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Science citoyenne : mode british ou mode CNRS ?

31 Jul 2013

Un guide britannique de la science citoyenne

Plusieurs organisations scientifiques et environnementales liées au gouvernement britannique (The UK Environmental Observation Framework, The Naturale History Museum, etc.) ont publié un « guide de la science citoyenne » (in English).

Dans le cadre de ce guide, la science citoyenne est clairement définie comme « la collecte bénévole d’informations sur la biodiversité et l’environnement, qui contribue à accroitre notre connaissance de l’environnement naturel, c’est-à-dire la surveillance biologique et la collecte ou l’interprétation d’observations environnementales. »

Lorsqu’elle est bien encadrée scientifiquement, et à condition de bien éviter les préjugés idéologiques, la participation des citoyens à l’activité scientifique peut être très utile et positive pour les citoyens et pour les scientifiques.
Concernant cette initiative, la lecture de ce guide est plutôt encourageante par la clarté des définitions des termes et du rôle de chaque partie (scientifiques, « politiques », bénévoles…). L’avenir dira si tel est le cas et, en particulier, si les organisateurs britanniques de la science citoyenne en éviteront les écueils.

 

Logo CNRS Une démarche française beaucoup plus ambigüe

Cette initiative pourrait faire penser à l’initiative récente, Science citoyenne, du CNRS en France. Malheureusement, l’initiative du CNRS pilotée par Marc Lipinski, d’abord élu environnementaliste, est beaucoup plus ambigüe.
Marc Lipinski développe en particulier la notion plus que douteuse de « démocratie scientifique ».
« Ambigüe » semble même être un euphémisme si l’on en croit de nombreux scientifiques, qui ont montré  le caractère délibérément non scientifique, ET orienté politiquement, de cette initiative.

Pour une critique plus approfondie de l’initiative du CNRS, voir en particulier :
« Projet « sciences citoyennes » au CNRS. Comment comprendre ce projet ? » de Science et Citoyens, une association de scientifiques.
« « Sciences citoyennes » : une version postmoderne de la « science prolétarienne » s’introduit au CNRS »  par l’AFIS, Association Française pour l’Information scientifique.

 

Le mélange des genres (« science » et « politique ») auquel s’adonne le CNRS pourrait se révéler être un véritable bourbier, qui risque, après l’affaire Séralini, de déconsidérer une fois de plus la science française dans le monde.
La démarche anglo-saxonne est ici moins grandiloquente, plus pragmatique… et plus scientifique, tout simplement.