A la Une, Europe et international, Union Européenne

En finançant les ONG, l’UE cultive les mauvaises herbes… (Seppi / Risk Monger)

06 Jan 2017

1701ArgentMoney Seppi a traduit un article de The Risk Monger (in English, en français) sur son blog. Cet article est une critique argumentée de la politique européenne envers les ONG. Selon The Risk Monger :

– La Commission européenne remet chaque année des centaines de millions d’euros à des ONG.
– Ces ONG attaquent souvent les politiques commerciales, industrielles, énergétiques et agricoles de l’UE.
– Elles sous-déclarent leurs revenus et donnent subrepticement de l’argent à d’autres ONG.
– Il n’y a pas suffisamment de contrôle sur la façon dont ces groupes militants utilisent ces fonds publics.

Il détaille ensuite ces constats à partir de cas concrets :
Le TransNational Institute (TNI) qui consiste essentiellement à « saper les négociations de l’UE et la perception du TTIP et du CETA par le public »
Friends of the Earth qui reçoit au total plus de 3 millions d’€/an de sources publiques, en redistribue 1.7 million à d’autres ONG, tout cela « sans obligations aucunes en contrepartie, sans résultats escomptés et sans contrôle », sans compter ce qu’ils reçoivent d’autres gouvernements.
Un rapport à la Commission du contrôle budgétaire du Parlement Européen, dit « rapport Pieper », conclut à des faits pour le moins troublants :
« Pas de procédures communes de contrôle de la façon dont les fonds publics accordés aux ONG sont dépensés, redistribués et comptabilisés »
Pas  de définition de ce qu’est une ONG pour l’UE ( !)
« L’Union européenne a versé 610 millions d’euros aux ONG en 2015 »,
Etc.

Il faut cependant ajouter que l’article est suivi d’un commentaire de Pietje Vervest, TNI, qui conteste partiellement les chiffres et leur utilisation mentionnés. Puis par une réponse de The Risk Monger qui constate des incohérences dans les différentes déclarations et maintient l’essentiel de ses propos sur le manque flagrant de transparence.

Cet article est le premier d’une série de trois. Nous invitons les lecteurs de ForumPhyto intéressés à suivre le sujet sur les blogs de The Risk Monger (pour les anglophones) ou de Seppi (pour les francophones)

Notre conclusion :

On peut être en désaccord avec des points particuliers de l’argumentation de The Risk Monger. Et même approuver, pourquoi pas, certaines actions de certaines ONG.
Il n’en demeure pas moins que les points essentiels soulevés par le travail de The Risk Monger interpellent fortement :
L’importance des fonds alloués aux ONG
– La quasi-absence de contrôle. Et en tous cas le manque de transparence quant à l’utilisation de ces fonds.
Comment, dans ces conditions, peut-on s’exprimer au nom de la « société civile » ?
N’y a-t-il pas une certaine « naïveté » des autorités européennes ou nationales à subventionner des organisations a priori hostiles et qui utilisent leurs ressources à dévoyer, voire saper, le processus législatif ?