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Abeilles : le Gaucho définitivement disculpé. Et maintenant ?

10 Jan 2017

Le 4 janvier dernier, la Cour de cassation a confirmé définitivement les décisions de justice précédentes, à savoir « qu’aucun lien de causalité n’avait pu être établi entre la mortalité des abeilles et l’utilisation du Gaucho, qu’aucune anomalie n’avait pu être observée quant à l’obtention et au renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché du produit, et que de surcroit l’élément intentionnel faisait défaut. » Cette décision met fin à une plainte déposée il y a près de 16 ans par les apiculteurs de l’UNAF.

L’UNAF accusait l’insecticide Gaucho de Bayer qui contient de l’imidaclopride, un néonicotinoïde. Cette affaire a inauguré la saga mêlant politique et communication qui a mené à des restrictions sur certains usages dans l’UE et à l’interdiction à terme, inscrite dans la loi biodiversité, de tous les néonicotinoïdes en France.

Dans un communiqué, Bayer se félicite de cette décision. C’est une « décision importante » pour Bayer. Cela confirme en effet ce que Bayer avait toujours soutenu : « les causes de mortalité des abeilles sont multifactorielles et notre produit Gaucho, lorsqu’il est utilisé dans le respect des bonnes pratiques agricoles, est hors de cause dans la mortalité des colonies d’abeilles. […] [L’interdiction des néonicotinoïdes] ne permet donc pas de résoudre les causes principales et réelles de mortalité des abeilles »

Ce jugement est confirmé par le récent rapport officiel sur la mortalité des abeilles (voir ici) : « Ce sont bien des facteurs sanitaires et nutritionnels qui expliquent les mortalités d’abeilles. On peut donc hiérarchiser les facteurs par importance : 1-Pathologies 2 -Pratiques apicoles 3-Manque de ressources alimentaires et 4-Produits phytosanitaires. »

Notre conclusion

Il peut être utile d’interdire certains usages de certains néonicotinoïdes sur la base d’une analyse bénéfices-risques. Les agriculteurs, spécialement maraîchers et arboriculteurs, sont parmi les premiers intéressés à la bonne santé des abeilles. Mais au regard de ces derniers éléments, l’interdiction généralisée, sans discernement de tous les néonicotinoïdes est une aberration à laquelle il serait judicieux de mettre fin, pour la santé même des abeilles.

En toute bonne logique, il ne devrait plus rester aux parlementaires qu’à revenir sur cette décision d’interdiction généralisée. Ils en ont très probablement l’intelligence. En auront-ils le courage ? A la profession de se mobiliser. La santé des abeilles est en jeu !

La France Agricole rend compte de cette décision historique dans « Pas de lien entre le Gaucho et la mortalité des abeilles »

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