Bonnes pratiques, Protection intégrée

Colloque Ecophyto recherche du 28-29 janvier 2013 (INRA)

19 Mar 2013

Les 28 et 29 janvier 2013 a eu lieu le colloque « Ecophyto Recherche » dont l’objectif était de présenter les résultats de recherche et de R&D contribuant à la réalisation du plan Ecophyto. Avec la collaboration de l’Inra, du GIS Relance Agronomique de l’Onema, ce colloque a permis de restituer 23 résultats issus de six appels à projets lancés en 2008 par les ministères de l’agriculture et de l’écologie, l’Agence nationale de la recherche (ANR) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Voir la page de présentation du colloque, donnant accès au programme du colloque, à la brochure du colloque Ecophyto présentant les 23 projets et à l’ensemble des diaporamas qui ont été présentés. Les textes intégraux devraient être mis en ligne rapidement sur le site de la revue Innovations agronomiques de l’INRA, accessible librement.

Le colloque a permis  de faire le point sur des recherches directement opérationnelles ou qui pourraient le devenir à terme.

Parmi les études présentées, on mentionnera :

Le projet Gamour (Gestion Agroécologique des MOUches des légumes à la Réunion), présenté par Jean-Philippe Deguine, est sans doute l’un des plus avancés concrètement. Une analyse fine des mœurs des mouches des légumes a permis la mise au point d’une méthode de lutte : « l’augmentorium », une sorte de tente où l’on met les légumes attaqués et qui permet la multiplication des auxiliaires biologiques. Pour une meilleure efficacité, il demande à être utilisé à une échelle régionale
Ce projet mérite sans doute une attention particulière. Il pourrait sans doute être adapté sous d’autres climats : mouche des crucifères, mouche des semis en carottes, etc.

 

La comparaison expérimentale de stratégies de déploiement de gènes de résistance pour la gestion durable des nématodes à galles a été présentée par Caroline Djian-Caporalino. Les nématodes à galles touchent toutes les cultures maraîchères en sol. Des nématodes apparaissent qui contournent les résistances des variétés de plantes cultivées. Le but de cette expérimentation est de tester des stratégies de résistances génétiques qui permettraient d’en éviter le contournement par ces nématodes.

L’étude Phytoner, présentée par Isabelle Baldi, porte sur les troubles neuro-comportementaux susceptibles d’être provoqués par une exposition professionnelle aux pesticides. Essentiellement basée sur des « modèles » d’exposition, et sans prise en compte des protections ou des conditions concrètes d’emploi, cette étude mériterait d’être précisée en ce qui concerne l’exposition effective.

Le projet Guide travaille à la sélection d’indicateurs de risque liés à la présence des produits phytopharmaceutiques dans les milieux aquatiques. Il intéressera les personnes impliquées dans les comités de suivi d’Ecophyto.

Comme l’écrit Référence Environnement sous le titre « Ecophyto R&D – Passer du laboratoire au champ » (accès restreint) : « La question du lien entre la recherche et la pratique sur le terrain reste entière à l’issue de ce colloque ».
Par exemple, « Les intervenants ont rappelé que la réduction de l’utilisation des pesticides nécessite un assemblage de méthodes à efficacité partielle. « Si certaines solutions fonctionnent avec un coût intéressant, le frein principal réside dans le fait que les agriculteurs ne comprennent pas bien ces stratégies, explique Jean-Philippe Deguine, chercheur au Cirad. Souvent, les agriculteurs font évoluer leurs pratiques parce qu’ils sont confrontés à une impasse technique » »

Pour éviter tout malentendu entre chercheurs et agriculteurs, une telle affirmation demanderait sans doute à être reformulée : s’ils « ne comprennent pas bien ces stratégies », les agriculteurs ne sont pas pour autant stupides. L’origine de ce problème de « compréhension » est sans doute plus profonde. Quand les agriculteurs perçoivent un intérêt opérationnel à une technique, ils sont susceptibles de l’adopter rapidement. Mais l’objectif de réduction en volume d’Ecophyto est-il pertinent ? Les producteurs ne seraient-ils pas plus à même d’écouter et de « comprendre » un objectif de réduction des risques ?

D’une façon générale, que les méthodes complémentaires ont une efficacité partielle, sont plus difficiles à mettre en œuvre, soulèvent des problèmes logistiques et techniques, nécessitent quelquefois une approche collective pas toujours simple à mettre en œuvre.
Le lien entre recherche et pratique est donc plus difficile à faire fonctionner. Mais plus intéressant pour les chercheurs comme pour les agriculteurs…