que le travail agricole est corrélé à plusieurs facteurs protecteurs contre le cancer. Il est donc plausible que ces effets positifs masquent un effet nocif des pesticides (Fig 1a). C’est pourquoi l’INSERM déconseille l’utilisation des incidences standardisées pour calculer le nombre de cancers induits par les pesticides  Toutefois, si c’était le cas, les agriculteurs non utilisateurs de pesticides devraient bénéficier des effets protecteurs, sans souffrir des effets nocifs des pesticides. Ils devraient donc avoir une incidence encore plus basse que les agriculteurs utilisateurs de pesticides. Or, ce n’est pas du tout ce que l’on trouve par exemple pour le LNH dans la cohorte Agrican, on observe même la tendance inverse (Fig 1b, cf aussi Tab. 1).</strong></p>
<p>Quoiqu’il en soit, l’INSERM n’a pas souhaité rentrer dans ce débat, et s’est refusé à chiffrer le nombre de cas de LNH induits par les pesticides. Sur la question de savoir combien d’agriculteurs pourraient faire valoir une cause professionnelle pour leur LNH, sa position est qu’<em>« Il est possible et justifié scientifiquement de statuer que tout agriculteur diagnostiqué d’un cancer de la prostate ou tout agriculteur ou agricultrice diagnostiquée d’un LNH incluant tous les types de LNH dont les myélomes multiples est donc susceptible de bénéficier du statut de victime s’il(elle) a utilisé lui-même (elle-même) des pesticides ou s’il(elle) a travaillé dans un secteur (viticulture, arboriculture fruitière, maraîchage en plein champs ou sous serres…) où 100% des personnes travaillant sont exposées soit directement soit secondairement (réalisation de tâches de réentrée ou de récolte).<a href="#_edn2" name="_ednref2"><strong>[2]</strong></a> » </em><strong>On peine un peu à comprendre ce qui « justifie scientifiquement » que tous les cas de LNH chez les agriculteurs exposés aux pesticides soient dus à ces produits : rappelons tout de même que cette maladie existait déjà avant l’invention des produits phytosanitaires, et existe aussi dans les populations non exposées (y compris, nous y reviendrons, chez les agriculteurs bios…).</strong> Mais en tout cas cette proposition de l’INSERM a le mérite de la générosité.</p>
<p>On comprend tout de même que cette largesse ne fasse pas l’affaire de la Mission chargée de définir le financement de l’indemnisation des victimes ! Face au bottage en touche de l’INSERM, c’est donc la Mission elle-même qui a dû prendre la responsabilité d’estimer le nombre de cas de LNH provoqué par les pesticides. Pour cela, elle n’a bien sûr pas eu d’autre choix que de se baser sur les incidences standardisées dans Agrican, donc la méthode critiquée par l’INSERM ! Curieusement, l’Institut n’a vu aucun problème éthique à fournir pour cela des données standardisées inédites, et sans analyse statistique, en sachant qu’elles seraient utilisées selon une méthode qu’il récusait. Encore plus surprenant, vu les motivations de ses scrupules scientifiques, ces données ne distinguent pas le cas des agriculteurs utilisateur et non utilisateurs de pesticides.</p>
<p>C’est à partir de ces données, non publiées précédemment, que la Mission a pu estimer que le sur-risque de LNH chez les agriculteurs était de 9%, et en déduire que le nombre total de cas générés par les pesticides était de 2300 dans la population agricole française, pour la période considérée (200( à 2013).</p>
<p>Quoiqu’en dise l’INSERM, le principe de ce calcul parait raisonnable, et c’est de toute façon le seul possible avec les données disponibles. Mais sa réalisation et son interprétation soulèvent deux gros problèmes :</p>
<ul>
<li>il semble probable que la mission ait comptabilisé 2 fois les cas de myélomes multiples, qu’elle a considéré comme une pathologie différente du LNH, alors que la présentation des données Inserm laisse plutôt l’impression qu’elles sont déjà incluses dans le total des LNH. Si c’est le cas, ce qui reste à éclaircir, cela aurait entrainé une surestimation de 20% du nombre total de LNH. Mais, paradoxalement, ce petit doute est secondaire par rapport à une autre approximation beaucoup plus inquiétante : l’attribution de 9% des cas aux pesticides</li>
<li>en effet, cette valeur de 9% correspond bien à l’excès de LNH, statistiquement significatif, observé dans la dernière publication INSERM sur l’incidence des cancers dans Agrican. Mais les données fournies par l’INSERM à la Mission occultent un « petit » problème d’interprétation : <strong>cet excès de LNH est observé essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</strong>!</li>
</ul>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17256" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/05/1805LemarchandIncidenceLNH.png" alt="1805LemarchandIncidenceLNH" width="960" height="720" /></p>
<p><strong>Tableau 1 : incidence standardisée (SIR) du LNH dans le dernier bilan publié par l’INSERM sur la cohorte Agrican<a href="#_edn3" name="_ednref3"><strong>[3]</strong></a>. On retrouve bien l’excès de 9% (SIR = 1,09), retenu comme valeur du sur-risque par la Mission. Mais le détail en fonction des profils d’exposition aux pesticides (qui ne figurait pas dans les données fournies par l’INSERM pour la Mission, ou en tout cas pas dans l’Annexe VI du rapport), révèle des résultats inattendus :</strong></p>
<ul>
<li><strong>L’incidence standardisée des agriculteurs exposés aux pesticides dans les cultures (« Pesticides on crops »), donc de loin les plus exposés, est parfaitement normale : SIR = 1,01</strong></li>
<li><strong>L’excès de LNH observé vient en fait des agriculteurs qui n’ont pratiqué que des traitements des espaces non cultivés, ou utilisés des molécules à usage vétérinaire (« Other pesticides », +16%)… et surtout des agriculteurs non exposés aux pesticides (« No pesticides », +23%) !</strong></li>
</ul>
<p><strong>En conséquence, les 2300 cas de LNH calculés par la Mission représentent bien l’excès de LNH chez les agriculteurs français, mais il n’y a aucune raison de supposer que cet excès soit réellement dû à l’exposition aux pesticides.</strong> Non seulement l’incidence standardisée des agriculteurs utilisateurs est parfaitement normale, mais celle des non-utilisateurs de pesticides est par contre supérieure à la normale ! Bien sûr, cet excès chez les non-utilisateurs de pesticides n’est pas significatif, mais il montre au moins <strong>qu’il n’y a aucune raison de suspecter un effet protecteur de la vie agricole contre le LNH, qui pourrait masquer un effet nocif éventuel des pesticides</strong> (pour une discussion plus détaillée sur la valeur statistique des résultats non significatifs, voir notre article détaillé).</p>
<p><strong>2 300 cas : une cote mal taillée, du point de vue scientifique comme économique</strong></p>
<p>En résumé, nous obtenons donc une estimation de 2300 cas de LNH causés par les pesticides :</p>
<ul>
<li>calculée à partir de données de l’INSERM, mais par des méthodes que l’INSERM récuse</li>
<li>qui attribue aux pesticides un excès de LNH effectivement observé dans Agrican, mais essentiellement chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides</li>
</ul>
<p>A quoi sert ce chiffre ? Pour toutes les raisons que nous avons vues, les incidences publiées par Agrican ne donnent aucune raison de penser qu’il y ait un excès de LNH  causé par les pesticides : non seulement les agriculteurs utilisateurs de pesticides ne montrent aucun excès de LNH, mais les résultats des agriculteurs non utilisateurs de pesticides ne donnent aucune raison de penser qu’il y ait chez les agriculteurs un facteur protecteur du LNH qui masquerait un effet éventuel des pesticides sur cette maladie.</p>
<p>Par ailleurs, cette estimation n’a aucun rapport avec le nombre de cas que le fonds d’indemnisation pourrait être amené à traiter : compte tenu des critères retenus pour la reconnaissance du LNH comme maladie professionnelle chez les agriculteurs, le nombre de cas éligibles, bien que très flou,  pourrait être beaucoup plus élevé. Potentiellement, tout agriculteur utilisateur de pesticides pourrait être éligible s’il est atteint de LNH pendant sa vie professionnelle, ou moins de 10 ans après sa retraite.</p>
<p>On ne voit donc pas l’intérêt de ce chiffre, qui n’a aucune valeur scientifique, ni économique, sinon  pour « justifier » a posteriori le classement du LNH comme maladie professionnelle, et l’affirmation selon laquelle le nombre de cas reconnus serait très inférieur à la réalité. On note aussi en passant une conséquence paradoxale de ce chiffrage : en légitimant l’attribution de l’excès de LNH aux pesticides, il exclut de fait les agriculteurs bio, ou non utilisateurs de pesticides, de la reconnaissance comme maladie professionnelle, alors que dans les chiffres Agrican actuels ce sont eux les plus exposés à cette maladie. Bien sûr, l’explication la plus probable de cet excès de LNH chez les non-utilisateurs de pesticides est qu’il s’agit d’un simple aléa statistique. Mais si à l’avenir il s’avérait que la cause réelle de l’excès de LNH était un facteur autre que les pesticides, les agriculteurs bio se seraient trouvés pénalisés de ce fait.</p>
<h1><strong>Où l’on retrouve nos frères ennemis alpha et bêta</strong></h1>
<p>En attendant, ce rapport a au moins le mérite d’illustrer les lacunes béantes de l’interprétation des études de recherche épidémiologique sur les pesticides :</p>
<ul>
<li>Treize ans après le lancement d’Agrican, l’INSERM déclare ne pas pouvoir chiffrer le nombre de cancers en excès chez les agriculteurs, et ne propose aucune piste de travail pour y remédier.</li>
<li>Cet aveu est d’autant plus surprenant que c’est ce type de cohortes prospectives qui devait apporter des résultats incontestables pour mesurer l’effet des pesticides sur la santé. En fait, les indicateurs habituellement utilisés dans ce type d’études (les incidences et mortalités standardisées) sont rassurants et cohérents dans les deux plus grandes mondiales sur le sujet à de rares exceptions près : les mortalités standardisées des agriculteurs utilisateurs de pesticides sont inférieures ou égales à la normale pour TOUTES les formes de cancers. Il en est de même pour presque toutes les incidences, à l’exception des cancers de la prostate, des lèvres, et du myélome multiple.</li>
<li>Toutefois les épidémiologistes se refusent à interpréter les incidences standardisées normales, voire inférieures à la normale, comme la preuve d’une absence d’effet des pesticides. Ils objectent à cela l’« effet travailleur sain », qui pourrait compenser l’effet nocif des pesticides. Cette objection est tout-à-fait recevable, car il est reconnu que les chômeurs de longue durée et autres personnes inactives ont une santé et une longévité beaucoup moins bonne que la moyenne : on comprend que cela puisse fausser les comparaisons entre des catégories professionnelles comme les agriculteurs (dont les chômeurs sont par définition exclus), et la population générale. Mais on comprend moins pourquoi ce problème statistique reste insoluble, depuis 15 ans qu’il se pose pour les études sur les agriculteurs, alors qu’une standardisation basée sur la population active, et non la population générale permettrait d’y remédier. De plus, cet effet « travailleur sain », s’il était assez fort pour masquer l’effet négatif de pesticides, devrait s’observer chez les agriculteurs non utilisateurs de pesticides. Or ce n’est pas du tout ce que l’on observe dans la cohorte Agrican pour l’instant, où l’on a même une tendance inverse !</li>
</ul>
<p>Au final, on est donc tenté d’aller encore plus loin que l’INSERM dans la remise en cause des incidences standardisées : non seulement elles ne permettent pas de calculer de façon fiable un nombre de cas de cancers provoqués par les pesticides, mais elles ne permettent même pas de démontrer qu’il y en a !</p>
<p>Enfin, cette étude de cas montre plusieurs fois l’importance d’examiner les résultats non significatifs de l’INSERM, que les chercheurs ont tendance à négliger. Par définition, le principe de précaution suppose de n’autoriser un produit que quand il a fait la preuve de son absence d’effet sanitaire indésirable. En termes statistiques, cela se traduit par une différence non significative entre populations exposée et non exposée aux pesticides, à condition évidemment que ces résultats soient obtenus avec une puissance statistique forte, donc un risque de 2<sup>ème</sup> espèce bêta faible. C’est sur ce type de résultats que s’appuient les agences d’évaluation sanitaires comme l’ANSES. Or l’exploitation des données Agrican par l’INSERM se polarise essentiellement sur les rares résultats significatifs. C’est tout-à-fait compréhensible vu les centres d’intérêt et le mode d’évaluation de la recherche, mais cela déséquilibre totalement l’interprétation des résultats de la cohorte<a href="#_edn4" name="_ednref4">[4]</a>. Résultat : l’impressionnante avalanche de résultats ne montrant aucun excès significatif de cancer chez les agriculteurs ne suscite aucune analyse sérieuse, alors que beaucoup d’entre eux ont une puissance statistique qui parait correcte. Le point de vue de l’ANSES serait donc crucial, et c’est ce qui nous amène à la dernière bizarrerie de cette Mission : le point de vue de l’agence sur cette question n’est exprimé nulle part ! Certes, 5 de ses membres ont été auditionnés dans le cadre de la Mission, mais l’avis d’expertise de l’ANSES en tant que telle n’apparait nulle part : une lacune gênante, dans la mesure où le chiffrage de la Mission remet gravement en cause les évaluations de l’ANSES (ou des structures qui l’ont précédée pour l’homologation des produits phytosanitaires). Pourquoi pas ? Mais une accusation aussi grave devrait être étayée par une analyse très rigoureuse, et non par un chiffrage produit par une Mission ad hoc, à partir de données INSERM délivrées sans analyse statistique ni expertise contradictoire. Faut-il y voir un signal politique, à un moment où, après les controverses sur le glyphosate (où la maladie en cause était déjà le LNH), des ministres et des députés de la majorité s’associent à la remise en cause des agences sanitaires menée par les ONG environnementalistes<a href="#_edn5" name="_ednref5">[5]</a> ?</p>
<p>Philippe STOOP</p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[1]</a> <a href="http://agriculture.gouv.fr/telecharger/89861?token=32f9951a0796a25966ff306e1d88e7ea">http://agriculture.gouv.fr/telecharger/89861?token=32f9951a0796a25966ff306e1d88e7ea</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[2]</a> Annexe VI, page 9</p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[3]</a> Cancer incidence in the AGRICAN cohort study (2005-2011), Lemarchand et al., 2017 <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28709062">https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28709062</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[4]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/10/04/peche-aux-alphas-contre-chasse-aux-petits-betas-pourquoi-lanalyse-des-risques-environnementaux-ne-devrait-pas-etre-seulement-un-travail-de-chercheurs/">http://www.forumphyto.fr/2016/10/04/peche-aux-alphas-contre-chasse-aux-petits-betas-pourquoi-lanalyse-des-risques-environnementaux-ne-devrait-pas-etre-seulement-un-travail-de-chercheurs/</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[5]</a> <a href="https://www.lopinion.fr/edition/economie/philippe-stoop-itk-glyphosate-denigrement-agences-sanitaires-derives-140478">https://www.lopinion.fr/edition/economie/philippe-stoop-itk-glyphosate-denigrement-agences-sanitaires-derives-140478</a></p>
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		<title>LesInfos1805 14 mars 2018</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Mar 2018 09:06:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Newsletters]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8211; ForumPhyto : Une page se tourne… &#8211; Inutile, le désherbage ?? Quand l’agroécologie nie l’agronomie… et l’écologie ForumPhyto : Une page se tourne…  Dans les prochaines semaines, vous ne recevrez plus LesInfos de ForumPhyto sous leur forme actuelle. Le nouvel élan que ForumPhyto avait décidé de prendre n’a pas pu se concrétiser. Nous (Jean-François [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/03/14/forumphyto-une-page-se-tourne/">&#8211; ForumPhyto : Une page se tourne…</a><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/28/inutile-le-desherbage-quand-lagroecologie-nie-lagronomie-et-lecologie/"><br />
&#8211; Inutile, le désherbage ?? Quand l’agroécologie nie l’agronomie… et l’écologie</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/03/14/forumphyto-une-page-se-tourne/">ForumPhyto : Une page se tourne…</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17240" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/03/1803FuturLeChat-116x90.jpg" alt="1803FuturLeChat" width="116" height="90" /> Dans les prochaines semaines, vous ne recevrez plus LesInfos de ForumPhyto sous leur forme actuelle. Le nouvel élan que ForumPhyto avait décidé de prendre n’a pas pu se concrétiser. Nous (Jean-François Proust, animateur, et Jean-Charles Bocquet, secrétaire général) tenons à partager avec les lecteurs de ForumPhyto notre point de vue, forcément subjectif, sur la page qui se tourne. Le…</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/03/14/forumphyto-une-page-se-tourne/">Lire la suite</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/28/inutile-le-desherbage-quand-lagroecologie-nie-lagronomie-et-lecologie/">Inutile, le désherbage ?? Quand l’agroécologie nie l’agronomie… et l’écologie</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17234" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Figure1Bretagnolle-133x90.png" alt="1802Figure1Bretagnolle" width="133" height="90" /> Résumé : une publication scientifique conteste l’intérêt du désherbage sur blé, et affirme qu’il détruit des espèces rares. La méthode a de quoi faire sourire, car les auteurs se contentent de brasser statistiquement des indicateurs n’ayant aucun rapport avec la nuisibilité des adventices, ni l’efficacité technique ou économique du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent aucune corrélation entre ces variables,…</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/28/inutile-le-desherbage-quand-lagroecologie-nie-lagronomie-et-lecologie/">Lire la suite</a></p>
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		<title>ForumPhyto : Une page se tourne…</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Mar 2018 08:54:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Adhérents]]></category>
		<category><![CDATA[Vie du Forum]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans les prochaines semaines, vous ne recevrez plus LesInfos de ForumPhyto sous leur forme actuelle. Le nouvel élan que ForumPhyto avait décidé de prendre n’a pas pu se concrétiser. Nous (Jean-François Proust, animateur, et Jean-Charles Bocquet, secrétaire général) tenons à partager avec les lecteurs de ForumPhyto notre point de vue, forcément subjectif, sur la page [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les prochaines semaines, vous ne recevrez plus LesInfos de ForumPhyto sous leur forme actuelle. Le nouvel élan que ForumPhyto avait décidé de prendre n’a pas pu se concrétiser. Nous (Jean-François Proust, animateur, et Jean-Charles Bocquet, secrétaire général) tenons à partager avec les lecteurs de ForumPhyto notre point de vue, forcément subjectif, sur la page qui se tourne.</p>
<h1><strong>Le bilan de ForumPhyto</strong></h1>
<p><strong>« Pour une protection des plantes, durable, responsable et assumée »</strong> : Sur cette base, depuis plus de 11 ans, ForumPhyto, association 1901 des AOP fruits et légumes et pommes de terre dédiée à la santé des plantes, recherche, résume et diffuse <strong>des informations fiables sur la protection sanitaire des plantes</strong>.</p>
<p>Depuis sa création, ForumPhyto a échangé en toute transparence avec l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes). L’UIPP a ses propres objectifs qui ne se confondent pas avec ceux des agriculteurs. Mais, à condition de respecter l’indépendance de chacun, et même si cela n’a pas toujours été bien compris, l’échange d’informations a été incontestablement mutuellement profitable.</p>
<p><strong>La protection des plantes ne se résume pas, loin de là, à l’utilisation de produits phytosanitaires</strong>. C’est aussi (et d’abord !) : des mesures agronomiques, préventives, mécaniques, des auxiliaires naturels, du biocontrôle, l’amélioration permanente des substances et de leur formulation, l’amélioration des matériels de pulvérisation, des Outils d’Aide à la Décision, la formation des agriculteurs, etc.</p>
<p><strong>Le but de ForumPhyto était de libérer la parole des producteurs</strong> en toute transparence et responsabilité. Ses principaux moyens étaient : site Internet, newsletters, réseaux sociaux, et interaction permanente avec la filière française et européenne.<br />
<strong>Le bilan est globalement positif</strong> : à sa modeste mesure, ForumPhyto a contribué à une expression libérée des producteurs sur la question phytosanitaire. Le site Internet, sur lequel s’appuient les newsletters, est une <strong>source reconnue d’informations</strong> s’appuyant sur des sources fiables et utile à la filière européenne des fruits et légumes, mais aussi à l’ensemble des productions.</p>
<h1><strong>Un élan brisé</strong></h1>
<p>Il y a bientôt 2 ans, ForumPhyto a décidé de prendre <strong>un nouvel élan</strong> (voir <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/12/21/forumphyto-prend-un-nouvel-elan/"><strong>ici</strong></a>). Les objectifs principaux de ce pari étaient :<br />
&#8211; <strong>d’élargir la base de ForumPhyto</strong> à l’ensemble des filières agricoles (et pas seulement fruits et légumes)<br />
&#8211; <strong>de préparer la relève de la toute petite organisation ForumPhyto</strong> : président et animateur.</p>
<p><strong>Le pari a été en partie tenu</strong> : Changement de président, réunions de travail pour mieux définir les nouveaux objectifs et moyens, consultation de l’ensemble des organisations des filières agricoles.</p>
<p><strong>Cependant, plusieurs difficultés sont apparues</strong> :<br />
&#8211; L’<strong>offensive médiatique et politique remettant en cause la place de la science dans la société</strong> fait rage : chimie, médecine, vaccins, ondes… La science agronomique n’échappe pas à cette situation.<br />
&#8211; En épousant parfois les thèses de certaines ONG sans scrupule, <strong>les pouvoirs publics eux-mêmes contribuent à alimenter la défiance</strong> naissante du public vis-à-vis du processus réglementaire et des agences officielles.<br />
&#8211; Dans ce contexte, <strong>les grandes organisations hésitent à défendre elles-mêmes ouvertement la protection des plantes dans tous ses aspects</strong>, ou même à soutenir des initiatives allant dans ce sens. Concrètement, beaucoup d’entre elles, à commencer par Coop de France, n’ont pas souhaité s’engager.<br />
&#8211; Certains adhérents de ForumPhyto, tout en comprenant l’intérêt de la démarche de ForumPhyto, tentent de trouver des solutions individuelles, au détriment des démarches collectives et transversales.</p>
<h1><strong>En tirer les conséquences</strong></h1>
<p><strong>En octobre 2017, le Comité de Pilotage de ForumPhyto a pris acte de la nécessité de redéfinir les objectifs et les moyens en conséquence de ces faits</strong>. Il a souhaité que le travail de veille ne soit pas interrompu dans l’attente de nouvelles perspectives. Concrètement, depuis quelques mois, l’animateur, officiellement en retraite, a continué d’assurer la rédaction du site et des newsletters.</p>
<p>Cette solution ne pouvait être que transitoire.<br />
Aujourd’hui, nous nous interrogeons sur la volonté de la profession agricole. La filière fruits et légumes ne peut pas continuer seule à soutenir le travail de veille et d’analyse. Le maintien d’une newsletter dans ces conditions peut devenir artificiel.</p>
<p>Nous sommes à la croisée des chemins. Dans les années qui viennent, soit les filières agricoles aborderont la question phytosanitaire sans détour et sans complexe, soit l’agriculture française, et, au-delà, européenne, est en grand danger sinon de disparition totale, du moins de réduction drastique de son rôle de production d’une nourriture diversifiée et de qualité à un prix abordable.</p>
<p>L’agriculture, qu’elle soit « conventionnelle » ou « bio », a besoin de produits phytosanitaires, c’est-à-dire de pesticides. Elle continuera à en avoir besoin dans un avenir prévisible (au moins quelques dizaines d’années encore !). Pour la même raison que les humains ou les animaux de médicaments. Juste ce qu’il faut, quand il faut et comme il faut. Les pesticides, comme les antibiotiques, « c’est pas automatique » ; Mais c’est nécessaire.</p>
<p>Déjà, depuis quelques années, des forces émergent qui prennent conscience du danger des obscurantismes et de l’intérêt de la défense de la science, de l’agronomie, de la promotion de l’agriculture ; de la vraie agriculture, productive et respectueuse de la santé et de l’environnement. Un travail important est fait par des bloggeurs ou des sites, pas forcément liés au monde agricole, de plus en plus nombreux : L’AFIS, l’Académie d’Agriculture, Seppi, CulturAgriculture, Agriculture et Environnement, The Risk Monger, Yann Kindo, La Chèvre Pensante, EBBH, Un Monde Riant, Kevin Folta, Science Babe,…</p>
<p>En tant que citoyens responsables, nous resterons disponibles pour toute initiative allant dans ce sens. Un jour viendra où les organisations agricoles arrêteront de négocier le poids de leurs chaînes.</p>
<p>Jean-Charles Bocquet (@Bocquetjcharles) et Jean-François Proust (@JFP20)</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17240" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/03/1803FuturLeChat.jpg" alt="1803FuturLeChat" width="406" height="315" /></p>
<h1>La réponse du Comité de Pilotage : A nous de construire le futur!</h1>
<p>Jean-François, l’animateur de ForumPhyto a officiellement pris sa retraite au mois d’octobre dernier. Fidèle à ses engagements il a continué à animer ForumPhyto et à rédiger des articles jusqu’à ces derniers jours et dans l’attente du plan d’action que nous devions construire.</p>
<p>Avant d’aborder les perspectives que nous devons collectivement donner au ForumPhyto, il nous semble essentiel de revenir sur notre manière de parler de la protection des plantes et des produits phytosanitaires. Des premières descriptions de maladies des plantes au siècle des lumières au débuts de l’enseignement de la pathologie végétale il s’écoule plus d’un siècle. Le XIXème siècle est un siècle marqué par les progrès scientifiques. On apprend à maitriser le mildiou et l’oïdium. Les premiers traitements se développent, à commencer par le soufre et le cuivre. Les traitements disponibles restent très limités jusque dans les années 40. Ils sont souvent toxiques et non sélectifs. L’après-guerre et l’impératif de restaurer l’autonomie alimentaire de l’Europe entraine le développement d’une agriculture intensive et le développement de nouvelles solutions de protections des plantes. Au début des années 60 paraissent aux Etats-Unis les première critiques de l’agriculture intensive et des risques qu’elle représente pour l’environnement. Après 1968 les premiers mouvements écologistes se développent. Ils prônent un retour à une vie naturelle et sans chimie. A partir du début des années 1970 le respect de l’environnement est progressivement pris en compte pour devenir une priorité permanente pour tous les agriculteurs de France et d’Europe et pour leurs partenaires. La protection des plantes n’a jamais arrêté ses progrès avec des matières actives toujours plus douces pour l’environnement et un développement marqué des méthodes alternatives et complémentaires. Dans le même temps les mouvements écologistes ont professionnalisé leurs actions. Les ONG et la manipulation de la peur ont été mis au service de leurs idéaux avec des moyens et un écho sans cesse croissant. Et pendant ce temps, le monde agricole est resté silencieux. Silencieux sur ses pratiques, silencieux sur sa volonté de ne pas détruire la terre et la nature avec laquelle le paysan fait corps au quotidien. Et l’idée du complot des lobbies de l’agrochimie acoquinés au monde paysan depuis la nuit des temps pour se gaver de fric en empoisonnant l’humanité à fait son chemin lentement mais sûrement.</p>
<p>C’est dans cette ambiance, face à la pression sociétale croissante et confronté au problème des très nombreux usages mineurs de nos filières qu’est apparue le besoin de prendre ouvertement la parole sur la protection des plantes, sa nécessité et la bonne maîtrise de ses impacts. Pendant 11 ans, les newsletters de ForumPhyto ont été notre porte-voix, osant dire tout haut ce que nous pensions tout bas sans oser l’exprimer. Nous devons remercier Jean-François pour le travail accompli et pour son engagement permanent pour défendre nos pratiques responsables et en constante évolution mais nécessitant l’utilisation de moyens de protection efficaces pour nourrir la population en toute sécurité. Jean-Charles Bocquet, partenaire de la 1 ere heure lorsqu&rsquo;il était à l&rsquo;UIPP, a rejoint l’équipe ForumPhyto pour nous apporter son expérience après sa retraite professionnelle. Nous le remercions pour le temps qu’il nous a bénévolement consacré et pour son expertise inestimable.</p>
<p>Le patient travail de sape des ONG a aujourd’hui trouvé un écho nouveau. Celui des pouvoirs publics qui, non content de n’avoir pas atteint les objectifs des plans Ecophyto, rêvent désormais de nous obliger à « sortir des pesticides » pour le bien de l’humanité. Les agences sanitaires, l’indépendance de ses experts, la qualité des études scientifiques, tout est remis en cause et la science n’a que peu de poids face à la politique. La présence d’un ministre médiatique et emblématique du mouvement écologiste au gouvernement renforce la pression. La sortie du nucléaire est repoussée sine die, idem pour la fin du diésel. L’agriculture devra donc plier pour contenter la volonté politique de l’exécutif en mal de symboles pour ne pas décevoir sa soif de communication positive. Et tant pis pour l’agriculture si elle n’est pas capable de limiter sa soi-disant « dépendance » aux pesticides. Elle disparaitra.</p>
<p>Les attentes sociétales sont plus que jamais devenues un objet de compétitions entre entreprises. Toutes les organisations agricoles se mobilisent mais veulent pouvoir maitriser leur communication jusqu’à l’obsession au risque de n’être pas audibles.</p>
<p>Dans ce contexte, il nous apparaît important de préserver les acquis que nous a collectivement apportés ForumPhyto. Certaines de nos organisations ne souhaitent pas maintenir un soutien officiel à cette activité. D’autres la pensent indispensables.</p>
<p>En tant que Comité de Pilotage, il nous appartient donc collectivement de la suite à donner à ForumPhyto. Nous proposons aux adhérents de ForumPhyto de maintenir le site internet ainsi que le nom de domaine pour préserver les informations publiques qui s’y trouvent. Nous leur proposons également de créer un comité de relecture pour valider les contributions d’auteurs bénévoles ou pigistes afin de maintenir une newsletter périodique et une veille minimum sur la protection des plantes au moment où ce sujet devient une question d’état.</p>
<p>Afin de valider cette décision, nous réunirons prochainement le comité de pilotage. Il sera chargé de valider les orientations à prendre, le budget associé et l’appel de cotisations aux membres qui devra être réalisé.</p>
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		<title>Inutile, le désherbage ?? Quand l’agroécologie nie l’agronomie… et l’écologie</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Feb 2018 09:30:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Résumé : une publication scientifique conteste l’intérêt du désherbage sur blé, et affirme qu’il détruit des espèces rares. La méthode a de quoi faire sourire, car les auteurs se contentent de brasser statistiquement des indicateurs n’ayant aucun rapport avec la nuisibilité des adventices, ni l’efficacité technique ou économique du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent aucune [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Résumé : une publication scientifique conteste l’intérêt du désherbage sur blé, et affirme qu’il détruit des espèces rares. La méthode a de quoi faire sourire, car les auteurs se contentent de brasser statistiquement des indicateurs n’ayant aucun rapport avec la nuisibilité des adventices, ni l’efficacité technique ou économique du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent aucune corrélation entre ces variables, et en déduisent donc que le désherbage est inutile ! Par ailleurs, on aimerait savoir quelles sont les « espèces rares » dont ils parlent. Ce raisonnement est réfutable par tout agriculteur détenteur du Certiphyto, à condition bien sûr qu’on l’interroge sur le désherbage du blé, et non sur le glyphosate. Cela ne l’empêche pas d’être publié dans la prestigieuse revue Nature, et exposé doctement aux députés de la Mission d’Information parlementaire sur les pesticides. Le compte-rendu de l’audition sur La Chaine Parlementaire est révélateur de l’incroyable condescendance de ces chercheurs vis-à-vis des agriculteurs, et aussi des glissements entre une publication écrite déjà peu concluante, et la façon dont elle est présentée oralement aux parlementaires. </em></strong></p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-17233" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802LCP-520x346.jpg" alt="1802LCP" width="520" height="346" /></p>
<p>Après avoir décidé l’interdiction du glyphosate sous trois ans, à contre-courant de la décision européenne, la France réfléchit maintenant à son « plan de sortie des pesticides ». Peut-on vraiment s’en passer ?  Il y a 8 ans, l’INRA, dans son rapport Ecophyto R&amp;D<a href="#_edn1" name="_ednref1">[i]</a>, avait pourtant alerté sur la faisabilité et le coût économique du plan Ecophyto, qui prévoyait « seulement » de réduire leur usage de 50%.  Quels sont les éléments scientifiques nouveaux qui nous permettent maintenant d’envisager un « plan de sortie » ? Heureusement, le sujet a été depuis repris en main par une nouvelle génération de chercheurs, qui savent prendre de la hauteur par rapport aux réalités du terrain dans lesquelles les agronomes traditionnalistes ont tendance à s’enliser, et leurs conclusions sont décoiffantes : en fait, les pesticides ne servent à rien !</p>
<p><strong>Une publication de 2016<a href="#_edn2" name="_ednref2"><strong>[ii]</strong></a> l’a « démontré » clairement dans le cas des herbicides sur blé, avec un titre accusateur : « Les herbicides ne garantissent pas des hauts rendements, mais éliminent des espèces rares de plantes ».</strong> Ceci n’est pas un titre de Cash Investigation, mais d’un article de <em>Nature</em>, c’est vous dire si c’est scientifique ! Bon, pas tout-à-fait <em>Nature</em>, c’est paru dans <em>Nature Scientific Reports</em> pour être plus précis, mais ne soyons pas mesquins, c’est presque aussi prestigieux. Comment les auteurs en sont-ils arrivés à ces conclusions décapantes, qui annulent et remplacent 50 ans de recherche agronomique ?</p>
<h1><strong>Un truisme, suivi d’un syllogisme audacieux</strong></h1>
<p>Commençons par la 1<sup>ère</sup> affirmation du titre : les herbicides ne garantissent pas des hauts rendements.  <strong>Pour les agronomes, c’est un  truisme : jamais personne n’a prétendu qu’en agriculture raisonnée les herbicides étaient un facteur déterminant du rendement, dont l’effet se mesurerait facilement à l’échelle de l’année, comme c’est le cas dans cette étude</strong>. Leur efficacité se mesure à l’échelle de la rotation, afin d’empêcher la multiplication des semences d’adventices les plus envahissantes d’une année à l’autre.</p>
<p>Si cette affirmation est évidente, les conséquences qu’en tirent nos agro-écologistes sont plus originales : « Le but principal de cette étude était de déterminer si réduire les quantités d’herbicides utilisées réduirait significativement les rendements, à cause d’une augmentation de la richesse et/ou de l’abondance de la flore adventice, comme il l’a souvent été suggéré. <strong>Pourtant, sur ce jeu de données de 150 parcelles, il n’y avait aucune corrélation entre richesse ou abondance et rendement du blé d’hiver. De plus, nous n’avons trouvé aucune corrélation indiquant que la quantité d’herbicide employé aurait un effet sur les mauvaises herbes ou sur le rendement </strong>».</p>
<p>Cette phrase pourrait laisser croire que les auteurs ont réellement testé l’effet d’une réduction de la protection herbicide sur des parcelles de blé. En fait, il n’est rien. La Figure 1 résume parfaitement la méthode qui a permis d’arriver à cette brillante conclusion, qui justifierait bien un « changement de paradigme » pour l’agriculture française :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17234" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Figure1Bretagnolle.png" alt="1802Figure1Bretagnolle" width="1584" height="1074" /></p>
<p>Les auteurs ont simplement travaillé sur 150 parcelles de blé de 30 exploitations des Deux-Sèvres, sur lesquelles ils ont réalisé des relevés floristiques, et enregistré les pratiques de désherbage et les rendements obtenus. Le tout sur une seule année. Et quand ils partent à la recherche de corrélations entre ces variables, leur conclusion est sans appel :</p>
<ul>
<li>Il n’y a aucune corrélation entre le rendement des parcelles et la quantité d’herbicides qu’elles ont reçue, mesurée en kg/ha (Fig 1a). Il y a même une tendance décroissante, les parcelles ayant reçu le plus de désherbant ayant des rendements plus faibles que la moyenne. Dans la publication, les auteurs n’osent pas pousser l’interprétation de leurs résultats jusque-là. Mais nous verrons plus bas que, devant un public choisi, ils ne s’en privent pas…</li>
<li>Il n’y a pas plus de corrélation entre la quantité d’herbicides employée et la richesse de la flore (nombre d’espèces observées) ou son abondance (nombre d’individus observés) (Fig 1b et 1C)</li>
</ul>
<p>La figure 1E mérite un coup de zoom particulier, tant elle illustre la qualité du travail réalisé. On note d’abord l’étrange distribution des rendements : beaucoup de points sont alignés horizontalement, ce qui veut dire que beaucoup  de parcelles ont exactement le même rendement. Cela peut vouloir dire 2 choses :</p>
<ul>
<li>Soit les auteurs ont arrondi certains rendements à l’entier le plus proche, ce qui ne peut que dégrader les relations statistiques, dont ils s’étonnent ensuite qu’elles ne soient pas significatives.</li>
<li>Soit certains agriculteurs n’ont pas pu fournir de rendement par parcelle, mais seulement par lots de parcelles (celles qui ont été livrées en même temps à l’organisme de collecte qui a pesé la récolte), et on a donc attribué à chaque parcelle le rendement moyen du lot.  C’est l’explication la plus probable, mais elle n’est pas plus rassurante sur le plan méthodologique.</li>
</ul>
<p><strong>Par ailleurs, même si la corrélation globale entre rendement et abondance est très médiocre, on note tout de même qu’aucune parcelle ayant plus de 60 adventices/m² n’a un rendement supérieur à 65q/ha</strong>… ce qui représente la moyenne du département des Deux-Sèvres. Voilà qui ressemble fort à un effet de seuil de la nuisibilité des adventices, phénomène bien connu des agronomes, mais bien entendu, nos agro-écologistes new-look ne sauraient cautionner un raisonnement aussi vieillot.</p>
<p>A la lecture de ce genre de résultats, les non-agronomes  risquent de se demander comment ces benêts d’agriculteurs ont pu se faire berner si longtemps par les agrochimistes qui leur vendent des produits aussi inutiles. Les agronomes, eux, ont plutôt tendance à pouffer de rire, ou à s’étrangler d’indignation, selon l’humeur, tant la méthode suivie par les auteurs est absurde et contraire aux concepts les plus basiques des bonnes pratiques phytosanitaires. Un simple coup d’œil au site Web d’Arvalis<a href="#_edn3" name="_ednref3">[iii]</a> (lecture que nous conseillons vivement aux auteurs) permet de comprendre pourquoi :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17235" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Nuisibilité002.png" alt="1802Nuisibilité(002)" width="1126" height="706" /></p>
<p><strong><em>Fig. 2 : Nuisibilité des principales adventices du blé, compilée par Arvalis. Les densités de pied indiquées dans ce tableau peuvent être considérées comme leur seuil de nuisibilité, à partir duquel leur effet sur le rendement devient décelable dans une expérimentation bien menée.</em></strong></p>
<p>Comme le rappelle Arvalis, la nuisibilité des adventices est très variable suivant les espèces : 2 pieds de gaillet au m² ont le même effet sur le rendement que 133 pieds de pensée. Il est donc parfaitement logique de ne trouver aucune corrélation entre rendement et abondance ou richesse de la flore adventice. Imaginons une parcelle ayant pour seules adventices 5 pieds/m² de chacune des 2 premières espèces de ce tableau (gaillet et de folle-avoine) : elle risque une perte de rendement de l’ordre de 10%, malgré une richesse de 2 espèces seulement et  une abondance de 10 plantes/m². Une autre parcelle, qui aurait 2 pieds/m² de chacune des 11 espèces suivantes du tableau, n’aurait quasiment pas de perte de rendement perceptible, malgré une richesse de 11 espèces, et une abondance de 22 plantes/m².</p>
<p>Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les auteurs ne trouvent qu’une très faible relation entre abondance globale de la flore et rendement (Fig. 1E), et aucune entre richesse de la flore et rendement (Fig.  1C). La plupart du temps, les parcelles de blé hébergent une large gamme d’espèces adventices, mais sauf problème exceptionnel d’entretien de la parcelle, seules 2 ou 3 espèces parmi elles sont susceptibles de dépasser les seuils de nuisibilité provoquant des pertes significatives de rendement. <strong>Chercher à relier le rendement d’une parcelle à la richesse ou à l’abondance de sa flore, sans les pondérer en fonction de la nuisibilité des espèces présentes, est aussi pertinent que de relier la santé d’une personne à sa flore microbienne, en mettant dans le même sac les bactéries intestinales ordinaires et le virus du SIDA</strong>.</p>
<p>Deuxième étape du raisonnement normal du désherbage : choisir le ou les produits adaptés, en fonction des espèces d’adventices ayant atteint le seuil de nuisibilité, et de leur stade de développement. Le choix est complexe, car il existe une large gamme de produits de familles chimiques différentes, avec des spectres d’efficacité variés… et des doses d’emploi très différentes ! Replongeons-nous dans la documentation Arvalis :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17236" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Choixproduits.png" alt="1802Choixproduits" width="1189" height="584" /></p>
<p>Imaginons un agriculteur qui a une forte présence de stellaire sur une parcelle : il a le choix entre des produits dont la dose d’emploi (en matière active/ha, unité employée par les auteurs) varie entre 20g/ha (produits à base de metsulfuron) à plus d’1kg/ha (Brennus+) ! <strong>Par conséquent, il n’est pas étonnant que nos vaillants statisticiens ne trouvent aucune relation entre quantité de produit employée et abondance ou richesse de la flore (Fig. 1B et 1D)</strong>. Les adeptes de la « sortie des phytos » par tous les moyens objecteront que dans ce cas notre agriculteur ne devrait employer que du metsulfuron à 20g/ha. Sauf que ce produit  appartient à une famille chimique susceptible de provoquer des résistances si on l’emploie trop souvent… et que les bonnes pratiques, dont nos auteurs n’ont manifestement aucune notion, recommandent d’alterner les familles chimiques, quitte à utiliser occasionnellement des produits utilisés à des doses plus élevées.</p>
<h1><strong>Espèces rares ? Quelles espèces rares ?</strong></h1>
<p>Venons-en à la 2<sup>ème</sup> affirmation du titre de l’article, plus inattendue : les herbicides élimineraient des espèces rares. Les auteurs vont même plus loin dans le résumé : les herbicides seraient plus efficaces sur les espèces rares que sur les espèces communes ! <strong>Une confirmation supplémentaire du machiavélisme des agrochimistes, qui font exprès de choisir des molécules nuisibles aux espèces menacées, … ou du fait que le complotisme pseudoscientifique a désormais droit de cité jusque dans <em>Nature</em> ?</strong></p>
<p>Rassurons tout de suite nos lecteurs les plus sensibles : aucune espèce en danger n’a été menacée d’extinction dans cette étude. Ce que les auteurs appellent « espèce rare » désigne simplement les espèces les moins fréquentes dans leurs relevés. Il s’agit donc sans doute d’adventices tout-à-fait ordinaires, en tout cas ils ne font état d’aucune espèce qui serait réellement en danger. Quant aux « espèces communes », il s’agit d’un quatuor bien connu des agriculteurs : la véronique de Perse, le gaillet, le vulpin et la folle-avoine : c’est-à-dire 4 des espèces les plus résistantes aux herbicides sélectifs utilisables sur blé ! Ici, nos chevaliers de l’agro-écologie ont inversé l’effet et la cause : c’est parce que ces espèces sont les plus résistantes aux herbicides du blé qu’elles sont les plus communes dans les champs de blé APRES désherbage, et non parce que les herbicides seraient par essence plus efficaces sur les espèces plus rares !</p>
<h1><strong>Efficacité ? Quelle efficacité ? </strong></h1>
<p>La plus grande partie de l’article porte sur un modèle mathématique développé par les auteurs, pour évaluer l’« efficacité » (effectiveness) des traitements réalisés par les agriculteurs suivis dans cette enquête. Là encore, leurs conclusions insinuent avec insistance que les agriculteurs sont vraiment incompétents, car « les résultats suggèrent que beaucoup de traitements ont été inefficaces (Fig. 3C) », et « Même quand le traitement était efficace, il n’y avait pas de corrélation entre efficacité du traitement et rendement (Fig. 4b)». Ils auraient même pu être encore plus sévères, car leur Fig 4b montre une tendance négative entre efficacité et rendement, bien difficile à expliquer ! <strong>Mais, à propos, que signifie cette efficacité</strong> ?</p>
<p>Dans les expérimentations habituelles en protection des plantes, on mesure l’efficacité d’un traitement herbicide d’après le ratio entre la population des adventices dans la parcelle traitée, par rapport à une parcelle témoin non traitée adjacente. C’est ce type d’expérimentations qui a permis de déterminer les seuils de nuisibilité compilés par Arvalis dans la fig.2. Il s’agit de dispositifs trop complexes pour être mis en œuvre dans une étude à grande échelle chez des agriculteurs comme celle-ci, on peut comprendre que les auteurs aient opté pour une méthode plus simple. Mais ils sont passés un peu loin dans l’excès inverse : en effet, ils n’ont pratiqué qu’un seul comptage d’adventices dans les parcelles, en fin de cycle du blé, donc après les traitements herbicides. On ne connait absolument pas les populations d’adventices avant traitement, qui seraient pourtant nécessaires pour calculer une véritable efficacité. Le modèle des auteurs suppose que la richesse et l’abondance des adventices avant traitement suivent des distributions aléatoires (loi de Poisson), et les « efficacités » sont calculées en fonction de cette situation initiale totalement théorique. Théorique, et absurde d’un point de vue agronomique : tout agriculteur sait parfaitement que les adventices présentes dans une parcelle dépendent du type de sol, de la rotation dans laquelle la parcelle de blé est incluse, du travail du sol, de la réussite des traitements des années précédentes, … toutes sortes de facteurs qui ne sont pas pris en compte ici. De plus, les parcelles d’exploitations conduites normalement ont un niveau d’adventices globalement bas, même en cas d’échec total du désherbage de l’année N, grâce à l’arrière effet des désherbages des années précédentes. Il est donc totalement illusoire d’estimer la densité potentielle des adventices en absence de traitement, en fonction de leur densité dans les parcelles les moins bien désherbées. <strong>La pseudo-efficacité mesurée par les auteurs n’a rien à voir avec une véritable efficacité, puisque rien ne permet de connaitre la densité d’adventices qui aurait été observée dans les mêmes parcelles, en absence de traitement. Elle mesure simplement la différence d’abondance ou de richesse de la flore entre les parcelles les mieux désherbées, et celles qui le sont le moins bien</strong>. C’est une information qui pourrait à la rigueur avoir un certain intérêt (à condition bien sûr de ne la calculer qu’adventice par adventice, et non globalement sur la richesse et sur l’abondance). Mais, avec ce type de calcul, il est normal que les parcelles les plus enherbées aient une « pseudo-efficacité » proche de 0, puisque ce sont elles qui définissent le niveau de base du modèle.</p>
<h1><strong>Ne pas confondre agro-écologie et agro-écologisme</strong></h1>
<p>On ne s’étonne pas trop que l’agronomie soit la grande oubliée dans cette étrange version de l’agro-écologie. <strong>Ce qui est plus surprenant, c’est que ce travail foule aussi au pied les principes les plus élémentaires de l’écologie.</strong> Dans l’article, les auteurs observent ironiquement : « En dépit d’affirmations répétées selon lesquelles la densité d’adventices fait chuter les rendements, les preuves semblent moins concluantes qu’on ne l’affirme habituellement ». Ces « affirmations répétées » qu’ils mettent en doute résultent pourtant de centaines d’expérimentations rigoureuses sur les interactions entre les adventices et la culture… c’est-à-dire de véritables études écologiques, plus précisément de synécologie<strong>. Si on prend les auteurs au mot, cela signifie que la concurrence entre espèces végétales, un des principaux moteurs de l’écologie des populations, n’existe pas</strong>.</p>
<p>Au bout du compte, nos auteurs n’ont fait que brasser statistiquement des indicateurs qui, de toute évidence, ne permettent pas d’estimer l’efficacité et la rentabilité du désherbage. Fort logiquement, ils ne trouvent donc aucun résultat significatif, et ils en concluent donc que le désherbage ne sert à rien… ou en tout cas qu’on l’on peut réduire fortement les quantités employées sans dommage. <strong>Leur méthode évoque celle d’un astronome post-moderne, qui regarderait en direction de la lune avec une loupe, n’y verrait rien, et en conclurait que rien ne prouve son existence, malgré les « affirmations répétées » des astronomes qui utilisent un télescope.</strong> Curieusement, le résumé précise même : « Ces résultats suggèrent que l’usage des herbicides pourrait être réduit jusqu’à 50%, tout en maintenant la production agricole… ». On se demande bien d’où sort ce seuil de 50%, qui n’est justifié nulle part dans les résultats de l’étude…mais correspond comme par hasard à l’objectif Ecophyto ! Ce lapsus révélateur montre bien les destinataires réels de ce travail : surement pas les scientifiques, et encore moins les agriculteurs, mais bel et bien les décideurs politiques. Mission accomplie, comme nous le verrons dans la suite. Il s’agit bien ici d’agroécologisme, et non d’agroécologie.</p>
<h1><strong>Vu à la télé…</strong></h1>
<p>Ce tour de bonneteau statistique serait anecdotique, s’il n’avait dupé que les reviewers de <em>Nature</em>, qui auraient manifestement du mal à passer leur Certiphyto, le certificat que tout agriculteur doit passer pour pouvoir appliquer des pesticides. Mais son influence ne s’arrête pas là. En effet, les deux auteurs principaux, S. Gaba et V. Bretagnolle, ont exposé leurs travaux lors d’une visite sur le terrain de la Mission d’Information Parlementaire sur les pesticides. Les points forts de cette audition sont résumés sur une vidéo de LCP (La Chaine Parlementaire), qui en fait un florilège réjouissant<a href="#_edn4" name="_ednref4">[iv]</a>. <strong>Attention, les propos qui suivent ont bien été tenus par les chercheurs eux-mêmes, ce n’est pas l’interprétation des journalistes ou des députés</strong> :</p>
<ul>
<li>« On a observé une relation négative entre l’usage d’herbicides et le rendement » (dans <em>Nature</em>, ils n’avaient pas osé, devant les députés, il n’y a plus de doute…)</li>
<li>« Les bios n’ont ni azote ni herbicides » (pour les herbicides, on est d’accord, pour l’azote c’est plus nouveau)</li>
<li>« Qu’ils soient bios ou conventionnels, plus ils [les agriculteurs] ont recours à ces deux types d’intrants, moins ils gagnent d’argent » (juste après avoir affirmé que les bios n’utilisaient aucun de ces deux intrants? En tout cas, nous voici armés intellectuellement pour lancer aussi le plan de sortie de la fertilisation azotée).</li>
<li>« Le meilleur herbicide, c’est le blé, puisque, quand il n’y a ni herbicide ni azote, la présence du blé à lui seul diminue la biomasse des adventices de 80%, parce que c’est une culture qui est très compétitrice. » Certes… mais les 20% restants peuvent faire très mal, si la parcelle n’était pas à peu près propre à la levée. Et de toute façon, sans azote, on n’aura pas beaucoup de biomasse, ni d’adventices, ni de blé… Une subtilité qui a échappé au journaliste, qui complète : « Il suffirait donc pour les agriculteurs de laisser le blé se défendre tout seul pour pousser. »</li>
</ul>
<p>Cela amène à une question finale et logique de Mme Toutut-Picard, Députée et Présidente de la Mission : <strong>« Comment se fait-il que les agriculteurs, qui sont loin d’être bêtes, surtout les français (sic), persistent dans ce genre de pratiques ? » Réponse de M. Bretagnolle : « Demandez-leur cet après-midi, parce que je n’ai pas la réponse à cette question justement »</strong>. Un aveu étonnant, pour un chercheur dont c’est le métier de comprendre les pratiques agricoles, et de les faire évoluer. Passons sur la condescendance de cet échange vis-à-vis des agriculteurs. La vidéo enchaine sur l’interview de l’un d’entre eux, que l’on interroge sur son utilisation … du glyphosate ! Quelqu’un a-t-il expliqué aux députés que l’utilisation du glyphosate est marginale sur blé ? Il est permis d’en douter…</p>
<p>Rappelons que M. Bretagnolle est un habitué de l’Assemblée Nationale, puisqu’il a également été auditionné sur les néonicotinoïdes : un sujet qu’il avait traité avec une grande créativité statistique, dans un autre article que ForumPhyto avait salué en son temps<a href="#_edn5" name="_ednref5">[v]</a>. Voici donc les bases scientifiques innovantes sur lesquelles la France prépare son plan de sortie des pesticides. Tous les espoirs sont permis ! Nous espérons que nos auteurs ne s’en tiendront pas à ce premier succès, et adapteront leur méthode à d’autres sujets tout aussi brûlants. Par exemple, <strong>en faisant la même étude sur le désherbage mécanique, et en remplaçant les quantités d’herbicides par le fuel employé lors des passages d’outils, ils pourront démontrer tout aussi brillamment  que les agriculteurs bios peuvent réduire sans dommage leur empreinte carbone, en supprimant le désherbage mécanique.</strong> Il sera ensuite temps de s’attaquer au trou de la Sécurité Sociale, en constatant avec le même brio que les personnes qui consomment le plus de médicaments sont les plus malades (malgré les « affirmations répétées » du « lobby pharmaceutique », qui prétend qu’ils permettent de soigner): il en résulte évidemment que l’on améliorerait grandement l’état de santé de la population, si l’on diminuait la consommation de médicaments de 50%.</p>
<h1><strong>Un travail nécessaire, mais totalement dévoyé</strong></h1>
<p>Cette publication est d’autant plus irritante qu’elle discrédite un thème de recherche sur lequel nous manquons actuellement d’informations : l’impact concret des adventices dans la production agricole française, dans les conditions réelles du terrain. Nous l’avons vu, les connaissances sur ce sujet proviennent essentiellement d’expérimentations avec témoins non traités adjacents. Ces expérimentations sont rigoureuses, mais conduites sur des situations pas forcément représentatives de la réalité du terrain. Beaucoup des références sur ce thème viennent d’essais conduits pour comparer l’efficacité d’herbicides. Afin d’augmenter les chances d’obtenir des résultats significatifs, ces essais sont le plus souvent réalisés sur des parcelles avec une flore adventice plus élevée que la moyenne. <strong>Il y aurait donc un intérêt réel à mesurer cet impact des adventices chez les agriculteurs, comme cette étude prétend le faire</strong>. Mais à condition bien sûr de s’attaquer au sujet sérieusement, c’est-à-dire entre autres précautions :</p>
<ul>
<li>En ne comparant que des parcelles ayant la même rotation culturale et des potentiels de rendement comparables</li>
<li>En quantifiant l’usage des herbicides par l’IFT (Indice de Fréquence de Traitement), et non par la quantité de matière active/ha</li>
<li>En faisant des relevés d’adventices avant et après traitement, et en analysant les résultats à la lueur des nuisibilités connues pour chaque espèce.</li>
</ul>
<p>Vu la complexité du désherbage, ce travail nécessiterait d’être mené sur plusieurs années, et sur l’ensemble des cultures de la rotation. Pour obtenir des résultats significatifs, il faudrait bien sûr un nombre de parcelles beaucoup plus grand que les 150 traitées ici. Espérons que les élus de la Mission Parlementaire ne considéreront pas le sujet comme clos, d’après les conclusions hâtives et partisanes qui leur ont été présentées, et sauront solliciter un vrai travail de fond sur ce thème.</p>
<p>Philippe Stoop</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><a href="#_ednref1" name="_edn1">[i]</a> <a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D">http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Ecophyto-R-D</a></p>
<p><a href="#_ednref2" name="_edn2">[ii]</a> <a href="https://www.nature.com/articles/srep30112">https://www.nature.com/articles/srep30112</a></p>
<p><a href="#_ednref3" name="_edn3">[iii]</a> <a href="https://www.arvalis-infos.fr/quelle-est-la-nuisibilite-des-mauvaises-herbes-en-cereales-a-paille--@/view-17542-arvarticle.html">https://www.arvalis-infos.fr/quelle-est-la-nuisibilite-des-mauvaises-herbes-en-cereales-a-paille&#8211;@/view-17542-arvarticle.html</a></p>
<p><a href="#_ednref4" name="_edn4">[iv]</a> <a href="http://www.lcp.fr/emissions/286503-hors-seance-mission-fin-du-glyphosate">http://www.lcp.fr/emissions/286503-hors-seance-mission-fin-du-glyphosate</a></p>
<p><a href="#_ednref5" name="_edn5">[v]</a> <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/09/26/les-nuisances-virtuelles-des-neonicotinoides-episode-2-le-retour-des-abeilles-a-puce/#_ftn3">http://www.forumphyto.fr/2016/09/26/les-nuisances-virtuelles-des-neonicotinoides-episode-2-le-retour-des-abeilles-a-puce/#_ftn3</a></p>
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		<title>LesInfos1804 23 février 2018</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Feb 2018 09:00:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#8211; Résidus de pesticides : l’opération marketing bidon annuelle de Générations Futures &#8211; Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations &#8211; Interdiction du glyphosate d’ici 3 ans : une folie inéluctable ? &#8211; « Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia) &#8211; Pour sourire très jaune : un député MoDem veut interdire le jus [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/23/residus-de-pesticides-loperation-marketing-bidon-annuelle-de-generations-futures/">&#8211; Résidus de pesticides : l’opération marketing bidon annuelle de Générations Futures<br />
</a><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/13/zero-residu-de-nouveaux-champs-dinterrogations/">&#8211; Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations<br />
</a><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/12/interdiction-du-glyphosate-dici-3-ans-une-folie-ineluctable/">&#8211; Interdiction du glyphosate d’ici 3 ans : une folie inéluctable ?<br />
</a><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/">&#8211; « Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)<br />
</a><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/16/pour-sourire-tres-jaune-un-depute-lrem-veut-interdire-le-jus-de-citron/">&#8211; Pour sourire très jaune : un député MoDem veut interdire le jus de citron…</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/23/residus-de-pesticides-loperation-marketing-bidon-annuelle-de-generations-futures/">Résidus de pesticides : l’opération marketing bidon annuelle de Générations Futures</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17221" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802UnMondeRiant-160x90.png" alt="1802UnMondeRiant" width="160" height="90" /> Le 20 février, les médias et les réseaux sociaux ont tous bruissé du rapport alarmant de Générations Futures (GF) sur les résidus de « pesticides » dans les fruits et légumes. La grande presse a, dans un premier temps, regurgité le discours de GF sans recul. Mais la filière Fruits et Légumes, la presse professionnelle et de nombreux bloggeurs ont été…</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/23/residus-de-pesticides-loperation-marketing-bidon-annuelle-de-generations-futures/">Lire la suite</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/13/zero-residu-de-nouveaux-champs-dinterrogations/">Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17203" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduPesticidesMacaron-90x90.png" alt="1802ZeroResiduPesticidesMacaron" width="90" height="90" /> « Nouveaux Champs » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, a priori louable, ne pose-t-elle pas plus de questions…</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/13/zero-residu-de-nouveaux-champs-dinterrogations/">Lire la suite</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/12/interdiction-du-glyphosate-dici-3-ans-une-folie-ineluctable/">Interdiction du glyphosate d’ici 3 ans : une folie inéluctable ?</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17195" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1711AlternativesGlyphosateINRA-147x90.jpg" alt="1711AlternativesGlyphosateINRA" width="147" height="90" /> Tout est joué s’acharne-t-on à nous dire. Lors de ses vœux, le président de la République a enfoncé le clou. Selon lui, des alternatives au glyphosate existent « pour 90% des surfaces ». Il laisse la porte ouverte à des dérogations pour l’ACS et les sols en pente. Il s’appuie pour cela sur une interprétation très orientée d’un rapport commandé à…</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/12/interdiction-du-glyphosate-dici-3-ans-une-folie-ineluctable/">Lire la suite</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/">« Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17191" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802PouvoirCancerigeneCorpet-120x90.jpg" alt="1802PouvoirCancerigeneCorpet" width="120" height="90" /> Sous ce titre un brin provocateur, Projet Utopia, blog sceptique, s’est appuyé sur un ancien article de Gérard Pascal, toxicologue ; ce dernier s’appuyant sur un article de Bruce Ames, universitaire californien bien connu des lecteurs de ForumPhyto. Le message est clair : Si l’on devait se préoccuper des poisons dans nos assiettes, il faudrait logiquement d’abord se préoccuper de…</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/">Lire la suite</a></p>
<h2><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/16/pour-sourire-tres-jaune-un-depute-lrem-veut-interdire-le-jus-de-citron/">Pour sourire très jaune : un député MoDem veut interdire le jus de citron…</a></h2>
<p><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-17212" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802RichardRamosTractVillejuif-160x90.png" alt="1802RichardRamosTractVillejuif" width="160" height="90" /> Soyons plus précis : Sur France 5, le député MoDem Richard Ramos a relayé sans malice une « fake news » de 1976, ultra-connue, maintes fois démentie et grosse comme une maison : le « tract de Villejuif ». Le tract de Villejuif est (Voir Wikipedia) « une liste fantaisiste, prétendument publiée par l’ « hôpital de Villejuif » en France, et signalant faussement comme</p>
<p><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/16/pour-sourire-tres-jaune-un-depute-lrem-veut-interdire-le-jus-de-citron/">Lire la suite</a></p>
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		<title>Résidus de pesticides : l’opération marketing bidon annuelle de Générations Futures</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Feb 2018 08:47:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[ONG, "Sonneurs d'alerte", etc.]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 20 février, les médias et les réseaux sociaux ont tous bruissé du rapport alarmant de Générations Futures (GF) sur les résidus de « pesticides » dans les fruits et légumes. La grande presse a, dans un premier temps, regurgité le discours de GF sans recul. Mais la filière Fruits et Légumes, la presse professionnelle et de [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 20 février, les médias et les réseaux sociaux ont tous bruissé du rapport alarmant de Générations Futures (GF) sur les résidus de « pesticides » dans les fruits et légumes. La grande presse a, dans un premier temps, regurgité le discours de GF sans recul. Mais la filière Fruits et Légumes, la presse professionnelle et de nombreux bloggeurs ont été beaucoup plus prolixes et critiques. Ce qui a sans aucun doute contribué à enrayer quelque peu la campagne de com de GF…</p>
<h1><strong>Le rapport de GF</strong></h1>
<p>Sous le titre « <a href="https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2018/02/gf-rapport-pesticides-v12-web.pdf"><strong>Etat des lieux des résidus de pesticides dans les fruits et légumes en France</strong></a> (édition 2018) », GF utilise les données de la DGCCRF uniquement sur les produits conventionnels, fait une comparaison entre 19 fruits et 33 légumes dans une présentation délibérément alarmiste (la simple présence de résidus, même à des taux minimes, est considérée comme alarmante par GF).<br />
Rien de nouveau en fait : des données rassurantes, et de plus officielles, puisque émanant de la DGCCRF, mais présentées de façon alarmiste… Le travail habituel de GF à la veille du Salon de l’Agriculture.</p>
<h1><strong>Des médias aux ordres de GF…</strong></h1>
<p>La grande presse rend compte du rapport de GF sans aucun recul.<br />
Par exemple :</p>
<p>« <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/fruits-et-legumes-sont-pleins-de-pesticides-surtout-le-raisin-et-le-celeri-branche_121371"><strong>Pesticides : les fruits et légumes en sont pleins</strong></a> » (<em>Sciences et Avenir</em>)<br />
« <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/02/20/le-raisin-et-le-celeri-en-tete-des-fruits-et-legumes-les-plus-contamines-par-les-pesticides_5259513_3244.html"><strong>Le raisin et le céleri en tête des fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides</strong></a> » (<em>Le Monde Planète</em>)<br />
« <a href="http://www.europe1.fr/societe/trois-quarts-des-fruits-et-pres-de-la-moitie-des-legumes-presentent-des-traces-de-pesticides-3579200"><strong>Trois-quarts des fruits et près de la moitié des légumes présentent des traces de pesticides</strong></a> » (<em>Europe1</em>)<br />
« <a href="https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/c-est-ma-sante/de-nombreux-fruits-et-legumes-contiennent-des-residus-de-pesticides-selon-l-association-generations-futures_2595948.html"><strong>Le raisin, la clémentine, le céleri-branche&#8230; Quels sont les fruits et légumes les plus contaminés par les pesticides ?</strong></a> » (<em>France Info</em>)</p>
<h1><strong>…Mais pas tous</strong></h1>
<p>Notons que la DGCCRF a publié « <a href="https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/controle-des-residus-pesticides-dans-denrees-vegetales-en-2016"><strong>Contrôle des résidus de pesticides dans les denrées végétales en 2016</strong></a> », indiquant un taux de non-conformité de seulement 2.1% dans les plans de surveillance et apportant les précisions suivantes :<br />
&#8211; « [La légère hausse des non conformités] peut  s’expliquer par l’acquisition de nouveaux matériels par les laboratoires de la DGCCRF, qui ont permis la <strong>quantification de molécules à des niveaux plus faibles</strong>. »<br />
&#8211; « Afin de protéger les groupes vulnérables tels que les enfants, les limites maximales résiduelles sont fixées, non seulement de manière à ne pas présenter de danger, mais également au niveau le plus faible raisonnablement atteignable compatible avec les bonnes pratiques agricoles pour chaque pesticide. Ainsi <strong>la non-conformité d’une denrée n’induit que rarement un risque aigu pour la santé du consommateur</strong>. » Mais sans faire mention de l’opération de GF.</p>
<p><strong>Certains médias professionnels</strong> font une critique en règle de l’opération de GF.<br />
« <a href="http://www.reussir.fr/fruits-legumes/generations-futures-s-en-prend-encore-aux-fl"><strong>Buzz médiatique. Générations Futures s’en prend encore aux fruits et légumes</strong></a> », (article de Julia Commandeur sur <strong><em>Réussir Fruits et Légumes</em>) mérite une mention particulière</strong> : s’appuyant largement sur les dires de François Veillerette et le rapport de GF, il en montre les contradictions et les biais. Il donne aussi le point de vue de la DGCCRF, <strong>d’Interfel (voir</strong> <a href="https://twitter.com/Interfel/status/966274283839336448"><strong>ici</strong></a>), de JP Cravedi (INRA), etc.<br />
A la fin de l’article, <strong>Julia Commandeur dénonce à juste titre le tweet d’allégeance au rapport de GF de Brune Poirson</strong>, secrétaire d’Etat à la Transition écologique, et conclut : « Lorsque la veille, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, reconnaissait que « <em>les lobbies sont partout, oui, ils sont partout</em> », elle ne croyait pas si bien dire. On ne sait pas pour les cigarettes ou le pétrole, mais le <strong>lobby ONG-environnementaliste, lui, a clairement investi les couloirs du gouvernement</strong>. »</p>
<p><strong><img class="aligncenter size-large wp-image-17222" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802TweetBrunePoirsonGeneFutures-520x259.jpg" alt="1802TweetBrunePoirsonGeneFutures" width="520" height="259" /></strong></p>
<p>Voir aussi « <a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/phytos-generations-futures-joue-avec-les-chiffres-et-les-peurs-1,2,4112782159.html"><strong>Générations futures joue avec les chiffres et les peurs</strong></a> » (<em>La France Agricole</em>, abonnés)</p>
<p><strong>Sur les réseaux sociaux, agriculteurs et bloggeurs rationalistes</strong> sont nombreux à démonter l’opération de com de GF et la fausseté de ses arguments.</p>
<p><strong>La recherche sur twitter de l’occurrence « @genefutures » (voir </strong><a href="https://twitter.com/search?q=%40genefutures&amp;src=typd"><strong>ici</strong></a><strong>) montre que les réactions de dénonciation et d’analyse sont nombreuses et vives</strong>. On y voit les tweets de <a href="https://twitter.com/MacLesggy/status/965865158034821120">@MacLesggy</a>, <a href="https://twitter.com/Interfel/status/966274283839336448">@Interfel</a>, <a href="https://twitter.com/AEGRW/status/965989930525655040">@AEGRW</a> mentionnant la réaction de l’UIPP, <a href="https://twitter.com/AlerteEnvironne/status/966234163459379200">@AlerteEnvironne</a>, <a href="https://twitter.com/cyr081/status/966197141340327937">@cyr081</a> agriculteur bloqué par GF (vive le dialogue ☹), <a href="https://twitter.com/UnMondeRiant/status/966025535884267521">@UnMondeRiant</a>, <a href="https://twitter.com/ChLambert_FNSEA/status/966317138582687747">@ChLambert_FNSEA</a> mentionnant la réaction d’Interfel, et tant d’autres.</p>
<p>Parmi tous ces liens, <strong>nous recommandons fortement</strong> « <a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&amp;v=fqsRZ8S2Khw"><strong>Zététique et journalisme &#8211; #2-05 – Pesticides et répétition</strong></a> », <strong>vidéo de <em>Un Monde Riant</em></strong>. Sur un ton quelque peu moqueur, mais de façon documentée (avec de nombreux liens) et très complète, il démonte méthodiquement et rigoureusement le rapport de GF : rapport sans rigueur, tri des données, etc.<br />
Parmi les liens mentionnés par <em>Un Monde Riant</em>, mentionnons une <a href="http://www.rts.ch/play/radio/cqfd/audio/dune-etude-peu-serieuse-au-buzz-mediatique?id=8584095&amp;station=a9e7621504c6959e35c3ecbe7f6bed0446cdf8da"><strong>émission de la RTS</strong></a> (Radio publique suisse) de mai 2017 comprenant une interview très éclairante de François Veillerette, embarrassé, prenant « bonne note » des critiques qui lui sont faites, mais qui, depuis, n’a rien changé rien à sa façon de faire…<br />
<strong><em>Un Monde Riant</em></strong> <strong>dénonce aussi largement le suivisme de la grande presse…</strong></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&amp;v=fqsRZ8S2Khw"><img class="aligncenter size-large wp-image-17221" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802UnMondeRiant-520x293.png" alt="1802UnMondeRiant" width="520" height="293" /></a></p>
<p>Dans une <a href="https://www.facebook.com/Agriculture.Environnement/videos/1822280794490126/"><strong>courte vidéo</strong></a>, <strong><em>Agriculture et Environnement</em> (A&amp;E) a replacé le débat dans un cadre plus général</strong> mettant en évidence le lien entre la campagne de GF et la volonté de Nicolas Hulot de « sortir des pesticides ». Il démontre en 2 mn que « Zéro phyto, c’est du pipeau ! » (en bio comme en conventionnel)</p>
<p><a href="https://www.facebook.com/Agriculture.Environnement/videos/1822280794490126/ "><img class="aligncenter wp-image-17220 size-large" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802AEZeroPhytoPipeau-520x382.png" alt="1802AEZeroPhytoPipeau" width="520" height="382" /></a></p>
<p><strong><em>Alerte Environnement</em></strong> montre « <a href="http://alerte-environnement.fr/2018/02/20/residus-de-pesticides-comment-france-info-se-fait-berner/"><strong>comment France Info se fait berner</strong></a> ». « Que dire du journaliste qui n’a même pas l’idée de donner la réplique à un scientifique, à un médecin nutritionniste ou encore à un représentant de la filière fruits et légumes. Non, l’info est en continue et à sens unique. » <em>Alerte Environnement</em> conclut : « Bruno Rougier s’est-il fait berner ou est-il le compère de François Veillerette ? »</p>
<p>[Mise à jour du 23 février 2018 :<br />
Nous recommandons fortement la lecture de &laquo;&nbsp;<a href="https://www.contrepoints.org/2018/02/23/310318-pesticides-lassiette-poison-medias"><strong>Pesticides dans l’assiette ? Poison dans les médias !</strong></a>&laquo;&nbsp;, article bien documenté d&rsquo;André Heitz sur <em>Contrepoints</em>.</p>
<p><a href="https://www.contrepoints.org/2018/02/23/310318-pesticides-lassiette-poison-medias"><img class="aligncenter size-large wp-image-17230" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802AndreHeitzGeneFutures-520x209.png" alt="1802AndreHeitzGeneFutures" width="520" height="209" /></a>Fin de la mise à jour]</p>
<h1><strong>Les principaux points (très) douteux du rapport</strong></h1>
<p>Les sites, blogs et twittos mentionnés ont fait un tour quasi-complet des manquements graves de GF :<br />
&#8211; <strong>Les données</strong> sur lesquelles s’appuie GF sont celles de la DGCCRF. Elles <strong>sont rassurantes</strong>. Elles montrent essentiellement 97.4% de conformité à la réglementation (en-dessous de la LMR). <strong>Rien de nouveau sous le soleil</strong>.<br />
&#8211; Il faut préciser que <strong>les LMR ne sont pas des limites de sécurité sanitaire</strong>. Ce sont des limites liées aux bonnes pratiques phytosanitaires. Un dépassement occasionnel ne présente pas de risque sanitaire. Comme l’écrit Jean-Pierre Cravedi, toxicologue à l’INRA : « Il y a un risque en cas de consommation régulière ou systématique d’un fruit ou d’un légume qui dépasse la LMR pour le même pesticide, ce qui est peu probable. » (<em>Le Monde</em> cité par <em>Réussir Fruits et Légumes</em>, article mentionné plus haut)<br />
&#8211; <strong>GF n’a pas daigné utiliser les données concernant les fruits et légumes bios</strong> (alors que ces données sont disponibles et pas très différentes de celles du conventionnel). On peut noter que <strong>GF est directement financé par le lobby bio</strong>. De là à voir un rapprochement…<br />
&#8211; Bref, la méthode de GF, c’est encore et toujours : <strong>des chiffres rassurants, un rapport flippant</strong>…</p>
<p>En point complémentaire, nous nous devons de répéter : <strong>Nous ingérons 10 000 fois plus de pesticides naturels (présents naturellement dans les fruits et légumes) que de résidus de pesticides artificiels</strong>. 10 000 !. Voir <a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/"><strong>ici</strong></a> et <a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/"><strong>ici</strong></a>.</p>
<p>Enfin, notons une nouvelle fois que <strong>le seul vrai problème de santé publique, c’est l’insuffisance de la consommation de fruits et légumes</strong>, dont les bienfaits sont avérés, eux.</p>
<h1><strong>Notre conclusion</strong></h1>
<p>Bref, sur le plan de la connaissance, « beaucoup de bruit pour rien<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> ». Mais ce genre de rapport trompe le public en tentant d’instiller une peur complètement injustifiée.<br />
Heureusement, <strong>certains médias</strong> (plutôt professionnels) <strong>et réseaux sociaux</strong> (en particulier rationalistes) réagissent promptement et de façon argumentée et <strong>dénoncent l’aspect marchand de peur de GF</strong>.<br />
Cette réaction a sans doute contribué à ce que, dès le 20 février au soir, la grande presse a cessé d’en faire les gros titres.<strong> Les manœuvres de GF commencent à être moins crédibles</strong>. On peut espérer que la grande presse sera plus prudente à l’avenir.<br />
<strong>La filière Fruits et Légumes commence à réagir fermement</strong>. Il serait temps que cette fermeté soit le fait de toute la profession agricole sur l’ensemble de la question phytosanitaire.<br />
<strong>Ce qui commence à être inquiétant, c’est la quasi-connivence sans scrupules entre le lobby ONG-environnementaliste et le gouvernement</strong>, via le ministère de l’environnement.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Beaucoup de bruit pour rien (Much Ado About Nothing) est une comédie de Shakespeare jouant sur de multiples méprises. Voir sur <strong><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Beaucoup_de_bruit_pour_rien">Wikipédia</a></em></strong>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pour sourire très jaune : un député MoDem veut interdire le jus de citron…</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/16/pour-sourire-tres-jaune-un-depute-lrem-veut-interdire-le-jus-de-citron/</link>
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		<pubDate>Fri, 16 Feb 2018 06:23:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Pour sourire]]></category>

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		<description><![CDATA[Soyons plus précis : Sur France 5, le député MoDem Richard Ramos a relayé sans malice une « fake news » de 1976, ultra-connue, maintes fois démentie et grosse comme une maison : le « tract de Villejuif ». Le tract de Villejuif (Voir Wikipedia) est « une liste fantaisiste, prétendument publiée par l&#8217; &#171;&#160;hôpital de Villejuif&#160;&#187; en France, et signalant faussement comme [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Soyons plus précis : Sur <em>France 5</em>, <strong>le député MoDem Richard Ramos a relayé sans malice une « fake news » de 1976, ultra-connue, maintes fois démentie et grosse comme une maison : le « tract de Villejuif »</strong>. Le tract de Villejuif (Voir <strong><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tract_de_Villejuif">Wikipedia</a></em></strong>) est « une liste fantaisiste, prétendument publiée par l&rsquo; &laquo;&nbsp;hôpital de Villejuif&nbsp;&raquo; en France, et signalant faussement comme cancérigènes un certain nombre d&rsquo;additifs alimentaires, tout particulièrement E330 (acide citrique). »</p>
<p>&#8211; <strong><a href="https://youtu.be/1T2h1nlxEPo">Vidéo</a></strong> extraite de l’émission de <em>France 5</em> <strong>où Richard Ramos intervenait</strong>. La Vidéo a été incrustée par Jules Darmanin pour mettre en évidence les passages mensongers.<br />
&#8211; <strong><a href="http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/02/12/un-depute-modem-relaie-un-document-falsifie-sur-des-produits-dangereux-dans-l-alimentation_5255758_4355770.html">Article des décodeurs</a></strong> du <em>Monde</em> (il arrive que <em>Le Monde</em> décode et arrête de déconn…) qui explique en détail et pas à pas la bévue de Richard Ramos.</p>
<p><strong>Tout ceci pourrait prêter à sourire, voire à rire</strong>. Richard Ramos est d’ailleurs aujourd’hui la risée d’Internet (googliser « Richard Ramos Villejuif » pour vous en convaincre). Après tout, une telle énormité est tellement facile à démonter qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer outre mesure.<br />
<strong>Pourtant :</strong><br />
1) <strong>Elle est malheureusement significative des mécanismes psychologique et médiatique par lequel les peurs alimentaires peuvent passer</strong>. Quand la fake news est plus complexe à démonter, elle s’implante durablement dans les esprits. C’est le cas sur le soi-disant risque des résidus de pesticides dans l’alimentation, qui « empoisonne » effectivement le débat sur l’alimentation…<br />
2) <strong>L’absence de réaction immédiate pour le contredire en dit long sur l’indigence des journalistes de l’émission…</strong><br />
Comme le commente Romain Meunier (qui tient le blog EBBH que nous avons déjà évoqué <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2017/11/06/pour-sourire-et-sinstruire-ebbh-de-la-bonne-humeur-basee-sur-la-preuve/">ici</a></strong> et <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2017/09/27/pour-sourire-et-sinstruire-a-propos-du-naturel/">ici</a></strong> et que nous conseillons fortement) :<br />
« Et pas UNE personne sur le plateau pour le contredire immédiatement. Je crois que c&rsquo;est ce qui me choque le plus.<br />
Ce hoax (&laquo;&nbsp;canular&nbsp;&raquo;) sur les additifs alimentaires est l&rsquo;un des plus vieux et des plus connus.<br />
Perso, j&rsquo;aurais hurlé &laquo;&nbsp;OBJECTION&nbsp;&raquo; rien qu&rsquo;en entendant &laquo;&nbsp;liste&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Villejuif&nbsp;&raquo;. Comme à peu près n&rsquo;importe quelle personne un TOUT PETIT PEU informée sur les hoax et/ou sur la sécurité alimentaire.<br />
Visiblement, coté journalistes et élus, on n&rsquo;a pas le temps de s&rsquo;informer &laquo;&nbsp;un tout petit peu&nbsp;&raquo; sur ces sujets. On préfère en parler. »</p>
<p><strong>Il ne semble pas que Richard Ramos ait présenté la moindre excuse pour cette gaffe…</strong></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=1T2h1nlxEPo"><img class="aligncenter size-large wp-image-17212" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802RichardRamosTractVillejuif-520x293.png" alt="1802RichardRamosTractVillejuif" width="520" height="293" /></a></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/13/zero-residu-de-nouveaux-champs-dinterrogations/</link>
		<comments>http://www.forumphyto.fr/2018/02/13/zero-residu-de-nouveaux-champs-dinterrogations/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 13 Feb 2018 17:21:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Veille sociétale]]></category>

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		<description><![CDATA[« Nouveaux Champs » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, a priori louable, ne pose-t-elle [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>« <a href="http://www.nouveaux-champs.fr/"><strong><em>Nouveaux Champs</em></strong></a> » est un collectif commercial d’entreprises françaises du secteur des fruits et légumes. Il vient de lancer une démarche « Zéro Résidu de Pesticides ». Cette initiative vise à répondre aux « attentes de consommateurs inquiets pour leur santé et soucieux tant de bon goût que de respect de l’environnement ». Cette démarche, <em>a priori</em> louable, ne pose-t-elle pas plus de questions qu’elle n’en résout ?</p>
<h1><strong>La démarche Zéro Résidu de Pesticides </strong></h1>
<p>La démarche a été présentée lors d’une conférence de presse au Fruit Logistica de Berlin.</p>
<p>Voir le <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802dp-ZeroResiduPesticides.pdf">dossier de presse</a></strong> <strong>de présentation en détail de la démarche</strong>.</p>
<p><strong>Les points principaux</strong> :<br />
&#8211; Face à l’inquiétude du public et parce que « tous les circuits de distribution sont très intéressés », « le “Zéro Résidu de Pesticides” s&rsquo;affirme comme <strong>LA troisième voie entre l&rsquo;agriculture conventionnelle et l&rsquo;agriculture biologique</strong> » dans le secteur des fruits et légumes<br />
&#8211; <strong>Une démarche d’entreprises</strong>. 18 entreprises pesant « plus de 10% de la production française totale de fruits et légumes »<br />
&#8211; <strong>Priorité aux méthodes alternatives</strong> grâce à un « itinéraire technique pointu ». Mais « ponctuellement et en cas d’agression forte d’une maladie ou d’un ravageur, si les moyens de lutte alternatifs se révèlent insuffisants et mettent en danger la pérennité de la culture, le producteur peut être amené à sortir la parcelle du programme “Zéro Résidu de Pesticides” ».<br />
&#8211; <strong>La promesse concrète : « Zéro résidu »</strong> : pour chaque Substance Active analysée, « un résultat inférieur à la Limite de Quantification (0.01mg/kg) ».<br />
&#8211; Les <strong>substances actives sont classés en fonction du risque résidu</strong> en trois catégories d’utilisation : verte (utilisation sans restriction particulière), rouge (utilisation possible, mais analyses pour vérifier l’absence de résidu quantifiable), noire (utilisation interdite dans tous les cas)</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17202" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduListesRougeVerteNoire.png" alt="1802ZeroResiduListesRougeVerteNoire" width="1142" height="625" /><br />
&#8211; <strong>Analyses par laboratoire externe certifié Cofrac</strong><br />
&#8211; <strong>Cahier des charges partiellement disponible sur Internet</strong> et consultable en totalité sur site.<br />
&#8211; <strong>Identification des produits à destination des consommateurs</strong> via un macaron:</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17203" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802ZeroResiduPesticidesMacaron.png" alt="1802ZeroResiduPesticidesMacaron" width="429" height="431" /></p>
<p><strong> </strong></p>
<h1><strong>La réaction des médias</strong></h1>
<p>A part quelques exceptions (par exemple la rubrique économie de <a href="https://www.ouest-france.fr/economie/agriculture/zero-residu-de-pesticides-un-nouveau-label-pour-les-fruits-et-legumes-frais-5551398"><strong><em>Ouest France</em></strong></a>), seule la presse professionnelle rend compte de façon détaillée de l’initiative.<br />
Voir par exemple, <a href="http://www.arboriculture-fruitiere.com/content/un-collectif-lance-la-marque-zero-residu-de-pesticides"><strong><em>Mediafel</em></strong></a> (<em>L’arboriculture fruitière</em> et <em>Culture Légumière</em>), <a href="http://www.lafranceagricole.fr/actualites/cultures/fruits-et-legumes-des-producteurs-lancent-un-label-zero-residu-1,2,3684795185.html"><strong><em>La France Agricole</em></strong></a>, <a href="https://www.lacooperationagricole.coop/zero-residus-de-pesticides-une-alternative-lagriculture-bio"><strong><em>lacooperationagricole.coop</em></strong></a>, <a href="http://lesmarches.reussir.fr/zero-residu-de-pesticides-un-nouveau-label-pour-les-fruits-et-legumes"><strong><em>Les Marchés</em></strong></a><strong><em>.</em></strong></p>
<p><strong>Les articles sont purement descriptifs</strong> et reprennent, sans analyse particulière, les principaux thèmes du communiqué de presse de <em>nouveaux champs</em> : logo, démarche « intermédiaire » entre conventionnel et bio, « répondre à une attente sociétale forte », liste des membres.<br />
<strong>On peut noter cependant quelques malentendus probables dans la rédaction</strong>. Par exemple, <em>Ouest France</em> écrit : « Les fertilisants minéraux et les produits de bio-contrôle sont autorisés. Mais tous les produits chimiques de synthèse sont interdits, comme le glyphosate, ou les produits néonicotinoïdes tueurs d&rsquo;abeilles. » Une telle formulation sous-entend que, dans la démarche, l’utilisation des produits chimiques de synthèse serait interdite. C’est faux. Car, si l’on comprend bien le collectif nouveaux champs, la promesse est l’absence de résidu quantifiable à 0.01 ppm <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>. Point.</p>
<h1><strong>Nos interrogations</strong></h1>
<ul>
<li><strong>La classification en trois catégories est contestable</strong></li>
</ul>
<p>La notion de substance « décriée », qui implique en classement en rouge, est pour le moins floue. Quel critère ? Qui juge ?</p>
<p><strong>Contrairement à ce qui est annoncé,</strong> <strong>les substances utilisables en AB ne font pas toutes preuve d’« innocuité</strong> pour les consommateurs ». Certes certaines ne sont pas soumises LMR<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> : phosphate ferrique, soufre, laminarine…. Mais <strong>il y a bien des LMR pour le cuivre, le Spinosad, l’azadirachtine, les pyréthrines…</strong> Le cuivre est d’ailleurs massivement utilisé en AB. En tant que substance préoccupante pour le sol et l’environnement, il mériterait amplement d’être en liste rouge…</p>
<p><strong>[Mise à jour du 15 février 2018<br />
</strong>Quand nous écrivons « innocuité pour les consommateurs », nous ne faisons que reprendre l’expression du collectif « zéro résidu ». En fait, les pesticides, bios comme conventionnels, sont pour la plupart dangereux, et donc risqués pour l’utilisateur et l’environnement lorsqu’ils sont mal utilisés. Mais <strong>les résidus de pesticides, bios comme conventionnels, dans l’alimentation sont un risque qui peut être négligé, en particulier quand la LMR est respectée</strong>. Voir <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">ici</a></strong>.<strong>]</strong></p>
<p>En fait, la démarche « Zéro Résidu » affirme haut et clair : <strong>peu importe la vérité des faits</strong>, établie sur une base scientifique. <strong>Ce qui importe, c’est la perception (supposée) du consommateur. N’est-ce pas une certaine institutionnalisation de l’arbitraire ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Zéro résidu » ou « Zéro Pesticides » ?</strong></li>
</ul>
<p>La promesse concrète est zéro résidu. Mais elle est déjà perçue par certains comme s’affichant « zéro pesticides » (à l’exemple de <em>Ouest France</em> cité plus haut). N’y a-t-il pas risque de confusion, et donc de déception pour le consommateur ?</p>
<ul>
<li><strong>Quelle valorisation ?</strong></li>
</ul>
<p>La démarche « Zéro Résidu » est fondamentalement une démarche commerciale, collective par certains aspects. Mais fondamentalement commerciale, c’est-à-dire cherchant de la valeur individuellement. Elle ne tient pas compte des conséquences sur l’ensemble des filières.</p>
<p>Au bout du compte y aura-t-il valorisation réelle ? Ou bien <strong>la démarche ne consistera-t-elle pas à échapper en partie à la dévalorisation qu’elle-même contribue à construire ?</strong></p>
<ul>
<li><strong>« Zéro Résidu » remet-il en cause la loi ?</strong></li>
</ul>
<p>Quelle est la position du collectif « Zéro Résidu » concernant les lois en préparation qui déclarent aboutir à la sortie des pesticides d’ici 3 ans ? Défendent-ils ces lois ?<br />
Ces entreprises pensent-elles que la loi est insuffisamment rigoureuse ? Qu’elle ne protégerait pas suffisamment le consommateur ? Sur quelles preuves s’appuient-elles ?</p>
<ul>
<li><strong>Quid des producteurs qui ne peuvent pas suivre ?</strong></li>
</ul>
<p>Le collectif le dit explicitement : tous leurs producteurs, ou toute leur production, ne peuvent pas s’insérer dans la démarche. Mais n’est-il pas en train de <strong>miner l’argumentation marketing des producteurs qui ne peuvent pas suivre</strong> (climat, sol, variété, …) ?<br />
Les entreprises du collectif « Zéro Résidu » pensent-elles qu’il faut arrêter de produire des fruits et légumes contenant des résidus dans les limites légales ?</p>
<p>Que deviendra la démarche quand un nouveau parasite, ou un parasite ré-émergeant, ne laissera comme alternative que d’abandonner la production ou d’utiliser un traitement laissant des traces (mais respectant les LMR) ?</p>
<ul>
<li><strong>Une démarche commerciale qui peut nuire à l’ensemble de la filière ?</strong></li>
</ul>
<p><strong>En sous-entendant qu’elle approuve la thèse fallacieuse des marchands de peur d’un risque résidu pour le consommateur, la démarche Zéro Résidu alimente leur commerce</strong>. Et se fait objectivement complice du dénigrement des produits dits conventionnels, qui sont pourtant le fruit de bonnes pratiques, en constante amélioration. Faut-il rappeler que l’alimentation n’a jamais été aussi sûre ? Que les seuls véritables problèmes de santé publique posés par les fruits et légumes ces dernières dizaines d’années sont le fait de contaminations biologiques : bactéries, adventices toxiques, etc. (Et tout autant, sinon plus, en agriculture Bio qu’en conventionnel) ?</p>
<ul>
<li><strong>Avenir de la démarche ? </strong></li>
</ul>
<p><strong>Pense-t-on sérieusement que le lobby du bio va laisser prospérer une démarche concurrente ?</strong> Bien sûr que non. Ils vont montrer, et ce sera facile, qu’il y a des résidus : en dessous de 0.01 ppm, mais des résidus, que la liste noire contient les produits traçants, mais que la démarche laisse utiliser les produits perçus comme préoccupants pourvu qu’ils ne laissent pas de traces.</p>
<p>Cette démarche aura-t-elle un succès médiatique hors presse professionnelle ?</p>
<h1><strong>Notre conclusion</strong></h1>
<p>La logique du « sans » est très bien décrite par Kevin Folta dans « <a href="https://medium.com/@kevinfolta/exclusion-labels-science-denial-boneless-watermelons-and-8-burritos-8ddffb8a4c10"><strong>Etiquettes « sans », déni de la science, pastèque sans « os » et burritos à 8$</strong></a> » <strong>(in English)</strong>. Il écrit : « Le constrat est simple. Les étiquettes « sans » conduisent activement à désinformer les consommateurs en renforçant le sentiment de la présence hypothétiques d’une menace inexistante […]Cette stratégie fonctionne particulièrement bien parce que le consommateur aisé mettra de côté la science et la raison et se précipitera sur la précaution. […] Les étiquettes « sans » impliquent un risque là où il n’y en a pas » »</p>
<p><strong>La démarche « zéro pesticides »</strong> est dans cette logique. Elle <strong>essaie (vainement) de résoudre individuellement et commercialement un problème collectif et sociétal, celui de la défiance généralisée envers les instances de régulation, envers la loi et les élites, mais aussi envers la science</strong>.</p>
<p>Même engagées dans leur démarche individuelle, les entreprises du collectif « Zéro Résidu » peuvent et doivent s’engager dans <strong>une autre démarche, collective, claire, s’appuyant sur les faits et la science, montrant la sécurité des aliments. A terme, c’est la seule issue pour sortir de la confusion entretenue par les marchands de peur et pour (re-)donner confiance au public.</strong></p>
<p><a href="https://medium.com/@kevinfolta/exclusion-labels-science-denial-boneless-watermelons-and-8-burritos-8ddffb8a4c10"><img class="aligncenter wp-image-17201 size-medium" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802BonelessWatermelon-160x130.png" alt="1802BonelessWatermelon" width="160" height="130" /></a></p>
<p><strong>Pour aller plus loin :</strong><br />
&laquo;&nbsp;<a href="http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/"><strong>« Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)</strong></a>&nbsp;&raquo;<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/12/05/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-suite/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels (suite)</a></strong> »<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels que de résidus de pesticides de synthèse</a></strong> »</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Mise à jour du 23 février 2018</strong></span><br />
Le collectif Nouveaux champs a souhaité apporter la réponse suivante à nos interrogations:</p>
<p>Droit de réponse à l’article du Blog « Forum phyto » intitulé : « Zéro résidu : de nouveaux champs d’interrogations »<a href="#_ftn1" name="_ftnref1"></a></p>
<h3>Zéro résidu de pesticides : un engagement fort de producteurs dans une démarche de progrès sur la protection des cultures… et une segmentation du marché qui vise le développement de la consommation des Fruits et Légumes…</h3>
<p>Dans un article du 13 février, vous remettez en cause le sérieux et l’honnêteté de la démarche de notre collectif Nouveaux Champs qui entend développer le label « zéro résidu de pesticides » en France. Nous ne pouvons pas rester silencieux et tenons à lever certaines incompréhensions quant à notre ambition et notre méthodologie.</p>
<p><strong>Une démarche de progrès avant tout !<br />
</strong>L’initiative de notre collectif Nouveaux Champs n’est pas, en premier lieu, une démarche « commerciale ».<br />
Chaque organisation de producteurs engagée poursuit une démarche qui est la sienne depuis de nombreuses années : faire toujours mieux, pour l’environnement, les producteurs et les consommateurs. Cela fait plus de 20 ans que chacun d’entre nous s’inscrit dans une dynamique de progrès environnemental et œuvre pour l’amélioration des pratiques de protection des cultures. Ainsi, nous avons au fil des saisons pu expérimenter nos stratégies et nous appuyer sur des résultats significatifs en fonction des différentes espèces de Fruits et Légumes cultivés.</p>
<p>Certes, il existe des Limites Maximales de Résidus établies pour protéger le consommateur. En tant que producteurs de fruits et légumes, nous faisons confiance aux autorités qui établissent ces LMR. Pour autant, devons-nous faire la sourde oreille face aux questions des consommateurs ? Expliquer ce qu’est une LMR sans aller plus loin ? N’avons-nous pas le droit d’explorer des méthodes alternatives aux pesticides de synthèse par exemple ? N’avons-nous pas le droit, par exemple, de remplacer un produit phytopharmaceutique  par un insecte auxiliaire qui va tout aussi bien éliminer un ravageur des cultures ?<br />
Cela va, selon nous, dans le sens du progrès sociétal et environnemental. Le consommateur souhaite, à raison, être réellement informé sur le contenu de son assiette, pouvoir faire des choix éclairés et c’est ce que nous lui proposons.<br />
Ce que nous voulons, c’est assurer une production agricole sécurisée, en phase avec les attentes des consommateurs. Certains pourraient être tentés, en raison de leurs inquiétudes, de diminuer leur consommation de fruits et légumes. Nous ne voulons pas en arriver là. Notre objectif n’est pas de réduire la production française de fruits et légumes mais au contraire de la développer tout comme  la consommation de fruits et légumes.</p>
<p><strong>Encourager les initiatives qui innovent et améliorent les pratiques de protection des cultures<br />
</strong>Il n’est pas question pour nous de mettre au ban tous les fruits et légumes qui ne seraient pas « sans résidu de pesticides ». Nous sommes des producteurs sérieux, qui avons l’expérience de nos cultures et loin de nous l’idée d’affirmer que tous les fruits et légumes, pourront, demain, être cultivés sans aucune solution de protection contre les maladies et les ravageurs des cultures. Pour répondre à votre question, non, nous ne soutiendrions pas des lois qui empêchent l’application de tout pesticide.<br />
Comme tout être vivant, les plantes peuvent être touchées par des maladies ou ravageurs et nous devons les soigner tout en veillant à l’impact sanitaire de ces solutions de protection des cultures tant sur l’environnement que sur la santé des consommateurs.</p>
<p>Nous intégrons dans nos pratiques toutes les méthodes de lutte contre les maladies et ravageurs et en premier lieu dans notre démarche, les alternatives aux substances actives chimiques.  Cela implique une veille permanente sur les nouvelles techniques disponibles et des investissements massifs en Recherche et Développement, tant sur la génétique (tolérance variétales…) que sur les équipements et l’innovation technologique (robot pour désherber, drones pour appliquer des insectes auxiliaires, serres fermées, filets sur les vergers …) ou encore les solutions nouvelles de biocontrôle.<br />
Cette évolution des pratiques doit s’accélérer et c’est un mouvement d’encouragement que nous lançons en direction de tous les producteurs en nous engageant dans cette voie.  C’est un signal que nous envoyons également aux pouvoirs publics en demandant davantage d’aides pour accélérer cette R&amp;D, au profit de toute la filière fruits et légumes.<br />
Nous voulons une agriculture qui continue à produire, dans les meilleures conditions.<br />
Notre collectif est au début de son histoire. Les techniques évoluent aujourd’hui à vitesse grand V. Dans 5 ans, notre démarche aura évolué, elle se sera renforcée grâce à l’émergence de nouvelles solutions de protection des cultures et ce seront autant de solutions dont pourront bénéficier tous les producteurs. Chacun pourra puiser dans notre démarche des inspirations qui pourront être appliquées à sa culture.</p>
<p><strong>Levons quelques incompréhensions<br />
</strong>Nous souhaitons également revenir sur certains points de notre démarche que vous remettez en cause.</p>
<p><strong>Concernant l’absence de résidu</strong>, vous vous appuyez sur la limite de quantification pour supposer qu’il restera toujours des résidus, notamment de produits « perçus comme préoccupants » mais « qui ne laisseraient pas de trace ». Vous sous-entendez qu&rsquo;on pourrait nous reprocher une malhonnêteté, ce que nous ne pouvons pas admettre.<br />
Soyons précis : l’absence de résidu est déterminée, pour chaque substance active analysée, par un résultat inférieur à la limite de quantification. En-dessous de cette limite de quantification, les laboratoires ne peuvent pas garantir la précision de la mesure car les performances des instruments de mesure conduisent pour la majorité des résidus à une limite de quantification de 0.01 mg/kg.<br />
Il ne s’agit donc pas d’une « astuce » de notre part mais tout simplement de limites techniques.</p>
<p>Ajoutons par ailleurs que si les Limites Maximales de Résidus protègent les consommateurs, on peut être plus que rassurés par une présence de pesticide autorisé inférieure à 0.01 mg/kg…<br />
Rappelons enfin que notre démarche consiste à intégrer toutes les méthodes disponibles pour lutter contre un ravageur ou une maladie, en commençant par les alternatives aux produits chimiques, qu’elles soient mécaniques ou solutions de biocontrôle. Ce n’est qu’en dernier recours que nous nous autorisons l’utilisation de certaines substances chimiques, mais dans un cadre très précis, celui de l’absence de résidus quantifiables.</p>
<p>Concernant <strong>les pesticides autorisés pour l’Agriculture Biologique</strong>, là encore, nous ne faisons pas dans la démagogie. Ils ne sont pas tous classés, sans étude préalable, dans nos listes vertes. Nous savons bien, parce que beaucoup de nos producteurs produisent aussi dans le cadre de l’Agriculture biologique, qu’un pesticide bio n’est pas, automatiquement de par sa nature, inoffensif.<br />
Chaque producteur, en fonction de l’espèce qu’il cultive (tomates, fraises, bananes, pommes de terre, pommes&#8230;) va établir, avec nos ingénieurs techniques, ses listes verte, rouge et  noire, de substances actives qu’il peut utiliser (liste verte et rouge) et celles pour lesquelles l’absence de résidu quantifié doit être garantie (listes rouge et noire).<br />
Chez la plupart des producteurs qui ont la nécessité de les utiliser, les substances autorisées en Agriculture Biologique que vous citez sont mises sur la liste rouge (Spinosad, Azadirachtine dans le cadre de son AMM<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[3]</a> de 120 jours, Pyréthrines).<br />
Concernant le cuivre, homologué en Agriculture biologique, pour certaines espèces pour lesquelles il n’y a pas d’alternative, nous avons mis en place une dérogation, et c’est la seule. Autrement dit, il peut être utilisé, tout en respectant la limite maximale de résidus fixée par la règlementation. Aucune autre substance de biocontrôle ne peut à ce jour remplacer le cuivre. Nous butons là sur le même problème que l’Agriculture biologique et espérons bien trouver une alternative dans les années à venir.</p>
<p><strong>Notre objectif : faire en sorte que les consommateurs continuent à manger des fruits et légumes<br />
</strong>Notre démarche n’est pas destinée à dénigrer une partie de la filière fruits et légumes, elle est au contraire faite pour montrer une nouvelle voie et inciter à innover et à faire évoluer les pratiques de protection des cultures. Au moment du lancement de notre collectif, nous étions 18 membres. Depuis, nous enregistrons chaque jour des demandes supplémentaires de structures de production qui travaillent sur l’évolution des pratiques de protection des cultures.<br />
Bien sûr, au regard des différents contextes culturaux (outils, climats, sols…), toute la production ne pourra prétendre au « zéro résidu de pesticides », même parmi les membres de notre collectif. Parfois, pour une espèce, seules certaines variétés peuvent répondre à l’exigence de « zéro résidu ». Mais cela n’empêchera pas tous les producteurs d’explorer les nouvelles techniques disponibles, d’en parler s’ils les utilisent, de l’afficher et de répondre aux questions des consommateurs.<br />
On ne dira jamais assez qu’il est primordial de consommer des fruits et légumes, pour notre santé, notre équilibre. Si, avec notre démarche, nous parvenons à rassurer certains consommateurs, à favoriser le dialogue et à accroître la consommation de fruits et légumes, quels qu’ils soient, nous serons tous gagnants.</p>
<p>Le collectif Nouveaux Champs</p>
<p><strong>Le Collectif Nouveaux champs<br />
</strong>Un petit noyau d’entreprises de la filière « fruits et légumes » s’est retrouvé en 2017 pour développer et éprouver l’initiative « Zéro Résidu de Pesticides ».Toutes intéressées par cette démarche et engagée depuis des années dans l’amélioration  de la protection des cultures, elles ont décidé de créer un Collectif pour développer le “Zéro Résidu de Pesticides” en France.<br />
Les 7 entreprises fondatrices travaillent alors ensemble pendant plusieurs mois, accompagnées par Sève Conseil, pour imaginer une méthodologie applicable pour toutes les espèces de fruits et légumes et annoncent le 7 février 2018 le lancement officiel du collectif.<br />
A l’heure actuelle, 21 organisations de producteurs font partie du collectif. Elles représentent plus de 2000 producteurs français sur plus de 20 espèces de fruits et légumes.</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Partie par million, ou mg/kg</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Limite Maximale de Résidu</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[3]</a> Autorisation de mise sur le marché</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1"></a></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Interdiction du glyphosate d’ici 3 ans : une folie inéluctable ?</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/12/interdiction-du-glyphosate-dici-3-ans-une-folie-ineluctable/</link>
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		<pubDate>Mon, 12 Feb 2018 14:15:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[En France]]></category>
		<category><![CDATA[Réglementation]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout est joué s’acharne-t-on à nous dire. Lors de ses vœux, le président de la République a enfoncé le clou. Selon lui, des alternatives au glyphosate existent « pour 90% des surfaces ». Il laisse la porte ouverte à des dérogations pour l’ACS[1] et les sols en pente. Il s’appuie pour cela sur une interprétation très orientée [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Tout est joué s’acharne-t-on à nous dire.<br />
<strong>Lors de ses vœux, le président de la République a enfoncé le clou</strong>. Selon lui, des alternatives au glyphosate existent « pour 90% des surfaces ». Il laisse la porte ouverte à des dérogations pour l’ACS<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> et les sols en pente. Il s’appuie pour cela sur une interprétation très orientée d’un rapport commandé à l’INRA.<br />
Voir le <strong><a href="http://institut.inra.fr/Missions/Eclairer-les-decisions/Etudes/Toutes-les-actualites/Usages-et-alternatives-au-glyphosate">rapport de l’INRA</a></strong>  et <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2017/12/alternatives-au-glyphosate-l-inra-invente-l-hybride-x-brassicapra.html">son analyse par Seppi</a></strong>.<br />
Malgré toutes les tentatives rédactionnelles de tourner autour du pot, l’<strong>INRA résume parfaitement la quasi-impossibilité de se passer du glyphosate</strong> aujourd’hui ou dans 3 ans, dans le tableau 8, page 60 de son rapport :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17195" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1711AlternativesGlyphosateINRA.jpg" alt="1711AlternativesGlyphosateINRA" width="1125" height="688" /></p>
<p>Pour Seppi, « <strong><a href="http://seppi.over-blog.com/2018/01/sortie-du-glyphosate-dans-trois-ans-m.macron-a-commence-a-manger-son-chapeau.html">M. Macron a commencé à manger son chapeau&#8230;</a></strong> ». Son titre, relativement optimiste, semble indiquer que le réalisme l’emporterait. Le corps de l’article montre qu’il n’en est rien : « <strong>Il reste à M. Macron un long chemin à faire pour comprendre les réalités de l&rsquo;agriculture et de la production alimentaire, saisir les pièges d&rsquo;une « environnementalisme » béat, et mesurer les conséquences de ses initiatives</strong>. »</p>
<p>Autre exemple de <strong>volonté politique de LREM d’abandonner toute argumentation basée sur la science et de donner des gages à l’écologie politique</strong>, Jean-Baptiste Moreau, député LREM, déclare : « je ne sais pas personnellement si le glyphosate est dangereux ou pas. Ce qui est sûr, c’est que médiatiquement, la bataille est perdue. Il faut qu’on mette en place des conditions qui permettent de nous passer du glyphosate. ». Voir <strong>débat sur la</strong> <strong><a href="https://www.facebook.com/groups/1842810309077536/permalink/2009627712395794/">page agriculture de LREM</a></strong>.</p>
<p><strong>Malgré les avis éclairés</strong> comme celui de l’Académie d’Agriculture (<strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2018/01/15/les-services-rendus-par-le-glyphosate-en-agriculture-academie-dagriculture/">voir ici</a></strong>) ou de la quasi-totalité des agences de sécurité sanitaire et environnementale du monde, <strong>le pouvoir politique</strong> <strong>a décidé de plier devant l’écologie politique</strong>.</p>
<p>Dans les médias, le message est déjà passé : Interdiction du glyphosate dans trois ans : seuls l’ACS et les terrains en pente pourront avoir des dérogations… Voir par exemple <strong><em><a href="http://www.paysan-breton.fr/2018/01/glyphosate-souplesse-pour-lagriculture-de-conservation-et-les-surfaces-en-pente/">Paysan Breton</a></em></strong>, <em><a href="https://www.ouest-france.fr/environnement/glyphosate/glyphosate-emmanuel-macron-veut-l-interdiction-et-des-derogations-5524038"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Ouest France</strong></span></a></em>,&#8230; Quelques fois, cette affirmation est nuancée par un &laquo;&nbsp;essayer d&rsquo;en sortir&nbsp;&raquo; initié par Stéphane Travert&#8230;<br />
Ces &laquo;&nbsp;dérogations&nbsp;&raquo; pour l&rsquo;ACS et les terrains en pente n&rsquo;enlèvent en rien le caractère catastrophique de la décision de Macron. Interdire 90% des usages du glyphosate est une stupidité, une folie.</p>
<p>Les responsables politiques, les vrais, ont un rôle important dans le ressenti. <strong>Plier sans raison de fond et sans hésitation aucune, devant l&rsquo;exigence d&rsquo;abandon du glyphosate venant de l&rsquo;écologie politique, c&rsquo;est donner le signal de la curée contre l&rsquo;agriculture basée sur la science</strong>. <strong>C&rsquo;est construire politiquement le &laquo;&nbsp;ressenti&nbsp;&raquo; sur lequel on prétend s&rsquo;appuyer.</strong><br />
C&rsquo;est tout simplement scandaleux&#8230;</p>
<p><strong>La réaction des responsables professionnels agricoles sera-t-elle à la hauteur de l’enjeu ?</strong> Jusqu’à présent elle se veut « constructive » et proposant des « solutions ». <strong>On peut espérer qu’une telle stratégie soit efficace</strong>. Mais, étant donnés les moyens politiques que met le gouvernement à faire passer sa « décision » (devrait-on dire sa folie ?), <strong>on peut aussi en douter…</strong> Tout dépend de ce que l’on met derrière ces mots. <strong>Les agriculteurs sont dans une attente forte.</strong></p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Agriculture de Conservation des Sols : préserver les sols en réduisant au maximum le travail du sol.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« Du poison dans nos assiettes » (Projet Utopia)</title>
		<link>http://www.forumphyto.fr/2018/02/07/du-poison-dans-nos-assiettes-projet-utopia/</link>
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		<pubDate>Wed, 07 Feb 2018 17:20:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[A la Une]]></category>
		<category><![CDATA[Bonnes pratiques]]></category>
		<category><![CDATA[Documentation d'actualités]]></category>

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		<description><![CDATA[Sous ce titre un brin provocateur, Projet Utopia, blog sceptique, s’est appuyé sur un ancien article de Gérard Pascal, toxicologue ; ce dernier s’appuyant sur un article de Bruce Ames, universitaire californien bien connu des lecteurs de ForumPhyto. Le message est clair : Si l’on devait se préoccuper des poisons dans nos assiettes, il faudrait logiquement d’abord [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://projetutopia.info/poisons-naturels">Sous ce titre</a></strong> un brin provocateur, <em>Projet Utopia</em>, blog sceptique, s’est appuyé sur un ancien article de Gérard Pascal, toxicologue ; ce dernier s’appuyant sur un article de Bruce Ames, universitaire californien bien connu des lecteurs de ForumPhyto.</p>
<p><strong> Le message est clair </strong>: Si l’on devait se préoccuper des poisons dans nos assiettes, il faudrait logiquement d’abord se préoccuper de ceux qui y sont présents naturellement. <strong>Nous ingérons 10 000 fois plus de substances naturelles poisons que de résidus de pesticides</strong>.<br />
Ce n&rsquo;est pas une exagération. C&rsquo;est une conséquence du fait que les plantes produisent ces substances naturelles poisons à des niveaux actifs pour se protéger des prédateurs. Alors que les résidus ne sont que&#8230; des résidus d&rsquo;une application ancienne.<br />
D’autres sources sont également indiquées dans l’article.</p>
<p><em>Projet Utopia</em> utilise toutes ces sources de façon particulièrement pédagogique et illustrée.</p>
<p><strong><a href="http://projetutopia.info/poisons-naturels">L’article</a></strong> vaut la peine d’être lu.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17191" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802PouvoirCancerigeneCorpet.jpg" alt="1802PouvoirCancerigeneCorpet" width="960" height="720" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-17192" src="http://www.forumphyto.fr/wp-content/uploads/2018/02/1802Substances-toxiques-fruits-legumes.jpg" alt="1802Substances-toxiques-fruits-legumes" width="1017" height="450" /></p>
<p><strong>Pour aller plus loin</strong> sur ForumPhyto :<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/12/05/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-suite/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels (suite)</a></strong> »<br />
« <strong><a href="http://www.forumphyto.fr/2016/11/30/alimentation-10-000-fois-plus-de-pesticides-naturels-que-de-residus-de-pesticides-de-synthese/">Alimentation : 10 000 fois plus de pesticides naturels que de résidus de pesticides de synthèse</a></strong> »</p>
]]></content:encoded>
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