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LesInfos 0901

17 Jun 2011

LesInfos 0901 9 janvier 2009

Réglementation européenne en débat

Un accord sur le « paquet pesticides » est intervenu entre le Conseil et le Parlement Européen. Voir notre première analyse dans le flash infos du 31 décembre 2008.  Le vote en séance plénière du Parlement Européen devrait intervenir le 13 janvier 2009, et l’entrée en application suivre dans quelques mois.

Le Copa-Cogeca (représentant les agriculteurs et les coopératives au niveau européen), dans une prise de position (in english, en français) analyse le compromis, ses avancées et ses limites. Il rappelle le besoin d’une réglementation équilibrée protégeant la santé humaine et l’environnement, contribuant à la préservation des végétaux, créant un marché unique européen, etc. Il appelle à veiller à ce que sa mise en œuvre soit réaliste. En particulier pour une reconnaissance mutuelle effective et une définition scientifique des critères d’exclusion.

Pour résumer, l’accord constitue une amélioration importante par rapport au projet initial du Parlement. En particulier : attention portée aux usages mineurs et principe de la reconnaissance mutuelle entre Etats Membres (malgré les exceptions possibles).

Cependant, à l’occasion de l’accord, Campagnes et environnement évoque une « polémique sur le retrait des pesticides » suite aux déclarations d’Hiltrud Breyer. D’autre part, l’essentiel des difficultés annoncées ces derniers mois restent d’actualité. Voir par exemple l’étude d’impact de l’Université de Wageningen (in english) sur les cultures néerlandaises. Sarah Petitt, agricultrice au Royaume-Uni, du bureau horticulture et pommes de terre de la NFU dans un interview (in english), insiste sur les usages orphelins, les distorsions de concurrence avec les pays hors-UE. Ce qui est, dit-elle, contre-productif du point de vue de la sécurité alimentaire, de l’environnement et tout simplement « irresponsable ».

 

Réglementation européenne : un crime contre l’Afrique (source Objectif Liberté)

Franklin Cudjoe, président d’Imani Ghana, un think tank libéral Ghanéen, sur la base d’études contredisant celles mises en avant par l’UE, prévient que l’élimination des pesticides interdits du fait de la directive, risque d’entraîner d’une part une baisse des rendements agricoles, notamment dans les agricultures émergentes, et donc une hausse des prix fatale aux populations les plus modestes, et d’autre part de diminuer l’efficacité de la lutte contre certains insectes porteurs de maladies, dont la malaria, qui tue plusieurs centaines de milliers de personnes encore chaque année en Afrique. Voir article

Pour cette raison, 160 scientifiques, principalement médecins, ont signé une pétition contre la réglementation européenne.

 

Les résidus de pesticides en 2007 en France (DGCCRF)

La DGCCRF (Instance officielle pour la répression des fraudes) a dévoilé les résultats des plans de surveillance et de contrôle concernant les résidus sur 2007. L’amélioration des programmes et méthodes d’analyses ainsi que la réduction globale des LMR sont principalement à l’origine de l’augmentation du nombre  de dépassements de LMR. Les mauvaises conditions climatiques de 2008 sont également un facteur d’explication secondaire éventuel à valider plus précisément.

Pour le MDRGF, « les fruits et légumes sont de plus en plus contaminés ». Voir article sur le site d’enviro2B. Oubliant de préciser qu’il est abusif de parler de contamination lorsque le taux est inférieur à la LMR (limite maximum de résidus).

 

Cultures orphelines : quelques vidéos

France3 Val de Loire le 11 décembre 2008 : Vigne et cultures maraîchères (radis, poireau, mâche…).

France2 (national) le 28 octobre 2008 (fichier 16MO) : Artichaut en Bretagne

GlobalGap le 16 octobre 2008 (in english ou avec sous-titres en français) : nécessité de résoudre la question des cultures orphelines dans le cadre de la certification GlobalGap.

 

Un site à visiter : Fruitnet.com (Signalé par la section Pommes)

Le site Fruitnet.com contient beaucoup d’informations internationales (in english) sur l’arboriculture. Les articles concernant la protection phytosanitaire sont soit dans la rubrique Food Safety and Certifications (par exemple : Pesticides illégaux découverts en Espagne (in english)), soit dans production and trade, soit dans research and development (par exemple : lutte biologique contre le carpocapse (in english))

 

 

Etude mondiale sur le cancer (CIRC / OMS)

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC), organisation liée à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS/WHO) vient de publier le « rapport mondial 2008 sur le cancer ». Voir le Communiqué de presse. Voir le communiqué de presse du CIRC (en français, in english).

Toutes les causes de cancer sont listées et examinées. Les principales sont le tabac, les infections chroniques, l’alcool, le régime alimentaire…

Le rapport complet (17MO, in english) montre que les facteurs environnementaux (page 178 à 181) sont une cause « limitée » de cancers : amiante, air enfumé, exposition au soleil…

 

Communiquer sur les techniques agricoles : exemple de la recherche publique suisse

OGM.ch est un site animé par JP Zrÿd professeur à l’Université de Lausanne. Il apporte des informations concrètes et pédagogiques sur les OGM, mais aussi plus largement sur la science en agriculture. Exemples de sujets abordés dans la newsletter de Janvier 2008 : « Naturel et artificiel: la distinction est-elle pertinente lorsqu’on parle d’agriculture? », « Greenpeace et Monsanto : même combat », « La résistance aux herbicides pour les nuls », « Pommiers transgéniques »…

Autre exemple dans l’article « Positivisme » : « La vision que le public en général a de la science aujourd’hui est schizophrénique. Les progrès de la médecine, dus à une démarche scientifique parfaitement classique et rigoureuse, sont rarement mis en doute. (…) Simultanément la valeur des travaux de l’agronome et du biologiste qui travaillent dans le domaine de OGM est non seulement contestée et remise en doute de manière systématique, mais enfin, reproche ultime dont ils ne devraient pas se relever, les chercheurs sont traités de positivistes. Nous mettons donc à disposition du lecteur curieux de savoir ce qui ce cache sous cette insulte très sophistiquée un excellent article de Jean Bricmont intitulé « Mort et vie du positivisme ».

La science a tué la philosophie disent certains; en vérité, la science a redonné vie à la philosophie, encore faudrait-il que l’amateur philosophe s’en aperçoive. »

Problématique identique à celle que subit la protection phytosanitaire…

 

Grandes cultures : Davantage de fongicides utilisés en 2008

Agri-Hebdo explique les raisons climatiques et agronomiques qui ont amené à utiliser plus de fongicides en 2008 en France sur céréales. Globalement, en production de fruits et légumes, les mêmes raisons ont produit les mêmes effets. Les bonnes pratiques agronomiques commandent d’ajuster la protection phytosanitaire à l’intensité de l’attaque par les parasites. Des objectifs contraignants de réduction des volumes utilisés peuvent être arbitraires, inapplicables et être contre-productifs en terme d’agronomie et de protection de l’envrionnement.

 

Chimie et protection durable des cultures (JL Bernard, AFPP/Académie d’agriculture)

Texte de la communication présentée lors de la séance de l’Académie d’Agriculture du 13 février 2008. Son titre peut sembler paradoxal pour beaucoup de nos concitoyens : « Comment la chimie peut favoriser une protection durable des cultures ». JL Bernard y soutient cette idée de façon détaillée et concrète

 

A lire : « De l’agrochimie à l’agro-écologie » (JP Deguine, Ed Quae)

Ce livre (voir détails) retrace l’évolution des concepts et des pratiques de la protection des cultures, en s’appuyant sur l’exemple de la culture cotonnière, souvent pionnière des innovations techniques. Il met en avant la nécessité de gérer les peuplements à l’échelle de l’agroécosytème, introduisant le concept d’agroécologie.

 

La mouche tue-mouche remplace l’insecticide (Ouest-France)

Tel est le titre d’un article d’Ouest-France qui rapporte la création par S Le Cun d’une entreprise élevant une mouche luttant contre les mouches dans les élevages. S Le Cun dirigeait auparavant un élevage de bourdons pollinisateurs et d’insectes prédateurs de parasites pour une coopérative de production de tomates. Une preuve de plus que les producteurs de légumes sont des précurseurs en matière de méthodes alternatives, que l’on devrait appeler « complémentaires », pour la protection des cultures.

FNPF : la protection phytosanitaire préoccupe les producteurs

Lors de son congrès fin janvier, la FNPF a fait une large place à la question phytosanitaire. Voir les interventions et le programme du congrès sur le site de la FNPF.

La table ronde « pourra-t-on encore produire demain ? » était très politiquement correcte mettant l’accent sur les méthodes alternatives. Mais les producteurs questionnent : Arrêté du 12 septembre, distorsions de concurrence, reconnaissance mutuelle…

Michel Barnier, ministre de l’agriculture est intervenu manifestant une prise en compte de l’attente des producteurs et promettant une révision prochaine de l’arrêté du 12 septembre pour une meilleure prise de responsabilité des producteurs. Dans quel délai et dans quelle mesure ? Les producteurs attendent la réponse.

Les impasses phytosanitaires en fruits et légumes (Assemblée nationale / Collectif Sauvons les FL)

Le groupe Fruits et légumes de l’Assemblée Nationale et le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France organisaient une réunion d’information le 26 novembre 2008. Nous en avons déjà rendu compte dans la deuxième partie de notre FlashInfos du 28 novembre.

Une synthèse de cette journée est maintenant disponible.

Avertissements agricoles : place au Bulletin santé du végétal (Terre-Net)

Les « avertissements agricoles » sont morts. Vive le « bulletin santé du végétal » ! Les Pouvoirs Publics se désengagent partiellement, mais se veulent rassurants sur le service qui sera apporté aux producteurs. Les Chambres d’Agriculture collecteront des données au niveau régional. Le bulletin sera diffusé gratuitement via e-mail. Il ne comportera pas de préconisations, mais une analyse des risques de nuisibilité. Pour plus de détail voir l’article de Terre-Net (et les liens sur la page)

Abeilles : un rapport pour identifier les causes de mortalité (AFSSA)

Le rapport « Mortalités, effondrements et affaiblissements des colonies d’abeilles » de l’AFSSA « recense les causes pouvant être associées à une mortalité. Plus d’une quarantaine ont pu être identifiées ce qui souligne la grande diversité des agents pouvant jouer un rôle néfaste sur les colonies. » A lire par ceux qui s’intéressent de près à la controverse sur le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles.

Expliquer les techniques agricoles (F Rosseneu, Freshfel)

Dans une interview sur Pesticide Information (in english), Frédéric Rosseneu (Freshfel) souligne que les différences d’utilisation de pesticides entre nord et sud de l’Europe sont la conséquence de différences climatiques. D’une façon plus générale, il pense que le secteur des fruits et légumes devrait mieux expliquer la technicité de l’agriculture et « ne pas laisser croire que les tomates mangés en Europe sont cueillies par une grand-mère sur une colline en Italie »…

« Présence significative des pesticides dans l’eau » (SOeS : ex-IFEN)

Le SOeS, ex-IFEN, a publié un bilan des données recueillies ces dix dernières années concernant la présence des pesticides dans l’eau. Voir résumé de l’étude et commentaires par la France Agricole et article d’Environnement-online. L’étude 2006 (« Les pesticides dans les eaux » ) est disponible sur le site du Service de l’observation et des Statistiques (SOeS) du ministère de l’écologie (MEEDDAT), dont la carte de la qualité des cours d’eau vis-à-vis des pesticides (source SOeS). Cette présence est « significative » de l’activité humaine (agriculture, collectivités, particuliers) et de la surveillance accrue des cours d’eau.

Sécurité du MON 810 : « conditionnel » ou « indicatif » ?

L’AFSSA vient de rendre son avis sur le MON 810 (maïs transgénique de Monsanto). Le Figaro publie ce rapport « secret » et titre : « Le maïs OGM est sans danger pour l’homme, selon l’Afssa ».

Le Monde titre : « OGM : le maïs MON 810 serait sans danger pour la santé humaine »

Sur des sujets « sensibles » comme les OGM (idem pour les phytosanitaires…), la conjugaison du verbe être a toute son importance. A chacun de choisir.

En attendant, cette annonce a soulevé une quasi-tempête médiatique : Voir le site d’Infopgm (Université de Grenoble)


« Les prêcheurs de l’apocalypse » sur France 2

L’émission sur France 2 que nous avions signalée dans le Flash Infos du 18 février avait fait l’objet d’un article présentation dans le nouvel Observateur. Le documentaire est en fait principalement centré sur la question des biotechnologies et ne tient pas les promesses du titre : il n’y a pas d’analyse des mécanismes politiques de l’écologie. Point positif : les scientifiques interviewés sont très pédagogues et c’est rafraîchissant…

Mileos passe le mildiou au crible (Paysan Breton)

A Cussoneau, dans Paysan Breton, décrit Mileos, un logiciel issu d’une collaboration entre la Protection des Végétaux et Arvalis, qui « permet de positionner au mieux les traitements, sans risque pour la production. »

« La démarche Mileos s’inscrit dans la démarche Ecophyto 2018, visant à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires ». Le pragmatisme de cette démarche permet d’optimiser la protection phytosanitaire (plus de bénéfices moins de risques), et permet donc de réconcilier Ecophyto 2018 et Bonnes Pratiques Agronomiques.

L’agriculture de conservation : une piste « durable » ? (AgriSalon)

« Les agriculteurs du monde doivent se convertir sans tarder à des systèmes agricoles plus durables et plus productifs si l’on veut nourrir la population croissante de la planète et relever le défi du changement climatique » : tel et le credo de M. Shivaji Pandey qui s’adressait aux participants du IVème Congrès mondial sur l’agriculture de conservation, abrité par la FAO. Le site français de l’agriculture de conservation explique quelques-uns de ses principes : privilégier les rotations, le non-labour, les couverts végétaux, etc.

Si certaines techniques sont un apport indéniable à l’agronomie, le discours, politiquement correct, évite presque systématiquement les questions de la fertilisation et de la protection phytosanitaire que ces techniques ne peuvent pas résoudre à elles seules.

5 fruits et légumes par jour ? et les résidus de pesticides ?

La recommandation de manger 5 fruits et légumes par jour est entendue par le grand public. La peur des résidus aussi… Témoin ce « Téléphone Sonne » (France Inter) (lien disponible jusqu’au 25 février). Dans l’émission les scientifiques présents ont réaffirmé clairement les bienfaits de la consommation de fruits et légumes, avec ou sans résidus, dans un discours équilibré. Cette émission s’appuyait sur la parution récente de la brochure du PNNS (Plan National Nutrition Santé) : « Nutrition & prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations » (sur les résidus voir en particulier pages 46-47)

« L’UIPP fait le point sur les produits phytopharmaceutiques et la santé » (ADIVALOR)

Sous ce titre, Adivalor, l’organisme national de gestion des déchets, déclare : « Les produits phytopharmaceutiques ne sont pas des produits anodins et, mal employés, ils peuvent présenter un risque. Mais il est indispensable de considérer aussi leur utilité dans la protection des plantes et de raisonner en termes de balance bénéfices-risques. Maîtriser les risques liés aux produits phytopharmaceutiques, c’est encadrer leur emploi au moyen de l’ensemble des outils disponibles. » Adivalor encourage le public à prendre connaissance des brochures pédagogiques disponibles sur le site de l’UIPP (Association des firmes phytosanitaires) : réglementation, formation aux bonnes pratiques, protection de l’utilisateur…

Les agriculteurs américains défendent le 2-4D

Aux USA, le NRDC (ONG environnementaliste) lance une pétition (in english) pour l’interdiction du 2-4 D (désherbant anti-dicotylédones très répandu). Brownfield, une agence d’information spécialisée en agriculture rend compte de la position du Nebraska Farm Bureau (syndicat d’agriculteurs) (in english) : « une telle interdiction est sans fondement scientifique et coûterait 1,7 milliard de dollars à l’économie américaine ». Voir également le site du Nebraska Farm Bureau et leur position (all in english)

« Pesticides : le raisin se rebiffe » (Les Marchés)

La Fédération Nationale des producteurs de raisins de table (FNPRDT) a décidé d’attaquer le MDRGF en justice pour dénigrement. Voir articles de « Les Marchés » ou de « FLDHebdo ». Ceci fait suite à la campagne du MDRGF sur la présence de résidus dans les raisins. Selon l’avocat de la FNPRDT : « Il faut en finir avec le puritanisme de ces pseudo-associations avides d’effets d’annonces, qui cherchent tribunes et notoriété en mettant à mal des pans entiers des filières économiques. C’est choquant et anormal. »