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LesInfos 0914

17 juin 2011

Les Infos 0914 du 14 septembre 2009

 

Effets cumulés : progrès dans l’évaluation (EFSA)
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié les résultats de travaux actuellement en cours visant à développer des méthodologies pour évaluer les effets cumulés résultant de l’exposition du consommateur aux pesticides. Voir communiqué de presse. Dans un avis scientifique précédent à ce sujet, le PPR (groupe scientifique de l’EFSA) avait examiné notamment l’interaction de substances chimiques différentes. Le groupe scientifique avait conclu que seuls les effets cumulés résultant d’une exposition concomitante à des substances ayant un mode d’action commun soulevaient des préoccupations et devaient faire l’objet d’un examen plus approfondi. Le groupe scientifique a publié une étude d’évaluation de cette méthode en prenant comme exemple certains pesticides issus du groupe des fongicides triazoles, sur la base de la similarité de leur structure chimique et de leur mode d’action, ce qui est considéré comme un prérequis pour l’évaluation des effets cumulés.

« Marché noir » des pesticides selon une parlementaire européenne espagnole
Traduction d’un article d’EU Food Law Weekly n°404 (04/09/09) paru sous ce titre.
Cristina Guttierrez-Cortines, députée espagnol PPE au Parlement Européen,
a déclaré qu’il y a un « marché noir » des pesticides dans l’UE, avec des produits interdits utilisés illégalement. Dans un débat avec le ministre suédois de l’agriculture Eskil Erlandsson, elle a déclaré que, à propos des pesticides, des « standards nordiques » sont appliqués et qu’il n’est pas suffisamment tenu compte du climat méditerranéen. « Vous ne pouvez pas laisser les régions méditerranéennes sans produits corrects. Il y a deux régions en Europe – la méditerranéenne et l’atlantique – Elles ont besoin de politiques différentes » a-t-elle dit au Comité européen pour l’environnement, la santé publique et la sécurité des aliments.
Elle a attaqué les différences de standards par exemple entre l’Afrique du Nord et l’UE
, en disant qu’en Afrique du Nord des produits chimiques bannis depuis 50 ans en UE sont toujours utilisés et les produits toujours importés en UE. Au Comité de l’Agriculture, le même jour, il a été évoqué la relocalisation d’agriculteurs européens au Maroc pour pouvoir utiliser des pesticides interdits en UE, tout en important les fruits et légumes produits en UE. Fin de l’article.
Tous ces problèmes vont-t-ils entraîner un début de prise de conscience par les autorités européennes de l’importance d’avoir une politique plus équilibrée en matière de protection phytosanitaire ?

 

B Le Maire et les fruits et légumes à l’Assemblée Nationale
A l’initiative de Jacques Remiller, président du Groupe d’études sur les Fruits et Légumes de l’Assemblée Nationale, B Le Maire, ministre de l’agriculture a été auditionné. La question de la distorsion de concurrence concernant les produits phytopharmaceutiques a été soulevée. En effet, la France s’est imposée, avec le Plan Ecophyto 2018, une réglementation plus stricte que celle de l’Union Européenne puisque 15 molécules supplémentaires sont interdites. Le Ministre a répondu aux députés qu’on ne peut pas interdire l’importation de produits ne répondant pas aux normes françaises dans la mesure où ils respectent la réglementation européenne. En revanche, il faut, selon lui, « valoriser les produits français en mettant en avant le fait que leur production est plus respectueuse de l’environnement, ce qui justifie un prix d’achat supérieur. » Il souhaiterait que « la France serve de modèle et que notre réglementation soit, dans un avenir proche, la norme européenne. » Il serait sans doute utile d’informer précisément et d’alerter le ministre sur la question des usages orphelins…
J Remiller a également remis à B Le Maire son rapport sur les enjeux des fruits et légumes.
Parmi les recommandations de ce rapport : « Soutien de la recherche faite par les entreprises en matière d’alternative aux produits phytopharmaceutiques. » et « Création d’un crédit d’impôt pour soutenir les agriculteurs qui utilisent des méthodes alternatives aux produits phytopharmaceutiques. »

 

Ecophyto, « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » (A Delahaye)
Sous ce titre, Référence Environnement signale l’intervention d’A Delahaye, présidente des Producteurs de Légumes de France, au SAFIR (Salon des fourrages et des initiatives rurales) le 3 septembre : « Pour nous, [Ecophyto] c’est un peu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Sans attendre Ecophyto, nous avons fait beaucoup d’efforts dans notre filière, notamment en lutte biologique intégrée dans les serres, pour diminuer les quantités de produits phytosanitaires. Or, ils n’ont pas été pris en compte. » « Beaucoup de cultures légumières se trouvent dans des impasses techniques, notamment au niveau du désherbage. Nous sommes dos au mur »

 

Rinçage du pulvérisateur : les précautions à prendre (Terre-Net)
Conseils pratiques
pour respecter la réglementation… et les cours d’eau !

Controverse environnement et cancer : rôle de l’épidémiologie (J Estève, AFIS)
Jacques Estève
, épidémiologiste, signe un article complet sur le site de l’AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique). L’épidémiologie est une science rigoureuse et difficile. Entre l’exercice de cette science et ce qui apparaît dans les médias, de nombreux « biais » faussent la perception que peut avoir le public.  A partir de là, «  tout devient possible : les médias reprennent les thèses d’experts « indépendants » autoproclamés utilisant des procédés très douteux pour mettre en cause l’indépendance financière de chercheurs compétents qui s’opposent à leur point de vue. »
Dans un autre article du site de l’AFIS, Martine Souques explique les notions de base de l’épidémiologie. Article très pédagogique, à lire impérativement.

 

Sommet EGEA Fruits et Légumes 2008 (compte-rendu officiel)
Le compte-rendu officiel intégral (in english) (7MO) de ce sommet consacré au rôle des fruits et légumes en matière de santé évoque la question phytosanitaire, et plus particulièrement la question des résidus aux pages 64 et suivantes du document : évaluation de l’exposition du consommateur, programme européen coordonné de surveillance, gestion du risque en France. Voir également Les Infos 0808

 

De l’AFSSA à la DGAL : Transfert ou promotion ? (Agriculture & Environnement)
Sous ce titre
, A&E analyse les circonstances de la nomination de Pascale Briand comme Directrice Générale de l’Alimentation au Ministère de l’Agriculture. On y voit les difficultés que doit affronter l’AFSSA pour garder son rôle d’expertise scientifique, et, selon A&E, le savoir-faire de P Briand…

 

« A chaque vignoble ses traitements » (Agreste)
Sous ce titre
, Agreste, la revue statistique agricole du Ministère de l’Agriculture fait un état détaillé des pratiques de traitements phytosanitaires dans le vignes selon les régions. Les différences de traitements s’expliquent surtout par des différences de pression parasitaire. Cependant d’autres problèmes sont soulevés par cette analyse détaillée, en particulier une insuffisante protection des opérateurs pendant la préparation et le traitement.

 

« Pourquoi l’Allemagne a chassé des OGM de son sol » (M Kuntz)
Dans le Temps, journal suisse grand public, et sous ce titre, M Kuntz, chercheur au CNRS, analyse l’absence de cohérence (entre expertise et décisions) de l’administration allemande concernant les OGM. Pour la France, il reprend la thèse que JC Jaillette a exprimé dans son livre « Sauvez les OGM » (voir les Infos0907) . » Dans un livre récent, le journaliste Jean-Claude Jaillette avance des arguments crédibles quant à un accord conclu entre le gouvernement et les écologistes politiques afin de s’assurer de la participation de ces derniers au Grenelle de l’environnement (une opération qui permet à la majorité présidentielle de se positionner sur la case «écologie» de l’échiquier politique). Cet accord prévoyait le caractère intouchable de l’utilisation de l’énergie nucléaire civile avec comme contrepartie, entre autres, le sacrifice des OGM. »
Il n’est pas impossible que les produits phytopharmaceutiques faisaient l’objet du même marché…

 

« Agriculture bio : L’Agence Bio voit la vie en rose » (Agriculture et Environnement)
Sous ce titre, A&E fait une analyse complète de la situation et des perspectives de la « bio » en France : développement du marché, difficultés de développement de la production, renouvellement de génération des producteurs, incitations des pouvoirs publics, concurrence des importations, circuits de distribution, flambée du prix des engrais bio… Au total, Synabio met en garde contre la création par les opérateurs « d’une « bulle bio » comme il y a eu une « bulle internet » ou « une bulle immobilière » ». A lire absolument.
Les problèmes réglementaires et techniques de protection phytosanitaire sont abordés en fin de 1° page : pertes de substances actives, difficultés et contraintes techniques propres à la protection bio.

 

Pour sourire (jaune). Einstein et les abeilles : un bobard ! (Gazette de l’ACTA)
L’attribution à Einstein de la phrase « Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre » est un bobard pur et simple ! Cet article de Snopes.com (in english) a été signalé par la gazette de l’ACTA. Bacterioblog, blog francophone, l’a pratiquement traduit in extenso sur son site et adapté au contexte français. Cette pseudo-citation serait apparue pour la première fois dans des journaux belges suite à  une manifestation d’apiculteurs français à Bruxelles.