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LesInfos 0916

17 Jun 2011

Les Infos 09-16 du 12 octobre 2009

 

Le principe de précaution : bilan de son application (OPECST, Sénat)
L’Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST) du Sénat a organisé début octobre un colloque pour tirer le bilan de 4 ans d’application du principe de précaution. Des auditions de personnalités diverses pont également été organisées. Pour ce qui concerne spécifiquement les produits phytos, l’intervention de JC Bocquet (patientez pendant le téléchargement), directeur de l’UIPP, porte sur la gestion du risque sur les abeilles lié à l’utilisation des insecticides systémiques.

 

« Pas si simple de cultiver sans chimie » (Ouest France, 02 octobre 2009)
Sous ce titre
, F Jourdain rend compte dans Ouest-France d’une journée technique « légumes industrie » organisée par les chambres d’agriculture de Bretagne, dans le Morbihan.
« Pour réaliser le plan Ecophyto 2018 (…) dès 2008, 250 molécules phytosanitaires ont été interdites et en 2018, ce sont « 50 % des herbicides, 60 % des fongicides et 80 % des insecticides qui disparaîtront totalement », précisent les chambres d’agriculture. Dès à présent, les agriculteurs doivent affiner leur approche agronomique : déposer la molécule au meilleur endroit au meilleur moment, associer actions mécanique et chimique en désherbage. » Mais « Le désherbage mécanique fait remonter les cailloux qui sont ensuite récoltés avec les légumes », concède Alain Cottais, responsable de la station expérimentale.
« Il paraît légitime que la Société réclame un plus grand respect de l’Environnement. Or, il n’existe « que des pistes de solution » pour remplacer les barrières phytosanitaires par d’autres barrières de protection, déplore le président de l’Union des organisations professionnelles de légume industrie (UOPLI) de Bretagne, Serge Le Bartz. »
« Pour éviter que des cultures ne soient dévorées par les maladies et les insectes, l’ensemble de la filière se mobilise. L’union nationale des industriels du légume transformé (Unilet) délègue à des stations expérimentales en région des missions d’expérimentation de méthodes alternatives. Le temps presse. « Cette année, il y a déjà eu des récoltes prématurées à cause d’un pourrissement généralisé sur des parcelles, ou des refus de lots par l’industriel », signale Serge Le Bartz. »

France 2 et les « résidus de pesticides dans le vin » : la coupe est pleine
Le 1° octobre, France 2 s’est interrogé « Le vin est-il toujours un produit naturel ? ». Le reportage est orienté terroir et nature et contre tout procédé qualifié d’« industriel ». Même si le vin est un produit éminemment culturel et ne peut en aucun cas être qualifié de « naturel », les goûts et les couleurs ne se discutent pas…
Mais comme le signalent de nombreuses réactions à l’émission sur le forum de France 2, France 2 a fait preuve dans ce reportage d’un certain parti-pris, voire de malhonnêteté. Voir par exemple : manque d’objectivité, fabrication audimat, c’est une honte, et bien d’autres…
Le summum est atteint quand F Veillerette et le « professeur » Belpomme sont désignés comme experts scientifiques es-pesticides
(voir la dernière moitié de l’émission).
Pour Agriculture et Environnement, dans les « recettes réchauffées d’Envoyé Spécial » (à lire absolument), « Envoyé Spécial signe sa chute dans les bas-fonds du journalisme » et utilise « tous les ressorts éculés de la manipulation médiatique ».

Greenpeace fait passer l’économie avant l’environnement (A&E)
Agriculture et Environnement
signale un article de Greenpeace Allemagne (original im deutsch, translation in english) qui s’interroge sur l’emploi du cuivre en agriculture biologique.
Comme le souligne A&E, « Greenpeace Allemagne s’est lancé dans un bien singulier exercice : défendre l’agriculture biologique tout en reconnaissant que les formulations à base de cuivre posent un redoutable problème environnemental ».
L’agence allemande pour l’environnement (UBA) souhaite l’interdiction du cuivre étant donné ses forts impacts négatifs sur l’environnement : accumulation dans les sols avec impacts négatifs sur la microfaune, etc.
Stefan Kühne, chargé de l’agriculture biologique à l’Institut Julius Kühne (centres de recherche)  sait que le cuivre est indispensable à l’agriculture biologique, mais considère qu’il serait « absurde de détruire les filières bio avec tous leurs avantages pour l’environnement seulement à cause d’une seule substance. Et une substance, qui plus est, naturelle ».
La conclusion de l’article de Greenpeace a, elle aussi le mérite de la clarté : « Les producteurs bio espèrent que l’Union Européenne basera sa décision finale à propos du cuivre sur des bases économiques et non pas environnementales. »

« La chimie du Végétal, une priorité pour la France » (Coop de France)
Coop de France et le Haut Conseil de la Coopération Agricole (HCCA)
, dans une conférence de presse, ont annoncé la publication d’un rapport sur la « chimie végétale », qui consiste à utiliser les plantes en tant qu’« usine » biologique et substitut au pétrole pour la fabrication de produits chimiques, utiles à l’humanité.
Le Club Cérès (club parlementaire sur l’avenir de la recherche agronomique) se penche également sur cette question : Fiche Chimie verte de Cérès.

L’INVS veille sur les risques liés aux pesticides (INVS)
L’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) est un établissement public chargé de surveiller l’état de santé de la population française. Leur page « pesticides » est riche et bien documentée avec de nombreux liens scientifiques et réglementaires, bien qu’exclusivement orientée sur les risques et jamais sur les bénéfices.

BCPC congress in Glasgow (9-11 november 2009)
Le BCPC (British Crop Production Council) tient congrès du 9 au 11 novembre (in english) : impact de la réglementation européenne à venir, techniques modernes et durabilité de l’agriculture. Voir le programme complet (in english).

Eliminer les résidus de pesticides avec des hormones végétales ? (Futura-Sciences)
Les brassinostéroïdes sont des hormones végétales naturelles qui aident les plantes à se « détoxifier »
. Selon des recherches chinoises relatées par Futura-Sciences, elles pourraient être utilisées pour réduire le taux de résidus dans les plantes.
Une de ces hormones, l’EBR, « réduit les quantités de résidus de quatre pesticides testés. Elle augmenterait l’activité des processus de détoxification en agissant sur les gènes et les enzymes et, peut-être, sur les capacités antioxydantes des plantes. Cette étude a permis aussi de mieux comprendre les séquences du métabolisme des pesticides qui produit, en général, des composés moins toxiques. »

Analyse bénéfices/risques : Profume or not Profume ?
Le produit commercial Profume est un fumigant utile pour lutter contre les insectes nuisibles dans les denrées stockées et fait aujourd’hui l’objet d’un débat. Bruno Peiffer y a consacré un récent dossier sur la Liste Hygiène. Un parlementaire européen s’inquiète de ses effets en tant que gaz à effet de serre. La réponse de la Commission (in english) est que l’impact de ce gaz est, tous usages confondus de 0,004 % en terme d’effet de serre…
En France, un
député s’inquiète des attaques d’insectes contre les châtaignes. Les pouvoirs publics ont demandé des explications supplémentaires à la firme concernant les résidus. Notons toutefois que l’ion fluorure (résidu en question) est présent naturellement à des doses importantes en particulier dans le thé, et qu’il est même rajouté intentionnellement dans le dentifrice pour renforcer les dents contre les caries.
Profume est une alternative au bromure de méthyle (interdit pour protéger la couche d’ozone) : exemple au Canada pour les céréales stockées.
Voir également la page du ministère de l’agriculture et celle de présentation par la firme
Toutes ces pages permettent de se faire une idée de ce qu’est une analyse bénéfices-risques concrète
. Plus généralement, la fumigation est une technique importante pour la protection des denrées stockées, et donc pour la sécurité alimentaire.

Protection phytosanitaire de l’échalote : L’Horizon s’éclaircit…
Après plusieurs années de difficultés administratives, les producteurs d’échalote vont pouvoir utiliser légalement  l’Horizon (tébuconazole) contre la pourriture blanche. C’est une nouvelle de première importance pour les producteurs et pour leurs responsables professionnels.
Les producteurs doivent bien prendre en compte que l’homologation concerne un traitement foliaire  (et non pas au sol) à 1l/ha dont l’efficacité a été démontrée.

Gilles-Eric Séralini découvre que les mâles et les femelles, c’est pas pareil (Imposteurs)
Anton Suwalki, sur  Imposteurs.over-blog.com, fait une analyse cinglante et précise d’un article de GE Séralini qui tente désespérément de justifier et d’approfondir une interprétation statistique contestée, présentée dans un article vieux de 2 ans, et alarmiste quant aux effets du Round-Up. En rentrant dans le détail, A Suwalki démontre que la seule chose que démontre GE Séralini, c’est que les rats mâles et femelles sont statistiquement différents… Comme l’écrit A Suwalki : « Bilan de cet article (de GE Séralini) : néant. C’était bien la peine d’attendre deux ans pour accoucher… d’une souris ».